" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

dimanche 21 janvier 2018

Halte au puritanisme ambiant !



 Le summum de la pudibonderie est atteint !


L'image promotionnelle du film " Nos années folles" d'André Téchiné, représentant un homme travesti enlaçant une femme, «heurterait la sensibilité» des enfants d'une école primaire de Senlis, en France. Sous la pression des associations scolaires sur le cinéma de la ville de Senlis, elle a dû être retirée.

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                                                       Egon Schiele censuré

Extrait du journal «  Le soir » du 20 janvier 2018 :

Muse de la génération 68, Catherine Deneuve tirait quant à elle, la semaine dernière, la sonnette d’alarme. Pour elle, le monde nouveau, celui de 2018, vire au puritanisme. Elle s’inquiète du «  danger des nettoyages dans les arts. Va-t-on brûler Sade en Pléiade ? Désigner Léonard de Vinci comme un artiste pédophile et effacer ses toiles ? Décrocher les Gaughin des musées ? Détruire les dessins d’Egon Schiele ? Interdire les disques Phil Spector ? Ce climat de censure me laisse sans voix et inquiète pour l’avenir de nos sociétés. »



                                         Charlotte Gainsbourg dans un film de Lars Von Trier





samedi 20 janvier 2018

Philippe Bouvard : " Je suis mort. Et alors ? ... "



Philippe Bouvard imagine qu’il est décédé. Le voici dans un logis de deux mètres carré, six pieds sous terre. Son cercueil est muni d’un télescope afin de voir ce qui se passe chez ses voisins, tous aussi refroidis que lui. Comme les heures sont longues et ennuyeuses, il en profite pour nous raconter, plic-ploc, ce que fut sa vie : ses joies, ses pâssions et comme dit Aznavour, ses amours, ses emmerdes…

Plutôt jouissif comme lecture et surtout consolateur : qui que l’on soit, on n’est finalement pas grand-chose …

Extraits :

- Paul Valéry professait que la bonne santé se mesurait au silence de ses organes.

- Je dois, en vérité, mes très rares instants de plénitude à un sourire, à un panorama, au contact d’un épiderme ou à la traversée de mon esprit par une idée. Le bonheur absolu m’a parfois rejoint au travers de lectures à l’effet contradictoire puisqu’elles me donnaient à la fois le plaisir de découvrir un talent et le désagrément de ne pas en posséder autant.

-  Il est préférable de mourir très malade, pauvre et seul. Comme ça, on n’a rien à regretter.

- Les religions poussent à l’immobilisme à coups de sornettes invérifiables : vie après la vie ; enfer et paradis ; résurrection et jugement dernier ; immortalité de l’âme et messie ; saint et bienheureux.

-  A dix-huit ans, je nourrissais deux ambitions : publier un chef-d’œuvre et mourir jeune. Double échecs : j’ai vécu longtemps sans devenir écrivain en dépit d’une pyramide de livres ayant plus encombré les bibliothèques que les mémoires. Lorsque je m’en suis avisé, il était trop tard. J’étais devenu un vieux con et à l’aise. C’est la grande supercherie de notre société d’autocongratulations. A l’aide de petits conforts, elle donne l’impression de la réussite à des gens qui ont tout raté. Ou qui – encore plus grave – auraient pu faire beaucoup mieux.


-  Ainsi, la république des lettres est-elle peuplée de vieux écrivains mineurs convaincus de publier incessamment sous peu le chef-d’œuvre qui bouillonne en eux depuis leur adolescence. L’ennui, dans le cas comme le mien, c’est que les carottes sont cuites.

mercredi 17 janvier 2018

Gouvy vu du ciel - mai 2017

Sages-femmes à Bovigny et à Courtil en 1795




     Il n’y a pas si longtemps, pour la naissance des enfants et les premiers soins à leur donner, on avait recours à quelque femme expérimentée, appelée sage-femme. Le choix de cette personne n’était pas sans réflexion et sans confiance, on le comprend, d’autant plus que de son intervention dépendait le baptême de l’enfant en danger de mort éventuel.
    Ainsi, à Bovigny, en 1795, fit-on le choix, relaté par une feuille de garde d’un ancien registre de la paroisse, comme suit :

«  Le 7 juin 1795, les femmes de Bovigny, Longchamps et Honvelé aiant été publiquement convoquées et assemblées dans l’église paroissiale, ont choisi et élu Anne Marie Close, épouse de Martin Gotal, pour sage-femme, laquelle a prêté serment requis pardevant moi, curé – soussigné J.L. Lemoine . »

«  Le 15 juin 1795, les femmes de Courtil et Halconreux, aiant été publiquement convoquées et assemblées dans la chapelle de Courtil, ont choisi et élu Barbe Lambert, épouse de Mathieu Sepul du dit Courtil pour sage-femme, laquelle a prêté le serment requis pardevanrmoi, curé –J.L. Lemoine. »

Article signé v.d.g., paru dans «  Glain et Salm » numéro 1- 1974

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Formule du serment des sages-femmes.

Fournie par madame Sabine de Launois dans la revue «  Glain et Salm. Haute Ardenne » - numéro 5 , décembre 1976

Extrait du Rituel de 1782. Formule du serment qui doit être prêté par les sages-femmes en présence de leur curé :

«  Je promets à Dieu tout-puissant et à toi, sire, qui es mon curé, de toujours vivre et de mourir dans la foi catholique, apostolique et romaine, de m’acquitter avec la plus grande fidélité et diligence possible de la charge que je reçois ; d’assister dans leurs couches les femmes, riches ou pauvres, de jour et de nuit ; d’oeuvrer de toutes mes forces afin qu’aucun accident malheureux n’arrive ni à la mère, ni à l’enfant et, au cas où je remarquerais un danger quelconque, d’appeler des médecins, des chirurgiens ou des femmes expérimentées en la matière et de ne rien faire sans leur aide et conseil.
Je promets de ne pas dévoiler les secrets des familles et de personnes chez qui j’assisterai aux accouchements, de ne pas user de méthodes superstitieuses, ni d’aucun moyen illicite, tant en paroles, en gestes ou autrement ; de m’efforcer de tout mon pouvoir que personne d’autre n’utilise de telles méthodes ; de ne jamais agir par vengeance ni par mauvais esprit ; de ne pas contribuer à la destruction du fœtus ni à l’accélération de l’accouchement par des moyens anormaux et contre nature mais, en honnête femme, en bonne chrétienne et bonne catholique, de prendre soin en toute chose du corps et de l’âme et de la mère et de l’enfant. Ainsi m’aide Dieu. »
Le prêtre ajoutera : le jurez-vous et le promettez-vous ?

La sage-femme répondra : je le jure, sire, et je le promets.



                                                Le curé Lemoine de Bovigny

mardi 16 janvier 2018

Les hameaux oubliés de Bovigny




«  A vrai dire, il ne s’agit guère de villages, proprement dits, mais plutôt de maisons isolées ou quelque peu rapprochées pour pouvoir les considérer en groupe.
Il s’agit de Lamerli ( francisé en «  Lamerlé »), Djivni ( francisé en «  Juvigny »), Walo, Sint-Martin, Outrimont, Pûmont, Paradis, Burcy, Simpas. Sauf ce dernier endroit, tous les autres ne figurent déjà plus au dénombrement des feux (= familles) de l’an 1472. (…) On peut admettre que leur ruine est due vraisemblablement à la suite d’une série de calamité. »
 (...)

Archives de l’abbé Célestin Guillaume, originaire de Courtil-Bovigny (1868-1944).

Extrait d’un long article de six pages, signé par Gaston Remacle.

Paru dans la revue «  Glain et Salm. Haute Ardenne » numéro 2, juillet 1975.

lundi 15 janvier 2018

Isamar : " Dans la Cité Hardie "


                                                      Il existe deux couvertures




L’action se déroule à notre époque dans la Cité Hardie ( = Liège, on aura compris, tout comme le journal «  La Meuse » se nomme «  Le Fleuve »). La police – et nos fins limiers  entre autres, Achille Mogador et Greta Garbaux- sont sur les traces d’un sérial killer qui a déjà à son actif plus de 30 cadavres, apparemment tous décédés de crise cardiaque dans le quartier St-Léonard et à la fin à Ste-Marguerite.
Outre l’enquête en question, l’auteure s’attarde volontiers, et avec humour, sur des thèmes qu’elle affectionne particulièrement. Voir, par exemple : l’agression verbale et raciste dans le bus 10 ( page 60 et suivantes) ; le bistrot «  Les Marronniers » place Maghin ( p 123 et suivantes – et plus loin encore-) ; Hamza, le coiffeur roux et kurde du bourgmestre Van Noordzee qui est en fait vétérinaire de son état ( p 166 et suivantes).

« Isamar, l’auteure, se nomme en réalité Isabelle Marlier. Liégoise bien sûr, elle a déjà derrière elle une longue carrière très éclectique, puisqu’elle a été, entre autres, écrivain public, journaliste, attachée de presse. »

Bref : un bon p’tit polar liégeois, très souvent savoureux !


Extraits :

- L’inspecteur Mogador était perplexe. Certes, l’épopée de madame Charente y était pour quelque chose. Se représenter cette grande bourgeoise, toujours tirées à quatre épingles en train de supplier un bûcheron à l’odeur exotique, dont l’une des couilles lévite, de la prendre en levrette à l’arrière d’une fourgonnette, était un exercice qui réclamait une formidable aptitude à l’imagination.

-  ( à propos de la gare Calatrava). On m’a dit dernièrement qu’elle ressemblait à une raie en apesanteur, une grande raie blanche qui avale et vomit sans arrêt du plancton.

-  Un jour, elle avait été prise en otage dans la ville saturée de voitures de gens dont les hurlements se mélangeaient aux vagissement de klaxons. C’était pendant la Coupe du Monde. Ils avaient défilé des heures durant en s’égosillant, défigurés par l’exaltation et elle avait cru sa dernière heure arrivée. J’étais le souriceau surpris par les phares d’une soucoupe volante, avait-elle expliqué après sa disparition de vingt-quatre heures. On l’avait découverte recroquevillée dans un container d’ordures ménagères, le premier refuge qu’elle avait trouvé après l’invasion des rues.


-  La partenaire de Mogador était remontée contre le grand Jacques depuis qu’un de ses fans l’avait conquise, quelques années plus tôt, en lui déclamant qu’elle était tout à la fois sa Mathilde revenue, son Isabelle endormie et sa Madeleine en retard. «  Quand ce type m’a annoncé qu’il adorait Brel, j’ai failli prendre les jambes à mon cou et puis je me suis dit : allez, tu juges trop vite, élargis un peu ton horizon, il a reconnu ses erreurs. Brel qui disait apprécier les hommes surtout parce qu’ils n’étaient pas des femmes. »


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vendredi 12 janvier 2018

Haruki Murakami : " Des hommes sans femmes "



Sept nouvelles d’un des chefs de file de la littérature japonaise. Tout particulièrement :

1. Yesterday : l’amitié entre deux étudiants, Tanimura et Kitaru, et Erika, la petite amie de ce dernier. Saluons la concision de Murakami qui livre une bien belle histoire en 50 pages alors que d’autres la déploieraient en 450.
2. Un organe indépendant : suite à une terrible rupture amoureuse, le Dr Tokai meurt d’une anorexie. « Le Dr Tokai pensait que toutes les femmes naissaient avec une sorte d’organe indépendant spécial affecté au mensonge. »
3. Shéhérazade : une femme de 35 ans raconte à son amant l’époque où elle s’introduisait clandestinement dans la maison d’un garçon qui était au même lycée qu’elle.
 4. Le bar de Kiono : pour l’ambiance générale de la nouvelle : le bar, le client taciturne, le chat, la femme aux brûlures de cigarettes, … ****
5. Samsa amoureux : un jeune homme se réveille nu dans une maison à Prague. Il ne sait pas qui il est. Il reçoit la visite d’une jeune fille bossue.