" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

vendredi 23 février 2018

Liège d'antan en vidéos



Via la Sonuma (archives de la Rtbf), voici quelques épisodes du Liège d’antan …

- Le Carré à Liège en 1960 :

- Pour en finir avec l’accent liégeois :

- 1977. Les dernières heures du Grand Bazar de Liège :
https://www.sonuma.be/archive/liege-les-dernieres-heures-du-grand-bazar_1


- La piscine de la Sauvenière (1972) :

- 1963. L’économie liégeoise :

- Les bains-douches de la Saufnière :

- Michel Antaki du Cirque Divers :



mardi 20 février 2018

Léa Nivarlet : " Quelques souvenirs de la vie quotidienne au début du XX ème siècle à Rettigny et à Gouvy




                                           Brisy (Rettigny) d'antan


                                        Cherain dans le temps


Née à Rettigny le 21 avril 1899, orpheline de père et de mère à 12 ans, Léa Nivarlet fut recueillie par un oncle et, en 1920, elle épouse Jean Servatius, facteur des postes. Ils s’installèrent à Gouvy comme fermiers. Léa Nivarlet a consigné ses souvenirs dans 32 carnets.

«  J’ai seulement fait un quart d’école dans un petit village d’Ardenne.

 Quand j’étais jeune, nos grands-parents assistaient à deux messes le dimanche car c’était le jour du Seigneur. Après les Vêpres, les bonnes-mamans se rendaient à l’église pour faire le chemin de la croix et, le soir, elles allaient au Salut.

J’ai vu des parents dormir dans des clôses-foumes (alcôves) : c’était une sorte de lit encastré dans le mur de la chambre (pièce au rez-de-chaussée contigüe à la cuisine). Pendant le jour, on tirait une tenture.

On n’avait pas de conduite d’eau. C’était un puits profond de 20m. avec un tourniquet et une chaine qui amenait l’eau à la surface.

En 1908, l’école n’était pas obligatoire. En été, on allait garder les vaches car il n’y avait pas de clôture. En automne, on ramassait les pommes de terre et pour paiement, à la Toussaint, on touchait 5 francs.

En 1905. Voici l’hiver, point de chômage, point d’allocation ni de mutuelle pour les malheureux ouvriers. On les voyait le long des routes ; ils cassaient des pierres pour l’entretien des routes et dans leur besace, une tartine de sirop.

En 1902. Comme coiffeur, c’était un brave vieux qui coupait les cheveux pour Brisy, Rettigny, Cherain, Vaux, Sterpigny. (…) Tous les hommes étaient coiffés de la même manière qui s’appelait : à la brosse.

Avant 1912. Douleurs au dos ? On appelait la vieille Fifine, une femme du village. Elle vous mettait des ventouses avec des verres exprès, des sangsues qui vous suçaient le sang. La visite était gratuite.
Le soir, après le souper, on se mettait à genoux pour réciter le chapelet. Avant d’entamer le pain, on le signait d’une croix. A midi, quand sonnait l’Angélus, on s’appuyait sur son outil pour prier. Si on passait devant une chapelle, on disait : «  Loué soit Jésus-Christ ! »

Avant 1940 à Gouvy, j’ai hébergé des dizaines de mendiants. Je leur préparais des lits dans la grange. En hiver, il faisait froid, alors, ils dormaient dans les étables et, parfois, ils me volaient encore. Je disais à mon mari :   Ils sont si misérables ! »

J’ai gardé un domestique pendant vingt ans. Pendant la guerre, il fumait des feuilles de rhubarbe séchées.

Au début du siècle, le service militaire était obligatoire. A 20 ans, les jeunes hommes allaient à Houffalize pour aller tirer au sort un numéro. S’ils tiraient un bon numéro, ils étaient exempts de service militaire. Celui qui possédait de l’argent pouvait mettre un remplaçant. Pour 4 ans, il payait la somme de 1.000 francs. Il y en a qui restaient deux années sans revenir en congé. (en guise de référence, avant 1914, 1 kilo de viande coûtait 1F50)

Les poux des enfants ! Il y avait aussi des puces pour les sales personnes, c’était une bête noire qui suçait le sang. Alors, on disait ceci : «  La puce est très dévote : le matin, elle vous pique disant : lève-toi, fainéant, va entendre la sainte messe. Elle pique le riche comme le pauvre, l’ignorant comme le savant. »

Du vieux temps, eh ! bien, le papa disait à son fils qui voulait courtiser : «  regarde bien dans la cour de la fille ; si ses parents ont un gros tas de fumier dans la cour, tu peux y aller, fils ». Cela veut dire que ce sont des gros riches paysans.

Un vieux dicton populaire :
Voulez-vous être heureux un jour ? Soûlez-vous.
Durant trois jours ? Mariez-vous.
Durant une semaine ? Tuez un cochon.
Durant toute la vie ? Faites-vous curé ! »

Extraits d’un long article, signé Léa Nivarlet, paru dans la revue « Glain et Salm - Haute Ardenne », numéro 16 , mai 1982

dimanche 18 février 2018

Petit Séminaire de Saint-Roch : ... et que la lumière fut !






« Monseigneur l’Evêque de Liège, Martin-Hubert Rutten, en tournée de confirmation, s’est arrêté pendant quelques jours au Petit séminaire de Saint-Roch. On sait que Monseigneur y fut, pendant de longues années, professeur. Aussi, conserve-t-il toujours pour la maison une prédilection marquée. Grâce à l’appui de Monseigneur, l’installation de l’électricité et la distribution de l’eau alimentaire sont une preuve des progrès rapides parcourus depuis peu, si bien que la solitude de Saint-Roch est devenue plus confortable.
L’éclairage de toute la maison et en particulier l’éclairage de la salle d’étude donnent l’illusion d’un plein jour, sans éclat et sans ombre. On remarquera également, par la force motrice appliquée à la distribution hydraulique, à la boulangerie, à la cuisine, à la buanderie, à la boucherie et en général pour tous les services mécaniques, combien est utile une pareille installation. » 

                                    Gazette de Liège, dimanche 9 juin 1907

Guy de Maupassant " Apparition "




C’est par ici  :


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« L’apparition » le film de Xavier Giannoli :

samedi 17 février 2018

" Les morts de notre vie "





Plusieurs écrivains se retrouvent dans ce livre à évoquer la mort d’un proche, la mort en général. Dans un premier temps, je me suis limité à Amélie Nothomb. Il s’agit d’une interview ou plutôt une rencontre. Amélie s’y dévoile, comme souvent, à livre ouvert. Et parfois on tremble pour elle … Sans compter qu’il y a trois ou quatre merveilles à chaque page… Quel personnage vraiment ! J’ai bien raison d’en être fan.

Extraits :


-  ( à propos de Balzac) Quel écrivain ! La vraie question que vous n’oserez probablement pas me poser étant : comment ose-t-on écrire des livres après lui ?

-  Lorsqu’on aime Baudelaire, on ne se rend pas sur sa tombe, mais sur son cénotaphe. Voilà quelque chose que je fais très souvent. Balzac est au Père-Lachaise, mais Baudelaire, lui est juste à côté de chez moi. Il me suffit de traverser le boulevard Edgar-Quinet ! Pourquoi résisterais-je à la tentation ? Je peux avouer ici devant vous, que j’y vais au moins une fois par semaine. Cela reste chaque fois aussi troublant. J’y ressens une belle émotion et d’autant plus que je ne suis pas certaine que j’aurais aimé l’homme. J’ai quelques raisons de penser qu’on ne se serait pas très bien entendus. Lorsque je suis devant son cénotaphe, je ne pense qu’à ce qu’il y a de merveilleux dans son œuvre. Je dirais qu’il y a dans le cénotaphe de Baudelaire l’ « âme de son œuvre ».



                        Cénotaphe de Baudelaire au cimetière de Montparnasse

Philippe Geluck : " L'art et le chat "





L’art revisité par Philippe Geluck. Ce n’est pas triste et on y apprend des chôses…
Des artistes, dont de très nombreux contemporains, y sont représentés avec l’une de leur œuvre sur une page et sur l’autre page, la vision de Geluck et de son cher chat. Citons en quelques-uns : Alechinsky, César, Christo, da Vinci, Dubuffet, Giacometti, Klein, Magritte, Munch, Picasso, Pollock, Van Gogh, Vasarely, Vermeer, Warhol,…

Extraits :

- ( à propos d’Eugène Boudin ) On m’a toujours appris qu’il ne fallait pas rire du nom des gens. C’est vrai, ils n’y peuvent rien, ceux qui s’appellent Saucisse, Ducon, Groslard ou Cascouille. Mais, si on réfléchit, moi j’y peux encore moins qu’eux. Et bien sûr, dans le lot de ceux qu’on appelle pudiquement les «  handicapés patronymiques », il y a des personnages illustres. Et malgré tous mes efforts, je n’ai jamais réussi à ne pas pouffer en évoquant le nom de Boudin. C’est plus fort que moi. Avec Boucher ou Carpaccio, j’arrive à garder mon sérieux, mais avec Boudin, je n’y arrive pas. Ca m’a fait du bien d’en parler. Merci de m’avoir écouté. PG

-  Magritte est l’héritier de Jérôme Bosch ; chez eux, les poissons ont des pieds, les arbres ont de portes et les chevaux sont des tonneaux. Ne leur faites pas remarquer, pour eux tout est normal. PG