" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

lundi 11 décembre 2017

dimanche 10 décembre 2017

Laure Charpentier : " Gigola "



On peut qualifier ce roman de roman lesbien. «  Imprimé en 1972, Gigola ne paraîtra pas. Ainsi en a décidé la censure. »
L’histoire se déroule dans le Pigalle des années ’60. Laure, autrement dit Gigola, a 25 ans. Après un premier amour pour une étudiante, elle rencontre Cora, une prostituée qu’elle s’efforcera à voir un peu plus haut. Gigola rencontre ensuite Odette, une riche bourgeoise assez âgée dont elle tombe amoureuse. Ayant brûlé la chandelle par les deux bouts, cette dernière disparaitra d’une crise cardiaque. Puis ce sera Alice 45 ans mais, une fois encore, la mort attend au tournant …

Agréable à lire !



Extrait :

* - Quel âge a-t-il ,ce Max ?
    - Soixante-six ans.
    - C’est sans doute un transfert ? Vous n’avez pas eu de père et vous vous reportez sur ce vieillard toute l’affection dont vous avez été privée pendant votre enfance. 

mardi 5 décembre 2017

Odon Warland, un fameux/ fumiste Gouvyon - Fameux : qui jouit d'une bonne réputation ; fumiste : qui répand de la fumée


                                                         Odon Warland


                                           La demeure des Warland,  Gouvy 1907


Anatole Warland (1853-1925) de Steinbach, père d’Odon, était boucher. Il est installé, au début du 20 ème siècle, dans la belle grande maison de quatre travées, face à la gare de Gouvy. Situation enviable. (photo intitulée : Gouvy, festival du 15 août 1907, rue de la Station) Les décorations en façade déclarent : «  Warland, boucher. Au vrai bon marché, articles de pêche, liqueurs, denrées coloniales ». La carte est d’ailleurs éditée par O. Warland, Gouvy. Il avait dix-sept ans. En culotte de golf sur la photo. Peu après, le pignon portera : « Cigares en gros ». Cette dernière spécialité devant d’ailleurs avoir inspiré Odon, futur cigarettier.

Sur la carte intitulée : «  Un groupe joyeux » est de la même date 1907. On y voit, parmi d’autres personnes toutes fumant ou trinquant, bouteille sur la table et verre en main : Anatole et Victoire, les parents, leur fille Irène à l’avant-plan et vers la gauche, Odon lui-même, toujours à 17 ans, col monté et nœud papillon, costume complet, montre gousset et … cigarette aux doigts.

Odon , né à Gouvy en 1890, épousera Berthe Monnier, d’une famille liégeoise. Ils auront trois enfants : Raoul, Albert et Roger. Odon crée la cigarette «  Boule Nationale » à Bruxelles. L’usine est imposante, pas moins de mille personnes y travaillent.

Les souvenirs du Gouvion, Jean Morsomme (*), évoquent cette époque :
«  Je tiens de mon grand-oncle, né en 1860, quelques précision sur le climat social et les habitudes qui prévalaient avant et de suite après la guerre de 1914-1918.  Pour le cultivateur de l’époque, la viande de boucherie était une denrée rare. (….) Le jour de la fête, le fils du boucher qu’était Odon Warland allait livrer les commandes dans les villages. Au cours de la guerre 14, Odon devait d’occuper de la nourriture des prisonniers russes travaillant dans le remblai  du chemin de fer de Gouvy, dont une partie du camp était installé au coin du Remaifait et du chemin du bois d’Ourthe. Ce garçon devait, à l’armistice, créer la cigarette Boule Nationale. Au début, sa production est purement artisanale, familiale. Il propose sa marchandise sur le quai des gares de la région, puis de Liège, de Bruxelles. Le succès est au rendez-vous et il doit adapter sa production pour suivre la demande. Propulsé par son logo aux trois couleurs, s’identifiant à la victoire tout neuve, chèrement et fièrement acquise, flattant l’orgueil national au bon moment, la Boule Nationale fit une percée vertigineuse sur tout le territoire. »

(*) Jean Morsomme, sans doute l’ancien instituteur de l’école primaire communale de Deiffelt-Beho.
Odon Warland est décédé inopinément à Uccle où il résidait alors, à 64 ans, en 1954.

Extrait de l’article de Marie-Thérèse Grandjean et Henry d’Otreppe dans la revue «  Glain et Salm – Haute Ardenne, numéro 72, mai 2014.

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lundi 4 décembre 2017

Jean d'Ormesson est décédé. " Au revoir et merci ! "



Jean d’Ormesson est décédé dans la nuit du lundi 4 au mardi 5 décembre 2017 d'une crise cardiaque.
Voici une interview de Jean d’O. présentée sur France 2 le 10 août 2014 par Laurent Delahousse :



Chers amis,

 

Comme vous l’ avez appris, Jean d’ ORMESSON est décédé ce mardi à l’ âge de 92 ans.

 

Le numéro de notre série « noms de dieux » (antenne de mars 2011) sera rediffusé ce soir à 23 h 15 sur « La Trois » (RTBF) ainsi que vendredi prochain 7 décembre, toujours sur « La Trois » vers 11 h 50 (matinée).

 

Merci de bien vouloir diffuser.

 

A bientôt,


(voir plus bas>>>>>>>>>>>)


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Et également :
Un entretien avec Jean d'O, sur France 2 ce mercredi 6 décembre à 22h50


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Une suggestion de quelques livres :

https://catinus.blogspot.be/search?q=jean+d%27ormesson


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Jean d’Ormesson dans l’émission de la Rtbf «  Noms de dieux » :

Stéphanie Kalfon : " Les parapluies d'Erik Satie "




Ce livre, qualifié d’ailleurs de roman, n’est pas vraiment une biographie dans le sens où on l’entend d’habitude. C’est plutôt des impressions à vif, à chaud, sur le musicien tourmenté  que fut Erik Satie tout simplement parce qu’il était « trop jeune pour une époque trop vieille », montré du doigt par ses contemporains, gagné par la pauvreté, la solitude, l’alcool.

Extraits :

- (Juste après le décès d’Erik Satie, Jean Wiener écrit)
  « C’était tragique, absolument tragique. Au deuxième étage, il y avait un w.c. tout à fait public et tout à fait indiscret, et il y avait cette porte qui était la sienne. Nous avons forcé cette porte et nous sommes entrés dans une chambre misérable. Il y avait un lit en fer sur lequel il y avait des couvertures de la SNCE, pas de draps, et partout une poussière absolument extraordinaire. Nous avons eu l’impression d’étouffer et avons essayé d’ouvrir la fenêtre mais nous n’avons pas pu y arriver parce qu’il y avait des années de poussière qui la bloquaient. Nous avons regardé un peu partout, et nous avons été saisis par la pauvreté, la misère de cet antre. C’était tellement énorme que ce n’était plus de la saleté, on avait l’impression d’être dans une immense toile d’araignée. »


-  Ici demeure Erik Satie que l’on prit pour un fou, un misérable, un fumiste, un analphabète musical, un fantaisiste, un raté, un aigri, un maniaque, un ivrogne, un clown, un paranoïaque et oui, certainement qu’il fut tout cela à la fois. Mais si on prend le temps de se pencher sur la ligne de sa vie, sa portée, tout ce que l’on distingue, c’est du jazz. La vie de Satie n’a été qu’un zigzag, un croisement de blues et de ragtime, un mélange de spleen, de fête, d’enthousiasme, de déception, de crises et de défaites.

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En bonus :
- Interview de Stéphanie Kalfon :

- Gymnopédies et Gnossiennes :
https://www.youtube.com/watch?v=1vOqioq6ilE

( en mémoire de Gonzague Saint-Bris dans " La ligne est ouverte " )


mercredi 29 novembre 2017

Liège en 1864


                                        Promenade vers la Sauvenière en 1864



- «  La Meuse «, samedi 16 janvier 1864
En 1830, on buvait dans notre pays 18.000.000 de litres de genièvre. En 1860, on en a consommé 38.500.000 litres. En trente ans, la consommation a plus que doublé. Il y a dans la province de Liège 11.035 débits de boissons alcoolisées.



-« La Meuse », mercredi 2 mars 1864
Infanticide découvert au moulin rue Au Bras sur le ruisseau de la Légia





- Samedi 2 avril 1864
Réclame pour la Société de Bateaux à vapeur Albert Dupont, entre Liège et Anvers


 - Mercredi 6avril 1864
Les travaux de construction des bâtiments de la station des Guillemins sont en voie d’achèvement. Cette nouvelle gare sera une des plus vastes et une des plus belles du pays. Sa construction sera complètement terminée l’année prochaine

- Samedi 16 avril 1864
A signaler : toute une page consacrée à l’hôpital de Bavière.
Dont :
1. L’hôpital de Bavière doit-il être conservé ? Réponse : oui .
2. Doit-on créer un second hôpital. Réponse : oui.



- Samedi 16 juillet 1864
Un guide pour le touriste au prix de 10 centimes

- Mardi 23 août 1864
Le pont qui reliera l’île de commerce et la Boverie avance rapidement. Il se compose d’une pile et de deux culées. Le tablier sera en forgeron de fer. On pourra circuler sur ce pont dès le commencement de l’hiver prochain

- Lundi 29 août 1864
Le train de plaisir parti hier matin de Verviers et de Liège pour Anvers a emmené 579 personnes. A Liège, 391 voyageurs ont pris place dans le convoi, à savoir : 16 en première clase, 25 en seconde et 350 en troisième

-  Lundi, 5 octobre 1864
Superbes, magnifiques, émouvantes. Telles ont été les premières courses organisées par la jeune Société qui a pris à cœur de rétablir les fêtes hippiques en notre ville à Droixhe . Depuis 25 ans, Liége n’avait plus vu de courses de chevaux, si ce n’est qu’à Spa

- Mardi 4 octobre 1864
La tenderie aux petits oiseaux y est très fructueuse cette année. On sait que notre province est renommée pour ce genre de chasse

- Jeudi 6 octobre 1864
L’Athénée royale de Liége continue à progresser. Le nombre d’élèves dépasse cette années 600. Notre célèbre école des mines compte 110 élèves

- Vendredi 7 octobre 1864
M. Victor Hugo et sa famille viennent d’arriver à Anvers. Ils avaient visité Liége il y a quelques jours



-  Mardi 8 novembre 1864
Ouverture du grand Café-Concert «  Pavillon de Flore «  rue Surlet



-  Mardi 27 décembre 1864
Quelques hivers rigoureux à Liége au 18 è et 19 è siècles





Et tout particulièrement au quartier Sainte-Marguerite :

«  La Meuse », jeudi 7 avril 1864
Il y a trois pompes rue Hocheporte : l’une ne donne plus d’eau à défaut de réparation ; la deuxième produit de l’eau trouble et la troisième n’est plus accessible au public. Cet état de choses force les habitants à se déplacer constamment. Avis à M. le conseiller Lefèbvre qui s’est fait souvent le défenseur des pompes détraquées.
(… Quelques jour plus tard ) : mercredi 3 avril. Nous avons appris que le lendemain de la parution de notre article sur les trois pompes de Hocheporte, des ouvriers se sont mis à l’œuvre afin de donner satisfaction aux plaintes des habitants



- «  La Meuse », mardi 15 juin 1864
Demande d’ouverture de deux rues nouvelles

- Mercredi 17 août 1964
Dans la nuit du 13 au 14 août à la houillère Sainte-Marguerite, une pierre s’est détachée de la galerie et est tombé au fond de la bure sur le nommé Hubert Gordinne, marié âgé de 47 ans. Le malheureux est décédé lors de son transfert à l’hôpital de Bavière



- Samedi 24 septembre 1964
Réclame pour les cuisinières à cuire le pain à la rue Saint-Séverin

-  Vendredi 18 novembre 1864
Reculement de la maison de M. Rigaux rue St-Hubert et démolition de l’ancien portail de l’église Ste-Croix

Merci au journal «  La Meuse » !

Merci à la bibliothèque Ulysse Capitaine, en Féronstrée à Liège !

mardi 28 novembre 2017

Quelques aspects de la vie quotidienne dans l'entité de Gouvy, fin du 19è et début du 20 è siècle






D'abord, saluons tout particulièrement madame Léa Servatius-Nivarlet qui a eu la bonne idée de coucher ses souvenirs dans des carnets et surtout de les partager.

Tout ce qui suit est extrait du livre : " La vie quotidienne dans une ferme d'Ardenne en 1878 »


- A Rettigny, vers 1908, une diligence de deux chevaux fait le trajet Houffalize-Gouvy. C’est probablement cette même malle-poste qui est remplacée par un service d’autobus en juin 1923. (source : Léa Servatius)

- A Rettigny, au début du XX ème siècle, la lampe à pétrole est affectée à la Chambre, c’est l’éclairage de luxe ; pour les autres pièces, on se sert du crassèt (lampe à huile). Le pétrolier passe tous les samedis avec sa citerne attelée de deux chevaux. ( source Léa Servatius)

- La province de Luxembourg compte 731 épiceries en 1846, 1.100 en 1900. Quelle viande consomme-t-on ? Le cochon, essentiellement que l’on occit deux fois l’an. A Rettigny, on tue le cochon vers la Toussaint et à Pâques. La basse-cour aussi fournit une viande à bon prix. A Rettigny, vers 1900, c’est le boucher, le père Anatole qui, effectuant la tournée des villages, vient avec une voiture attelée de deux gros chiens et de deux paniers de viande qu’il vend à 1,50 f le kilo. (Source : toujours Léa Servatius-Nivarlet)

- Les coutumes alimentaires varient d’un village à l’autre. A Rettigny, écrit Léa Nivarlet, la maman pour déjeuner le matin réchauffait un affreux pelle de pommes de terre et pour épargner le beurre, on mettait de la compote, de la maquait. L’aïeule faisait une trûlée dans un grand bol avec du café noir et du pain, jamais de sucre dans le café. Le soir, des pommes de terre réchauffées et des betteraves à salade. On croque des pommes, des poires, le raisin est un  produit de luxe ; pêches et oranges sont inconnues. Pas de marchands de légumes à Rettigny, le courtil suffit à tout. Le soir, on fait une marmite de pommes de terre mêlées avec du pain et du lard. Les mets de circonstance sont avant tout les tartes aux pommes, au riz, aux prunes, au sucre, aux kètches (poires séchées dans le four), à la rhubarbe.

- Les vêtements
Autrefois, chaque famille cultivait du lin et du chanvre que l’on travaillait l’hiver pour en faire des toiles saines et solides. A Commanster et à Ourthe, trois familles ont tissé jusqu’en 1938 pour le linge du corps et du lit.
Du matin au soir, en semaine comme le dimanche, on voyait circuler les hommes vêtus d’un vêtement de toile bleu marine et noire, appelé sarau. Le sarrau du dimanche était plus long et soigneusement plissé de haut en bas. La culotte était généralement en velours uni noir ou bleu foncé descendant jusqu’au genou .Il disparut vers 1895. Les hommes s’entouraient le cou d’un fichu spécial en toile ou en coton, le plus souvent rouge ou à fleurs : le norèt.
Le costume féminin se composait de deux parties : le corsage et la jupe. La jupe descendait jusqu’aux pieds. Le dessus du vêtement consistait en une blouse aux longues manches et boutonnée sur le devant. La femme portait toujours un tablier à bavoir. (…) A la maison, les femmes portaient l’indispensable matrichon, coiffe blanche en toile.

- La mort
Avant l’enterrement, il faut veiller le mort selon la coutume ainsi qu’elle s’est pratiquée jusqu’aux environs des années trente à Rettigny : les voisins et les amis venaient veiller les morts avant les funérailles. A minuit, ils récitaient un chapelet puis buvaient le café : vers trois heures, un deuxième chapelet ; à 6 heures, un troisième chapelet et puis le déjeuner.

- Le pèkèt
Le pèkèt jouit de la plus haute faveur populaire. On en sert partout, aux grandes et aux petites occasions. Ce breuvage ludique cause autant de bien que de mal. S’il aide quelquefois à supporter les hivers trop longs, il provoque aussi une maladie, la pire qui soit : l’alcoolisme. Dans la province de Luxembourg, le nombre de débits de boisson passe de 384 en 1846 à 2. 835 en 1900. On boit aussi de la bière (qui n’est pas fameuse)  et du vin mais leur notoriété n’atteignit pas le pèkèt.

La lessive
Pour la lessive, écrit Léa Nivarlet, on avait une tinne en bois sur deux chaises. Avec une planche, on frottait le linge. On avait du savon vert, un peu de poudre que ma tante saupoudrait comme on met du poivre dans la soupe. Ensuite, on mettait la manne sur la brouette, on allait rincer le linge à la rivière,  on le battait sur une belle pierre pour en faire ressortir le savon. En hiver, on rentrait avec les doigts gelés et ma tante disait : «Entrez vos doigts dans les cheveux, ça calmera. » A défaut de rivière, on rince le linge dans des bacs ou des abreuvoirs ou encore dans une petite fontaine couverte comme à Vaux-Cherain.

Lin

A Rettigny en 1913, on a encore semé du lin. A Gouvy en 1880, Jean-Henri Servatius possède un métier de tisserand avec accessoires.

La laine
A Rettigny, au début du XX ème siècle, on travaille la laine à l’aide d’un banc avec deux appareils cloués dessus. La laine est fournie par les deux ou trois moutons que possède chaque famille. On en fait de couvertures et des bas. D’autres, telle la vieille Fifine Derroite, gagnent leur vie péniblement en filant la laine sur un rouet.

Animaux et élevages
On peut estimer une moyenne d’à peu près 5 bêtes à cornes par ménage. A l’origine, la vache ardennaise est une petite vache roussette musclée, mais de peu de poids, progressivement améliorée à partir de 1860 par des apports étrangers. (…) Les clôtures sont adaptées progressivement au cours de la seconde moitié du XIX ème siècle. Elles prennent la forme de haies vives. (…) Les vaches sont gardées par les enfants de la ferme ou par un vacher. Ces petites domestiques viennent de Prusse ( Cantons de l’Est) de Gruvelange ou de Deiffelt (Beho). A Cierreux en 1869, on engage ces vachers pour 20 F. l’an, une paire de souliers, un pantalon, une chemise, un sarrau, un mouchoir, une casquette, une demi-livre de laine. En 1878, le prix des vaches varie de 105 à 200 F , un veau 30F , une génisse de 60 à 98F. Les étables en Ardenne sont mal entretenues. Citation : «  les animaux s’y trouvent couchés dans la fange et leur entassement produit une odeur malsaine et une chaleur insupportable. »

Le village

Le village est alors le théâtre vivant parcouru d’un mouvement incessant, peuple du parfum piquant des fenaisons, de l’odeur forte des fumiers, des clameurs des gens et des bêtes. Et voici Rameau de Mont avec une charrette pour acheter les peaux de lapins à 10 centimes. En juin, voici le père Choffray avec une charrette conduite par un petit baudet qui vendait des cerises, un sou le sachet. A Mont-Le-Ban vient chaque semaine un couple de marchands avec des seaux plein d’œufs attachés à chaque bout du hârkè (joug). Il arrive aussi que surgissent les montreurs d’ours qui font danser l’animal au son de l’orgue de Barbarie.
Et pourquoi ne pas évoquer une coutume qui a longtemps survécu en Ardenne, celle des marchés se concluant dans le fond de l’église pendant les offices ? Il n’était pas rare d’entendre sceller les accords à coups de claques pendant le Deo gratias ou l’Agnus Dei. Plus d’un curé y perdit son calme.

Appellations

Les habitants de Lierneux sont appelés : les makêyes de ban ; ceux d’Arbrefontaine : les kuzin ; d’Hebronval : les grandiveûs d’Hebronvâ ; de Vielsalm : les pourcè du l’Vî-Sâm, les cochons de Vielsalm ; de Houffalize : les bordjeus, les bourgeois. La région de Cherain, Mont-le-Ban, Houffalize est baptisée : lu payis des coupêres, qui ,en toute générosité, équivaut à bièsse et boufon.

Les maladies


En 1880, les maladies les plus répandues dans le Luxembourg sont les maladies de poitrine et des voies respiratoires, puis viennent la coqueluche, la fièvre typhoïde, le croup, les entérites et les diarrhées.(…) A Gouvy , au 19è siècle, un nommé André Colin signait la ou les dents malades avec une pointe de Paris qu’il allait ensuite clouer dans un morceau de bois vermoulu ou dans un arbre. Même procédé à Rettigny. Au début du siècle ( le 20 ème sans doute), le vieux Martin Kaesch de Gouvy usait d’un méthode plus directe : il signait le mal de dents avec ses doigts and la bouche qui puaient la flatte …