" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

vendredi 26 février 2010

Les Compagnons de l'Apocalypse


« Les Compagnons de l’ Apocalypse «

Extrait du roman « Le Pendu de Saint-Pholien" de Georges Simenon



Ce délicieux passage du roman semble être le récit fabuleux de ce qu’à vécu Georges Simenon dans ce qu’il appelle « La Caque « . Un local situé à deux pas de son domicile, en Outre-Meuse à Liège, où, avec ses amis de l’époque – dont le fameux Klein, le pendu – il se réunissait pour refaire le monde. Avec excès, avec la rage des adolescents ,folles nuits ; où l’on buvait et discourait jusqu’au matin.

Jef Lombard, un des personnages du roman raconte :

« Il y a un peu plus de dix ans … Je suivais les cours de l’Académie de peinture… Je portais un grand chapeau, une lavallière… Il y en avait deux autres avec moi … Gaston Janin, qui était à la Sculpture, puis le petit Klein … Nous étions très fiers de nous promener au Carré … Nous étions des artistes, n’est-ce pas ? … Chacun se croyait au moins l’avenir d’un Rembrandt…

C’est venu stupidement … Nous lisions beaucoup, surtout des auteurs de l’époque romantique … Nous nous emballions …Pendant huit jours, nous ne jurions que par tel écrivain … Puis nous le renions pour en adopter un autre …

Le petit Klein, dont la mère habitait à Angleur, a loué cet atelier où nous sommes et nous avons pris l’habitude de nous y réunir … L’atmosphère, surtout les soirs d’hiver, nous impressionnait par ce qu’elle avait de moyenâgeux … Nous chantions de vieux airs, nous récitions du Villon …

Je ne sais plus qui a découvert L’Apocalypse et s’est obstiné à nous en lire des chapitres entiers …

Un soir, on a fait la connaissance de quelques étudiants : Belloir, Armand Lecocq D’Arneville, Van Damme et un certain Mortier, un juif dont le père possède non loin d’ici une affaire de boyaux de porcs et de tripes …

On a bu … On les a ramenés dans l’atelier … Le plus âgé n’avait pas vingt-deux ans …

Fonder une société, un groupe ! … J’avais lu des récits sur les sociétés secrètes qui existaient au siècle dernier dans les universités allemandes. Un club qui réunirait l’ Art à la Science !

Car nous en avions plein la bouche de ces mots-là ! … Ils nous gonflaient d’orgueil …D’une part les trois rapins que nous étions, Klein, Janin et moi … C’était l’Art ! … D’autre part, les étudiants … On a bu … Car on buvait beaucoup ! … On buvait pour s’exalter davantage … On dosait l’éclairage, afin de rendre l’atmosphère mystérieuse.

Nous nous couchions ici, tenez … Les uns sur le divan, les autres par terre … On fumait des pipes et des pipes … L’air devenait épais …

Alors on chantait des chœurs … Il y avait presque toujours un malade qui devait aller se soulager dans la cour …

Cela se passait à des deux heures, à des trois heures du matin ! … On s’enfiévrait … Le vin aidant – du vin à bon marché qui nous chavirait l’estomac ! – on s’élançait vers le domaine de la métaphysique …

Je revois le petit Klein … C’était le plus nerveux … Il était mal portant … Sa mère était pauvre et vivait de rien, se passait de manger pour boire.

Nous étions persuadés que les gens, dans la rue, nous regardaient avec une admiration mêlée d’effroi … Et nous avons choisi un titre mystérieux, bien ronflant : les Compagnons de l’Apocalypse …

Je crois bien que personne n’avait lu l’Apocalypse en entier … Il n’y avait que Klein à en réciter quelques passages par cœur quand il était soûl …

On avait décidé de payer la location du local tous ensemble, mais Klein avait le droit de l’habiter.

Quelques gamines acceptaient de venir poser gratuitement … Poser et le reste, bien entendu ! … Et nous faisions des grisettes à la Murger ! … Et tout le fatras ! …Naturellement, nous redécouvrions le monde ! Nous avions des idées sur tous les grands problèmes ! Nous honnissions la Bourgeois, la Société et toutes les valeurs établies …

Les affirmations les plus biscornues s’entremêlaient dès qu’on avait bu quelques verres et que la fumée rendait l’atmosphère opaque … On mélangeait Nietzsche, Karl Marx, Moïse, Confucius et Jésus-Christ.

Je ne sais plus qui avait découvert que la douleur n’existe pas, qu’elle n’est qu’une illusion de notre cerveau… Et l’idée m’a tellement enthousiasmé qu’une nuit, au milieu d’un cercle haletant, je me suis enfoncé la pointe d’un canif dans le gras du bras en m’efforçant de sourire …

Nous étions une Elite, un petit groupe de Génies réunis par hasard … Nous planions au-dessus du monde conventionnel, des lois , des préjugés… Des dieux qui crevaient quelque fois de faim mais qui marchaient fièrement dans les rues en écrasant les passants de leur mépris …

Et nous arrangions l’avenir : Lecoq d’Arneville deviendrait Tolstoï, Van Damme, qui suivait les cours prosaïques de l’Ecole des Hautes-Etudes commerciales, bouleverserait l’économie politique, renverserait les idées admises sur l’organisation de l’humanité.

Chacun avait sa place ! Il y avait les poètes, les peintres et les futurs chefs d’Etat …

Les plus modestes voyaient déjà, dans l’avenir, une plaque de marbre sur le mur de la maison : « Ici se réunissaient les célèbres Compagnons de l’Apocalypse « .

C’est à qui apporterait le livre nouveau, l’idée extraordinaire …

C’est un hasard que nous ne soyons pas devenus anarchistes ! Car la question a été discutée, gravement … Il y avait eu un attentat, à Séville … L’article du journal avait été lu a voix haute.

Je ne sais plus qui s’est écrié : « Le vrai génie est destructeur ! «

Et notre poignée de gamin a épilogué des heures durant sur cette idée-là. On a envisagé le moyen de fabriquer des bombes. On s’est demandé ce qu’il serait intéressant de faire sauter.

Ah ! c’étaient de belles nuits ! … On mettait son point d’honneur à ne sortir que quand l’éteigneur de becs de gaz était passé et l’on s’en allait, frileux, dans l’aube morne.

Les riches rentraient chez eux par la fenêtre, dormaient, mangeaient, ce qui réparait tant bien que mal les dégâts de la nuit …

Mais les autres, Klein, Lecocq d’Arneville et moi, on traînait la patte dans les rues, on grignotait un petit pain, l’on regardait les étalages avec envie.

Cette année-là, je n’avais pas de pardessus, parce que j’avais voulu acheter un grand chapeau qui coûtait cent vingt francs …

Je prétendais que le froid, comme le reste, est illusion. Et, fort de nos discussions, je déclarais à mon père que l’amour des parents est la forme la moins noble de l’égoïsme et que le premier devoir de l’enfant est de renier les siens …

Il était veuf. Il partait à six heures du matin à son travail, quand moi je rentrais … Et bien, il a fini par s’en aller plus tôt, pour ne pas me rencontrer, parce que mes discours l’effrayaient … Il me laissait des billets sur la table … « il y a de la viande froide dans l’armoire. Ton père. «

Nous étions sept, Sept Surhommes ! Sept Génies ! Sept gamins !

Janin, à Paris, fait encore de la sculpture. Ou plutôt il fabrique des mannequins pour un grande usine …Belloir est à la banque … Van Damme dans les affaires … Je suis photograveur … Klein s’est pendu, à la porte de l’église … Lecocq s’est tiré une balle dans la bouche, à Brême …

Je crois que nous étions tous sincères, lors de nos palabres, de nos discussions, de nos rêveries à haute voix. Mais il y avait dans cette sincérité des degrés différents. ( … ) Les plus sincères étaient certainement Klein et Lecocq D’Arneville … Une affection fraternelle les unissait … Ils avaient eu tous les deux une enfance pénible, près d’une maman pauvre … Tous deux visaient plus haut, s’ulcéraient devant des obstacles infranchissables …

J’ai entendu : « Dans telles ou telles circonstances, seriez-vous capable de tuer quelqu’un ? ( … ) Alors on s’emballa sur ce thème : l’homme n’est qu’une moisissure sur la croûte terrestre … Qu’importe sa vie ou sa mort … La pitié n’est qu’un maladie … Les gros animaux mangent les petits … Nous mangeons les gros animaux …

Klein trahissait ses préoccupations par des questions soudaines :

« - Crois-tu vraiment que ce soit difficile de tuer ? «

« - Bien sûr que non ! «

Peut-être même tirait-on une joie âcre de cette fièvre de gamin ? … Saisissez bien ! on ne voulait pas déchaîner un drame ! … On explorait le terrain jusqu’à l’extrême limite.

Quand il y a un incendie, les spectateurs, malgré eux, souhaitent qu’il dure, que ce soit « un bel incendie « … Quand les eaux montent , le lecteur des journaux espère « de belle inondations « , dont on parlera encore vingt ans plus tard. "

mardi 23 février 2010

Georges Simenon : " Le Pendu de Saint-Pholien "


L’histoire est assez fouillée, je trouve. Il ne s'agit pas d'un " simple " Maigret - si j'ose ! - mais d'un vrai roman psychologique qui nous entraine à Brême, Bruxelles, Reims, Paris et surtout à Liège. Et il question d’une autodestruction, des Compagnons de l’Apocalypse, de jeunes gens qui jouent avec le feu, de cinq enfants qui ne demandent qu’une chose, ne pas être écrasés par des problèmes financiers alors qu’ils n’ont pas encore bougé leurs petits orteils. Puis d’un suicidé par pendaison et d’autres pendus un peu partout …
Bref un petit bijou particulièrement pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur la vie liégeoise du bon vieux temps ( tu parles ! ). Ce roman fourmille d’infos, de sensations et d’odeurs. Merci Georges ! Oufti !

 En ce qui concerne « les Compagnons de l’Apocalypse «, voici un autre article :

samedi 20 février 2010

" May B " par la compagnie Maguy Marin


Avec Marie, mon amie liégeoise, nous avons été voir , au centre culturel de Seraing, les danseurs de la compagnie Maguy Marin dans l’œuvre « May B « .

Cinq hommes, cinq femmes pauvrement – ou simplement- habillés poussent des pas sur la scène. De petits pas qui se transforment lentement en gestes plus complets. Ils miment admirablement les temps de carnavals, celui de Binche, par exemple, ou se bercent sous la chanson du Doudou de Mons. Gestuelles sexuelles également, celles des plus basiques, à la limite de l’obscène . « Comme dans le délire des bals musettes ou l’envers devient le véritable endroit « comme le dirait ( peut-être ) Antonin Artaud ( fallait que je la place, celle-là ! ). Exhibitions de conflits entre deux personnes, d’où créations de groupes antagonistes, rivaux ; instincts grégaires, copinages, séduction, …

Mais faut-il absolument chercher des quelconques messages ? Pourquoi faut-il tout traduire en analyses alors que la chorégraphie, absolument époustouflante, renversante, suffit largement à nous séduire. Ecoutons plutôt le bruit des pas saccadés, les cris, les gloussements, les respirations, les souffles, les traces de leurs existences laissées par la farine sur le sol, les logorrhées, les silences...

Quelle merveille ! J’en suis tout retourné ! Et comme je l’ai dit à Marie, je ne me doutais même pas qu’il pouvait exister de pareils spectacles … ( mais vous savez ma naïveté ).

Encore une petite chose : si je devais revoir des êtres chers mais décédés , par exemple ma mère, je crois que je les reverrais tels que je les ai vu dans une des séquences ; celle où ils apparaissent sur la scène, avec dans leurs mains des valises, et qu’ils progressent à tout petits pas saccadés et un peu sur le coté, de guingois, semblant dire : tu me vois ? Je ne marche pas trop vite mais je suis là, tout près … Ca va, toi ? Comment vont les choses ?

Voici une vidéo pour vous mettre l’eau à la bouche. Mais vous le savez : rien ne vaut le direct, le vivant, la scène :

http://www.youtube.com/watch?v=oisXmURi8lw

Et une brève interview de Maguy Marin :

http://www.youtube.com/watch?v=tukXx5LVkBw&feature=related

jeudi 18 février 2010

Dadaïsme, quelques peintres






Robert Rauschenberg, une combine painting


















Francis Picabia : " Jeunes Filles au Paradis












triptique dadaïste ( extraits ) de Otto Dix






















Otto Dix. Né en 1891, il est volontaire du coté allemand durant la première guerre mondiale. Il s'est essayé au cubisme, au futurisme et au dadaïsme. Il fut qualifié par le régime nazi de peintre dégénéré. Est décédé en 1969














Dadaïsme, textes et poèmes


Anna Mafleur / Anna Blume





Anna, fleur, mafleur, ô bien-aimée de mes vingt-sept sens, je t'aime !

Je t'aime - tu de tes te tes, je te, tu me. Nous ?

Cet aveu n'a rien à faire ici.

Qui es-tu, personne sans l'ombre d'un nombre ? Tu es, es-tu ?

Les gens disent que tu n'es pas. Laisse-les parler,

ils ne savent pas sur quel pied le clocher danse.

Tu portes ton chapeau sur tes pieds et tu te promènes

sur les mains, sur les mains tu te promènes.

Oh là ! Scie tes robes rouges en plis blancs.

Je t'aime rouge Anna Mafleur, rouge je me t'aime !

Tu de tes, te tes, je te, tu me - Nous ?

Cet aveu n'a rien à faire ici, jetons-le dans la braise froide.

Fleur rouge, Anna Fleur rouge, comment disent les gens ?

Concours philosophique : 1° Anna rouge a une fleur dans le chapeau.

2° Anna fleur est rouge. 3° Quelle est la couleur de la fleur ?

Bleu est la couleur de tes cheveux jaunes.

Rouge est le parfum de ta fleur verte.

Ô toi, modeste fille dans sa robe de tous les jours,

animal vert, je me t'aime !

Tu de tes, te tes, je te, tu me - Nous ?

Cet aveu n'a rien à faire ici, jetons-le dans la boîte à braise.

Anna fleur ! Anna, a-n-n-a, j'épèle ton nom goutte à goutte -

Ton nom goutte comme de la graisse de boeuf fondue.

Le sais-tu Anna, le sais-tu déjà ?

On peut le lire aussi par derrière,

et toi, la plus belle de toutes,

tu es par derrière aussi bien que par devant, A-n-n-a.

Des gouttes de graisse de boeuf tombent carressant mon dos.

Anna Fleur, Ma Fleur, toi animal de gouttes, je me t'aime.

Kurt Schwitters (1919)

Peinture : Otto Dix, Anita Berber (1925)

Chanson dada


I

la chanson d'un dadaïste
qui avait dada au coeur
fatiguait trop son moteur
qui avait dada au coeur

l'ascenseur portait un roi
lourd fragile autonome
il coupa son grand bras droit
l'envoya au pape à rome

c'est pourquoi
l'ascenseur
n'avait plus dada au coeur

mangez du chocolat
lavez votre cerveau
dada
dada
buvez de l'eau

II

la chanson d'un dadaïste
qui n'était ni gai ni triste
et aimait une bicycliste
qui n'était ni gaie ni triste
mais l'époux le jour de l'an
savait tout et dans une crise
envoya au vatican
leurs deux corps en trois valises

ni amant
ni cycliste
n'étaient plus ni gais ni tristes

mangez de bons cerveaux
lavez votre soldat

dada
dada
buvez de l'eau

III

la chanson d'un bicycliste
qui était dada de coeur
qui était donc dadaïste
comme tous les dadas de coeur

un serpent portait des gants
il ferma vite la soupape
mit des gants en peau d'serpent
et vient embrasser le pape

c'est touchant
ventre en fleur
n'avait plus dada au coeur

buvez du lait d'oiseaux
lavez vos chocolats
dada
dada
mangez du veau

Tristan Tzara (1923)

vendredi 12 février 2010

Comment expliquer la peinture à un extraterrestre ?


Un article que j’ai piqué dans le livre « 211 idées pour devenir un garçon génial « . Il est intitulé « Avoir l’air de toucher sa bille en art « . Je l’ai rebaptisé « Comment expliquer la peinture occidentale à un extraterrestre « . Imaginez qu’un E.T. débarque chez vous en pleurs ( pas si improbable que cela ! ) car il ne comprend rien à rien à la peinture et s’emmêle les pinceaux, si j’ose dire. Vous trouvez qu’il n’a pas l’air très malin-malin ( méfiez-vous des jugements hâtifs ! ), pas très futé non plus ( re-méfiez-vous … ! ). Pas de panique. Voici un petit texte qui pourra vous être très utile :

Grec et romain. De superbes vases et autres danses de dames sans bras. Plein de temple et tout ça. De belles mosaïques aussi.

Médiéval ( vers 1200-1400 à. C’est là que la peinture a décollé. Son sujet de prédilection : la Bible et encore la Bible. Les tableaux sont dénués de toutes perspectives ( ou sens de la 3-D à, ce qui leur donne un air un peu bizarre.

Renaissance. Elle commence au XV è siècle en Italie. Des portraits à n’en plus finir, mais qui respectent enfin la perspective. Au siècle suivant, les huiles sur toile supplantent la peinture sur bois.

Maniérisme. Un rejeton de la Renaissance, souvent caractérisé par des hommes au poitrail dénudé et un réalisme très m’as-tu-vu.

Baroque. Des peintures gigantesques, chargées, noires de monde, qui fourmillent de références classiques ( surtout des tas de femmes qui se tortillent, et aussi des gens qui jouent du luth ).

Rococo. Début du XVIII è siècle, tout en courbes dans le grand style Louis XV. Des tas de rideaux et de housses de coussins comme aux 3 Suisses, mais plus moderne en apparence.

Néoclassicisme. Les paysages ont la côte. Des figures d’athlètes ou des tableaux en plein air pondus en série, ainsi que des portraits guindés d’hommes empâtés aux côtés de leur femme, rarement jolie.

XIX è siècle. La peinture en tubes est enfin disponible. Un siècle chargé ; d’abord avec les préraphaélites anglais tout ce qu’il y a de plus bohèmes. Vers la fin, les impressionnistes assouplissent à la fois le fond et la forme : beaucoup de femmes nues avec des meules de foin au second plan. Le paysage de relais est assez rapide : Manet, Monet, Degas, Seurat, Van Gogh, Cézanne, Gauguin, Matisse … ils se succèdent pour nous conduire gentiment à l’époque moderne.

XX è siècle. Ca devient complètement dingue. Expressionnisme abstrait, futurisme, dadaïsme, néoplasticisme, surréalisme, expressionnisme abstrait, Op Art, Pop Art, art conceptuel et j’en passe. Les artistes deviennent des « marques » mondiales, comme Picasso, Dali, Hockney, Warhol et autre Bacon.

XXI è siècle. Une époque de prix artistiques sponsorisés, de concours et de controverses préméditées dans le supplément du dimanche. Qu’on nous rende les femmes aux poitrines dévêtues !

jeudi 11 février 2010

" 211 idées pour devenir un garçon génial " de Tom Cutler


Un bouquin sympa qui traite de tout ce que vous devez savoir si vous désirez devenir un garçon génial ( ya le même pour les filles qui veulent être brillantes ! ). Des pt’tis trucs et astuces pour briller en société. Un peu de tout mais parfois du n’importe quoi hilarant. Y en a j’vous jure ! Vintage par les dessins, la couverture et les propos tenus, venus tout droit des années ‘ 50.

Huit chapitres dont : comment être un homme, un vrai ; l’arbre des connaissances inutiles ; le parfait homme d’intérieur ; l’art de se donner en spectacle, l’as des fourneaux.

Je retiendrai plus particulièrement « plaire à une femme « , calculez l’heure du décès « et « avoir l’air de toucher sa bille en art », tellement délicieux que j’y consacrerai un article spécial.

Un bon cadeau à faire dans votre entourage !

mercredi 10 février 2010

" L'Aventure Dada " de Georges Hugnet


Il n’est pas si facile que cela de cerner ce qu’est le mouvement Dada. Un mouvement, justement, sans réelle structure qui naît à Zurich, par écrit en mai 1916. Mais il était déjà vivant en 1914 et se répand d’abord en Allemagne, Berlin , Cologne, Hanovre puis à Paris et à New York. En gros, il correspond à cette époque effroyable du premier conflit mondial. Il est apolitique, provocateur, iconoclaste, anarchisant et ne propose rien en contre partie que son éphémère existence. On prend ou on laisse, peu importe. Le mouvement dada est un état d’esprit, une manière de vivre et de voir les choses qui nous entourent. Pas de dogme, pas de chefs de file ( tout au moins à première vue ).

Il s’exprime par la peinture, la sculpture, les collages, les exhibitions et manifestation et même la musique. Certains noms sont connus encore aujourd’hui car ils ont fait des émules dans les arts du xx ème siècle. Aragon,Hans Arp, André Breton, Marcel Duchamp, Paul Eluard, Max Ernst , Francis Picabia, Man Ray, Eric Satie, Philippe Soupault, Tristan Tzara.

Peut-on dire que Dada fut une réaction épidermique face à ce carnage inimaginable de la guerre 14-18 ? Où l’être humain, peut-être pour la première fois de son histoire, se retrouva , seul, et déboussolé … Allez savoir …

Ce livre s’attarde sur chacune de ces personnes étranges et bizarres ainsi que les villes qui les ont vus s’exprimer dans cet art très particulier. Il reste au lecteur de faire sa sélection dans ce « fatras « ; entendez en cela d’y trouver ce qu’il cherche.

Pour ma part, le mien est fait, dans un premier temps en tout cas. Je me propose, via ce blog, de vous faire partager ces « subtiles « émotions, en les répartissant en trois séquences, quitte à les compléter au fur et à mesure de mes recherches et mes lectures. Faut dire que ce mouvement m’avait déjà intéressé, attiré, même fortement ,durant les années ‘ 70. Avec le recul, pas étonnant que je sois quelque peu épris de Frank Zappa, d’Antonin Artaud. Peut-être sont-ils dans la même mouvance … ?

dimanche 7 février 2010

Au voleur ! A l'assassin !





















Avec mon amie liégeoise, Marie, nous avons été voir jouer une pièce d’Eugène Ionesco « Victimes du devoir « au théâtre de l’Etuve. Des scènes rigolotes et / ou intéressantes …

En revenant, je suis abordé par deux jeunes qui me demandent très gentiment une cigarette. Ils me disent que j’ai certainement bu un ou deux verres ( de trop ). Môa offusqué – attends toua, après 9 ans et demi d’abstinence totale -, je m’insurge et jure sur la tête d’Ionesco ou du nouveau prince des évêques, Monsignore Léonard ( pourquoi pas ? ) que je n’ai pas bu. Ils me disent également que j’ai une bonne tête de sportif ( là ils ont tout faux ) à part la marche. Un de deux me montre alors le signe de ralliement des marcheurs : il place une jambe entre les deux miennes. Pauvre innocent que je suis car c’est là que sans doute, le p’tit malin a mis la main sur mon portemonnaie de secours. En effet, je place toujours dans la poche révolver une petite pochette contenant quelque menue monnaie, au cas où … Quelques pas plus loin, je m’aperçois que ma « réserve « à disparu. Je hèle les deux p’tites frappes. Et là c’est le grand cinéma. Un d’eux invective son compagnon de larcin en m’expliquant que son ami a un vilain défaut : faire les poches de tous ceux qu’il rencontre. Il lui enlève sa veste et me demande d’en fouiller les poches. Lui fait de même dans les poches de son pantalon. Bref la totale ! De l’excellent cinéma, ya pas à dire. Mais j’abandonne car me rends compte qu’ils se foutent une seconde fois royalement de ma gueule et m’en vais sur un : « vous êtes deux beaux saligauds ! « .
Note que cela aurait pu être plus grave : coups, blessures, vol de mon vrai portefeuilles avec petits mots doux, cartes et fric ( peu ! ). Notez que je m’attends à un tel scénario un de ces jours …

Pour l’heure, je ne le dirai assez : « Ma grande naïveté me perdra ! «
Oufti !

jeudi 4 février 2010

Instantanés de ma vie liégeoise ( suite 13 )


Notre très agréable cité a donc été secouée( au sens propre et au sens figuré ) par une fameuse secousse. Dans le quartier Léopold. Un drame pour de nombreuses familles et qui aura des répercussions sévères pour une foule de personnes. Tout comme vous, je m’associe à ce malheur, mais de façon passive, il faut le dire. Très étonnement, je n’éprouve pas un sentiment bien particulier face à cette pourtant tragédie… Deviendrais-je froid comme un glaçon de cet hiver dont on se souviendra longtemps à Lîdge ( froid, neige, … ). Sans doute parce que je ne connais – normalement - aucun des habitants touchés par ce triste drame, va savoir …

Avec mon amie liégeoise, Marie, nous avons été écouter Jean-Louis Trintignant au théâtre Saint-Michel à Etterbeek. Il récitait des textes de Boris Vian, Jacques Prévert et Robert Desnos. Spectacle agréable, certes, mais comme tous ces artistes sont froids ( eux aussi ! ). Distants, sans aucun mot gentil pour le public qui paye ses places bien chères. Y en qui se la pètent, vraiment ! attends-toua. Tout comme Carole Bouquet qui, l’année dernière, lisaient des textes d’Antonin Artaud. Des lettres d’amour ! Cherchez l’erreur ! On ne peut pas faire mieux pour desservir un tel auteur. Elle non plus : pas un mot charmant pour le public. Là, cela me dépasse. Quelle condescendance, vraiment !

J’ai fait une folie ! Me suis offert un électroménager Nova ( une de ses marques chéries que j’ai vendu à la pelle, in illo tempore, merci Nova ! ). Un appareil 4 en 1 : gaufrier, croque-monsieur, grill et crêpes. J’ai fait mes premières gaufres vendredi mais un peu lourdes. Ai demandé de l’aide pour les recettes. C’est un bon plan de cuisiner soi-même . Pour le moment, je suis dans ma cure annuelle de choux de Bruxelles que je fais nature de chez Nature. Mioum ! Avec du riz-sushi + sauce soja et un p’tit morceau de cabillaud. Mmmmmhhhhh !