" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

vendredi 25 juin 2010

Baudelaire : " Fusées ", " Mon coeur mis à nu ", " La Belgique déshabillée "




















Charles Baudelaire, un des premiers parmi les plus grands poètes de la littérature française. On retrouvera dans cet ouvrage des textes en prose de l’auteur ; un livre très fouillé, car il est truffé d’annotations, d’extraits de lettres, de coupures de journaux, de témoignages d’autres grandes personnalités de l’époque, …

« Fusées « et « Mon cœur mis à nu « sont constitués d’esquisses de travaux de Baudelaire, d’aphorismes, d’approche de sa philosophie, de sa morale. N’étant pas un connaisseur du tout, j’éviterai tout commentaire par trop déplacé et vous laisserai seuls « juges « . Juste un mot cependant : je regrette qu’il soit si extrémiste, parfois même si furieusement raciste ( primaire ) et sans nuance aucune pour notre pauvre Belgique. " Pamphlet, dirigé contre les Belges et, à travers eux, contre le genre humain " ajoute sagement un critique.

« La Belgique déshabillé « nous montre le cheminement d’écriture, la construction de son très virulent pamphlet « Pauvre Belgique « dans lequel il raconte les quelques mois qu’il a passé chez nous et qui furent désastreux. Si le cœur vous en dit, vous pouvez en lire quelques petits extraits dans les deux articles que j’ai commis sur ce même blog :

http://catinus.blogspot.com/2010/06/le-rattachement-lannexion-de-la.html

http://catinus.blogspot.com/2010/06/charles-baudelaire-pauvre-belgique.html

A signaler également une biographie bien réalisée. Bref, un ouvrage enrichissant et très agréable à lire !

Et si vous voulez - mais à vos risques et périls ! ! ! - voir la vidéo de " Pauvre Belgique ", c'est par ici :

http://www.idwigstephane.eu/pauvreB.html

jeudi 24 juin 2010

Charles Baudelaire : " Pauvre Belgique "


Tout ce qui est excessif est insignifiant !
Dure sentence ( et bien prétentieuse de ma part …) pour Charles Baudelaire qui, pourtant, est un parmi les premiers des grands poètes français. Il a détesté son trop long séjour dans notre pays . Il n’y a pas été reconnu. La lourdeur, la mesquinerie, le côté très provincial des Belges l’ont dégoûté ; et sa vengeance fut terrible : ce terrifiant et implacable pamphlet « Pauvre Belgique ".

Aussi nous nous contenterons simplement de relever quelques passages parmi les moins acerbes ( notez qu’ il faut bien fouiller pour en trouver ).

N'empêche que ce texte est intéressant ( = digne d'intérêt ) ...




« On dit que chaque ville, chaque pays a son odeur. Paris, dit-on, sent ou sentait le chou aigre. Le Cap sent le mouton. Il y a des îles tropicales qui sentent la rose, le musc ou l’huile de coco. La Russie sent le cuir. Lyon sent le charbon. L’orient, en général, sent le musc et la charogne. Bruxelles sent le savon noir.( …) Tristesse d’une ville sans fleuve. ( … ) Tout est quatre fois plus cher qu’à Paris, où il n’y a de cher que le loyer. Ici tout est cher, excepté le loyer.

( … ) Eclats de rire sans motif – On conte une histoire touchante ; le Belge éclate de rire pour faire croire qu’il a compris.

( … ) Lenteur et paresse des Belges ; dans l’homme du monde, dans les employés et dans les ouvriers. Torpeur et complication des administrations.

( … ) Le Belge est toujours porté à se réjouir du malheur des autres. D’ailleurs cela fait un motif de conversation, et il s’ennuie tant ! ( … ) Avarice générale. Grandes fortunes. Pas de charité. On dirait qu’il y a conspiration pour maintenir le peuple dans la misère et l’abrutissement. ( …) Tout le monde est commerçant même les riches. Tout le monde est brocanteur.

( … ) Toujours l’esprit de conformité. On ne s’amuse qu’en bande. ( … ) Barbarie des jeux d’enfants.

( …) On ne sait pas le français, personne ne le sait, mais tout le monde affecte de ne pas savoir le flamand. C’est de bon goût. La preuve qu’ils le savent très bien, c’est qu’ils engueulent leurs domestiques en flamand.

( … ) Il n’y a pas de peuple belge, proprement dit. Il y a des races flamandes et wallonnes, et il y a des villes ennemies. Voyez Anvers. La Belgique, arlequin diplomatique.

( … ) En Belgique, pas d’Art ; l’Art s’est retiré du pays. Pas d’artistes, excepté Rops.

( … ) Promenade à Liège. Le palais des Princes-Evêques. – Caves. – Ivrognerie. – Grandes prétentions à l’esprit français. "


------------- Attention ! Avertissements ! ! ! ----------------

Vous voulez peut-être voir la vidéo ?

Okay mais alors à vos risques et périls ! ! !

http://www.idwigstephane.eu/pauvreB.html


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Lettres de Baudelaire à sa mère :

http://catinus.blogspot.com/2011/07/charles-baudelaire-lettres-de-belgique.html

Le rattachement, l'annexion de la Belgique à la France selon Charles Baudelaire













L'idée de rattachement, d’annexion de la Belgique francophone à la France ne date pas d’hier. Voyons ce qu’en disait déjà le poète, Charles Baudelaire, dans « La Belgique déshabillée « en 1864 ( ? ) :


« L’annexion est un thème de conversation belge. C’est le premier mot que j’ai entendu ici, il y a deux ans. A force d’en parler, ils ont contraint nos ( moutons) ( perroquets ) de la presse française à ( s’en occuper ) répéter le mot.

Une grande partie de la Belgique la désire. Il faudrait d’abord que la France y consentît. Un gueux ne peut pas sauter au cou d’un homme riche et lui dire ; Adoptez-moi !

Je suis contre l’annexion. Il y a déjà bien assez de sots en France, sans compter tous nos anciens annexés. Faudrait-il donc adopter l’univers ?

Mais je ne serais pas l’ennemi d’une invasion et d’une Razzia, à la manière antique, à la manière d’Attila. Tout ce qui est beau pourrait être porté au Louvre. Tout cela nous appartient plus légitimement qu’à la Belgique, puisqu’elle n’y comprend rien. Et puis les dames belges feraient connaissance avec les Turcos ( qui ne sont pas difficiles ).

La Belgique est un bâton merdeux ; c’est là surtout qui constitue son inviolabilité. Ne touchons pas à la Belgique ! – ( De la tyrannie des faibles, - des animaux, des enfants et des femmes. C’est ce qui crée la tyrannie de la Belgique dans l’opinion européenne ).

La Belgique est sauvegardée par un équilibre de Rivalités. Mais si ces rivaux s’entendaient entre eux ! Dans ce cas qu’adviendrait-il ? "

lundi 21 juin 2010

Les genres poétiques selon Baudelaire


Je ne résiste pas de présenter un extrait du délicieux livre " Cinq journées avec Baudelaire " de Georges Barral dont vous pouvez retrouver la critique ici :




Baudelaire souhaitait faire partie de l’Académie française. Il rendit une visite de courtoisie à l’un d’entre les Immortels.

Conversation entre Viennet et Baudelaire :

Viennet : - Asseyez-vous, Monsieur, et dites-moi ce qui vous amène.

Baudelaire : - Monsieur, je veux épargner vos instants. Je vais aller droit au but sans détour. C’est à l’académicien que je rends visite. Je nourris l’ambition de succéder au père Lacordaire dans le fauteuil qu’il laisse vacant.

( … )

- Comment vous nommez-vous, Monsieur, et qu’avez-vous fait ?

- Je m’appelle Charles Baudelaire. J’ai composé des vers et de la prose.

- Vous dites : « Charles Baudelaire « ? C’est curieux ! Je n’ai jamais vu ce nom-là imprimé quelque part. Vous avez fait des vers et de la prose ?

- Oui, Monsieur, je suis poète et prosateur !

- Et comme poète dans « quel genre faites-vous « ?

- Mon Dieu, Monsieur, « je fais « un peu dans tous les genres. J’ai composé des sonnets, des litanies, de stances , des hymnes, des petits poèmes descriptifs … Les genres sont innombrables. Cela dépend de l’inspiration. La poésie est universelle. A vrai dire, elle n’a point de genres limités, les possédant tous …

- Erreur ! Monsieur, erreur coupable ! En poésie, il ya cinq genres bien déterminés : la comédie, la tragédie, l’épopée, la satire et la poésie fugitive qui comprend la fable où j’excelle, tout le monde le sait, Monsieur !

- Cinq genres, Monsieur, cinq genres ! C’est bien peu. « Votre excellence « commet de graves omissions ! Qu’elle me permette de le lui faire observer. Elle oublie qu’il y a les grands genres et les petits genres secondaires avec une multitude de sous-genres …

- Monsieur ! …

- Dans les grands genres, il faut placer le genre épique dont Népomucène Lemercier est le souverain ; le genre tragique dont « Arbogast « est le chef-d‘œuvre ; le genre dramatique, le genre didactique …

- Monsieur ! Monsieur !

- Et dans les genres secondaires, il faut compter le genre comique, le genre pastoral, le genre élégiaque …

- Monsieur !

- Et le genre fugitif ou la poésie fugitive comprenant : l’énigme, le logogriphe, la charade, l’épigramme, le madrigal …

- Monsieur !

- Oui, Monsieur, que fait « Votre Excellence « du madrigal ? Et puis, il y a encore le sonnet, la ballade, le rondeau, le triolet …

- Monsieur !

- L’épithalame et l’épigraphe ! Quand à la fable, dans laquelle, je le reconnais volontiers, « Votre Excellence excelle « , j’en forme un genre à part en dépit de Boileau qui a méconnu et oublié Jean de La Fontaine et ses ancêtres …

- Monsieur ! Monsieur !

- A vrai dire cependant il serait préférable de classer la fable dans le genre didactique, dans le genre allégorique ou le genre comique, la fable étant à la fois apologue, une « comédie en cent actes divers « . Elle instruit, elle moralise, elle amuse. C’est un sous-genre incomparable, ( je ne parle pas des anciens et des étrangers ) dominé par trois maîtres incontestables : La Fontaine, Florian et Viennet.

- Monsieur ! Monsieur ! c’est trop !

- Et puis, il ya enfin, la poésie érotique, le genre profane, la poésie sacrée, la poésie patriotique ! Que fait « votre Excellence « de l’abbé de Bernis, de Boufflers, de Jean-Baptiste Rousseau, de Lefranc de Pompignan, de la « Marseillaise « et de la « Parisienne « ? Et par-dessus tout Monsieur, il y a le genre ennuyeux. Et dans ce genre-là, tous les poètes collaborent, vous, et moi aussi !

Sur l’envoi de cette dernière flèche de Parthe, Baudelaire se boutonne, accentue une profonde courbette en scandant cet adieu : « J’ai l’honneur de saluer Votre Excellence ! « .( …) Et il entend ces mots secs et décisifs : « - En voilà encore un qui n’aura pas la voix de « Monsieur » !


dimanche 20 juin 2010

Beaux livres, mes dernières acquisitions







Une splendide galerie de 100 portraits de femmes, analysés méticuleusement. Des artistes archi-connus et d'autres moins.




















On ne peut être qu'émus par ce Japon à milles lieues de nous ...
















Intrigué par ce phénomène que représente la première guerre mondiale, ces mille photos inédites m'aideront peut-être à mieux le comprendre





















L'imagerie coquine est aussi âgée que la photographie. Un coup d'oeil à travers les serrures : ateliers de photographes, séances de poses dans la nature, loges des danseuses, coulisses des maisons closes. Vintages en noir et blanc bien sûr ...










Déjà connu mais " oublié " lors de mon départ de Gouvy.
Une manière sociologique, ethno-mytologique de regards sur le pénis.
Il sera du plus bel effet dans ma bibliothèque nouvelle












Lors de ma promenade aussi dominicale que matutinale à travers les sentiers des coteaux de la Citadelle, je suis tombé sur l'illustrissime marché de la Batte. Et me suis laissé tenter, une fois n'est pas coutume, par l'achat de cinq beaux libres pour une somme dérisoire : 28 euros pour le tout. Oufti, toua !

samedi 19 juin 2010

19 juin 2010 : oufti, j'ai atteint mes 59 piges. Lustucru !






Carte d'Evelyne














Carte de ma soeur Thérèse




















Carte de Cathy












Carte de ma soeur Rose







Carte de ma pote Daneke





Carte de Marie












Deux cadeaux de Françoise B.



















Avertissement de Françoise B.









Ben voilà, comme on dit aujourd'hui. Le grand jour est arrivé : j'ai 59 balais.
Merci pour les cartes reprises ci-dessous : elles me touchent plus que vous ne le pensez.
Merci aux coups de fil de Françoise P., alias Patica 1 , à celui de Guy du trio liégeois ma pote Daneke.
Merci aux manifestations sur face book de Thierry, Patricia, Marc, Anne, Noël, Dominique et Joachim .
Merci pour le petit mot de mon amie montoise, Maggy.
Merci pour la vidéo conférence de Nat, Boston-Usa.
Merci aux msn de ma soeur Thérèse, de ma pote Daneke.

Attention ! je prends des notes et gare à ceux qui ne se manifestent pas en ce jour sacré ! ! !
Grrrrrrrrrrrrrrrr ! Je suis TRES rancunier et n'oublie rien ! Dont acte !

Mon anniv' , je l'ai déjà débuté ce jeudi à London pour un one day trip. Excellent et agréable, un peu court d'un côté mais j'ai pris le temps et n'ai pas couru comme un dérapé.

Ce matin, rendez-vous particulier de deux heures chaudes en compagnie d'une belle qui a pour nom Sandra. Saperlipopette, elle a requinqué toute ma libido - qui est encore bien importante pour mon âge - , la miss, oufti toua !

A la libraire Pax, je me suis procuré " La Belgique déshabillée " de Charles Baudelaire et ai commandé le très remarquable travail, en sept c.d., de Jean d'Ormesson et de Olivier Barrot " Histoire personnelle de la littérature française ".
Et pour finir, en compagnie de mon amie liégeoise Marie, une banana split au glacier Lulay suivi de la pièce de Tennessee Williams " Baby Doll " au théâtre Proscénium.

Un splendide anniversaire, mission accomplie, oufti !



vendredi 18 juin 2010

Georges Barral : " Cinq journées avec Charles Baudelaire à Bruxelles "


Du 26 au 30 septembre 1894, Nadar, qui est à Bruxelles pour faire une démonstration de son nouvel aérostat « Le Géant « délègue auprès de son ami Charles Baudelaire, descendu à l’hôtel du Grand Miroir , un jeune parisien du nom de Georges Barral. Ce jeune homme va décrire ces cinq journées passées avec le poète.

Un magnifique témoignage sur la vie de Bruxelles à l’époque. Tout nous est décrit avec talent : l’aérostat de Nadar, la rencontre avec le roi Léopold I er, la visite de Waterloo et du champ de bataille de Napoléon, diverses descriptions des rues du cœur de Bruxelles, remarques sur le séjour de Victor Hugo, une soirée au bordel de luxe,… Mais aussi des considérations gastronomiques ( entre autres sur les frites, hé ), sur le caractère des Belges et des Bruxelloises.

« Sa ressemblance physique avec Bonaparte me frappe. Ainsi que le Premier Consul, il est imberbe. Son front est large et découvert, légèrement bombé. Ses yeux ont de l’acier l’éclat froid et pénétrant. Son nez est proéminent avec des narines frémissantes. Ses lèvres, minces, avec un pli dédaigneux aux commissures. Le menton, accentué, volontaire. Son visage mat, avec quelques rides profondes. Son geste, saccadé, autoritaire. ( … ) Toute sa personne est pleine de distinction, de haute aristocratie anglaise, adoucie par le charme français. «

« … l’écrivain dépasse de très peu la moyenne, celle de Napoléon et de Hugo, il toise un mètre soixante-cinq centimètres, ( … ) une tête courte et ronde, celle des Latins. «

On sait que le séjour de Baudelaire en Belgique, à la fin de sa vie, fut catastrophique. Il donne des conférences un peu partout dans le pays mais n’y est pas connu, il n’y a personne pour venir l’écouter. Les Belges ne l’apprécient guère et le poète le leur rendra bien puisqu’il écrivit le terrible « Pauvre Belgique « . A Namur, il fit une chute qui marquera son retour en France et où il connaîtra une mort épouvantable.

« Le peuple ( belge ) boit, mange, fume, fornique et dort. Tel est le tempérament fondamental de l’indigène, exhibé dans ton son réalisme, et reproduit, pour que nul ne l’ignore, sur les enseignes et ses sculptures publiques. ( … ) et il ajoute :

- Ici, tout est approximation, incompréhension, suspicion, jalousie, calomnie. Les gens de Bruxelles me détestent et me traitent de paria. L’hospitalité belge est une « frime « . J’ai fait peu de connaissance, et celles-ci m’ont fui bientôt. Dans la rue, les voisins me regardent avec défiance et chuchotent sur mon passage. Dieu sait quelles calomnies ! «

A signaler également, des considérations sur la poésie absolument délicieuses mais j’en parlerai plus tard dans un autre article.

En illustration, un poème :

http://www.youtube.com/watch?v=X9-xiBxdiwU&a=ttfF1upIV9Y&playnext_from=ML


Pie Tshibanda : " Un fou noir au pays des Blancs "





















Pie Tshibanda est Congolais de la région du Kassaî, psychologue mais aussi réfugié politique. Il arrive dans notre pays en 1995 pour y demander l’asile et nous raconte sa galère. La galère de tous les demandeurs d’asile. Mais lui, eu égard à son éducation et à son tempérament, il ne se cache pas, ne reste pas passif, préfère signaler à ses voisins belge que lui aussi existe en tant qu’être humain. Il prend la parole, parle à des inconnus, se présente à l’église de son village pré-adoptif à la fin de l’office. Il tente de venir en aide à d’autres que lui qui sont encore plus dans la détresse.

Il est maintenant très connu en Belgique, en France grâce à ses remarquables « one man show » auxquels vous avez peut-être pu assisté : « Un fou noir au pays des Blancs « et « Je ne suis pas sorcier « . Il y décrit merveilleusement son pays d’origine, le Congo Kinshasa, les qualités et les travers de deux peuples, la Belgique et son ex-colonie. Par son travail de comédien, il nous offre la possibilité de re-découvrir la face cachée des demandeurs d’asile, leur côté positif.

Excellent texte mais je préfère encore ses spectacles qui sont plus étoffés et où là je fus conquis.

dimanche 13 juin 2010

Elections fédérales du 13 juin 2010





























Quelques considérations à propos des élections :

- Nos politiciens se targuent de défendre la Belgique. Ce pays qu’ils connaissent si mal. Les quizz de la période électorale dans la presse écrite, à la radio, à la télé, sont affligeants. La majorité de nos ministres et députés échouent lamentablement. En effet, c’est le flou artistique quand on leur demande, par exemple, à combien s’élève le minimex perçu au cpas, un billet de métro à Bruxelles, ou le montant de la redevance radio-télé, etc. Ou encore : quand on leur demande les villes qui sont dotées d’un beffroi, Catherine Fonck déclare, sans frémir : « Tournai n’a pas de beffroi ! « . Ben tiens donc ! Beau bouquet de cancres, vraiment !

- La grande mode actuelle – c’est nouveau, ça vient de sortir ! – est le confédéralisme. Un piège à connards que chacun semble maîtriser, pour lequel chacun à sa petite idée et à propos duquel il convient absolument de causer dans le poste. Il est d’autres définitions . Confédéralisme, fédéralisme des Cons, ou un joli cache-sexe.

- On demandait à Bart De Wever, ou un flamin extrémiste dans son genre , ce qui pourrait – encore - être géré par le pouvoir fédéral, soit ce qu’il resterait de la Belgique après séparation des deux, pardon des trois régions. Fastoche ! Juste trois domaines : la monnaie – l’euro -, l’armée et les lignes à haute tension.

- Sur la Rtbf, une madame flamande m’a bien fait rire : « En Ardennes ? On ne travaille pas beaucoup, là-bas : le dimanche, ya rien d’ouvert. «

- Jeudi, à la gare de Gand, j’ai vu un gars qui portait un tee-shirt avec dans son dos le slogan suivant : NVA = haat , puis en dessous deux étoiles de David avec au centre « Jood « et « Franz « , soit en traduction : NVA = haine « Juifs « et « Francophones «

C’est pas moi qui l’ai dit !

- Vu sur une affiche, griffonné sur la tchèsse d’un mandataire bien connu sur Liège, « je suis un peu con mais sait pas grave «

No comment !

Et qu'en pense notre Amélie Nothomb nationale :

" Je veux continuer à espérer. Je me sens profondément belge et suis revenue expressément de France pour voter car je trouverais lamentable de ne pas le faire. Tout particulièrement en ce moment crucial. Pour une analyse plus détaillée, j'ai peur de ne pouvoir dire que des banalités ce dimanche soir. J'attends tous les résultats. "

- Perso, j’ai voté féminin. Ai pris un parti et ai coché à peu près toutes les femmes de la liste ( quelle mouche m’a piqué ? est-ce bien raisonnable ? ). En espérant qu’aucune d’entre elles ne soit une crapuleuse féministe ( que j’abhorre ! )


Evidemment, Papa a encore sévit sur les antennes ce dimanche 13 juin :

http://www.rtbf.be/video/v_michel-daerden-regle-ses-comptes-avec-alain-mathot?id=137453&category=info

La Montagne de Bueren fleurie- 2010


« La Montagne de Bueren, du nom de Vincent Bueren, un des chefs des insurgés liégeois en 1468. Selon la tradition, c’est par là que les six cents Franchimontois partirent à l’assaut du camp de Charles le Téméraire. Mais ils n’étaient pas six cents, ne venaient guère tous de Franchimont et , surtout, ne passèrent jamais par là. A part cela, tout est vrai. «
Robert Ruwet
Pour les ceuses qui ne connaissent pas, ce site liègeois est un des plus visités par ceux qui s’arrêtent à Lîdge pour découvrir ses merveilles. Cette rue, plus que escarpée, comptent pas moins de 374 escaliers ; heureusement, l’ascension est facilitée par plusieurs paliers et des bancs qui vous permettent de souffler un coup . Elle relie la rue Hors-Château et la citadelle, pour faire court.
Mon cama, Robert Schloune, m’avait envoyé un mail cette semaine avec la photo que vous voyez là contre. Pas possible : il s’agissait, pensais-je d’une photo montage ( avec photoshop, on fait des merveilles ). Que nenni, valet, m’fi ! La ville de Liège et les ouvriers des jardins et plantes ont eu l’excellentissime idée de mettre en évidence, devant nos yeuses ébahis, ce remarquable haut lieu de notre Cité bien aimée. Une première qui a rencontré un succès plus que appréciable, malgré le peu de publicité, ce me semble en tout cas.
Samedi soir, après la pluie, cette rue fleurie se sentait –bon ! - à des dizaines de mètres à la ronde. Mioum ! De très nombreuses personnes, revenant des bureaux de votes, ont certainement fait ce petit détour qui le valait, assurément. Oufti, toua !
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Nettement moins romantique , une toute autre vision :

samedi 12 juin 2010

Herman Melville : " Bartleby "


Le narrateur, un patron qui s’occupe de copies diverses sur Wall Street – New York, engage un nouvel employé, Bartlelby qui donne entière satisfaction du moins au début : efficace, grand travailleur, discret. Mais un jour , le patron lui demande de venir corriger, avec deux autres employés, une copie particulièrement importante. Pour toute réponse, il reçoit : « Je préférerais m’abstenir – in english : « I would prefer not to « . Et ce n’est qu’un début car Bartleby n’a aucune intention de participer au bon fonctionnement du bureau, ce qui provoque une grande colère de la part de ses collègues. Il ne parle jamais de lui, on ne sait pas d’où il vient, ne sort jamais sur le temps de midi et … il a carrément squatté le bureau, de jour comme de nuit. Le patron n’est d’ailleurs pas au bout de ses surprises et comme il éprouve une grande pitié humaine et religieuse pour notre homme, l’engrenage ne demande qu’à se mettre en branle. Quoiqu’il arrive, Bartleby n’aura que cette phrase en bouche : « Je préfère m’abstenir « .

Une nouvelle que nous aurions aimé plus longue, mieux, transformée en énorme roman.

Le plus rigolo c'est que des " Bartleby " , cela court les rues ... Euh ! Bon, j'dis ça ....

mardi 8 juin 2010

Georges Simenon : " Lettre à mon Juge "


« Comprendre et ne pas juger «

Charles Alavoine, médecin, vient de commettre un meurtre. Il plaide coupable, n’invoque aucune circonstance atténuante, mais décide d’écrire une longue lettre à son juge. Il raconte sa vie, dans les moindres détails. Il a toujours été entouré de femmes : sa mère, ses bonnes, sa première femme, ses deux filles, sa seconde femme … Et Martine qu’il rencontre, une nuit, sous la pluie.

Un de ces multiples romans purement psychologiques que Simenon a toujours si bien su rédiger. Charles est décortiqué, mieux, il se décortique lui-même, se met à nu, surtout dans ce qu’il convient d’appeler, la part de l’ombre, qui est d’ailleurs en chacun de nous ( oui, jetez un œil dans votre rétroviseur mais ne vous attardez pas trop tout de même ).

« Comprendre et ne pas juger » , telle est la devise de Simenon . Je crois avoir tout compris ( quoique ). Je ne jugerai pas, d’ailleurs on ne me le demande pas et c’est mieux ainsi.

Jean d’Ormesson définit l’œuvre entière de not’ Georges par ces mots :

« Chacun de ses livres est une longue descente dans l’abime « .

Fatalement que ces romans me plaisent autant. CQFD !

samedi 5 juin 2010

Troisième anniversaire de ma nouvelle vie à Lîdge






Françoise et Evelyne












Vue du panorama de la citadelle






Il y a eu le jour du débarquement, le 6 juin 1944.

Il y a eu le jour de mon installation dans ma nouvelle vie à Lîdge, le 6 juin 2007.

Troisième anniversaire donc et le bilan est plus que appréciable, et sous bien des aspects, fabuleux et inespéré. Sic !

Ce n’est pas nouveau : Liège, j’adore, j’ai toujours adoré. Premier séjour de 7 ans entre 1973 et 1980. A c’t’heure, c’est la dernière ligne droite, la bonne !

Liège est l’endroit où je me sens le mieux au monde. Vous me direz que je ne connais pas le monde et vous avez raison. Mais c’est mordicus quand même vrai, oufti, toua ! Pour diverses raisons personnelles qu’il ne convient pas d 'invoquer ici ( par exemple, j’y ai connu mes plus grandes amours et amitiés ). Me balader dans cette ville me ravit. Très souvent me vient aux lèvres : quelle belle ville quand même ! Cependant, je n’apprécie guère les habitants qui sont passablement mufles , pas très marrants et très souvent de fieffés ploucs. Quand j’entends cette phrase éculée : » l’esprit des Liégeois est un des plus chaleureux « , il me vient l’envie de grogner. Car l’on est bien plus accueillant, par exemple, à Bruxelles, à Oostende ou à Mons, me semble t’il. Enfin brefle ! Et puis, crotte, misanthrope je suis, misanthrope je resterai as vitam aeternam-amen.

Les lieux que je préfère, comme ça, rapidos, en vrac : les Guillemins ( entre autres pour ses bistrots, et la gare qui m’ouvre tant d’horizons ), les Boulevards d’Avroy et de la Sauvenière ( = downtown ), en Ferontrée, le sentier de la ferme de la vache + la promenade des coteaux de la citadelle ( mioum ! ), le chemin des chiens de Hocheporte à la rue de Hesbaye, …. Le monument que je préfère, la basilique Saint-Martin ; le rue la plus infecte, rue du Palais ; l’église la plus ahurissante, Saint-Barthélemy dont j’adore toutefois l’architecture extérieure, mon bistrot préféré, « La Pause Café « ; mon resto préféré, « Vol au dessus de « ; le théâtre préféré, « L’Etuve « ; le lieu béni entre tous, la bibliothèque des Chiroux . Ben voilà !, comme on dit aujourd’hui.

Mercredi dernier, mes collègues de l’hôpital Saint-Joseph, Françoise, Evelyne et moi-même avons fêté, un peu en avance, mon 59 ème anniversaire. Nous avons été dîner à la « Strada « . Elles m’ont offert deux tee-shirts et deux livres d’une de mes idoles : Georges Simenon. Smacks ! Nous nous sommes liés d’amitié depuis près de trois ans, déjà, et avons créé de toute pièce le trio « Patica « ( appellation contrôlée, terme composé de deux premières de chacun de nos noms de famille ). Comme à chaque fois, l’ambiance est au beau fixe et nous causons littérature, bouquins, musique, projets de vacances, un peu de nos familles, … Nous avons le grand plaisir de nous retrouver tous les trois à Saint-Jo, le mercredi matin, à l’accueil. Vive nous !

vendredi 4 juin 2010

Le littoral belge à pied ( première partie )


Marina de Blankenberge




Hôtel de Zeebrugge



Wenduine



Cela faisait des années que je m’étais mis en tchèsse de parcourir toute la côte de la mer du nord ( vlaasme zee ), pédibus. Je voulais le faire en deux parties : Knokke à Oostende puis Oostende – La Panne. Mais soyons raisonnable : la bête n’a plus vingt ans, même plus cinquante. Optons pour du plus sage : en trois étapes.

Ce jeudi 3 mai , je suis parti à l’assaut. Va pour Knokke-De Haan ( Le Coq sur mer ). A raison d’une allure modérée de 15 minutes pour un kilomètre. J’ai donc marché, podomètre à la ceinture : 38.808 pas, 24 kilomètres, brûlé 1.358 calories.

Bien que je suis tout le temps la tronche à la mer, je connais relativement peu le littoral puisque je me borne a de sempiternels même parcours à Oostende, Blankenberge ou Knokke. Voici tout de même l’un ou l’autre commentaire mais qui sont quand même du couru-couru.

Knokke : une plage peu profonde mais il faudra absolument que je découvre le parc naturel des dunes, cet été.

A 3 km : Heist-op-zee. Une des plages les plus mémorables du temps de notre adolescence notre mère, Marguerite ( bonjour, Margoton-la-jeune-bergère ! ), mes sisters et moi. Mais maintenant, elle me paraît ennuyeuse.

A 4,5 km, début de Zeebrugge. Paf ! Vous tombez sur le port qu’il s’agit de contourner. La galère et bien peu agréable à faire, à part la marina. Vous ne manquerez pas de flasher à l’autre bout ( soit à Zeebrugge-Bad , 8 km) sur le magnifique hôtel ( voir la photo ci-dessus ). Une plage très profonde là, c’est pour cette raison qu’on y organise des concerts de musique pop ( K’s Choice enz… ) et des sculptures de sable.

A 11,600 km ( sous réserve ! ) : Blankenberge. Célèbre pour ces deux môles comme la plage de Brighton ( UK ). Une des stations les plus populaires, les plus familiales, les plus pratiques aussi ( gare sncb ). Une de mes préférées à ce jour.

Au deuxième môle, vous devez contourner la marina mais qui vaut le détour.

A 14 km, début de la plage de Wenduine. Impressionnante entre autres pour ses dunes. A 16 km, début des habitations. Plaisant panorama de béton.

Au loin, vous pouvez apercevoir Oostende et sa fameuse, illustre ( mais critiquable ) haute tour Europa . A 20,5 km, le début des habitations de De Haan ( Le Coq ). Qui terminera ma première étape. A signaler, en ville, de magnifique bâtiments de style, qui, pour un bien piètre peu-connaisseur, ressemblent aux bâtisses, maisons de maîtres, hôtels de l’époque victorienne ( made in England ).

A suivre donc >>>

Henry de Montherlant : " Les Jeunes Filles "


Pierre Costals, écrivain de son état, aime la compagnie des femmes, cela ne fait aucun doute, mais il a une piètre opinion d’elles. Il répond à leurs lettres passionnées, uniquement quand il le souhaite ; à deux d’entre elles : Thérèse Pantevin qui se rebaptise en Marie Paradis et Andrée Hacquebaut qui habite Saint-Léonard ( Loiret ). Elles lui déclarent leurs flammes, souvent de façon bien maladroite, flammes qui se transforment en un incendie surtout de la part d’Andrée. Costals, lui papillonne ailleurs et est séduit par Solange : « sa conversation est plate comme un trottoir, et sa voix acidulée me fait mauvaise impression. Mais je suis attendri par ses petits pas de mule, quand elle marche à côté de moi « .

Malgré un avertissement sur deux des œuvres de Montherlant ( le cycle des jeunes filles, composé de quatre romans et de « La Rose des sables « ) , on sait que notre auteur apparaît, à la ville aussi, comme un sacré misogyne. Le roman est truffé de démonstrations – qu’il convient peut-être à relativiser, je vous en laisse seul juge ; on pourra y trouver, par ailleurs, une tendance un peu trop machiste, pour notre époque … – sur le caractère peu accommodant de la moitié ( tout de même ! ) de l’humanité. En outre, il a des mots sévères, effroyables, sur le mariage et le couple ( dont acte ! ).

Voici un exemple de ce qu’il répond à Andrée : « J’ai une physiologie un peu particulière. Je ne désire : a) que des filles âgées de moins de vingt-deux ans ; b) que des filles passives, végétales ; c) que des personnes longues et minces, avec le cheveu couleur aile de corbeau ; vous voyez bien que vous n’êtes pas du tout dans les conditions requises. «

La lecture de ce roman m’avait déjà impressionné dans les années ‘ 70 et je suis ravi de l’avoir relu. Oups !

Extraits :

- « L’homme qui est forcé de prendre une compagne pour la vie, alors qu’il n’y a pas de raison pour que ce soit celle-là plutôt qu’une autre, puisque des millions d’autres sont aussi dignes d’être aimées. «

- « L’homme ne peut guère avoir pour la femme que du désir, qui assomme la femme ; la femme ne peut guère avoir pour l’homme que de la tendresse, qui assomme l’homme. »

- « Tu ne comprends rien à lui ? Tu ne comprends rien à elle ? Et bien, comprends quand même ! Allez et débrouillez-vous . «

- « … persuadé qu’il était, par expérience, qu’un homme nerveux ne peut aimer un être avec lequel il cohabite, ou seulement qu’il voit tous les jours. «

- « Une scène d’amour écoutée derrière la cloison, on jurerait une séance chez le dentiste. Je ne sais pas si vous avez jamais entendu ce que murmure une femme quand elle se donne. Non ? Et bien, c’est malheureux, parce que vous vous seriez faite carmélite sur le coup. ( Mais soyons juste, ajoutons : … et ce que dit un homme qui cherche à lier conversation avec une inconnue ? Sûrement non, parce qu’il y a beau temps que vous vous seriez tiré une balle de révolver. ) «