" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

samedi 30 octobre 2010

Poème sur les Ponts de Liège ( plagiat )







Powème so les Ponts dî Lîdge ( carabistouilles )






Le ciel est bleu au-dessus du Pont de Fragnée,

Il devient orangé au-dessus des voiles du Pont Albert,

Puis pourpre, vermillon, bistre au-dessus du Pont Kennedy

Sous la pluie ;

Gris fer au-dessus de la Passerelle,

Rose, bleu de Prusse au-dessus du Pont des Arches

Dans le clair de lune ;

Ocre jaune, outremer, gris anthracite au-dessus de Maghin

Sous la neige ;

Rose orangé, bleu sombre et jaune citron au-dessus de l’Atlas,

Et violet au-dessus du Pont Simenon,

En coup de vent.

vendredi 29 octobre 2010

Romain Gary : " La vie devant soi "

















Madame Rosa est juive. D’après une photo qu’elle a sauvegardée, elle était une belle jeunesse, à dix-sept ans, rousse, avec de beaux yeux. Maintenant elle est devenue très-très vieille, toute déglindée, affublée de tous les maux possibles et imaginables ( sauf le cancer ! ). A son retour des camps de Monsieur Hitler, elle s’est défendue aux Halles où elle faisait jusque vingt passes par jour. Elle s’est occupée des enfants des filles qui se défendaient, elles aussi, de Paris à Marseille. Comme Moïse, Banania et Momo. Puis il y a dans cet immeuble de Belleville le docteur Katz, Monsieur Hamil, philosophe de son état qui se trimballe tout le temps avec un livre de Victor Hugo. Hélas, il est devenu aveugle. Madame Lola, travesti(e), « complètement de travers « ex boxeur sénégalais. Elle se défend aux bois de Boulogne, est généreuse et très gentille avec madame Rosa. Momo, arabe de son état, veille sur sa mère adoptive et va l’accompagner jusqu’au bout du bout de ses derniers jours, ses derniers souffles de vie, dans le trou juif, une cave dans laquelle se réfugie madame Rosa quand elle perd les pédales, une panic-room qu’on dirait aujourd’hui.

C’est Momo qui raconte l’histoire. Un brave môme de dix ou quatorze ans, ( va savoir …), sans doute un peu trop sensible pour ce milieu si particulier. Autant dire que l’argot, l’humour et l’émotion sont présents à chaque page … pour notre plus grand plaisir.

Un des ces livres merveilleux qui méritent les cinq étoiles !

Extraits :

- Peut-être qu’il y avait du bon en lui, comme dans tout le monde quand on fait des recherches

- Je l’avais pris en grippe mais je crois que c’est parce que j’avais neuf ou dix ans et des poussières et qu’il me fallait déjà quelqu’un à détester come tout le monde

- Monsieur Hamil dit que j’ai des dispositions pour l’inexprimable

- Madame, mon nom est Kadir Yousef, Youyou pour les infirmiers. Je suis resté onze ans psychiatrique, après cette tragédie dans les journaux dont je suis entièrement irresponsable (… ). Les psychiatriques sont des gens à qui on explique tout le temps qu’ils n’ont pas ce qu’ils ont et qu’ils ne voient pas ce qu’ils voient, alors ça finit par les rendre dingues.

- Madame Lola est très belle pour un homme sauf sa voix qui date du temps où elle était champion de boxe poids lourds, et elle n’y pouvait rien car les voix sont en rapport avec les couilles et c’est la grande tristesse de sa vie.

- Ici, vous n’êtes rien. Là-bas, vous êtes beaucoup plus.

En 1977, Moshé Mizrahi à tourné un film de ce roman avec entre autres Simone Signoret

http://www.canalplay.com/films/cinema/la-vie-devant-soi,297,119,6851.aspx

vendredi 22 octobre 2010

Georges Simenon : " Je suis resté un enfant de choeur "














Une des innombrables dictées de Simenon. Entendez par là ses souvenirs, ou plutôt ses « cahiers « comme il aimait à les nommer. Il se rappelle son enfance, une fois de plus, de la ville de Liège qui l’a tant marqué mais qu’il a fini par fuir, très jeune encore, révolté et écœuré. Sur le temps qui passe, sur sa vie amoureuse avec sa dernière femme, Teresa, sur ses quatre enfants, sur la jeunesse des années ‘ 70. Bref ces petits riens qui font une vie, tout simplement, en toute modestie.

Voici un homme, un des plus grands écrivains de notre époque, dont les romans et les « cahiers « forment un tout de toutes premières valeurs. Et si vous le voulez bien, nous y reviendrons encore et encore car quel grand plaisir que de le lire ! Jusqu’à plus soif ! … Mais peut-elle se tarir ?

Pour l’heure, ces extraits :

- Maintenant, et pas à cause de mon âge ni de croyances quelconques, la mort a tendance m’effrayer parce que j’ai trop à perdre. Je voudrais que la vie reste longtemps la même, jusqu’à l’épuisement, même si je dois passer un certain nombre d’années dans une petite voiture.

- Sans avoir de position politique, j’ai toujours penché davantage vers la gauche que vers la droite, bien que n’appartenant à aucun parti.

- Un soir, nous avions bu quelques verres de bière anglaise, un de mes amis et moi. Nous sommes entrés dans le corridor d’une de ces maisons et, comme on ne nous ouvrait pas, car le rideau était fermé, nous nous sommes mis tous les deux à pisser contre la porte.

Nous ne savions pas que nous étions plus ou moins surveillés. Un malabar, en effet, est sorti de la cuisine et s’est dirigé vers nous d’un air menaçant. Inutile d’ajuter que nous nous sommes enfuis à toutes jambes. ( … ) J’avais seize ans. C’était mon premier vrai contact avec ce que l’on appelle « la pègre » .

La femme sur la porte de qui nous avions pissé était presque une copine, car les jours de dèche, c’était à elle que je venais demander moyennement cinq francs d’assouvir mes ardeurs. Elle était gentille, bien élevée, comme aurait dit ma mère, et toujours d’un accueil charmant.

Pourquoi diable aller uriner sur sa porte ?


mardi 19 octobre 2010

Georges Simenon : " L'Horloger d'Everton "






















Ben, le fils , d’un horloger d’Everton, Dave Galloway, tue un homme. Lors de la fuite de son fils ainsi que lors de son arrestation et de son procès, le père le dit haut et fort, même dans les journaux et à la radio : « Je serai avec toi quoiqu’il arrive, je ne t’en veux pas, Ben ! « . Car dans la famille Galloway, existe un secret chez le grand-père, père et fils. Bientôt Dave « parlerait à son petit-fils aussi pour lui révéler le secret des hommes « .

Le sujet de ce roman « dur » ; un thème cher à Simenon , semble t-il , puisqu’on le retrouve également dans « Lettre à mon juge « . Perso, j’ai quelque difficulté à y adhérer, sans doute par manque d’ouverture d’esprit …

Une histoire magnifiquement menée comme d’habitude chez cet auteur qui fait partie de la liste de nos plus grands écrivains contemporains.

dimanche 17 octobre 2010

Quizz littéraire ( 5 )












1. Il décède le même jour qu’une vedette célébrissime
2. Il déteste le catholicisme, la royauté, Chateaubriand, Madame de Staël. Il aime les dames, les mathématiques, l’Italie, Napoléon et une petite ville d’Allemagne.
3. Résumé d’une pièce de théâtre : un couple de bourgeois de province loge par erreur un soir dans un lupanar alors qu’il croit être dans un hôtel. Quel est l’auteur et le titre de la pièce ? ( assez difficile )
4. Il déteste le bonheur, il nie le progrès, ce qu’il aime c’est la mort. Et on aurait pu hésiter à lui serrer la main.
5. Résumé d’un roman : une jeune femme voudrait entamer une carrière dans une entreprise du bout du monde mais « on « ne sait pas la piffer et elle finit comme … madame pipi. ( c’est donné ! )
6. Il a longtemps cru ( jusqu’en 14 ) qu’il était le petit frère de sa sœur et non son fils.
7. Résumé de roman : un adolescent d’origine italienne est envoyé comme travailleur volontaire-forcé dans l’Allemagne de 40-45 et tombe sur des prisonniers russes. Quel est l’auteur et le titre du roman ? ( assez facile )
8. Ils ont fait partie d’un mouvement abracadabrantesque, ils sont décédés de mort peu naturelle ( quoique … ) et portent le même prénom ?
9. Résumé du roman : On regarde un brin d’herbe, on décrit un encrier, une devanture de vitrine, un passage, on y observe un coiffeur, on suit une femme, etc… à Paris ( non, ce n’est pas Perec ! ). Nom de l’auteur et de l’œuvre.
10. Quel est le point commun entre Voltaire, Albertine Sarrazin et Dostoïevski ?

Vous voulez connaitre les réponses ? Suivez ce lien :





samedi 16 octobre 2010

Hergé : " Le testament de monsieur Pump "

















A New York, John Archibald Pump, devenu milliardaire grâce à ses célèbres boutons de col ( sic ! ) vient de se tuer à bord de son bolide. Par testament, il lègue 10 millions de dollars ( de l’époque ) aux constructeurs de l’avion qui aura, le premier, réalisé le raid New York-Paris ou vice versa, sans escale, à une moyenne de 1.000 km à l’heure. L’ingénieur monsieur Legrand, père de Jo et Zette, se met en tête de relever le défi. Mais c’est sans compter sur les deux neveux de monsieur Pump, prêts à tout pour nuire à ce projet.

Plus de cinquante après, je me suis replongé dans ces aventures si fantastiques qui ont imprégné mon enfance, du temps où j’avais, comme on dit, à peine l’âge de raison. C’est absolument hallucinant comme un artiste, tel Hergé, a eu comme influence considérable sur le subconscient de nombre de ses lecteurs. Ainsi me reviennent avec force, gravées at vitam aeternam amen, toutes ces images, exactement semblables que vues , ressenties à l’époque. Je crois qu’elles feraient, en pulsions, l’objet de plusieurs séances de psychanalyse. Ainsi :

- monsieur Legrand, ingénieur

- le coq au vin

- le singe Jocko qui dort dans un lit en pleine journée ( impact psy : je ne m’étonne plus de mon grand plaisir à faire des siestes, le plus souvent possible )

- Au nom de la loi, je vous arrête ( la tête de monsieur Legrand )

- Zette et le grand cheval de labour

- Jocko qui se ramasse un poteau

- les horloges qui marquent 22h, 23, minuit puis l’homme ivre

- la marque de la torche électrique sur le coffre-fort

- la radio qui semble fonctionner toute seule ( encore un coup de Jocko )

- Jocko qui s’attrape un rhume

- le hublot du Stratonef qui lâche

- Jo qui vole une roulotte aux Romanichels

- la roulotte fracassée par un train et la course éperdue de Jo avec ce qu’il en reste

- le hangar qui explose

- le Stratonef qui sort des nuages : « la mer ! « ( impact psy : mon amour quasi démesuré pour la mer du nord, par exemple )

- Jo, Zette, Jocko et le Stratonef sur la plage ( psy : idem )

Et l’album se termine par ses mots ( sublimes pour un enfant ) :

« Qu’arrivera t-il à nos amis dans l’île mystérieuse ? Vous lirez la suite de leurs palpitantes aventures dans le second album qui a pour titre : « Destination New York « .

Comment ne pas craquer ?

vendredi 15 octobre 2010

Tigy Simenon : " Souvenirs "
















Elle se prénomme Régine. Georges Simenon la surnomme Tigy. Voici ses cahiers, ou plutôt son journal intime de 1924 à 1965. Pas question pour elle, artiste peintre, de faire de la haute littérature, juste nous présenter simplement quelques grands traits de leur vie commune. Tigy fut la première épouse de l’écrivain. A grands traits donc, voici leur vie très mouvementée en compagnie de l’indispensable Boule, la servante, qui comme le terme le signifie est présente à tous les instants afin de faciliter une vie de saltimbanques, d’aventuriers et puis de bourgeois.

Des hôtels de bas de gamme, à leurs épopées à bord du bateau « L’Ostrogoth « sur les canaux de France, de Belgique, de Hollande, d’Allemagne, des pays baltes. Les romans de Simenon se vendent comme des petits pains, l’argent rentre au fur et à mesure et ils voyagent beaucoup, un peu partout : en France, en Italie, sur le pourtour méditerranéen, en Afrique, en Europe centrale ; la Turquie, l’Australie, la nouvelle Zélande, Tahiti, New York, le Canada, l’Amérique du Sud, etc… Ils possèdent des maisons, en France, ont des quantités de chiens, élèvent des vaches, cochons, couvées, canards, lapins, deux louveteaux qui deviennent loups, etc…

Un enfant naît, Marc qui passera ses premières années au Canada, aux Etats-Unis puis en France.

Une vie d’une folle époque à en attraper le tournis.

Extraits ( tirés de leur contexte, soit, mais pas tant que cela ..) :

- Il ( Simenon ) a voulu aussi emmener un couple d’enfants noirs. Il aimerait tant avoir un esclave pour lui bourrer et nettoyer ses pipes. Il retarde. Nous ne sommes plus à une époque où on réussit un coup pareil ( il a bien dû s’en rendre compte ).

- Avec le Georges qui rue toujours dans les brancards ou qui veut toujours se mêler de tout, il n’y a pas de traversée sans histoire.

- ( les Simenon font confiance à un escroc belge durant la guerre 40-45 un certain M. Honorez à qui ils demandent de gérer leur fortune ) … Le plus comique, c’est que nous lui avons confié quelques deux cents pièces d’or et quatre cent mille francs de bons de la Défense Nationale, voiture et divers. Déficit : quatre millions, que nous ne reverrons jamais.

- Parfois, il déferle comme un ouragan. Oh, je voudrais bien pouvoir placer un mot. Mais c’est impossible. Il fait les questions et les réponses.

mercredi 13 octobre 2010

Michel Butor : " Le Japon depuis la France "




















Michel Butor nous parle ici des écrivains qui nous ont raconté le Japon. Leur Japon car beaucoup d’entre eux ont conté des énormités. Des textes - plus commentaires de l’auteur – de Voltaire, des encyclopédistes, de Pierre loti, Zola, Claudel, Henri Michaux, Roland Barthes, Jules Verne, etc… M. Butor exprime à souhait son admiration pour le peintre Hokusai.

Pour ma part, je serai franc : la lecture m’a un peu dépassé mais si vous le voulez bien, je me permettrai d’en agrafer deux extraits remarquables et émouvants.

- ( de Pierre Loti ) :

« Par exemple, cet île sacrée de Miyashima, ce refuge édénique ou il n’est pas permis de tuer une bête, ni d’abattre un arbre, où nul n’a le droit de naître ou de mourir ! … Aucun lieu du monde ne lui est comparable, et les hommes qui, dans les temps, ont imaginé de la préserver par de tels lois, étaient de rêveurs merveilleux ( … ) Une ile d’où l’on a voulu bannir toute souffrance, même pour les bêtes, même pour les arbres, et où nul n’a le droit de naître ou de mourir ! … Quand quelqu’un est malade, quand une femme est près d’être mère, vite, on l’emmène en jonque, dans une des grandes îles d’alentour, qui sont de terres de douleur comme le reste du monde. Mais ici, non, pas de plaintes, pas de cris, pas de deuils. Et paix aussi, sécurité pour les oiseaux de l’air, pour les daims et les biches des forêts. «

- ( de Hiroshige )

« Car si le ciel est bleu au-dessus de Nihombashi, il devient orange au-dessus des voiles de Shinagawa, puis pourpre, vermillon, bistre au-dessus d’Oiso sous la pluie, gris fer au-dessus du gué d’Odawara, rose, bleu de Prusse au-dessus de Numazu dans le clair de la lune, ocre jaune, outremer, gris anthracite au-dessus de Kamabara sous la neige, rose orangé, bleu sombre et jaune citron au-dessus du gué de Kanaya, volet au-dessus du pont de Yokkaichi en coup de vent. «

Haïku à la Vierge Marie



















A réciter litaniquement - principalement - au mois d'octobre. Il vous portera chance et bonheur ! ! !



Mère très chaste,

Mère toujours vierge,

Mère sans tache,

Mère aimable,

Mère admirable,

Mère du bon conseil,

Mère du créateur,

Vierge très prudente,

Vierge vénérable,

Vierge digne de louange ,

Miroir de la justice,

Trône de la sagesse,

Vase spirituel,

Vase d’honneur,

Rose mystique,

Tour de David,

Tour d’ivoire,

Maison d’or,

Arche d’alliance,

Porte du ciel,

Etoile du matin,

Reine des anges,

Reine des patriarches,

Reine des prophètes.

lundi 11 octobre 2010

Guy de Maupassant : " A la Feuille de rose, maison turque ", suivi de correspondances et de poèmes "



















Maupassant a écrit cette pochade avec quelques amis tout aussi délirants que lui. On ne peut pas dire qu’il s’agit d’une pièce érotique, ni pornographique mais plutôt d’une grande farce qui fait la nique à l’amour physique . Tout est permis y compris le vulgaire scénique, les dialogues crus à souhait, au ras des pâquerettes. De ces stupidités que certains adolescents raffolent quand ils sont encore puceaux, leurs performances sexuelles imaginaires, le côté bestial et vulgo à tout crin. Ici, chacun est un objet sexuel qu’il convient d’utiliser à cru …

Les premières représentations furent données devant un parterre de choix : Gustave Flaubert, Emile Zola ; Ivan Tourgueniev, Joris Karl Huysmans, Edmond Goncourt, etc… L’on s’y amusa beaucoup. Ainsi Flaubert s’esclaffa de son rire « hénaurme « légendaire : « Oui, c’est très frais ! Frais pour cette salauderie, c’est vraiment une trouvaille ! « . Cette œuvre magistrale ne fut interprétée que quelques fois. Perso, je donnerais cher, très cher pour y assister pour autant qu’elle soit jouée avec la fougue et l’ardeur qu’il lui convient. Ne manquez pas de me signaler si on la joue ici ou là, dans votre pays. Merci d’avance !

L’œuvre est suivie de la correspondance, très intéressante, de l’auteur avec Gisèle d’Estoc et Marie Bashkirtseff et de quelques poèmes libres.

Extraits :

( pour vous donner un aperçu, voici un extrait d’un des dialogues. Tout est du même tonneau )

« Et bien, et moi, et bibi, dans un incendie un jour je monte au quatrième étage d’une maison qui était en feu. Il y avait quatre personnes à sauver. Je mets le mari sur mon dos, je prends le père de la main droite, la mère de la main gauche, restait la femme, comment faire ? Je te la fous à cheval sur mon vit, et en descendant l’escalier, sans m’arrêter, je la baise quatre fois, une fois à chaque étage. «

( et le début d’un de ses poèmes. Tant pis pour les âmes prudes …)

« Salut, grosse Putain, dont les larges gargouilles

Ont fait éjaculer trois générations !

Et dont la vieille main tripota plus de couilles

Qu’il n’est d’étoiles aux constellations «

( … )

samedi 9 octobre 2010

Fréderic Beigbeder : " Un roman français "

















Ce livre, contrairement à ce qui est annoncé, n’est pas un roman. Sauf si l’on se réfère à la phrase : « Ma vie est un roman « . Plutôt donc une autobiographie. Qui n’est pas sans intérêt, comme toute autobiographie, mais elle en reste là. Beigbeder nous dit qu’il est amnésique et pourtant que d’anecdotes, que de souvenirs . Il manque toutefois ici un peu de panache, de profondeur. Certains chapitres sont même assez insignifiants. L’auteur ratisse large et l’on reste un peu sur sa fin.

J’ai bien aimé le chapitre « inventaire parental « .

Mais sa " dénonciation " du système carcéral parisien tombe à plat. Loupé !

Extraits :

- Dans un roman, l’histoire est un prétexte, un canevas ; l’important c’est l’homme qu’on sent derrière, qui nous parle.

- Mon frère et moi avons profité de l’échec sentimental de notre mère et de l’esclavage du féminisme – avant les femmes élevaient les enfants, maintenant elles élèvent les enfants et doivent EN PLUS travailler.

mardi 5 octobre 2010

Georges Simenon : " Le Petit Saint "



















L’histoire se déroule à la fin du 19ème dans le quartier de la Contrescarpe, rue Mouffetard. Une mère, Gabrielle, et ses enfants : Vladimir, Alice, les jumeaux roux Guy et Olivier, Louis et une fillette morte en bas-âge. Ils habitent dans une grande pièce où, pour dormir, gisent des paillasses, juste les unes à côté des autres. Un simple rideau sépare les enfants de la mère qui accueille des hommes ; qui restent là un jour, une semaine ou deux mois. Ce n’est pas la grande misère, mais presque : bienvenue dans le quart-monde !

Gabrielle vend, dans les rues du quartier, des légumes, des fruits qu’elle expose sur une charrette à bras. En classe, Louis est le souffre-douleur de ses petits camarades, il se fait taper dessus sans rien dire. D’ailleurs quand on l’interroge sur quoique ce soit, il répond le plus souvent « non « ou « je ne sais pas « . Pourtant, il ne se plaint pas, il semble même heureux et regarde tout ce qui l’entoure avec curiosité , intérêt. Bientôt, Louis va travailler aux Halles, il y retrouve sa mère, aux petites heures ; il va connaître des femmes et se passionner petit à petit pour la peinture.

Pas d’intrigue policière, - nous sommes dans un de ses romans psychologiques - , on assiste juste aux parcours de toutes ces vies. A plusieurs reprises, Georges Simenon a déclaré que « Le Petit Saint « était le roman qu’il préférait, sans doute le plus personnel. Lors de la sortie du livre, on pouvait lire sur la bande-annonce, : « Enfin, je l’ai écrit ! « . Et effectivement, voilà –encore ! – un qui, parmi ses nombreux ouvrages, est particulièrement attachant.

vendredi 1 octobre 2010

Un quizz littéraire ( 4 )










Voici le quatrième quizz littéraire, fait maison.
Avec le GRAND concours de Jean d'Ormesson et de Olivier Barrot :

1. Quel est le point commun entre Flaubert, Proust, Roussel, Gide, Larbaud ? ( difficile ).
2 . Quel est l’auteur qui a écrit : « Je m’éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour, je suis content « . Par ailleurs, il eut un mendiant pour parrain. ( facile, c’est sur google ).
3. Il était volontiers bagarreur, excellait dans le sport amoureux et on a prétendu qu’il était le fils d’un autre grand écrivain ( et si c’était vrai … j’entame illico des recherches … ).
4. Il meurt aux premiers jours d’une certaine guerre, frappé par une balle ( en plein front ). Ses derniers mots furent : « Nom de Dieu ! « que la postérité transforma plus sagement en : « Au Nom de Dieu ! « .
5. La vie de ce poète couvre exactement toute la durée de la Troisième République. Il aimait les romans policiers (qu’il lisait en cachette, pshhtt ! ) et détestait la philosophie et l’histoire ( dans notre rubrique « j’adore, je déteste ).
6. A qui doit-on cette phrase : « Est-ce que c’est parce que nous avons des invités que vous êtes si laide aujourd’hui ? « . ( et tant que vous y êtes, dans quelle œuvre ? ).
7. Il est l’écrivain de la modernité ( de son époque évidemment ), de la vitesse, des voyages. Ainsi, il écrit des impressions sur Paris, Londres, Venise, Bucarest, New York ( sous entendu de qui s’agit-il ? ).
8. Il a qualifié ses œuvres ( peu nombreuses ) de « rinçures « . De qui s’agit-il ?
9. Fleur-de-Marie, Fantine, Esther Gobseck, Marguerite Gauthier, Boule-de-Suif, et Rachel-quand-du-Seigneur sont toutes des héroïnes de romans. Quel est leur point commun ? ( et tant que vous y êtes, collez-y les écrivains et œuvres respectifs ) ( vache ! ).
10. Certains ( pas moi, c’est point mon domaine, attends-toua ! ), prétendent qu’il existe, dans la littérature française récente – 20è - , trois écrivains prodigieusement intelligents. A votre avis, de qui s’agit-il ? ( défoulez-vous … )

Si vous voulez connaître les réponses, il suffit de cliquer et de suivre ce lien :


" Les artistes au bordel " de Hervé Manéglier









Lorsque l’on parle de Hugo, Flaubert, Rousseau , on songe immédiatement à « grands écrivains dotés d’un style remarquable « , à des œuvres intemporelles, à une certaine « élévation de l’âme « . Ce qui est exact. Mais durant leur vie, ils ont eu une face cachée, peu avouable, comme d’autres d’ailleurs : Dumas, Nerval, Gide, Wilde, Stendhal, Proust, Jouhandeau, Daudet, Gauthier, Maupassant, Huysmans et des peintres comme Ingres, Degas, Picasso, Lautrec , ... pour ne citer que les plus connus. Leur point commun fut la fréquentation des bordels, boxons, lupanars, clandés, c’est comme vous voulez. Ils ont fréquentés plus ou moins assidument ces demoiselles, dames, surnommées putes, p***, prostituées, catins, … à votre goût. C’est ce parcours initiatique et foutrement interlope, que nous conte cet ouvrage. A travers des récits, des anecdotes, des extraits de journaux très intimes, des extraits de leurs œuvres également. C’est de « l’hénaurme « comme aurait dit Flaubert, « c’est très frais ! « , aurait-il ajouté. Comprenez que tout cela est très peu « moralement correct « .

Pour ma part, muni de mon patronyme si particulier ( oups ! ), il fallait absolument que j’y touche, que je sache tout de tout cela ( je cause de la théorie, de ces anecdotes si croustillantes, attends-toua ! ) … pour ne pas mourir idiot. Mission accomplie, avec délectation !

Extraits :

- Durant tout le XIX è siècle et le début du XX è, les éducateurs ont veillé, avec une attention de sermonnaires fanatiques, sur a sexualité des adolescents. Il fallait « endormir les organes honteux « , ne pas leur laisser la parole. Outre la vérification de la conduite et du travail des élèves, le censeur de l’établissement surveillait les mœurs. Tout ce qui était nature à provoquer ou à entretenir un trouble chez les adolescents devait être prohibé : livres, dessins, gravures étaient examinés à la loupe avant d’être autorisés. Une misogynie implacable tenait les écoles sous sa férule. En 1846 le code universitaire faisait défense aux « femmes, parentes, domestiques femelles des directeurs et chefs d’enseignement, proviseurs, censeurs, professeurs et autres employés du prytanée, des lycées, des écoles secondaires communales et autres maisons d’éducation nationale « de pénétrer dans l’établissement.

- De Maupassant : Le bordel, il n’y a que ça de vrai, d’abord, fait-il dire à un de ses personnages. Les femmes du monde, j’en ai goûté, mais n’en faut plus. Quand on est empêtré d’une, on ne peut s’en débarrasser, et puis avec ces mijaurées, faut un tas de façons, faut payer de sa personne. Moi, j’aime pas me mettre en habit noir. Et puis, faut prendre un tas de précautions pour ne pas les compromettre, dans compter qu’il y a des jours où ça fait sa poire, tandis qu’ici ( au bordel ), les femmes sont toujours aimables.

- Alexandre Dumas se faisait fort, enfermé, le matin, dans une chambre avec cinq femmes, du papier, des plumes et de l’encre, d’en ressortir le soir, ayant écrit ses cinq actes et baisé les cinq femmes.

- Si l’on en croit les frères Goncourt ( et pourquoi ne les croirait-on pas ? ), c’est Lord Hertford qui aurait baptisé ce petit coin des grands boulevards compris entre la Maison d’Or, l’Opéra de la rue Le Peletier, la Librairie nouvelle, le café Anglais et Tortoni « le clitoris de Paris « .

- ( à propos de la bande de Mérimée, Stendhal, Delacroix, Musset , …)

En été, lorsque leurs libations s’étaient poursuivies tard dans la nuit, il leur arrivait d’aller regarder le soleil se lever, du haut des tours de Notre-Dame, en sirotant des orangeades, au milieu des chouettes et des chauves-souris.

- C’est ainsi que naquirent, dans la seconde moitié du XIX è siècle, les brasseries à femmes. Elles eurent un succès considérable auprès de la jeunesse. Dotées d’un personnel de salle exclusivement féminin, elles conjuguaient le plaisir et la convivialité du café avec les émotions du bordel.

- De Diderot : « Mes pensées ce sont mes catins « .

- De Dumas : « mais l’épousée, soit cette grande catin d’Ida Ferrier dépassait l’imaginable. »

- Il n’y a que les catins et les duchesses pour avoir une pareille aisance.

- de Lord Byron : « En Angleterre les vices à la mode sont les catins et le vin ; en Turquie, c’est la sodomie et le narghilé, nous préférons une fille et une bouteille, eux préfèrent une pipe et un giton. «