" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

samedi 27 novembre 2010

Quizz littéraire humoristique ( deuxième partie )





Voici donc la seconde partie de ce quizz humoristique.

Retrouvez le nom d’un écrivain pour chaque énoncé.

Merci à François Bégaudeau et son livre « Antimanuel de littérature « !

1. S’est choisi ce pseudo parce qu’il ne supportait pas qu’on l’appelle Jean Bat’.

2. Connu pour sa poésie, ses contes fantastiques, son portrait par Nadar, sa pendaison dans une impasse que les nécrophiles peuvent encore visiter.

3. Souvent confondu avec la cochonne du Muppet Show, ce qui n’est pas la moindre des conséquences du déclin de l’orthographe enclenché en 1968.

4. Peut être considéré comme un immense écrivain, si on arrive à oublier qu’il se prénomme Marcel.

5. On lui reproche essentiellement d’avoir abandonné des enfants à l’Assistance publique, or il a aussi impulsé le romantisme français.

6. Si vous pensez au mémorialiste du XVIII è, ne pas le confondre avec le philosophe du XIX è. Et réciproquement.

7. Seule femme dans la pseudo-bande du nouveau-roman. Sa fille Claude compte beaucoup plus de copines dans la bande à Ruquier.

8. Le comédien Fabrice Lucchini adore raconter qu’on croit qu’il parle de François quand il évoque Paul.

9. Reçu bachelier en 1449, il fut condamné à mort puis gracié en 1462.

10. Essaya un temps d’éclairer Frédéric II de Prusse, puis décida de s’en foutre, de s’acheter une propriété dans les environs de Genève, de l’appeler « Les Délices « et d’y vivre avec une femme dans la douceur.

Si vous désirez connaître les réponses, c'est par ici :


http://www.critiqueslibres.com/i.php/forum/sujet/8458

mercredi 24 novembre 2010

Quizz littéraire humoristique ( première partie )













En louant le livre de François Bégaudeau « Antimanuel de littérature « ( que je n’ai pas encore lu ) à la bibliothèque des Chiroux ( Lîdge, Belgium ), il m’est venu comme une inspiration transcendantale : pourquoi ne pas composer un quizz littéraire humoristique ( tout cela surtout pour faire mon malin ! )

Le principe est simple : retrouver le nom d’un écrivain français pour chaque citation de l’auteur susnommé.

1. Il rencontre Elsa en 1928. Aussitôt les surréalistes la surnomment Yoko Ono.

2. Célèbre pour sa consommation de café. Un jour, il en prit vingt-trois.

3. Mérite beaucoup moins que son statut de poète numéro 1 et beaucoup mieux que ses sarcasmes.

4. Invente l’horloge, crée la Société des auteurs dramatiques, achète des fusils aux Hollandais pour la Révolution. Ce qu’on appelle une vie.

5. Surnom donné par Sartre à Beauvoir le jour où il la vit nue en couverture du Nouvel Observateur.

6. A mis quarante ans à écrire ses Mémoires. Il a même dû les finir après sa mort.

7. S’est acheté une postérité au tout dernier moment sur l’échafaud de la Terreur. Après, plus rien.

8. Moins célèbre que sa sœur, elle-même moins célèbre qu’Isabelle Adjani.

9. Le plus puissant des écrivains moustachus du XIX è siècle.

10. Certains disent qu’il n’a jamais été emprisonné à Fontevraud, qu’il n’était pas homosexuel, qu’il n’a pas écrit ses pièces, qu’en fait il est ministre du Travail et s’appelle Xavier Bertrand.

11. Excusez-moi mais prix Nobel 1947 quand même. Pas donné à tout le monde. Même Nobel ne l’a pas eu.

12. Longtemps pressentis, les frères Compète ont été écartés au dernier moment.

13. Très sympa mais il a quand même son petit caractère.

14. Le seul auteur à avoir donné un nom commun ? Là comme ça j’en vois pas d’autres.

15. Fut fait grand-croix de la Légion d’honneur par le général de Gaulle.

Si voulez connaître les réponses, suivez ce lien :


http://www.critiqueslibres.com/i.php/forum/sujet/8445?p=0

mardi 23 novembre 2010

Georges Simenon : " Les Petits Hommes "










Du 1 avril au 12 novembre 1974

Dans ses carnets, Simenon se confie. Et on découvre qu’il est un être assez anxieux : de sa santé, de son avenir alors qu’il est âgé de 71 ans, de celui du monde, de l’Europe, … Il nous parle beaucoup de Teresa, sa troisième épouse, de ses quatre enfants, de la médecine, de la psychiatrie qui l’ont toujours intéressé, un milieu dans le quel il compte de vrais amis. De la littérature, des romans, de la peinture, des plantes, des fleurs, des oiseaux,… - et bien entendu de la période qui l‘a profondément marqué, son enfance à Liège –.

Il s’interroge même sur le bien fondé d’avoir été le romancier fécond que l’on connaît. Il doute sur presque tout, souvent , ( une phrase revient comme un leitmotiv « je ne sais pas … « . Il a horreur de la politique, des « grands hommes « , de la vanité.

Un délice de simplicité que tous ces carnets qui nous entraîne vers une réelle philosophie.

Extraits :

- Lorsque j’étais encore jeune j’étais décidé à simplifier mon style à l’extrême et à n’employer dans la mesure du possible que ce que j’appelais les mots « matière « . Les mots abstraits, en effet, ont rarement le même sens pour deux individus. Ce soir, au moment de nous endormir, Teresa m’a dit : « Le langage ne sert qu’à créer des malentendus. Il vaudrait mieux se regarder simplement les yeux dans les yeux « .

- Je voudrais pouvoir décrire l’état dans lequel je me sens mais j’en suis incapable, car je ne le comprends pas moi-même. Au fond, je crois que j’ai connu des moments comme ça toute ma vie. Je me sens vide. Le monde me paraît irréel. (… ) Jadis, lorsque j’étais dans cet état, j’écrivais un roman et j’échappais ainsi à ma propre réalité. C’est peut-être la raison pour laquelle j’en ai écrit plus de deux cents.

- J’ai peut-être tort, mais j’ai la manie de tout prévoir, de tout préparer, minutieusement, de sorte que je connais mon emploi du temps pour une éternité. Il est vrai que c’est grâce à cela que j’ai pu écrire mes romans. Mais était-ce tellement nécessaire de les écrire ?

- J’ai cherché, comme je le disais hier, à comprendre l’homme. Je n’y suis pas arrivé pour la bonne raison que l’homme n’existe pas. Il aurait fallu que je m’applique à comprendre les hommes, les milliards d’hommes, et pour cela je ne suis pas outillé.

- J’ai vécu avec trois femmes. La première, je l’ai épousée à moins de vingt ans ; j’étais fiancé avec elle à dix-sept. Elle ne m’a pas rendu heureux pendant les vingt-deux ans, je pense, que j’ai vécu avec elle.

La seconde, j’ai cru l’aimer pendant quelques années, puis je me suis aperçu que toutes ces manifestations amoureuses étaient factices. Vingt à vingt-deux ans encore.

La troisième, Teresa, est assise en face de moi en ce moment. Il y a près de dix ans que nous nous aimons. J’espère qu’elle me conduira jusqu’au bout. ( …)

Il m’aura fallu plus de quarante ans de mariage avant de connaître l’amour.

- De la littérature, je me défends d’en faire. C’est même ce qui me gêne dans les deux ou trois « mémoires « que j’ai essayé de parcourir ( note : mémoires d’autres écrivains ). Toujours la belle phrase, le souci du langage, et, m’a-t-il semblé, assez peu de sincérité réelle.

dimanche 21 novembre 2010

Georges Simenon : " Touriste de Bananes "


















Oscar Donadieu est le fils d !un célèbre armateur de La Rochelle. Mais la famille fut frappée de malheurs divers et la notoriété, la fortune sont loin derrière lui. Oscar a taché de vaincre ses peurs, a essayé de se surpasser, où tout simplement de se réaliser, comme on dit, mais y est-il arrivé ? Il gagne Tahiti espérant vivre en symbiose avec la nature, coupé de tout. Mais cela est-il possible ?

Une fois encore avec Simenon, nous nous approchons doucement mais surement du bord de l’abîme, jusqu’à sans doute y plonger complètement avec effroi. Encore un miroir de cette facette toujours si extraordinairement développée dans chaque roman de l’auteur. Et si tout n’était que vanité ? Erreur, errances, tromperies … fatuité de toutes nos vies de petits hommes !

Extraits :

- C’est une expression à nous pour désigner certains passagers qui partent pour les îles avec l’idée d’y vivre une vie naturelle, loin du monde, sans souci d’argent, en se nourrissant de bananes et de noix de coco ( … ) Dans quelques mois, anémiés, malades, ils se présenteront à la police ou à leur consul pour se faire rapatrier.

- C’était un ancien capitaine de goélette, qui avait décidé un beau jour de ne plus voir personne et qui était venu s’installer au-dessus de la Cascade, à un endroit difficilement accessible. Il y avait vécu des années, puis, un beau jour, on l’avait retrouvé mort, debout, appuyé à la table qu’il s’était construite.(…)

Car il avait fait comme les bêtes qui, quand elles se sentent malades, se dressent coûte que coûte, pour mieux lutter, dans l’épouvante de rester couchées à jamais …


jeudi 18 novembre 2010

Georges Simenon : " On dit que j'ai soixante-quinze ans "








Simenon et Teresa







Du 21 mars au 13 juillet 1978


A côté des célèbres « Maigret « , de ses tout aussi célèbres romans à thème , ses « romans durs «, comme il aime à les appeler , ses nouvelles, des essais même, Simenon à écrit un journal intime, de toute première qualité, « ses carnets « qui comptent au bas mot au moins plus de trois mille pages ( cela dépend des éditions ).

Dans cet ouvrage, il nous décrit , à chaud, l’époque la plus tragique de son existence : le décès de sa fille Marie-Jo.

On y découvre un Simenon souvent tourmenté, anxieux, et on peut dire à certains moments de sa vie, dépressif. Ici encore, il nous parle de choses essentielles : l’ambition de la race humaine , de ses déménagements ( plus de trente ) dans des pays divers ; il nous conte son affection pour les animaux, ses promenades avec sa troisième épouse, Teresa, de ses problèmes d’ouïe, de vertiges et bien entendu de sa fille disparue.

Extraits :


- Dimanche 21 mai 1978

Hier, à sept heures de l’après midi, j’ai appris par un coup de téléphone de mon fils aîné que ma fille Marie-Georges était morte.

- Un Concile s’est posé la question :

> La femme possède-t’-elle une âme ?

Et la question a été négative.

La même question a été posée à un autre Concile au sujet des hommes de couleur, qu’ils soient noirs, jaunes ou rouges. La question a été aussi négative.

- ( à propos d’un de ses premiers livres « Johan Pinaguet « )

Ce qui m’a souvent irrité, c’est le style, redondant, quelque peu archaïque, volontairement, comme le prénom Johan, et aussi une abondance d’adjectifs. J’en ai souvent trouvé quatre pour un seul substantif, surtout dans la description des personnages. Par contre, j’ai eu la stupeur de retrouver dans ce vieux manuscrit la plus grande partie de mes idées d’aujourd’hui, de mes goûts, voire de mes manies. Ainsi donc j’ai passé plus de cinquante-cinq ans de ma vie sans pour ainsi dire changer, ce qui est une constatation à la fois agréable, mais aussi quelque peu mélancolique.

- J’ai déjà dû citer quelque part cette phrase d’Epictète que j’ai apprise au collège :

> De dix maux pour laquelle nous souffrons par avance, il ne nous en arrive qu’un >.

Neuf fois sur dix, donc, nous souffrons inutilement. Cette phrase est restée, pour moi, tout au long de ma vie, une sorte de credo. Et, au fil des années, l’expérience m’a appris qu’on peut aller plus loin. Je dirais maintenant plus volontiers :

> Ce qui nous apparaît sur le moment comme un mal n’est souvent que la préparation d’un nouveau bonheur, même si nous ne devons le découvrir que des mois et parfois des années plus tard >.


mercredi 17 novembre 2010

Webcams














J'aime cette webcam du Times Square de New York. Vous en avez trois en H.D. ( haute définition ). L'image et le son de la ville. Mmmmmhhhhhhh ! ! !
Ca sent les vacances, là ...


A suivre pour d'autres ...

La Mer du Nord, un bonheur !













Deux photos de la plage de Zeebrugge

















Ma nouvelle vie à Lîdge me permet de très courtes mais de très régulières escapades à la mer du nord. Le ravissement est toujours intact, comme quand nous étions gosses, mes sœurs et môa. Imaginez donc : au bout d’une rue surgit, comme par magie, la mer, à perte de vue. Je ne connais pas de bonheur plus merveilleux que cette vision. Et elle renaît à chaque coup avec autant d’émotion. C’est bien connu, la lumière de la mer du nord est différente chaque jour. Ainsi ce mardi, alors que tout le pays était plongé dans le brouillard, la grisaille, la pluie, Zeebrugge, Blankenberge baignaient sous un ciel bleu, quasi sans nuages, sans vent et il y faisait doux. La mer agit comme un gigantesque miroir et mardi, elle était bleue. Alors que une semaine plus tôt, elle était en tempête, toutes vagues rugissantes ; pour le coup, ma promenade fut arrosée par le brouillard, une pluie fine qui finit par me laisser tremper comme une soupe.

La mer est une invitation au voyage car qu’y a-t-il donc tout là-bas , au bout de l’horizon ? Les falaises anglaises, ou, cap ouest, New York et Manhattan … Elle est apaisante.

La forêt ardennaise, elle, serait plutôt une invitation à la sédentarisation sur 500 mètres carrés et elle a , de plus, le grand déplaisir de m’étouffer. Elle est angoissante.

Vous comprendrez que le choix est vite fait …

lundi 15 novembre 2010

Assimil a de l'humour
















Je me suis mis en tête de réapprendre le Néerlandais ( je sais, j’suis un peu psychiatrique ! ). Le journal « La Meuse « propose, depuis déjà quelques semaines, l’achat de cours Assimil. Dans le premier, on peut lire ce texte :

Bij de ontvanger / Chez le percepteur

1. Heeft u een huis / Avez-vous une maison ?

2. Neen, il heb geen huis / Non, je n’ai pas de maison

3. Heeft u een flat ? / Avez-vous un appartement ?

4. Nee, ik heb geen flat / Non, je n’ai pas d’appartement

5. Heeft u een wagen ? Avez-vous une voiture ?

6. Nee, il heb geen wagen / Non, je n’ai pas de voiture

7. Wat is uw salaris ? Quel est votre salaire ?

8. Ik heb geen salaris / Je n’ai pas de salaire

9. Ik heb geen werk / Je n’ai pas de travail

10. Maar wat heeft u dan ? / Mais qu’avez-vous alors ?

11. Ik heb een vrouw, zes kinderen en schulden / J’ai une femmes six enfants et des dettes

Attends toua ! Tu cherches la provoc, le conflit ouvert, ou quoi ? Dois-je comprendre que c’est la perception qu’ont nos « amis « flamands de nous, Wallons et Francophones ? Un mec avec rien dans les mains, rien dans les poches sauf une femme , une flopée de mioches et des dettes.

Nous frôlons, une fois de plus, l’incident diplomatique, là …

dimanche 14 novembre 2010

" La Rue au Moyen-Age ", Jean-Pierre Legay
































Ah ! Mystérieux Moyen-Age ! Et terrifiant à plus d’un titre, il faut le souligner ! Un excellent ouvrage qui étudie, de très près, ce qui se passait dans les rues de jadis. Les dispositifs de la voirie, la pollution, l’urbanisme naissant, l’identification des rues, les petits métiers , le domaine de la marginalité, le pouvoir de la rue, ses fêtes, ses plaisirs, …

J’y ai trouvé en tout cas ce que je cherchais : ce qui est glauque, peu fréquentable, voyou, interdit, et n’ayons pas peur des mots, monstrueux.

Quelques extraits parmi tant d’autres :

- Une habitude rurale, bien ancrée dans les mœurs, consiste à élever des animaux en ville, à les laisser divaguer devant sa porte. Humains et animaux se côtoient dans un espace limité et là se situe le danger. Les volailles sont encore tolérables si elles ne sont pas trop nombreuses ou trop bruyantes. Que dire alors des porcs omniprésents.

- Acte signé par les consuls lyonnais de 1474-1482 : « (… ) En l’an mil quatre cens octante deux, fut fait défense de ne tenir porceaux en la ville excepté deux ou trois de ceux qu’on nomme porceaux de Sainct-Antoine. Davantage fut ordonné aux putains et femmes publicques qu’elles eussent à vuyder des bones et honnorables rues et se retirer au bourdeau «

Bref, les lépreux, les porcs et les prostituées sont mis sur le même plan !

- On fait savoir qu’il est désormais prohibé de jeter des ordures sur la chaussée, (…) d’expédier les eaux usées par les fenêtres …, du moins de jour, ou sans avoir suffisamment averti les passants en criant trois fois « Gare à l’eau ! Gare ! Gare ! « ( Paris, Reims ).

- On dit que le Paris de Villon comptait 3000 « belles filles « , plus celles des faubourgs ; quelques unes doivent d’ailleurs leur notoriété au poète : La Grosse Margot, Marion l’Idole, la Touchaille au dur téton, la Chancelière aux Talons courts, la Grande Gilette, la Grande Hallebardière, la Grande Jeanne de Bretagne, la Lingière du Palais, la Vieille aux cheveux blonds.

- Il faut tenir compte de l’instabilité des humains, confrontés au cours de leur brève existence, avec toutes sortes de malheurs, de dangers, des effets d’une mauvaise alimentation, de l’incapacité pour beaucoup de refréner leurs passions, d’une sexualité exacerbée par des contraintes familiales ou collectives, du mépris des puissants pour les humbles, de l’homme pour la femme… Ajoutons que les armes, les outils pointus ou coupants sont à la portée de toutes les mains.

- Le viol individuel ou collectif est d’une telle banalité dans plus d’une ville qu’on peut parler d’un véritable rite de la virilisation. Et de fait, les archives judiciaires de Dijon laissent supposer que beaucoup de jeunes gens, la moitié peut-être, sont impliqués dans ce type d’affaire, au moins une fois dans leur existence.

samedi 13 novembre 2010

Georges Simenon : " Les Libertés qu'il nous reste "


















Le journal intime de l’auteur du 30 novembre au 17 décembre 1978.

Simenon vient de perdre tragiquement sa fille Marie-Jo et entre dans un long deuil. L’hiver s’installe, la pluie, le vent, le froid. Il nous conte ses promenades en compagnie de sa troisième épouse, Teresa, dans les rues de Lausanne ou à proximité de sa maison en Suisse. Il nous parle de cette époque-là … Certains démographes annoncent 100 millions d’habitants en France en l’an 2000…

Sommes-nous libres ? Nous reste-t-il une once de liberté ? Pouvons- nous encore choisir quoique ce soit ou tout est-il déjà pensé, prémâché, régi, régulé par le pouvoir politique, social et financier ?

Des lignes merveilleuses également qui concernent son enfance dans sa « bonne vieille ville de Liège « . Voilà, pour l’essentiel, l’esprit du XVIII ème volume de ses « carnets « qui ne cessent de m’enchanter. Un délice !

Extraits :


- Je connaissais tous les habitants de la rue et mes deux premiers amis s’appelaient Armigneau et Jean Gordine qui devait hériter de son père la plus grande imprimerie de Liège. ( … ) Le jeune Horisse, blond et assez frèle, qui avait une peur bleue des chiens et dont le père était épicier place du Congrès. Ces garçons-là ont formé le premier petit cercle humain auquel j’ai appartenu. Notre jeu favori était les billes. ( …).

( … ) J’étais loin de me douter qu’un jour la rue Pasteur deviendrait rue Georges- Simenon et j’en demande bien pardon au grand Pasteur.

- (…) Il y en avait un qui m’impressionnait fort, avec son chapeau noir à large bord et sa lavallière. C’était un poète wallon qui, entre autres, écrivait chaque jour un petit billet en dialecte dans un journal de la ville et qui remplissait les fonctions de bibliothécaire à la Bibliothèque Municipale. Ainsi, non seulement il écrivait, non seulement il était poète mais il régnait sur des milliers de livres qui sentait bon le vieux papier. ( …) M. Vriends et moi sommes devenus, malgré la différence d’âges des sortes de complices. ( …) Je crois que c’est la première fois de ma vie que j’ai reçu un traitement de faveur (…)

- ( … ) Il y avait un élève qui était encore plus pauvre que moi et qui venait à pied de Beaufays, un village à six kilomètres environ de la ville. Il s’appelait Neef, mais, comme il y avait un autre Neef, fils de châtelain, qui venait en classe à cheval, suivi d’un palefrenier, on l’appelait Neef-le-pauvre par contraste à Neef-le-riche. Mon seul ami était Neef-le-pauvre, bien entendu, chez qui il m’arrivait d’aller passer quelques jours pendant les vacances (…).

- Ayant rencontré une jeune fille , Sylvie, qui recevait chaque semaine un amant, ingénieur à Anvers, je louai un petit appartement meublé boulevard de la Constitution et je l’y installai, passant parfois la nuit entière avec elle et rentrant à pas feutrés, avant que ma mère se réveille. (…)

vendredi 5 novembre 2010

Dominique Noguez : " Les Plaisirs de la Vie "














Dominique Noguez est écrivain, philosophe, essayiste. Il est également provocateur, anticonformiste ; il aime la farce, le délire, l’humour noir, ...

Dans cet ouvrage, nous pouvons y retrouver l’énumération - et le développement bien sûr - des plaisirs que peut parfois nous donner la vie. Citons-en quelques uns qui le concerne tout particulièrement : la douceur, la farce, scandaliser, sortir de l’uniformité, les rêveries de la vue, le cinéma .

Voulez-vous connaître ces quelques petites perles – qui rendent la vie tolérable - ? A titre d’exemple donc et en vrac : « Le Plaisir « de Max Ophuls, « La Dolce Vita « de Fellini, « Mrs Dalloway « de Virginia Woolf, « Les Essais « de Montaigne, « les paysages de Paris, partout, de Montréal, de Rome du haut du jardin Borghese, de Kyoto,… le café « le Falstaff « près de la Bourse à Bruxelles, « le Réquiem « de Fauré, « les Cahiers « de Cioran.

Ou des imaginaires : faire au lit la figure dite du double branchement céleste avec une jeune et belle personne, parler japonais sans accent, lire une seule fois vingt fables de La Fontaine, le plus grand poète français, et les savoir aussitôt par cœur , …

Et ce n’est qu’une petite partie. Je vous en laisse découvrir celle en suspens …

jeudi 4 novembre 2010

Dominque Noguez : " Vingt choses qui nous rendent la vie infernale "















Nous avons tous dans notre vie des moments où infernaux. Certains peuvent être quotidiens – le bruit, les embouteillages, les voisins, plus pire encore le boulot ou les collègues de travail , … - ou les occasionnels , les grèves, les taxis, les voiles et les turbans, … - Dominique Noguez nous en dressent vingt de ces petites choses qui nous empestent la vie ; mais elles peuvent être trente six ou plus , si vous n’êtes pas vernis. En tant qu’écrivain, il s’intéresse également aux aspects de la vie littéraire – être écrivain : un métier à risque, plagiats honteux, la langue utilisée, le style, … -. Quelques points communs, semble t-il, à tous ces fléaux : le sans-gêne, la voracité, l’outrecuidance, l’inconséquence, l’irresponsabilité.

Chacun y retrouvera son compte, le tout avec humour et souvent de façon assez délirante.

Extraits :

- Le syndrome du bourreau-victime. Ce syndrome peut se résumer ainsi : plus on fait de tort à quelqu’un et plus on lui en veut. Je l’explique comme suit : 1) on fait une crasse à quelqu’un en toute méchanceté ; 2) on en a un peu honte ; 3) on se dit que la victime vous en voudra et on évite le plus possible de la croiser : 4) cette victime devient du coup synonyme de danger, de personne à fuir ; 5) comme généralement, ce sont le être malfaisants qu’on fuit, on finit par se persuader que cette personne est malfaisante ; 6) comme on réprouve le mal et les malfaisants, on ostracise ( bannit, exclut ) cette personne en toute bonne conscience. On pourra même la soupçonner de vous vouloir du mal. Et ainsi le tour est joué : le persécuté est considéré comme le persécuteur, le persécuteur se croit persécuté.

- Contre la gabegie de Noël. Vous vous mettez d’accord avec les membres de votre famille ou le groupe d’amis en compagnie de qui vous vous apprêtez, comme chaque année à réveillonner. ( cela suppose, bien sûr, une famille qui ne rebutent pas les innovations ; et les amis larges d’esprit ; bref de belles personnes ). Et la somme moyenne que chacun réserve en pareille occasion à l’achat des cadeaux pour les autres, vous décidez qu’il la consacrera cette année … à se faire un cadeau à lui-même.

mardi 2 novembre 2010

De la roulette des dentistes













- Ouvrez grand. Ca vous fait mal ? Hon. Et là ? Hon hu. Et là ? Aie ! Vous avez bien fait de venir : nous avons une jolie carie à la deuxième prémolaire. On va arranger ça. Josette, vous me préparez un enduit pour la 25. Bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz. Rincez-vous. Glar glar glour glour glou glou. Chârafff. Glar glor glour glour. Charafff. Bzzzzzzzzzzzzzzzz. Ouvrez grand. Bzzzzzzzzzzzzzzzz. Vous partez, ce week-end ? Bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz. Hé ha hire heu…Bzzzzzzzzzzzzzz.He hait ha enhore….Bzzzzzzzzz. Ouvrez grand. Bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz. On annonce du très beau temps jusqu’à dimanche, sauf sur la côte, bien sûr. Bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz. He hai hustement à a hote.Bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz.. Ah ! c’est l’inconvénient de ces régions. Au moins vous êtes à l’abri de la canicule. Bzzzzzzzzzzzzzzzzzzz..Ha hûr.Bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz. Haaaaaaaaa. AÏLLEU ! Bzzzzzzzzzzzzzzzzzzz. Rincez-vous. Glar glar glour glour. Chrafff. Glar glor glour. Chrafff. Josette ? L’enduit. Merci. Ouvrez grand. Arg arg arg. Rincez-vous. Glour glar glor. Glou glou. Schpraffffchhht ! Ce sera tout pour aujourd’hui.


Extrait du livre de Dominique Noguez : " Vingt choses qui nous rendent la vie infernale " .

La Toussaint à Gouvy













Tradition oblige, le teuf-teuf de la ligne Liège – Luxembourg m’emmena jusque Gouvy-station, en ce beau premier novembre. Halte au café de Pascale et de Jean-Pol mais personne à qui papoter. Y avait bien la revue « la vie communale « , digne d’intérêts, certes, mais je préfère les ragots … Le temps de payer les deux pomponettes à Manufleurs, passer devant mon ex-maison toujours en friche, en jachère, hop pour une petite promenade du côté des « jarbages « .

On dit que la vie est courte. Perso, je l’ai toujours trouvée sacrément longue ( « atterré d’exister », comme dirait l’autre – fallait que je la place, celle-là …). Ainsi, il ne s’est passé que quatre ans depuis le départ de mon pays natal. Je jurerais qu’il y en a le double, au moins.

Flash back . 1 novembre 2006 : voici quelques jours, j’ai décidé de saborder mon magasin pour de multiples raisons. Décision terrible à prendre, croyez-moi .Mais que faire ensuite ? Quel boulot ? M’incruster à Gouvy, vendre, louer ? De plus, des déboires amoureux pour en rajouter une couche et puis le coup de grâce : le décès inopiné de Jacques Parmentier. Yes, really, i’m in dire straits ( j’suis dans le 17 ème dessous ).

Mais revenons à nos Gouvions. Je fus ravi de saluer la pince à quelques uns d’entre eux. Tout particulièrement, pour m’en tenir juste à eux ( désolé pour les autres … ) : Ignace Burnotte qui affiche de façon magnifique ses 78 ans et demi, Francis Wirard qui m’a prouvé qu’il lisait mon blog de temps à autre.

Après la visite au cimetière, nous nous sommes retrouvés chez ma p’tite sœur Thérèse pour un goûter et un dîner, en petit comité familial. Au menu : gaufres et gâteau maison, tarte ; potage au potiron, rôti, pomme de terre en sauce, choux de Bruxelles, chicons, glace, vin et cafés. Présent(e)s : Rose, Thé-Thé, Carole, Sylvain et ma petite nièce, Amélie. Celle-ci – et les autres également, attends toua ! - fut charmante et se fichait bien d’être la vedette du jour : elle ETAIT et c’était déjà bien suffisant pour elle ( nos considérations, elle s’en fiche comme de sa première culotte, dont acte ! ). Après quelques palabres sur les flamands, les wallons, les francophones, ikéa, les cadeaux de Noël, les chats, monsignore Léonard, les vacances,etc… nous nous sommes retrouvés, une fois de plus, à feuiller trois, quatre, puis sept albums photos de toute la smala. Avec les commentaires qui vont avec … Oufti !

Pas à dire : la Toussaint cuvée 2010 fut un bon cru !