" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

samedi 31 décembre 2011

Belle année 2012 ! ! !


Carte de Daneke


de Marie


De Cathy


Dior de chez ma soeur Rose



De l'asbl Histart


De Marie


Ding…Dong…

Passagers pour le vol 2012, embarquement porte 31 à 00h.

La durée du vol sera de 12 mois.

Je vous souhaite un agréable voyage sans turbulences !

Instantanés de ma vie liégeoise ( bilan 2011 )




Légende des photos :

* Marie et le cube rouge à New York

* l’église Sainte-Catherine, le 15 août

* Au Pause Café

* Sur un banc aux Minimes

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Et voilà encore une année de passée ( encore une bonne chose de faite ! ). Le temps est sans doute venu de faire un bilan manière de savoir si j’évolue un peu et dans quel sens.

- J’ai arrêté de fumer dès le 10 février à l’aide de patches. Ce fut plus facile que je l’aurais cru. Donc, je ne bois plus depuis plus de 10 ans (sauf une douzaine de Guiness par an), je ne fume plus ; heureusement que je baise encore de temps en temps sinon on pourrait me canoniser de mon vivant…

- Au mois de juin, un city trip de quatre jours à New York en compagnie de la personne la plus délicieuse qui soit : mon amie Marie. Un grand morceau de bonheur …, oufti toi ! ! !

- J’ai lu une centaine de bouquins dont un grand nombre de romans de Georges Simenon. Le super pied !

- Un dimanche d’octobre, j’ai retrouvé neuf camarades du Petit Séminaire Saint-Roch ( sic ! ) à Ferrières avec qui j’ai usé mes fonds de culottes durant 6 ans (et plus). Un moment important et qui s’est, lui aussi, merveilleusement déroulé.

Je suis content !

vendredi 30 décembre 2011

René Henoumont : " Les enquêtes du Commissaire Fluet - La mort d'Irma + Le libraire de la place Saint-Paul " Volume 1





Les enquêtes du commissaire Fluet se déroulent à Liège, dans sa banlieue ( Herstal, par exemple ), ou en province. Si René Henoumont est un ami et un fervent admirateur du père du commissaire Maigret, il ne cherche pas à imiter Simenon ; il a son style et ses préférences. Ainsi, Henoumont aime agrémenter ses histoires en mentionnant les hauts lieux de la vie liégeoise ( cafés, gastronomie, immeubles connus, magasins, cinémas et théâtre, marchés, us et coutumes …) bref ceux qui font la vie quotidienne de la cité ardente pour laquelle on sent qu’il éprouve une grande affection.

Mais tout d’abord, présentons quelques personnages des romans :

- Fluet, commissaire / Février, son adjoint / Léchalotte, Legras, Dindal, inspecteurs / le juge Piedboeuf / Mme Fluet, née Goffin / le procureur monsieur de la Sauvenière/

« La mort d’Irma « :

Irma est retrouvée à son domicile, assassinée avec un couteau à éplucher les pommes de terre. Son mari, monsieur Jolivet, est vite soupçonné d’être l’auteur du meurtre car son alibi est léger. Et pourtant, ce n’est pas lui, le coupable …

On s’amuse follement à la lecture de cette enquête fort belge, wallonne ; surtout si vous êtes liégeois, car là, cela devient un délice …

Extraits :

- « Elle avait tourné Jules autour de son petit doigt … », comme disait sa défunte mère.

- De la belle qualité, ce petit Gembloux, Monsieur le Commissaire, vous n’en verrez pas la fin. (petit Gembloux, couteau à éplucher les pommes de terre )

- Pour le reste, elle n’était pas vilaine fille avec un air de pétulance propre aux Liégeoises.

- ( un café ) Bien volontiers, Monsieur le Commissaire, mais avec un calva ou un cognac, mon père appelait cela un Gloria.

- Il y avait beaucoup de choses qu’il ne savait pas. Irma l’avait dépucelé, au vrai et au figuré. Elle n’avait pas voulu d’enfants : « Ah, ça non, pas question ! « Lui, il aurait aimé.

- Il opina de la tête. Il ne comptait plus. Cela devait être cela, la bonne vie, ne plus compter. ..

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« Le libraire de la place Saint-Paul « :

Donc le libraire Blome est retrouvé mort chez lui, le matin à l’ouverture de son magasin. A noter, des traces de strangulation. Très tôt, le commissaire Fluet et son inspecteur Dindal pointent du doigt une bande de joyeux jeunes hommes (Lafcadio – le fils de Mestre -, Dédé, Bru, Henri Barberoux) qui écument les cafés de la ville de Liège, souvent de manière bruyante et agressive. Puis il y a madame Loulou, une ouvreuse (entre autre) du cinéma Palace et le professeur Lobbes. A suivre donc …

Une enquête menée surtout par Dindal en plein cœur de Lîdge, en province et même à Bruxelles. Ah ! nous sommes en décembre 1944, durant l’offensive des Ardennes, donc des V1 et V2 sur notre bonne ville.

Oufti ! C’est trop drôle !

Extraits :

- La nuit était tombée sur Liège, et le quartier de la Goffe, si animé dès l’aube, était désert. Les affaires de ces dames n’étaient pas florissantes. Il y avait une fille frigorifiée qui tentait malgré tout sa chance au coin de la rue, sac en bandoulière, dix pas à gauche, dix pas à droite. Le mâle liégeois était peu porté sur la gaudriole. Il était terré à la cave, appréhendant une nouvelle nuit sous les V1.

lundi 26 décembre 2011

Georges Simenon : " La cage de verre "




Ils sont tous deux employés dans une imprimerie, lui correcteur, elle secrétaire. Ils sont tous deux célibataires. Ils se frôlent, se saluent, causent ( un peu , juste ce qu’il faut ), sympathisent. Ils décident d’accoler leurs deux solitudes ( comme on dit … ), sans doute à défaut de mieux et en tout cas sans fougue, ils se marient. Ils font lits séparés et comme on dit aujourd’hui , « no sexe « ou si peu . Des anecdotes, des petits évènements viennent mettre un peu de couleur dans leur vie assez terne, si morose : un voyage en Italie, en Toscane, Jeanne adopte un petit chien et le beau-frère d’Emile se suicide, par amour.

Pour info : toute cette histoire finira mal ( tu m’étonnes ! ).

J’ai lu ou entendu quelque part que « La cage de verre « est le roman le plus triste de Georges Simenon. J’ai déjà vu plus triste … C’est en tout cas l’avant dernier de l’ami Georges ( 1971 ). Très intéressant, très agréable à lire ( 5 étoiles sur 5 ! ) surtout si vous êtes un(e) célibataire pur jus, pur porc : vous vous retrouverez certainement quelque part …

Extraits :

- « Je ne suis pas très féminine … »

« Je ne suis pas un jeune premier … »

« Vous avez eu beaucoup de maîtresses ? «

« Non «

« Il vous est arrivé de vivre avec une femme «

« Non «

« Vous avez des amis ? »

« Non. Je n’ai pas désiré en avoir. «

« Pourquoi ? «

« Je ne sais pas . Je ne me sens pas à mon aise avec les gens «

« Vous êtes un peu sauvage, n’est-ce pas ? »

« Peut-être «

« Vous sortez le soir ? «

« Il m’arrive, une fois par semaine d’aller au cinéma «

« Et les autres soirs ? »

« Je lis… «

« Moi aussi «

- ( … ) C’étaient ses ennemies aussi. Est-ce que les hommes ne sont pas les ennemis de l’homme seul ?

- Emile savait qu’on avait fait des gorges chaudes à son sujet quand il avait épousé Jeanne. On avait dû dire : « Il est allé chercher la plus laide « . Et quelqu’un avait dû ajouter : « Cela fait au moins un couple assorti …Pourvu seulement qu’ils ne fassent pas des petits … »

- Peut-être que d’autres couples se seraient embrassés. Eux pas. Il y avait des années que cela ne leur était pas arrivé.

mercredi 21 décembre 2011

René Henoumont : " Café liégeois "




Ici, René Henoumont nous raconte les années ’30, du temps où il était adolescent à Liège et dans l’Ardenne belge. Les vignobles de Herstal dans la banlieue liégeoise, les charbonnages, la F.N. (une fabrique d’armes pas un front …). Puis les immigrés de l’époque, les Italiens, les Turcs ; ses parents bien sûr, les oncles et tantes, cousin et cousines, les copains. Et les petites amours : Laure, Lucienne, Lorrette, Zonzon, …. La belle campagne à deux pas de Liège : celle de Hamoir, de Filot. Les premières pêches dans l’Ourthe, les premières pipes avec le tabac Roisin. Puis Hitler, les Allemands et Rex, un politicien belge, peu recommandable.

Ce livre est un vrai cours d’histoire appliquée, très pédagogique. A épingler : le chapitre 23 qui est une page de bravoure sur Liège.

Bien agréable et souvent drôle !

Extraits :

- Si j’ai bonne mémoire, c’est cependant à Paris que j’ai dégusté mon premier café liégeois. On me raconta qu’il s’agissait en réalité du café viennois débaptisé en 1918 pour les raisons que l’on sait. Paris du même coup rendit hommage à Liège dont la belle défense en 1914 valut à la Cité Ardente la légion d’honneur.

- Les années 1900 étaient l’époque où les Liégeois étaient les Japonais de l’Europe occidentale.

- Pour le reste, je suis Liégeois et fils d’une Principauté qui dura mille ans, il ne faut pas cracher dans le café liégeois.

- J’appartiens à une génération qui s’est regardée dans le miroir France à s’en crever les yeux. Je ne crois pas que la France nous ait rendu ce grand amour. A Paris, je me sens encore, cinquante ans après, un peu lourd.

- Je m’amusais beaucoup avec mon cousin Jules qui, par parenthèse, avait une énorme biroute dont il était très fier, ce qui lui permettait de mépriser les filles tout en collectionnant de très virils jurons.

- « Ca va, disait-il à ma mère, ça va changer, les gros vont casquer ! »

Qui étaient les gros pour M. Bourguet ? En premier lieu les grands magasins en pleine expansion dans le centre ville, les ploutocrates, les « banksters « , comme disait Degrelle dans son journal.

- Liège est une charade : mon premier est un fleuve, mon second fut un Etat, mon troisième reste un combat. Cela donne : Meuse, Principauté, Liberté.

- « Les Liégeois : ennemis de la flatterie, ils disent toujours la vérité qu’on leur demande et plus souvent celle qu’on ne leur demande pas « ( L.F. Thomassin )

samedi 17 décembre 2011

Liège, Place Saint-Lambert, mardi 13 décembre 2011

Pour le coup, là, je ne sais que dire, j’suis un peu pèté …

Je suis trop misanthrope – je n’aime guère la compagnie de mes semblables – pour écrire quoi que ce soit d’un peu positif …

Aussi, je préfère m’abstenir.

La carte blanche de Pierre Kroll est plus mieux .

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" Mon " Liège après le drame



Liège, c'est ma ville. Liège c'est une ville comme une autre. Enfin,

les liégeois pensent qu'elle est différente de toutes les autres. Tous

les gens qui sont d'une ville pensent qu'elle est différente de toutes

les autres. A Liège, cette semaine, il y avait des jeunes qui

passaient des examens, il y avait des vieux qui achetaient des cadeaux

de Noël pour des jeunes pendant qu'ils passaient leurs examens, il y

avait des jeunes qui, après leurs examens, achetaient des cadeaux pour

des vieux, il y avaient des vendeurs et des vendeuses qui vendaient

des cadeaux à des jeunes et des vieux. Il y avait du vent. Et puis, à

midi, chaque jour, tout le monde prend le bus place Saint Lambert pour

entrer étudier et cacher les cadeaux.


Mardi, à Liège il y avait un tueur. Un type a tiré dans la foule, il a

blessé, massacré, même un bébé, et puis lui-même sans doute. On a

parlé de Liège dans le monde entier comme on l'avait fait de

Columbine, de la Norvège, de tous ces endroits où un jour un fou abat

des gens qui n'avaient rien fait d'autre que d'être là.


Liège a son Kim de Gelder, son Anders Breivik, Liège est de son temps.

Une ville de son temps ni différente des autres ni comme les autres.

Que savez-vous de Liège ? Une ville du sud dans ce pays du nord dont

on retient plus la chaleur des habitants que la beauté des banlieues.

A Liège, il se dit qu'on fait toujours tout un peu plus fort que les

autres, un peu autrement aussi. On l'a dit des grèves, on l'a dit des

affaires, on le dit de la fête. C'est à Liège qu'un ministre d'état se

fait assassiner, à Liège qu'on s'offre une gare que New-York

trouverait un peu ostentatoire. C'est à Liège qu'on sort les terrasses

de bistrot dès qu'il fait 10 degrés pour se la jouer italienne. C'est

à Liège qu'on fête le 14 juillet au lieu du 21 parce que ça nous amuse

de nous croire un peu Français. C'est à Liège que le village de Noël,

les petits chalets en bois ou l'on vend des gaufres et des bougies,

est plus grand qu'un vrai village. C'est à Liège qu'on fait la fête à

toute occasion. Le vernissage d'une exposition -et je m'y connais- à

Bruxelles commence à 18h15 s'il est annoncé à 18 h et, à 19 , après

quelques discours en deux langues et deux coupes de champagne, les

plus épicuriens cherchent un restaurant. A Liège, annoncé à 18 h le

discours de l'élu local se fera à 20h30 dans un brouhaha général et,

vers minuit ou une heure, on se demandera offusqué comment il se fait

qu'il n'y a plus rien à boire. J'exagère à peine. Le liégeois apprend

dans « le Carré » a boire de tout en se tapant des grandes claques

dans le dos, en embrassant ses potes et nos jolies filles...et bien

avant d'avoir l'âge de conduire !


Et puis une fête un peu diffuse, un peu virtuelle que l'on fait à

Liège depuis quelques années c'est celle d'une ville qui se voit

sortir de ses marasmes. Le Standard est deux fois champion. La ville

construit un peu partout, elle se propose d'organiser l'exposition

internationale de 2017... et chaque fois qu'elle veut applaudir une

bonne nouvelle, le sort ou Lakshmi Mittal lui gâche la fête.

A Liège, il y a deux ans, à cent mètres de la place Saint Lambert,

deux immeubles explosaient. Des morts, des blessés. Des hôpitaux

débordés. Des images qui ont aussi fait le tour du monde. C'était

juste après les fêtes.


Liège dorénavant aura peur des fêtes.


Pierre Kroll. Le 14 décembre 11

lundi 12 décembre 2011

Georges Simenon : " Un Noël de Maigret "




Colette Martin a bientôt sept ans. Sa jambe droite est plâtrée car elle a fait une mauvaise chute (y en a-t-il de bonnes ?) et elle doit garder le lit. Colette a dit à sa maman et à une voisine que, la nuit du 24 décembre, le père Noël est venu dans sa chambre même qu’il lui a apporté une poupée. Elle a ajouté que le père Noël est resté longtemps accroupi sur le plancher à enlever les lattes car c’est sans doute par là qu’il comptait aller apporter un cadeau au petit voisin du dessous, la cheminée étant trop étroite. Madame Martin et surtout sa voisine ont été fort intriguées par les propos de l’enfant car qui serait donc ce supposé père Noël ? Ce n’est pas monsieur Martin, il est en province. Il se fait que les Martin habitent juste en face de la famille Maigret. Mais, oui, le fameux commissaire. Toute cette histoire intrigue notre illustre bonhomme qui, vous vous en doutez, veut en savoir plus.

Ce n’est pas parce qu’on est à Noël qu’il ne peut pas y avoir meurtre. Il y a même vol d’une forte somme d’argent. La lecture de ce pétillant roman vous en apprendra davantage.

Dans cette enquête du commissaire, qui date de 1951, nous avons l’occasion de rentrer dans l’intimité de monsieur et madame, ce qui n’est pas sans intérêt. Très drôle, très instructif même. Très couleur locale également la description psychologique des personnages … mais avec Simenon, on a l’habitude.

samedi 10 décembre 2011

Georges Simenon : " Des traces de pas "




Quels délices que toutes ces « dictées « de Georges Simenon, vraiment. Nous sommes en 1973, voici un an que Georges a décidé de ne plus écrire de romans. Via un enregistreur à bande, il raconte tout ce qui lui passe par la tête, son passé, son présent, son futur. L’actualité du jour, les personnes qu’il fréquente, sa vision du monde, de l’être humain, sans langue de bois, sans pudeur aussi. Il ne ment pas – cela sent trop le vécu-.

Dans ce volume, il s’attache tout particulièrement à nous parler de ses quatres enfants et de sa compagne de 24 heures sur 24, Teresa. Ses soucis de santé, sa chute dans la salle de bain et de son séjour à l’hôpital ; de sa vie quotidienne – ils habitent en Suisse dans une tour style HLM – mais bientôt ils vont déménager dans une petite maison plus ou moins isolée à cent mètres de building. En 1973, c’est la guerre entre Israël et le monde arabe – celle du Kippour – et il panique presque. Tout cela est très intéressant, émouvant, drôle parfois.

Une lecture à recommander tout particulièrement aux séniors qui pourront ainsi relativiser leurs soucis, angoisses et malheurs …

Extraits :

- Il y a deux sortes de ratés : les ratés jeunes, entre vingt ou trente ans, qui finissent par se caser quelque part et par oublier les ambitions de leurs vingt ans ; les vieux ratés, ceux qui ont eu des succès satisfaisants pendant leur vie et qui se rendent compte que ça ne va pas plus loin.

- J’ai parlé des rêves de la nuit. J’ai omis de parler des rêves de la sieste, qui sont différents. Chaque jour, en effet, je fais une sieste d’une heure à une heure et demi. Parfois, en m’éveillant, je crois n’avoir pas dormi, et pourtant je l’ai fait.

- Je ne hais pas beaucoup de choses au monde. Mais je hais tout ce qui est militaire.

- Qu’est-ce qui pousse l’homme à lire ? L’homme sent profondément sa solitude. Il connaît ses qualités et ses défauts, ses possibilités et ses vices. S’il lit, n’est-ce pas pour se reconnaître dans des personnages, même fictifs, où il se retrouve, et les vices de ces personnages-là ne l’absolvent-ils pas en quelque sorte. Quelqu’un a dit : « Nous sommes tous des voyeurs. «. Lire, n’est-ce pas un peu jouer le rôle de voyeur ?

- J’ai beaucoup voyagé, certes, mais je n’ai jamais visité un monument, un musée, sinon le Louvre quand j’avais vingt ans, et les musées de Florence par la suite. Je n’ai aucune curiosité littéraire (…). Je reçois encore des invitations pour des dîners et des réceptions. Je n’ai mis et je ne mets le pied dans aucune. Ma voie, j’ai fini par la trouver : c’est de vivre calmement, dans un univers aussi restreint que possible, replié sur moi-même. ( … ) J’ai été, en somme, un casanier qui s’ignore, un paresseux involontaire.

- J’imagine la tête d’Allah, de Moïse, de Jésus-Christ, de Bouddha et tant d’autres dieux s’ils revenaient sur terre et qu’ils assisteraient au trafic prodigieux des marchands de tanks et d’avions et s’ils voyaient des milliers d’hommes se faire tuer en leur nom.

- J’ai toujours prétendu qu’on ne connaissait vraiment une femme qu’après avoir couché avec elle et c’est pour ça que j’étais en somme presque toujours en chasse. Depuis plusieurs années, j’ai changé (…)

- Ce matin, exceptionnellement, je suis pessimiste. D’habitude, le réveil est chaque jour pour moi une nouvelle joie parce que j’anticipe les plaisirs qui se succéderont jusqu’au soir.

- Ce n’est pas un métier d’écrire. C’est une illusion. Une illusion qu’on se fait sur soi-même et sur ce qu’on croit avoir à dire. ( … ). C’est pour cela, sans doute, qu’on a inventé les dancings, les livres, les cinémas, les théâtres et la télévision. Donner l’illusion de quelque chose.

- C’est d’ailleurs une manie que j’ai toujours eue : celle de ne pas me relire ni me réentendre. Jamais je n’ai relu un de mes romans et cela me serait très pénible.

- Chaque fois que j’ai devant moi une perspective désagréable, je pense à la phrase d’Epictète : « Sur dix maux que nous envisageons et dont nous souffrons, il ne nous en arrive qu’un seul. Nous avons donc souffert neuf fois pour rien. « J’ai envie d’ajouter : « Ce qui nous paraît au moment même comme un mal se révèle souvent par la suite comme un bien. «

- Beaucoup de gens sont comme ça, surtout parmi les femmes. Ce qui les entoure ne les intéresse pas, leur interlocuteur non plus. Elles vivent perpétuellement en se regardant de l’intérieur.

- Teresa a une qualité qui m’enchante particulièrement. Elle est clown. ( …) Sous le coup d’une joie, d’une idée qui lui passe par la tête, son visage se transforme. Elle n’a pas peur d’une grimace. La joie brille dans ses yeux. Une joie à la fois ironique et tendre, qui me fait chaque fois chaud au cœur. Si j’étais enfoncé dans des préoccupations plus ou moins dramatiques, elle arriverait en un rien de temps à changer mon humeur. Cela est d’ailleurs arrivé souvent. J’espère qu’elle gardera toujours cette qualité que l’on rencontre si rarement chez les femmes.

lundi 5 décembre 2011

La pop music des années ' 60, toute ma jeunesse




Comme un bon vieux juke-box : mets un peu une tune dans le bastringue , mi p’tit fî !

- Purée dis, la classe ! Se trimbaler en pyjama ( ça craint ! ). Mais la musique est féroce. The Troggs « Wild Thing « :

http://www.youtube.com/watch?v=z9DVJE_bhVU

- Juste deux mots : culte et mythique. The Animals « The House of the rising song « :

http://www.youtube.com/watch?v=mmdPQp6Jcdk

- Mamas et Papas : « California dreamin’ « :

http://www.youtube.com/watch?v=N-aK6JnyFmk&feature=fvwrel

- Admirez la coiffure ! Nancy Sinatra :« Ces bottes sont faites pour marcher « :

http://www.youtube.com/watch?v=yRkovnss7sg&feature=related

- A surtout ne pas oublier de fredonner dans les rues quand vous allez à New York, Petula Clarck : « Downtown « :

http://www.youtube.com/watch?v=FKCnHWas3HQ&feature=related

- Waaouwww ! Jefferson Airplane : « Somebody to love « :

http://www.youtube.com/watch?v=AihWtmn9IOM&feature=related

- The Who , « Pictures of Lily :

http://www.youtube.com/watch?v=7BmkBroiw1s

- Pink Floyd : « Careful with that axe, Eugene « :

http://www.youtube.com/watch?v=tMpGdG27K9o

- The Beatles : « A day in the life « :

http://www.youtube.com/watch?v=4xljFT44Y1Y&feature=related

- Bob Dylan : « The times they are a –changin’ «

http://www.youtube.com/watch?v=GY8G8_qyO-E&feature=related

- Rolling Stones : « Start me up « :

http://www.youtube.com/watch?v=BG2b3VhSCC4

- Jimi Hendrix : « All along the watchtower :

http://www.youtube.com/watch?v=BG2b3VhSCC4

- The velvet underground : « Sunday Morning «

http://www.youtube.com/watch?v=0cWzxJvgWc8

- Spencer Davis group : « I’m a man «

http://www.youtube.com/watch?v=AzN0mMx-sJg&feature=related

- Julie Driscoll + Brian Auger : « Save me «

http://www.youtube.com/watch?v=sl8coZUKCtM&feature=related

- The Nice : « America « :

http://www.youtube.com/watch?v=45pIvr4gJD4

- Un couple, Marvin and Tammi " Ain't no mountain high enough " :

http://www.clipzik.com/marvin-gaye-et-tammi-terrell/ain-t-no-mountain-high-enough.html

- Un autre couple, Sonny and Cher " The beat goes on" :

http://blog.sonuma.be/sonny-cher/

- Vanilla Fudge ; " You keep me hangin' on " :

http://www.youtube.com/watch?v=s5WMh9BAFmM

- Mothers of invention, Frank Zappa : " Trouble comin' everyday " :

http://www.youtube.com/watch?v=sOGydWBJ1mE&feature=related


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Et en super-bonus, le film "Woodstock, festival 1969 " sous-titré en français. En voici la première partie.

http://www.youtube.com/watch?v=qSllSJHrWDw&feature=related

A droite de votre écran vous pourrez découvrir les autres parties, selon vos goûts, vos préferences.

Peace and Love ! ! !

dimanche 4 décembre 2011

Armel Job : " Tu ne jugeras point "




Alors que Denise s’est absentée juste quelques minutes afin d’effectuer une emplette dans un magasin, elle constate, avec l’horreur qu’on devine ,que son fils cadet, qu’elle a laissé dans une poussette, a disparu. Un enlèvement… David est retrouvé mort dans la Meuse, l’action se déroulant dans la banlieue liégeoise. Le juge Conrad et deux inspecteurs mènent l’enquête. Mais très vite, certaines affirmations de Denise sont mises en doute. Elle finit par devenir la coupable idéale, jusqu’à un rebondissement de taille. Comme dans tout polar qui se respecte, le – ou la- coupable sera découvert. Mais Armel Job propose, habillement, une deuxième fin que seuls connaissent vraiment deux personnes ( ou d’ailleurs peut-être qu’une seule personne seulement, mais suspens … ).

Un très bon polar de la même veine qu’un Simenon ( on ne peut pas trouver meilleure éloge ).

Extraits :

- Vous avez trahi votre maman, la seule femme qui comptera jamais pour vous. Et vous en voulez terriblement aux femmes qui vous font trahir votre maman.

- Il a l’air d’une poule qui a trouvé un couteau.

jeudi 1 décembre 2011

Georges Simenon : " La vieille "





Juliette est la grand-mère de Sophie. Juliette menace de se défenestrer car on veut l’expulser de son appartement. Sophie recueille sa grand-mère. Elles ne se sont plus vues depuis des années. Chez Sophie , qui est célibataire et sportive de haut niveau, co- habitent également Lélia, une danseuse et Louise, la servante.

Comment ce petit monde va pouvoir prendre ses marques ? C’est ce que nous décrit, avec l’excellence qu’on lui connaît, Georges Simenon. Donc pour une fois, pas de meurtres, pas de suicides, pas d’empoisonnements, mais des mises au point sévères. De la psychologie, de la socio, de la philo : la vie quoi.

Extraits :

- ( …) une délicatesse qu’elle est capable de comprendre, la délicatesse des pauvres, qui s’efforcent de ne rien devoir à personne.

- Nous habiterions un même logement, dormirions dans le même lit, nous aurions peut-être des enfants, nous parlerions, nous ririons, nous nous disputerions et nous pleurerions, mais nous resterions quand même, pour toujours, des étrangers. ( … ) Tu crois, toi, qu’il existe de vrais couples, formés d’un homme et d’une femme qui ne soient pas des étrangers l’un pour l’autre ?

- Car les hommes, comme les femmes, je l’avais découvert, sont tous anxieux de savoir ce qu’on pense d’eux. Ils semblent toujours craindre qu’on les voie autrement qu’ils voudraient être vus, qu’ils voudraient se voir eux-mêmes.

- Lorsqu’on met les bons moments bout à bout, ceux que l’on a l’impression d’avoir été pleinement soi-même, il ne reste presque rien, quelques souvenirs qu’on peut compter sur les doigts. Pourtant c’est à ça qu’on se retient.

mardi 29 novembre 2011

Nicolas Ancion : " Quatrième étage "




La santé de Marie n’est pas très bonne – elle est carrément mauvaise -. Heureusement Thomas s’occupe de son épouse à temps plein et lui raconte des histoires pour qu’elle puisse dormir, apaisée. Une autre Marie – qui s’appelle en fait Louise – s’est éprise de Serge , un soi-disant plombier. Deux romances particulières racontées en parallèle au quatrième étage d’un immeuble, à Bruxelles.

Comme d’habitude, Nicolas Ancien aime nous raconter des histoires un rien bizarres, avec des personnages aussi farfelus les uns que les autres, un style singulier. Ainsi il affectionne les arrêts sur images. Par exemple, pendant qu’une jeune fille est en train de monter les escaliers, il en profite pour nous la décrire : voici ses jambes, son allure générale, son dos, …Ou bien il clique sur le bouton : mise sur pause ; et voilà donc la pauvre figée dans l'espace-temps et Nicolas utilise cette opportunité pour nous la décrire ; puis, sur sa télécommande, il appuie sur play. Malin !

Extraits :

- On y achète un appartement au prix d’un palais, on y mange du pain aux vingt-six céréales triées par des enfants pauvres dans le pays lointains. On y voit les plus grands de la planète, et les plus débrouillards, manger des assiettes presque vides pendant des heures interminables.

- Les mensonges, après tout, sont souvent plus utiles que les fleurs ou les pralines pour entretenir de bonnes relations.

- Ma mémoire est en aussi mauvais état que les trottoirs de Bruxelles. Pleine de trous et de détritus.

jeudi 24 novembre 2011

Georges Simenon : " Le chat "




C’est sans doute parce qu’ils ne peuvent pas vivre seuls qu’ Emile et Marguerite, tous deux retraités, se sont mariés mais ces deux-là ne sont pas faits pour être ensemble. Un jour, elle empoisonne le chat d’Emile et lui déplume le perroquet de son épouse. Désormais c’est la guerre : ils feront chambre a part, ils prépareront leurs repas séparément (de peur de se retrouver empoisonné sans doute) et, cerise sur le gâteau, ils ne s’adresseront plus la parole si ce n’est que par des petits mots incendiaires griffonnés sur des bouts de papier qu’ils se lancent à la dérobée. Emile tentera bien de prendre une chambre chez Nelly, une ancienne femme de petite vertu, maintenant patronne d’un bistrot, et qui le gratifie de temps de brefs petites « gâteries « , comme ça , bien fait vite fait, dans un coin de la cuisine. Mais l’attrait est trop fort : qui de Marguerite et d’Emile s’effondrera le premier ?

Encore un roman très dur de Simenon, un parmi les plus connus de son œuvre magistrale.

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Pierre Granier-Deferre en a réalisé un film avec Jean Gabin et Simone Signoret :

http://www.youtube.com/watch?v=mqbc5wp6iJw

Extraits :

- Elle connaissait mieux les hommes que lui et savait par expérience que, quand ils parlent de leur dignité, c’est que les choses vont mal.

- Et d’abord sache que je n’ai jamais pu dormir avec un homme … C’est une question de peau, l’odeur … Faire l’amour à la sauvette, d’accord … Mais suer côte à côte, se heurter à un bras ou à une jambe quand on ne s’y attend pas, non ! … J’ai essayé, au début, avec Théo … Et bien ! après quelques jours, je l’ai prié d’aller acheter un lit … Il dormait dans la chambre de derrière … Pourtant nous nous aimions bien.

lundi 21 novembre 2011

Georges Simenon : " Il y a encore des noisetiers "




François Perret-Latour, 74 ans, est directeur d’une banque privée, Place des Vosges à Paris. Sa première épouse est bien mal en point dans un hôpital à New York , leur fils Donald, la quarantaine, qu’il a peu connu, vient de se suicider. Le défunt laisse une femme et des enfants.
 Sa seconde femme, Jeanne, lui a donné deux fils, Jacques et Jean-Luc ; puis il y a sa petite fille Nathalie. On dirait que tout ce petit monde s’est donné le mot car chacun fait appel au Daddy. Et Perret-Latour va répondre présent , non pas pour montrer qu’il est un bon père, un bon mari mais plutôt un patriarche qui se soucie du bonheur, du confort moral et financier de sa progéniture. Par une excellente et drôle entourloupe judiciaire, il va même à nouveau être père d’un enfant … de mère inconnue …
A noter : Le narrateur fréquente les médecins, les juristes, apprécie l’art, les peintures, le luxe, les grandes maisons tout comme le père des Maigret. Et puis Nathalie n’a t-‘elle pas certains des caractères de Marie-Jo, la fille de Georges Simenon.
Encore un excellent roman de not’ Georges, très agréable à lire.


Extraits :
- Préface : « Au docteur Samuel Cruchaud, mon ami, ce livre, où personne n’est personne, et où, quand, par hasard, quelqu’un est quelqu’un, il est quelqu’un d’autre ».
- Elle m’a donné un fils, comme on dit. J’ai horreur de cette formule. Pourquoi serait-ce un cadeau, de la part d’une femme, de faire un enfant ?
- « Tu rencontreras tout ce qui compte dans l’art contemporain « « Contemporain de qui ? «
- De découvrir les faiblesses des grands hommes et leurs petites lâchetés, on a moins honte de soi. Et il ne me déplaît pas, je l’avoue, d’apprendre qu’ils ont souffert de telle infirmité ou de telle maladie.

samedi 19 novembre 2011

" Liège insolite " Michel Elsdorf




Chaque ville a son charme (certaines plus que d’autres), son passé particulier, ses hauts faits plus ou moins glorieux, ses personnages hors du commun. Justement, insolite : qui est différent de l’habitude et qui surprend, ses synonymes sont : bizarre, curieux, drôle, déroutant, original, pittoresque. Qui dit Liège sous entend tout cela : la Cité ardente est réputée pour être plus que particulière, surprenante, insolente, provocante … et parfois à côté de ses pompes. Ce livre en fait le tour : endroits, évènements, personnages insolites.

A pointer, peut-être tout particulièrement : l’horloge fleurie du carrefour des boulevards Avroy-Sauvenière ; le chauffoir public de la rue Saint-Séverin ; « Narène di Bour « un homme dont l’appendice nasale était fort développé et qui déambulait dans les rues en proposant ses petits pantins en bois. Il s’est présenté aux élections de mai 1914 avec un programme électoral futuriste pour l’époque ( suffrage universel pur et dur, pension ouvrière à 60 ans, impôt sur le revenu, … ) ; enfants de la rue Saint-Léopold ; tram futuriste sur le boulevard de la Sauvenière.

vendredi 18 novembre 2011

Cavanna : " L' oeil du lapin "




François Cavanna, né en 1923, nous livre ici une partie de sa biographie. Celle de son enfance, à Paris, dans les années 1920-1930. « Les Ritals « est le livre de son père, un immigré italien, maçon. « L’œil du lapin " est le livre de sa mère qui fait les ménages. On n’est pas bien riche chez les Cavanna mais ce n’est pas non plus la grande misère . Le p’tit est premier de classe ; il est maigrichon et pâlot et ce n’est pas brillant-brillant question filles . Heureusement il y a les potes et ce goût de vouloir tout connaître : le français, les maths, la terre, le soleil, l’Univers et tout ça. On y retrouve également les anecdotes de son père, en italo-français, l’approche de la religion , de la mort, de la guerre ; les malheurs de sa mère ; les démêlés de la « créature « à savoir une femme qui a des problèmes de voisinage avec son mari et qui habite au rez-de-chaussée, juste en face de la porte de la cave; et puis cette graine d’ananar que devient le petit François.

Que du bonheur, de la drôlerie. Cavanna est une plume. Comme Colette est une plume, comme Céline est une plume.

Extraits :

- Les filles, ce qu’elles veulent, c’est pas qu’on les aime, ni qu’on fasse des exploits pour elles, ni même qu’on soit beau. Ce qu’elles veulent, les filles, je n’en sais rien. Sans quoi, tu penses …

- Gisèle Bénotet n’a rien dit, elle avait juste les yeux qui haussaient les épaules.

- « Le théâtre, c’est comme la messe : si tu n’y crois pas, c’est pas la peine « . Elle a dit ça, maman.

- Diou te stramaledissa ! Que Dieu te supermaudisse !

- C’est plus fort que la vitesse du vent ! Et que la flexibilité de la queue de la vache. ! Et que la fragilité des queues de pipes !

samedi 12 novembre 2011

Nicolas Ancion : " Nous sommes tous des playmobiles "


Nous sommes tous des playmobiles, comprenez, nous sommes tous des êtres fragiles qu’un rien déstabilise . Nicolas Ancion est un écrivain belge, d’origine liégeoise. Ils nous parlent, de manière parfois délirante, souvent amusante, des gens de chez nous, ceux de Bruxelles , de Mons, de Liège, … Nicolas Ancion est également un rebelle et fier de l’être ( c’est assez rare pour le souligner et pour nous en féliciter ) , tant pis s’il égratigne ici ou encore là.
Dix nouvelles drôles avec, sous le titre, mon cachet et éventuellement mes étoiles. Tchac-tchac !
1. Moi je dis qu’il y a une justice ( Yvonne otage. Pauvre Yvonne ! )
2. La tache de sauce ( esclaves du textile. *** )
3. Châteaux en Espagne ( le photographe de la Grand’ Place se marie )
4. Bruxelles insurrection ( une fin tragico-comique pour l’académicien kidnappé )
5. Mon secret ( le vieux qui se sent vieux *** )
6. Bureau fais ton office ( l’emballeur saboteur dans un librairie *** )
7. Georges et les dragons ( ***)
8. J’apprends à bien tuer ( moi et Linda )
9. L’échappé belle ( enfermé dehors chez soi *** )
10. Haute pression ( mais où est donc passé le mec que j’ai renversé avec ma bagnole ? *** )

jeudi 10 novembre 2011

Georges Simenon : " Le Déménagement "




Emile Jovis est, non seulement , un employé modèle ( comme dit dans la chanson ) mais aussi un mari exemplaire ( avec Blanche, son épouse ), un père aimant ( avec son fils Alain ). Il est employé dans une agence de voyage ( il vend des vacances ). Tous trois ont déménagé dans un tout nouvel immeuble de la banlieue parisienne, avec cette fois tout le confort moderne. Y compris les cloisons en carton. La nuit, Emile entend et écoute ses voisins qui semblent avoir des activités louches. Et c’est ainsi que la vie de notre bonhomme va balancer dans une histoire interlope ( lope toi-même ! ) qui finira même très mal…

« Chacun n’a-t-il pas le droit de faire quelque chose de spécial, quelque chose qui le sorte de la routine habituelle « . « Et Alexa était exactement le genre de femme qu’il avait rêvé toute sa vie de posséder au moins une fois. »

On ne soulignera jamais assez le talent qu’a Simenon pour raconter – cinématographiquement - des histoires très simples mais qu’il exhausse, qu’il sublime si délicieusement.

Une particularité de ce roman, cette préface : « Certains critiques, rares il est vrai, quelques éditeurs étrangers habitués aux beaux gros livres, bien gras, m’ont reproché de n’écrire que des romans courts. Celui-ci l’est particulièrement. J’aurais pu le délayer. Je me serais senti, en agissant ainsi, coupable de tricherie vis-à-vis de mes lecteurs et de moi-même. - Georges Simenon - «

lundi 7 novembre 2011

Georges Simenon : " Tante Jeanne "




Voilà bien des années que tante Jeanne n’est plus revenue au pays. Et la voici, dans ce village pas loin de Poitiers, venue « chercher un dernier asile, parce qu’elle est tombée si bas, elle était si lasse et si écœurée d’elle-même qu’elle ne mendiait plus qu’un coin pour attendre la fin « .

Tante Jeanne est vieille, assez grosse, elle souffre des jambes et aime de temps en temps un ou deux verres de Cognac. Et la voici, devant la maison natale. Son frère, Robert, vient d’être retrouvé dans la pièce du haut, pendu. Dans la demeure, c’est la pagaille, on se chamaille à longueur de journée, les portes claquent, on a du mal à se supporter. Et puis, il y a les parts d’ombres, les cachoteries, les demi-viols même. On y est même ruiné, il va falloir vendre, tout, et partir. Pour tante Jeanne, restent trois solutions possibles, y compris celle choisie par son frère suicidé.

Courage, tante Jeanne. Et encore un p’tit Cognac - même deux -. Pour la route !

Et encore un excellent roman de caractères, signé tonton Georges ( de Liège )

Extrait :

- Les gens vivent dans la même maison, dorment dans le même lit, ou séparés seulement par des cloisons, se voient trois fois par jour pour les repas et sont tout surpris, un beau jour, de ne rien savoir les uns des autres.

dimanche 6 novembre 2011

Jean Teulé : " Le Magasin des Suicides "



Madame Tuvache et son époux, Mishima, tiennent le magasin des suicides. Ils ont trois enfants, Vincent, Marylin, et Alan qui va foutre la pagaille. En effet, ce dernier est toujours optimiste, chante de belles chansons d’amour et d’amitié , fait fuir les clients ou pire, les empêche de se suicider comme est en droit d'y aspirer le commun des mortels. La tache, quoi ! Et il va faire des émules. Grrrrrrr !

Autant certains livres de Jean Teulé m’avaient ravi comme « Je, François Villon « et « Manger-le si vous voulez «, mais là, je décroche et râle . Faut dire que des suicidés comme Montherlant, Stefan Zweig ou encore les deux Jacques - dadaïstes - ( Vaché et Rigaut ) sont mes idoles. Le bouquin débute assez bien mais embraye sur du Halloween. Là, non merci !

jeudi 3 novembre 2011

Georges Simenon : " Novembre "




Une particularité pour ce roman : la personne qui raconte cette histoire est une femme, ce qui n’est pas si courant dans le chef d’un écrivain-homme.

Le père et le fils sont tous deux amants d’une seule et même femme, Manuela, la bonne espagnole qui officie dans la famille. La mère a un problème de liqueur. La fille, elle, éberluée, observe ce petit monde. Un drame va surgir et elle devra prendre une décision importante.

Une histoire simple mais qui contient de remarquables observations.

Extraits :

- ( Laure ) Ce n’est pas mon rôle de les juger, bien que je le fasse malgré moi.

- « Parce qu’il faut que l’amour aboutisse à quelque chose, n’est-ce pas ? Tu comptes que le tien, avec ton professeur, aboutira à quelque chose ? «

- J’ai toujours été impressionnée, dans la rue, en croisant les passants, de penser que chacun est le centre de l’univers et que ses préoccupations l’emportent sur tout ce qui se passe dans le monde.

- On pourrait croire que, comme la plupart des gens, elle ne se met à sourire que quand on la regarde.

mercredi 2 novembre 2011

Premier novembre 2011 à Gouvy





En ce premier novembre, nous sommes allés nous recueillir sur la tombe de nos parents. Un cliché photographique pour tenter de les ressusciter virtuellement. François Catin, mon père, dont , d’après les on-dit, je suis un saisissant copié-collé ( ben tiens donc ! ) . Ma maman, née Marguerite Nisen, la number one dans mon cœur, bien sûr – y a pas photo ! ; ma tante Marie-Thérèse qui a certainement dû me susurrer, un jour quand j’étais môme ; « si tu es bien malin, mî p’tit fî, reste célibataire, et n’aie pas de moutard ! », message reçu 10 sur 10 !

J’ai pu admirer, pour la première fois , les cinq éoliennes qui enjolivent le paysage de ce plateau ardennais tellement rude ( rebutant ? ). Quelle belle vision surréaliste ( dans le bon sens du terme ). Mais, d’après ce que j’ai pu entendre ici et là, mon goût ne semble pas être partagé par une partie de la population locale ( tu m’étonnes ! ).

J’ai serré des mains, embrassé à tout va, comme si j’étais candidat aux élections communales de 2012. J’ai évidemment entendu : « Ah ! Tu existes encore, toi ? Je croyais que tu étais mort ! « . Admirez la délicatesse !

Sacré Gouvy, va ! Pour vous y rendre, il faut rajouter le monde avec des planches ! ( fallait que je la place, celle-là ! ).

Ensuite, goûter chez ma p’tite sœur Thérèse en compagnie d’une autre de mes sœurs, Rose, d’une nièce, Carole, de son mari et de la petite Amélie. Pour le meilleur de repas qui soit, inspiré par quelques recettes de notre mère, qui a surpassé de mille coudées le meilleur resto de la place de Lîdge. Taquavoir !

Bref, encore une excellente cuvée, cette année. Merci aux acteurs !

dimanche 30 octobre 2011

La tablette Samsung de Belgacom





Comme je suis hyper accroc à mon ordinateur et à internet, je me suis dis qu’au point où j’en étais, me fournir la tablette que propose Belgacom serait un bon investissement. Sans compter que ce nouveau joujou ne va pratiquement rien me coûter en supplément - ce qui n’est pas rien ! - ( comme je le dis à qui veut l’entendre « ce n’est pas que je suis près de mes sous mais j’suis un peu radin … ! « ).

Le tout est d’être patient pour tenter d’apprivoiser la bête. L’important, c’est d’avoir un bon contact avec un agent de Belgacoum et qu’il vous explique clairement comment ça marche. Jusqu’à présent, j’en ai déjà usé 5 ou 6 ( d’agents ), à chaque coup, je crois que cette fois, j’ai tout compris mais : tintin. Bon, vous me connaissez, mon cerveau n’est pas non plus de la dernière génération.

Certains agents eux-mêmes ont l’air de bien patauger aussi, vu leurs réponses plus qu’évasives. Mais c’est comme quasiment dans tout dans la vie ( oui, papa ! ), faut apprendre sur le tas. CQFD !

A suivre >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

samedi 29 octobre 2011

" Scala " au forum de Lîdge




Curieusement, je ne suis plus « musique « du tout alors que j’en ai tant écouté, des de toutes les sortes même. En aurais-je trop écouté ? C’est bien possible … Un chouïa de Frank Zappa, un zest de Lou Reed, un soupçon de Miles Davis, un doigt de Léo Ferré et c'est presque déjà tout ... ( comme on devient, hein ! )

C’est dire que je ne suis pas trop « chorales «. En écouter de temps en temps, soit , un air comme cela, en passant, pour voir … Or, « Scala « , cette chorale flamande, j’aime beaucoup et je crois que j’en ai trouvé la raison.

« Scala « est associée à du minimaliste, mais dans le bon sens, rassurez-vous. Comprenez de la pureté, de la sobriété ; donc surtout pas des fioritures, des rajouts de tous les goûts ou de l’exotisme. Quand on écoute « Scala «, on a l’impression de n’entendre qu’une seule voix alors qu’elles sont plus de vingt-cinq. Aucune voix n’est mise en évidence, pas de solistes, un chœur c’est tout. Puis, écoutez comme le texte des chansons est découpé en petites séquences rythmiques, cut. Ce que j’aime entendre dans une chorale, c’est l’interprétation par des voix féminines, exclusivement, de chansons qui me sont chères, avec le moins de tralala possible ( je sais : c’est assez réac, un peu « vieux con « , mais tant pire ).

Et ce fut le cas, en gros, au Forum de Lîdge, ce mardi 25 octobre.

En illustration :

- Signature, Pierre Rapsat :

http://www.youtube.com/watch?v=meTjugxwmE4

- « With our without you « :

http://www.dailymotion.com/video/x4i822_la-chorale-scala-with-or-without-yo_music

- En Indochine :

http://www.youtube.com/watch?v=5fRwLop5-Vw