" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mercredi 30 mars 2011

Les dessins de Gérard Michel

















Oufti ! En surfant sur le net, comme on dit, je viens de tomber sur tous ces dessins assez époustouflants de Gérard Michel, un Liégeois, architecte de son état. Il propose sur le site Flickr quelques milliers de dessins, surtout d'architectures, tous faits sur place, à main-levée.

Par exemple et parmi tant d'autres, des vues de Liège. Ici :


Londres :


Paris :



Bonne visite !



Comment expliquer ce qu'est l'amour à un extraterrestre ?







" Deux êtres jetés sur la terre par un hasard, quelque chose, et qui se rencontrent, s’aiment, parce que l’un est femme et l’autre homme ! Les voilà haletants l’un pour l’autre, se promenant ensemble la nuit et se mouillant à la rosée, regardant le clair de lune et le trouvant diaphane, admirant les étoiles, et disant sur tous les tons : je t’aime, tu m’aimes, il m’aime, nous nous aimons, et répétant cela avec des soupirs, des baisers ; et puis ils rentrent, poussés tous les deux par une ardeur sans pareille, car ces deux âmes ont leurs organes violemment échauffés, et les voilà bientôt grotesquement accouplés, avec des rugissements, des soupirs, soucieux l’un et l’autre pour reproduire un imbécile de plus sur la terre, un malheureux qui les imitera ! Contemplez-les, plus bêtes en ce moment que les chiens et les mouches, s’évanouissant, et cachant soigneusement aux yeux des hommes leur jouissance solitaire, - pensant peut-être que le bonheur est un crime et la volupté une honte.

On me pardonnera, je pense, de ne pas parler de l’amour platonique, cet amour exalté comme celui d’une statue ou d’une cathédrale, qui repousse toute idée de jalousie et de possession, et qui devrait se trouver entre les hommes naturellement, mais que j’ai rarement eu l’occasion d’apercevoir. Amour sublime, s’il existait, mais qui n’est qu’un rêve, comme tout ce qu’il ya de beau en ce monde. "


Gustave Flaubert in " Mémoires d'un Fou "

Gustave Flaubert : " Mémoires d'un Fou "



















C’est à dix-sept ans que Gustave Flaubert a écrit ces ( ses ) « Mémoires « . Un œuvre surprenante à plus d’un titre. Une gymnastique philosophique d’un être tout jeune encore et qui pourtant est déjà si désabusé, si désenchanté mais également tellement lucide. En apostrophant le lecteur, il avance ses arguments et nous fait part de ses méditations. Toutefois, il faut souligner que Gustave Flaubert n’oublie pas que l’humour reste primordial. Il aime, par exemple, l’autodérision. Viennent également se greffer une première grande histoire d’amour pour une dame mature dont il s’éprend sur une plage, non loin de son pays, la Normandie. Puis un amour tout aussi platonique pour une adolescente qui a donc juste quelques années de moins que lui. Deux histoires d’amour romantiques à souhait et quelques excellentes séquences de haute littérature, déjà.

Bref, une très agréable surprise !

Extraits :

- Car il faudra bien que tout finisse et que la terre s’use à force d’être foulée ; car l’immensité doit être lasse enfin de ce grain de poussière qui fait tant de bruit et trouble la majesté du néant.

- ( … ) puis au loin, l’océan bleu sous un soleil ardent, et mugissant sourdement comme un géant qui pleure.

- Je croyais qu’une femme était un ange … Oh ! que Molière a eu raison de la comparer à un potage !

- L’art ! L’art ! quelle belle chose que cette vanité !

L’homme, avec son génie et son art, n’est qu’un misérable singe de quelque chose de plus élevé.

- J’ai longtemps pensé aux morts dans les cercueils, aux longs siècles qu’ils passent ainsi sous la terre pleine de bruits, de rumeurs, de cris, eux si calmes, dans leurs planches pourries dont le morne silence est interrompu parfois, soit par un cheveu qui tombe, ou par un ver qui glisse sur un peu de chair. Comme ils dorment là, couchés, sans bruit, sous la terre, sous le gazon fleuri.

- Pauvre faiblesse humaine ! avec tes mots, tes langues, tes sons, tu parles et tu balbuties ; tu définis Dieu, le ciel et la terre, la chimie et la philosophie, et tu peux exprimer, avec ta langue, toute la joie que te cause une femme nue … ou un plum-pudding.

samedi 26 mars 2011

Révolution arabe, 2011
























Avertissement : j’ouvre cet article et y appose mes commentaires sur les évènements qui se déroulent là-bas. Ces commentaires écrits aujourd’hui ne seront pas spécialement dans la même ligne que ceux que j’écrirai demain mais je les laisserai tels quels, laissant agir l’évolution de l’actualité et l’influence des médias.

Quand en janvier de cette année, nous avons assisté - en direct - à la révolution de la rue en Tunisie, on ne pouvait que s’en réjouir. Une révolution sans violence, partie de Face Book, des gsm, d’internet, portée par une jeunesse, qu’espérer de mieux ? Quelques jours plus tard, même scénario en Egypte, avec la même fougue, le même élan, la même volonté. Des peuples qui clamaient, qui clament haut et fort à la face de leurs dirigeants-dictateurs : « Dégage ! On t’as assez vu ! Dégage, mec ! « .

En Libye, c’est plus douloureux et surtout beaucoup plus violent mais l’état des choses est sans doute différent.

Je ne suis absolument pas habiliter à porter un jugement quelconque, ni à donner mon avis ; je n’y connais rien de rien en politique, et ne puis qu’assister à ces évènements majeurs qui se déroulent actuellement. Mais comme bon nombre d’entre vous, je me pose un tas de question.

La première est : étrange que tout d’un coup, dans des pays aussi différents, des peuples se révoltent dans ce qu’il est déjà convenu d’appeler « la théorie des dominos « ?

En naviguant sur le Net, je suis tombé sur deux vidéos. De nouveau, je ne prends pas parti, je relève simplement un avis, une analyse, sans plus. Elles sont intéressantes à regarder, ( j’allais dire amusantes ) ( intéressant = dignes d’intérêt ) . Sans plus.

Des révolutions orchestrées, manipulées ? A vous de voir …

http://www.dailymotion.com/video/xh64tm_la-revolution-arabe-planifiee-pour-le-reigne-du-dajjal-ep01_webcam

Et la deuxième partie ( mais nous en resterons là pour ne pas nous disperser … ) :

http://www.youtube.com/watch?v=zbDfOAh2hP4



( article en construction )

vendredi 25 mars 2011

" Mémoires d'enfances " de Jean-Paul Gourévitch et Jacques Gimard
































































Beaucoup d’écrivains avouent n’avoir gardé aucun souvenir de leur enfance. D’autres ont gardé des impressions extrêmement précises, heureuses, idéalisées, plus tristes ou carrément pénibles. Ceux-là décrivent leurs familles les copains, les premiers amours ; les jouets, les jeux ; l’école ou l’école buissonnière ; les rêves, les voyages réels ou imaginaires ; la maladie, la mort ; l’enfance religieuse, paysanne, ouvrière, …

Nous retrouvons dans cet ouvrage, via de courts textes, les souvenirs de Jules Renard, Sartre, Marguerite Yourcenar, Colette, Mauriac, Proust, Gary, de Beauvoir, Simenon et tant d’autres.

A souligner également une grande quantité d’images, de photos qui datent d’un siècle ou plus encore et dont certaines sont délicieuses.

Extraits :

* Michel Déon raconte que le jour de la mort du père, la mère fait coucher le fils dans son lit. Un psychanalyste dauberait sur cette substitution.

* Les filles de la bande. Voici Mimi avec ses yeux malicieux, son nez en trompette et ses cheveux ébouriffés. Le vrai type gavroche. Elle dit des horreurs candidement et des choses naïves avec l’air de ne pas y croire. Coquette, elle, prétend avoir quatorze ans. Elle en a douze en vérité.

Voilà Amélie, la figure sale, en désordre et mal peignée. Les gamins dont le vocabulaire est pauvre, mais expressif, l’ont surnommé « Torchon « . « Torchon « se complaît dans sa crasse. Comme les plantes sur le fumier, elle croît avec vigueur.

( Alfred Machard, « Néness, Trique, Bout, Miette et Cie «, E Figuière, 1911. )

* Première rencontre. Elle réfléchit encore un moment puis se leva.

- Je reviendrai peut-être demain, dit-elle. Je ne sais pas. Je suis imprévisible. Quel âge as-tu ?

- Je vais avoir dix ans.

- Oh, tu es beaucoup trop jeune pour moi. J’ai onze ans et demi. Mais j’aime bien les fraises des bois. Attends-moi ici demain à la même heure. Je vais revenir, si je n’ai rien de plus amusant à faire.

( Romain Gary, « Les cerfs-volants « , Gallimard, 1980 )

* Lourd destin. Mon père et mon oncle étaient parmi les plus pauvres du quartier. Mais ils n’avaient que des filles. Aussi, étais-je plus heureux à la maison que la plupart de mes camarades au milieu de leurs frères. J’étais l’unique garçon de la maisonnée. J’étais destiné à représenter la force et le courage de la famille.

( Mouloud Feraoum, « Le fils du pauvre « , seuil, 1954 )

jeudi 24 mars 2011

" Salut Maurice ! ", février 2011






















C'est toujours avec un grand plaisir que nous pouvons feuilleter et lire le dernier numéro de " Salut Maurice ". Une édition spéciale " journée de la femme ".
Des pareils, on n' en fait - presque - plus.

Présentation de Wikipédia :


Salut Maurice est le journal du quartier Sainte-Marguerite, à Liège.

Il est appelé ainsi pour rendre hommage à Maurice Waha qui, en septembre 1944, sauta sur un char allemand en voulant désarmorcer sa charge explosive. C'est unbimestriel. Il vient de fêter ses dix ans d'existence et en est à son 53e numéro. Il est tiré à 1 800 exemplaires. À l'initiative de Salut Maurice, un concours littéraire est organisée chaque année.

Sa rédaction est composée des membres du SAC Sainte-Marguerite, de la Coordination Socio-Culturelle de Sainte-Marguerite et des habitants du quartier. Il est édité et imprimé par la ville de Liège.


Et si vous ne pouvez pas vous le procurer en version papier, pas de panique, le voici en passant par le site du quartier :


http://www.sainte-marguerite.be/index.php?option=com_content&view=article&id=49&Itemid=86

ou plus particulièrement ici :

http://www.sainte-marguerite.be/joomla/index.php?option=com_content&view=article&id=49&Itemid=86


mercredi 23 mars 2011

Osamu Dazai : " La femme de Villon "





















« Les six tatamis étaient à moitié pourris, les panneaux coulissants défoncés en maints endroits, les murs tombaient en lambeaux, le papier éventré exhibait l’armature des cloisons «

« en fait, madame, ma femme et moi, nous tenons un petit restaurant près de la gare de Nakano «

« il me sort tout à coup un billet de cent yens – cent yens rendez-vous compte, c’était une grosse somme à l’époque, ça correspond à deux ou trois milles yens d’aujourd’hui «

« j’ai éclaté de rire malgré moi. L’envie m’en avait prise sans que je sache pourquoi. Je me suis retenue tant bien que mal «

« ça alors ! je n’aurais jamais cru qu’Ôtani était un tel salaud. C’est fini je ne boirai plus jamais avec lui «

« on va le faire payer. Nous, on n’a que cinq cents yens de salaire pour vivre «

« je me suis assise seule au beau milieu de la pièce, dans le froid, et j’ai réfléchi à ce que j’allais faire, mais comme aucune idée ne me venait, je me suis levée, j’ai ôté ma veste, je me suis glissée dans le futon où dormait mon fils et lui ai caressé la tête en espérant que le jour ne se lève jamais plus, jamais plus … «

« ne soyez pas si modeste ! Désormais, même pour les chevaux et les chiens, il y a égalité entre les sexes au Japon, s’est alors écrié le plus jeune des trois. Mademoiselle, je suis amoureux de vous. C’est un coup de foudre. Mais vous avez un enfant ? … »

« le matin au réveil, je prends le petit déjeuner avec mon fils, puis je prépare notre déjeuner et, mon fils sur le dos, je pars travailler à Nakano «

« pour vous , les femmes, il n’y a ni bonheur ni malheur. Les hommes ne connaissent que le malheur. Ils luttent sans cesse contre la peur «

« la porte d’entrée s’est ouverte brutalement, et ce bruit m’a réveillée, mais comme ce ne pouvait être que mon mari qui rentrait ivre mort à la maison, je n’ai rien dit et suis restée couchée «

Si vous tombez sur cette nouvelle de Osamu Dazai « La Femme de Villon « , lisez-la. Cela ne vous prendra qu’entre 30 et 66 minutes . Et qu’est-ce que une demi heure dans la vie, vraiment ?

mardi 22 mars 2011

Georges Simenon : " Les Gens d'en Face "























Adil Bey vient de prendre ses fonctions de diplomate. Il est Turc dans une ville oubliée de l’Empire soviétique. Les habitants y sont pauvres pour la plupart, à l’extrême pour bon nombre d’entre eux, prêts à tout même le pire pour une boite de sardines. L’ambiance y est lourde, la suspicion règne en maître, tout comme l’ennui et la mesquinerie. « Un père qui verrait arrêter son fils n’oserait pas demander pourquoi « …

Pour se désennuyer, Adil Bey se transforme en voyeur et passe le plus clair de son temps à espionner les gens d’en face : un homme appartenant à la Guépéou ( police ), son épouse, sa sœur qui est d’ailleurs la secrétaire de notre héros. Et puis il y a les fonctionnaires italiens, les persans, diplomates eux aussi. Et puis il est question d’empoisonnement à l’arsenic à doses homéopathiques, d’exécutions sommaires, … Il est peut-être même question d’amour …

On ressort de ce roman comme un peu pollué … On a presque qu’envie de prendre une douche …


Extrait :

La ville, pour lui, avait quelque chose de vivant, un être personnel qui avait refusé de l'accueillir ou plutôt qui l'avait ignoré, qui l'avait laissé errer, tout seul comme un chien galeux. Il la détestait comme on déteste une femme à qui on a fait en vain des avances

dimanche 20 mars 2011

Le dessous des cartes



























Cela ne fait déjà absolument aucun doute, 2011 rentrera avec force dans l’histoire contemporaine. La tragédie du Japon, confronté à un séisme, un tsunami et un accident nucléaire qui reste à ce jour encore à qualifier. Les troubles puis les révolutions populaires dans des pays arabes : la Tunisie, l’Egypte,… et actuellement en cours en Libye ainsi que le conflit ouvert avec l’intervention de pays occidentaux.

Il est peut-être temps de s’informer sur ce qui nous entoure ( je parle d’abord pour môa ). Pourquoi ne pas commencer par du simple : des documentaires d’Arté et sa série : « Le dessous des cartes ».


* Prendre des cartes muettes et les faire parler. Comprendre plutôt que savoir :

http://www.wat.tv/video/comprendre-plutot-que-savoir-fbcx_2g1eh_.html


* La stratégie ou l'art de la guerre


* Imagerie de l'Islam ou l'Islam sous toutes ses facettes :


* Le Moyen-Orient américain. L'émission date de mars 2009 :


* Le théorie du choc des civilisations :





article en construction

Natsume Sôseki : " Je suis un chat "




















Un chat est hébergé chez le professeur Kushami. Il est dans cette maison comme il pourrait très bien ne pas y être : comme on dit, il fait partie des meubles.
Son nom ? Il n'en a pas. Nous dirons donc " notre chat ". S'il ne sait pas parler aux êtres humains, il voit tout, comprend leur langage et sait même lire les lettres privées. Pratique !

Notre chat déteste les êtres humains. Il les trouvent stupides, imbus de leurs petites personnes, s'agitant sans cesse dans des activités ridicules.
Texto : " Voici une bonne définition de l'être humain : il suffit de dire que ce sont des individus qui se créent sans cesse des choses dont ils n'ont pas besoin et passent ensuite leur temps à s'en plaindre. "

Un des intérêts majeurs de ce roman - extrêmement drôle - réside dans les conversations qui se tiennent chez le professeur, un être grincheux et misanthrope, qui reçoit la visite " d'amis ", tous aussi farfelus que lui, sous l'oeil très attentif de notre chat, aux oreilles bien tendues.
Pour exemple, on épiloguera sur " l'écriture de poèmes d'un genre moderne ", du doctorat sur la " Dynamique de le Pendaison et de la Stabilité du gland " suivi d'une " Étude sur le Mouvement des Corps Célestes ".

On s'y chamaille beaucoup, chez le professeur. A commencer par lui, sa femme, ses filles, la bonne. On s'y crêpe le chignon.
Le roman fourmille de " bas de pages ", soit des références à la culture japonaise. Les " discutailleurs " s'envoient à la figure des maximes, des proverbes, des extraits d'oeuvres littéraires de toutes sortes. Ce qui transforme ces joutes verbales - à propos de tout et n'importe quoi - en des thèses, dialogues-monologues qui se veulent être très tendances pour l'époque mais qui parfois, tournent au ridicule, but voulu et recherché par l'auteur.

" Je suis un chat ", dit-on en quatrième de couverture, " suffit amplement à démentir l'opinion si répandue selon laquelle les Japonais manquent d'humour. "
J'ajouterai que l'on pourrait très bien assimiler, sous certains aspects, le style de Natsume Soseki à celui de Nicolas Gogol.

Une splendeur !!!


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( ma critique de ce livre date de mai 2005 )

Kyotaro Nishimura : " Petits Crimes Japonais "



















Commettre le crime parfait n'est pas une mince affaire ( cela se saurait ). Parfois, la machine se grippe ou le bon plan vous revient en plein dans la figure ou le but atteint se trompe de direction...

Dans ces huit nouvelles délicieuses, Nishimura met en scène des gens ordinaires qui suivent un but parfois démoniaque ou original, peu importe mais qui sort du commun. C'est bien pour cela qu'on peut les qualifier de délicieuses et de très japonaises, très couleur locale.

Se lit avec délectation !

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( ma critique de ce livre en décembre 2008 )

samedi 19 mars 2011

Georges Simenon : " Le Clan des Ostendais "








Mai 1940. La seconde guerre mondiale vient de commencer. Fuyant l’invasion allemande, venus de la mer du nord, des pêcheurs flamands foncent avec leurs cinq bateaux vers le sud de la France. A La Rochelle, les autorités françaises les forcent à arrêter leur fuite et leur proposent de les héberger. Les Ostendais s’installent donc dans l’ancienne gendarmerie et la maison qui se situe en face. Mais ils ne s’intègrent pas du tout à la population locale qui regarde avec méfiance les agissements étranges de ce clan. Car, chez les Flamands, chacun occupe, encore plus qu’ailleurs, sa place bien précise, assume son statut social sous le haut contrôle d’Omer, de la Grosse Maria.

C’est un roman dur, psychologique de Simenon. Pas de meurtre probant, pas d’enquête, pas de commissaire. Juste la description d’un microcosme.

Extrait :

- Elle avait seize ou dix-sept ans et son corps était maigre, plat, anguleux, avec seulement deux petits seins pointus et un pubis proéminent qui se dessinait sous la robe rouge.

vendredi 18 mars 2011

Roger Leloup : " L'Ecume de l'Aube "


















C'est le premier roman de Roger Leloup. A côté, 23 albums de bandes dessinées, tous délicieux. Dans son ouvrage, il nous raconte l'enfance et l'adolescence de Yoko Tsuno.
Yoko est née au Japon, sur l'Ile du Songe.
" Ne la cherchez pas sur la carte... elle a souvent changé de dénomination. "
Tout au long du récit, cette petite Japonaise vous émerveillera par ses hautes qualités, sa sagesse zen qu'elle essaye de maîtriser et qu'elle tient de son grand-père. C'est d'ailleurs lui, et personne d'autre, qui a " créé " l'Ecume de l'Aube ", une perle issue d'une huitre, une petite merveille qui est complètement transparente et qui a l'éclat solaire. Toute l'histoire tourne autour de cette perle unique.

Si Roger Leloup est Belge, il écrit comme un vrai Japonais. Avec une habileté remarquable, il nous fait défiler toutes les qualités de " l'âme " japonaise : la tradition, le savoir-vivre, la politesse, le respect d'autrui, l'attitude zen et shinto, les couleurs, les parfums, le remarquable mimétisme avec la nature. Certains diront : des poncifs ! Pour ma part, je ne cherche pas le Japon " occidentalisé " : il n'est que miroir aux alouettes. Je préfère la face plus voilée de Soleil Levant...

Cet ouvrage est agrémenté de dessins à vous couper le souffle.

Merci ! Monsieur Leloup. Merci ! Yoko Tsuno !

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( critique de ce livre octobre 2004 )

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Un blog qui parle de Yoko Tsuno :

Haruki Murakami : " Kafka sur le Rivage "


















J’ai bien plus apprécié le parcours de Nakata : il est hautement savoureux ! Car, si notre héros est un peu à côté de ses pompes, il sait parler aux chats, par exemple, ce qui vous l’avouerez n’est pas rien ! Et puis il a une belle philosophie de vie : il se contente de peu, avec juste un peu d’amitié ( with a little help from my friends ) et cela tombe bien : son pote de rencontre, Hoshimo est disponible. Nakata découvrira la « pierre de l’entrée « mais au prix de sa vie.
Le cheminement de Kafka est lui, à mon goût, plus tortueux. Son besoin de se réconcilier avec son père, pourtant mort, la ressemblance troublante de sa mère avec mademoiselle Saeki, m’ont apparu souvent agaçants. Aussi, je relirai volontiers ce livre mais uniquement la partie qui raconte Nakata, ce qui n’est pas très difficile car les chapitres sont bien séparés.
Mais je n’ai pas tout bien compris non plus ( on ne se refait pas, attends, toua ! Gloups ! )
Toutefois, je suis tombé sur un passage miraculeux dans ce livre. Il se situe à la page 381 dans le récit de Kafka ; je vous le cite, texto, ici, :

« ( …) Comme l’a si bien dit l’écrivain russe Anton Tchekhov : « Si un revolver apparaît dans une histoire, à un moment donné, il faut que quelqu’un s’en serve. « Tu comprends ce que cela signifie ?
- Non .
- Ca m’aurait étonné. Tu ne comprends jamais rien. Je t’ai justement posé la question par politesse.
- Trop aimable .
- Ce que Tchekhov voulait dire, c’est que la nécessité est un concept indépendant. La nécessité a une structure différente de la logique, de la morale ou de la signification. Sa fonction repose entièrement sur le rôle. Ce qui n’est pas indispensable n’a pas besoin d’exister. C’est cela, la dramaturgie. La logique, la morale ou la signification, quant à elles, n’ont pas d’existence en tant que telles, mais naissent d’interrelations. Tchékhov, en voilà un qui s’y connaissait en dramaturgie ! "


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( critique de ce livre en juin 2009 )


" Tokyo Electrique " Fujino Chiya, Shiina Makoto, Hayashi Mariko, Morita Ryuji, Muramatsu Tomomi




















Avec ces cinq merveilleuses nouvelles, nous voici plongés dans le coeur de Tôkyô. Une ville étrange, presque mythique, en perpétuelle évolution mais également bien ancrée dans son passé et ses coutumes ( locales )
Cette jeune femme discrète et tellement séduisante serait-elle disparue ? On prétend qu'elle se cache de la justice ...
Et cette autre, quasi pré-adolescente, qui sort en ville avec des étudiants limitos. Savez-vous qu'il s'agit d'une prostituée philippinne ...
Eriko et Yôichirô, eux, ont signé un contrat d'un an pour être les meilleurs amants ... Le temps que la fiancée de Yôchirô revienne des Usa. Pourquoi pas ? ...
Et ce salary-man qui retrouve son habitation détruite par le feu, que va t-il devenir ? Si la nouvelle s'intitule " La Tente jaune sur le Toit ", peut-être que cela éclairera votre lanterne j^aponaise ...
Natsumi et sa fille Mika, elles, cherchent par tous les moyens à s'introduire dans les commissariats de police. Faut vraiment être tôkyôïte pour choper des idées pareilles ...

S'il existe, dans une certaine bande dessinée belge, ce que l'on nomme " la ligne claire ", il en va de même pour de nombreux écrivains japonais : pas de frioritures inutiles, ni de discours alambiqués, des descriptions aussi lourdes qu'inutiles. Vite à l'essentiel, juste le temps de vivre, c'est tout.
Et c'est terriblement efficace !!!

( critique de ce livre en mars 2006 )

Haruki Murakami : " Après le Tremblement de Terre "




















Chacune de ces six nouvelles d'une des têtes de file de la littérature japonaise se référencie au tremblement de terre de Kobé en 1995. Mais cet événement majeur n'est toutefois évoqué que sous un mode mineur, comme s'il était d'une importance relative, une parenthèse, un simple fait divers parmi tant d'autres...

- " Un Ovni a atterri a Kushiro ", n'est-elle pas une assez banale love story lactée ? Et pourtant ...

- " Paysage avec fer ", un feu de camp en plein mois de février sur une rive pas très loin de Tokyo avec ces inlassables questions existentialistes nippones. Yatta-Yatta !

- " Tous les enfants de Dieu savent danser ", et Dieu dans tout cela ? ... Mais perso, j'ai du louper une réplique ...

- " Thaïlande ", et le fameux et excellent rêve du serpent qui devra, mordicus, apparaître dans une nuit d'une femme divorcée. Vous avez dit allégorie ou susbstitution ?

- " Crapaudin sauve Tokyo", rêve ou réalité ? That is the question ! La nouvelle est en tout cas très comique-strip !

- " Galettes au miel ", ou comment assimiler un conte pour enfant et la vie d'un trio d'amis. Trouvez le lien et vous y êtes !

Suivez le fil rouge qui parcourt ces nouvelles >>>
Bien agréable une fois de plus !

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( ma critique de ce livre date de février 2007 )

jeudi 17 mars 2011

De bien agréables vidéos sur le Japon


















Afin d'essayer d'oublier un peu les effroyables images que nous voyons, en ce terrifiant mois de mars, à la télévision et sur le net, voici un petite sélection de vidéos bien agréables sur le Japon.

*** Et tout d'abord, un petit cours de géographie, de démographie, d'économie :


*** Un peu d'histoire :


*** Un délicieux documentaire intitulé " Children of Japan, 1941 ". Admirablement filmé avec un vrai commentaire d'époque. Un court métrage exceptionnel :


*** Château, lac, rivière, musée, parc, ... :


*** Soleil levant, un chien qui fait la sieste, temples, resto sur le pouce, bento, ramen, la mer omniprésente, soleil couchant :


*** Un remarquable documentaire sur les geishas :


*** Traditions japonaises : les salutations, les excuses ( humour ! ) :


*** Traditions japonaises : la cérémonie de thé ( humour ! ) :


*** Traditions japonaises : tout sur les baguettes ( humour ! ) :


*** Traditions japonaises : le sumo ( humour ! ) :


*** Traditions japonaises : tout sur le sushi ( humour ! ) :


*** Un peu hors sujet - quoique ! - et je ne peux pas m'en empêcher, Miles Davis au Japon :


*** L'Empire du Soleil Levant ( en 2 parties ) :


*** Plusieurs vidéos d'un blogger, Suppaiku :


***Jeu d'estampes :


*** Estampes d'Hokusai :


*** Tokyo en 1959 ( le son débute après le générique ), 13 minutes :








... article en construction ...


vendredi 11 mars 2011

Séisme et tsunami , Fukushima , Japon , mars 2011





" ... recherche désespérément ... "










un scénario de la dispersion d'un nuage radioactif ( cliquer sur l'image pour l'agrandir )











activité sismique au 16/03/2011 à midi
( cliquer sur l'image pour mieux voir )


















































* Ce qu’il est convenu d’appeler « l’attentat du World Trade Center de New York « , le 11 septembre 2001, fut la première date clé du XXI ème siècle. Une date hautement traumatisante. Nous vivons actuellement des évènements tragiques qui constitueront, sans aucun doute, un autre moment capital de notre époque. Le 11 mars 2011 et les jours d'après >>>






* Que se passe t-il en dessous de nous ?


* Une autre :


* Qu'est-ce qu'un tsunami ? :


* Brève animation pour expliquer ce qu'est un tsunami :


* Une autre :


* animation de tsunamis depuis 1960 :


* Explication du séisme actuel :


* les impressions des internautes sur le site le Japon.org :




* vidéo cauchemardesque :


* la vague peut atteindre 10 mètres de hauteur :


* terrifiant :


* Au Japon, en ce mois de mars 2011, l'homme n'est pas seulement confronté à la nature mais à sa propre création. Le séisme et le tsunami ont provoqué un incident majeur : le refroidissement d'un réacteur ne s'est pas effectué correctement.
Mais qu'est-ce qu'une centrale nucléaire ? Vidéo :


* Photos satellites avant et après le tsunami :


* 20 photos du séisme :


* Centrales nucléaires dans le monde :


* Au Japon, le réacteur de Fukushima qui présente un problème, est du type dit " à eau bouillante ". L'eau circule en une seule boucle. Elle sert donc à modérer la température du réacteur et à la création de vapeur destinée à générer de l'électricité. En Europe, nos centrales nucléaires sont du type de réacteur dit " à eau pressurisée ". Il est équipé d'un double circuit : l'un s'occupe de récupérer la chaleur du coeur, l'autre de la vapeur.

* Mercredi 16 mars midi, un hélicoptère au dessus de Yukushima et un empereur

* Le même jour, Frédéric Charles, reporter suisse nous parle de Tokyo et de ses habitants :


* Encore Frédéric Charles en direct de Tokyo dans le journal télévisé de la Rtbf, le 17 mars :



* Le scénario de la catastrophe de Fukushima ( source " Le Monde.fr ) :


* Dernières infos en date du 24/03/2011 :


* la radioactivité en 10 questions :


* site sur la radioactivité :


* un documentaire d'Arté essentiellement consacré aux travailleurs de la maintenance dans les centrales nucléaires . 57 minutes :


* Aide et solidarité :


* Un site en français parmi d'autres :


* Le Japon au fil des jours dans le blog de Suppaiku :


* Une vidéo a fait le tour du web depuis la semaine dernière : mesure de la radioactivité et état des lieux aux abords de la centra le de Fukushima. Elle donne une petite idée de l’intérieur de la zone "interdite" des 20km.


* Un témoignage émouvant d'une famille de rescapés. " ... Cours vers la forêt de bambous ! " :


* Chronologie des évènements à la centrale de Fukushima :


* Comment vivre après Fukushima ? :


* des nouvelles des réacteurs :







mardi 8 mars 2011

Des subtilités de la langue française















Voici une petite chronique sur notre langue française. Personne ne pousse l' illogisme aussi loin que nous!

Voici les phrases, pourtant bien "françaises" : pouvez-vous les prononcer correctement?

- Nous portions nos portions. Les portions, les portions-nous ?

- Les poules du couvent couvent.

- Mes fils ont cassé mes fils.

- Il est de l' est.

- Je vis ces vis.

- Cet homme est fier; Peut-on s' y fier ?

- Nous éditions de belles éditions.

- Nous relations ces intéressantes relations.

- Nous acceptions ces diverses acceptions de mots.

- Nous inspections les inspections elles-mêmes.

- Nous exceptions ces exceptions.

- Je suis content qu' ils nous content cette histoire.

- Il convient qu' ils convient leurs amis.

- Ils ont un caractère violent et ils violent leurs promesses.

- Ces dames se parent de fleurs pour leur parent.

- Ils expédient leurs lettres; c' est un bon expédient.

- Nos intentions c' est que nous intentions un procès.

- Ils négligent leur devoir; moi, je suis moins négligent.

- Nous objections beaucoup de choses à vos objections.

- Ils résident à Paris chez le résident d' une ambassade étrangère.

- Ces cuisiniers excellent à composer cet excellent plat.

- Les poissons affluent d' un affluent de la rivière.

etc., etc.,....

Il y a, en effet, de quoi perdre la tête ! Vous rendez-vous compte combien notre langue est difficile à apprendre par les étrangers.