" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mardi 28 juin 2011

Georges Simenon : " La Main "






















On ne peut pas dire que j’ai tué Ray. Pas de mes propres mains, en tout cas , mais en pensées, cela ne fait aucun doute. Ray c’est mon meilleur ami. Je l’admire, il a bien réussi dans la vie ( profession, son épouse Mona, ses conquêtes féminines comme tout récemment Patricia …). Quand on l’a retrouvé mort dans la neige, Mona m’a dit que c’était Ray qui m’admirait. Elle aussi m’admire. Pour le coup je suis tombé à la renverse. Ma femme Isabel, le lendemain du blizzard, est allée ramasser la bonne dizaine de mégots que j’avais laissés près du banc rouge. Ce qui m’a sauvé la mise rapport à l’enquête de la police ( vous savez comment ils sont … ). Je crois qu’elle sait. Elle sait également mon attirance pour Mona. Elle sait toujours tout. Elle m’épie, elle m’agace. Je la hais. Donc : j’ai été le monsieur qui a une maîtresse et qui pourrait divorcer un jour et maintenant le mari qui devient bizarre. Mona est partie avec Falk et moi, je crois, j’ai envie de zigouiller quelqu’un . Moi ? Mon père ? Mona ou Falk ? Isabel ? Vous verrez bien…. Pour cela, lisez cette drôle histoire.

Enorme !

Extraits :

- Isabel ne fait jamais penser à une chambre à coucher. Patricia, elle, évoque toujours en moi l’image d’un lit.

- Il doit en être des catastrophes comme des maladies. On s’imagine que ce sera long à guérir, que la vie ne sera plus la même, puis on s’aperçoit que la routine quotidienne reprend ses droits.

dimanche 26 juin 2011

Sonuma ou les archives de la Rtbf



La Sonuma préserve, numérise et valorise les archives audiovisuelles de la RTBF. Une mission qui a débuté au printemps 2009.
Grace à elle, voici quelques extraits d’émissions qui retracent toute une vie, septante années et même plus. Je ne vous propose ici ces moments de l’actu qui me paraissent parmi les plus significatifs, ceux dont je me souviens comme si c’était hier, ceux qui me sont chers ou les plus drôles. Dans le désordre, l’actualité du moment, en Belgique, et même dans le reste du monde.
* Tout d’abord, génériques du J.T., au pluriel :
* Septembre 1944, la Belgique est libérée :
* Armand Bachelier et les astronautes :
* Mes enfants !, voici Luc Varenne dans tous ses états :
* Michel Strée ou le Robin-des-Bois de Vielsalm :
* L’enlèvement de VDB, conférence de presse (trop drôle) :
* Août 1968, fin du Printemps de Prague :
* Vietnam, avril 1975, la guerre est finie :
* 1986, olé-olé, les Diables Rouges :
* Berlin, 1964, à l'est du Mur :
* 1996, la Marche Blanche :
* Ce soir-là de décembre 2006, certains ont eu très peur ( suivez mon regard ... ). Ils ont osé, bye-bye Belgium :
* 1967, Sonny and Cher dans " the beat goes on" enregistré en public dans un grand magasin de la capitale ( l'Inno si je ne me m'abuse ) ( de là est venue ma fixette pour les grandes brinques minces à longs cheveux noirs )
* 1960, la rançon du progrès. Paul Damblon s'interroge et interroge ses contemporains ( délicieux ! ) :
* Cosmogonie et métaphysique du tango de et par Dali :
* Un tout grand réalisateur et un excellent critique de cinéma, Polanski-Sasson :
* " Cinéscope ", l'émission mythique de Sélim Sasson avec ce soir-là Serge Gainsbourg et Jane Birkin :
* Les soupers de bobonne avec Marc Moulin et Philippe Geluck :
à suivre ...
* Conrad Detrez :
* Nicolas Dor :
* Marc Moulin :

" Lettres à un adolescent " anthologie proposée par Camille Laurens





















Vingt-six lettres. Vingt-cinq écrivains écrivent à leurs enfants, leurs frères ou sœurs. Ils leur donnent souvent des conseils, de type philosophique, par exemple, ou alors moraux, religieux. D’autres y vont de terrifiantes invectives quand ce ne sont pas des sommations. D’autres encore choisissent l’affection ou l’amitié.

Elles en disent long sur leurs auteurs … Par exemple :

* Victor Hugo qui exprime tant de si beaux sentiments paternels à sa fille Léopoldine.

* Flaubert décrit physiquement Victor Hugo à sa sœur Caroline.

* Alexandre Dumas assomme littéralement son fils Alexandre et lui conseille, plus que vivement, la maîtrise du latin, du grec, de l’allemand, de l’italien, de l’anglais, … l’étude de la Bible et la lecture des auteurs français.

* Georges Izambard susurre à l’oreille d’ Arthur Rimbaud un très précieux conseil poétique ( voir plus bas ).

* Colette y va d’un conseil anti-tabac adressé à sa fille Colette, dite « Bel-Gazou « ( conseil qui est encore de mise aux jours d’aujourd’hui )

Extraits :

- Soyons nous-mêmes, soyons simples et ayons une grande délicatesse. S’il me fallait choisir une femme, je ne lui demanderais pas d’être autre chose ni d’autres qualité. ( Alain-Fournier à sa sœur Isabelle )

- Les jeunes gens sensés savent bien ce qu’ils doivent rechercher chez une femme : la douceur, la gaieté et le don de leur rendre l’existence plus belle et plus facile ( Sigmund Freud à sa fille Mathilde )

- Je ne veux pas vous dire que vous êtes fou, cela vous mettrait aux anges. Mais si vraiment vous croyez que c’est arrivé, je veux vous prouver au contraire que , d’être absurde, c’est à la portée de tout le monde.

La Muse de Méphitiques

Vois-tu le bourgeois baveux qui s’offusque

Se cramponner d’horreur à son comptoir,

Agglutiné contre comme un mollusque ?

Vois-tu le bourgeois baveux qui s’offusque

Et sa police, œil dans un vase étrusque ?

Nous leur mettrons les boyaux en sautoir.

Vois-tu le bourgeois baveux qui s’offusque

Se cramponner d’horreur à son comptoir ?

Voici venir l’ère des pourritures

Où les lépreux sortent des lazarets …

Ô fleurs du Laid, rutilantes ordures,

Voici venir l’ère des pourritures …

Lors, fourrageant dans les monts d’épluchures,

Nous chanterons l’hosannah des gorets.

Voici venir l’ère des pourritures

Où les lépreux sortent des lazarets.

Vous voyez, c’est fort simple : vous prenez les pensées les plus incohérentes, les mots les plus hétéroclites, vous les accouplez tant bien que mal, et de ce croisement naît avant terme un délicieux petit fœtus que vous enfermez, soigneusement étiqueté, dans un bocal ad hoc … Et prenez garde, avec votre théorie du voyant, de finir vous-même en bocal, monstre au Muséum. ( Georges Izambard à Arthur Rimbaud vers le 15 mai 1871 )

- La vie n’est que déceptions pour ceux qui, comme toi, sont pleins d’idéalités. Il faut s’armer de courage et s’attendre au pire. ( De Max Jacob à Jacques Mezure )

samedi 25 juin 2011

Ciao, Columbo !
















Je suis un fan de l’inspecteur Columbo. Je n’ai pas du tout connu ces séries lors de leur sorties mais bien plus tard, soit après 2001, à la télé. A Liège, j’ai loué les nombreux dvd proposés par la Médiathèque ; toutes les saisons, tous les épisodes et pas une fois mais deux, trois fois, encore maintenant : je ne m’en lasse pas. Je ne dois pas en avoir loupé des masses.

Avec sa dégaine nonchalante, hyper cool ( en apparence ), son air benêt, ahuri même, avec sa femme dont il parle sans cesse mais qu’on ne voit jamais, avec sa bagnole pétaradante, ringarde, son chien qui lui ressemble assez bien tout compte fait, il me fait craquer et hurler de rire. Mais Columbo est un vrai sadique ; et puis, comme Simenon, il essaie de comprendre, peut se montrer compatissant mais évite, semble t-il en tout cas, de juger . Toutefois, il fait son boulot : par belle et par laide, aucun coupable ne lui échappe.

Ce qui est pratique dans la série " Columbo ", c'est qu'on connait le coupable dès les premières minutes. Il ne reste plus qu'à découvrir comment notre chef va le dénicher. A savoir : Columbo a perdu l'oeil gauche dès l'âge de trois ans ; il est capable de tomber dans les pommesl à la vue de la moindre goutte de sang et est sujet au vertige. Il n'a jamais d'arme sur lui, il déteste tirer et comme il le dit " de toute façon je raterais une vache à trois pas ".

Peter Falk nous a quittés ce vendredi 24 juin 2011. Salut , l’Artiste ! Et merci !

- Invité sur une chaîne française :

http://www.youtube.com/watch?v=Xv4jGFwYatA

- Aux Guignols :

http://www.youtube.com/watch?v=44pny1LM2wI

- Columbo et son chien :

http://www.flixya.com/video/1528843/Columbo-and-the-Dog

Yoko Ogawa : " La Mer "






















Pas moins de sept courtes nouvelles de cette « Mer « signée Yoko Ogawa, toujours aussi surprenante et délicieuse.

- « La Mer « , un instrument de musique unique au monde, le meirinkin.

- « Voyage à Vienne « , l’ultime erreur envers Johan-Joshua.

- « Butterfly », questions de caractères japonais.

- « Le Crochet argenté « , crochet et tricot dans un train.

- « Boite de pastilles « , quel goût veux-tu ?

- « Le Camion de Poussins « , une petite fille muette qui collectionne les mues.

- « La Guide « , l’apprenti guide, le titreur et le drapeau.

Une fois de plus, avec Yoko-San, nous sommes plongés dans la poésie, le merveilleux et toutes ces choses sans importance …

mardi 21 juin 2011

Georges Simenon : " Il pleut bergère ... "





















Jérôme a sept ans. Il ne va pas à l’école à cause d’une épidémie de scarlatine. Jérôme a un ami, Albert, à qui il n’a jamais parlé mais qui est néanmoins son ami. Albert est comme paralysé et passe ses journées à sa fenêtre, en forme de lune. Jérôme regarde les faits et gestes de son ami. Le papa de Jérôme fait les marchés et sa maman tient un magasin de tissu. Puis il ya la frêle voisine Pholienne « si fine qu’elle semble presque transparente. Et puis l’épouvantable tante Valérie, acariâtre vielle dame, qui ne fait rien de ses journées à part médire sur tout le monde. Jérôme la surnomme « la sale bête « et souhaite , en cachette, qu’elle passe l’arme à gauche à la suite d’un accident. Ya un problème : le papa d’ Albert est un dangereux anarchiste …

Jérôme raconte tout ce qu’il voit et ce qu’il ressent. Le langage y est populaire et parfois cru pour, notre plus grand plaisir.

Particularité de ce roman : il est entièrement rédigé à la première personne

Extraits :

- L’idée d’une baïonnette s’enfonçant dans l’énorme ventre de tante Valérie et de tout ce qui en sortirait …

« Tu pourrais être respectueux ! « ,gronda- t-elle en m’arrachant le journal.

J’étais lancé. Tant pis pour elle !

« S’ils vous ouvrent le ventre, il coulera des boyaux plein la pièce … »

« Veux-tu te taire, impertinent ? «

« On mettra du foin à la place et on recoudra la peau «

- Est-ce que son fils n’avait pas mis une bombe sois le lit de ses parents ?

dimanche 19 juin 2011

Oufti ! J'ai soixante ans !



Quelques une de vos cartes :

Cathy

Vincent et Aline






Marie









Rose








Françoise














Celle de Marie



















Celle de Thé-Thé













Maggy














Merci à tous ceux, toutes celles qui ont pensé à me souhaiter un joyeux anniversaire ! Par courrier postal avec de jolies cartes, par cyber-cartes et sur Face book. Cela fait toujours plaisir …

* La maman de Françoise B. m’a envoyé une carte. Elle me nomme, « le vieux chnoque « . J’en ai fait part à Françoise qui m’a dit que, jamais au grand jamais, elle n’oserait m’appeler « vieux chnoque « avant le 19 juin 2011. Dont acte !

* Quand se rend-t’on compte que l’on devient vieux ?

L’autre soir, j’ai été voir un spectacle divertissant au théâtre . Comme j’étais dans les premiers à pénétrer dans la salle, je me suis mis à regarder attentivement tous ceux qui entraient, plus de 200 personnes. Et bien, à part deux ou trois exceptions qui atteignaient peut-être mon âge ( pas sûr ), je me suis rendu comte que tous étaient plus jeunes que môa . Dont acte !

* Donc encore une décennie passée ( encore une bonne chose de faite, comme dirait l’ami Guy ). Pas de regret, ni d’appréhension pour ce qui va suivre. Un bilan ? La découverte de Londres et une mince approche de l’Angleterre, mon city-trip à Tokyo, la découverte de New York, une de ces villes où il me plairait d’ailleurs de vivre, le temps d’une année par exemple … Qui sait … Une amitié retrouvée ; une autre qui s’est créée avec Marie ( en cours ). Un chat que j’ai aimé puis perdu. La fin de mon activité professionnelle et l’arrivée de ma nouvelle vie à Lîdge ( mioum ). La mort de mon ami Paul. Dix ans sans alcool, quel exploit ! La fin de mon tabagisme ( en cours ). La publication d’un petit roman, en 50 exemplaires … J’en oublie certainement. Comme internet, c’est très bien . Et la lecture donc … Et la mer du Nord …

samedi 18 juin 2011

" Le plaisir de la lecture " Lucille Sévin





















Trente-quatre écrivains à travers quarante et un textes nous proposent de décrire ce plaisir si particulier qu’ils ont ressenti quand ils ont plongé pour les premières fois dans la lecture ; ces émotions devant un livre, des mots, des histoires. Soit ils nous parlent de leurs expériences très personnelles, souvent ressenties dès l’enfance, soit ces sont leurs personnages qui nous font vibrer et nous décrivent ce véritable virus qu’est la lecture.

« Fou des livres, mystère de la lecture, lecteur précoce, la grande évasion, pathologie générale du lecteur, forêt de signes, hypocrite lecteur mon semblable mon frère, auteur-lecteur, chacun son territoire, plaisir de la lecture interdite « .

Avec, au pif, Italo Calvino, Ovide, Rabelais, Semprun, Dai Sije, et bien d’autres.

Extraits :

- Anne-Marie me fit asseoir en face d’elle, sur ma petite chaise : elle se pencha, baissa les paupières, s’endormit. De ce visage de statue sortit une voix de plâtre. Je perdis la tête : qui racontait ? quoi , et à qui ? Ma mère s’était absentée : pas un sourire, pas un signe de connivence, j’étais en exil. Et puis je ne reconnaissais pas son langage. Où prenait-elle cette assurance ? Au bout d’un instant j’avais compris : c’était le livre qui parlait. Des phrases en sortaient qui me faisaient peur : c’étaient de vrais mille-pattes, elles grouillaient de syllabes er de lettres, étiraient leurs diphtongues, faisaient vibrer les doubles consonnes, nasales, coupées de pauses er de soupirs, riches en mots inconnus ( … )

( Jean-Paul Sartre : « Les Mots « )

- Le grand-père du romancier Tonino Benacquista, lui, est allé jusqu’à fumer du Platon ! Prisonnier de guerre quelque part en Albanie, un reste de tabac au fond de sa poche, un exemplaire du Cratyle ( va savoir ce qu’il fichait là ! ), une allumette … et crac ! une nouvelle façon de dialoguer avec Socrate … par signaux de fumée.

Autre effet de la même guerre, plus tragique encore. Alberto Moravia et Elsa Morante, contraints de se réfugier pendant plusieurs mois dans une cabane de berger, n’avaient pu sauver que deux livres La Bible et Les Frères Karamazov. D’où un affreux dilemme : lequel de ces deux monuments utiliser comme papier hygiénique ? Si cruel qu’il soit, un choix est un choix. La mort dans l’âme, ils choisirent.

( Daniel Pennac : « Comme un roman « )

- Les droits imprescriptibles du lecteur :

1) Le droit de ne pas lire.

2) Le droit de sauter des pages.

3) Le droit de ne pas finir un livre.

4) Le droit de relire.

5) Le droit de lire n’importe quoi.

6) Le droit au bovarysme ( maladie textuellement transmissible )

7) Le droit de lire n’importe où.

8) Le droit de grappiller.

9) Le droit de lire à haute voix.

10) Le droit de nous taire.

( Danil Pennac : « Comme un Roman « )

- On ne devrait lire que les livres qui vous mordent et vous piquent. Si le livre que nous lisons ne nous réveille pas d’un coup de poing sur le crâne , à quoi bon lire ? Pour qu’il nous rende heureux ? Mon Dieu, nous serions tout aussi heureux si nous n’avions pas de livres, et des livres qui nous rendent heureux, nous pourrions à la rigueur en écrire nous même. En revanche, nous avons besoin de livres qui agissent sur nous comme un malheur dont nous souffririons beaucoup, comme la mort de quelqu’un que nous aimerions plus que nous-mêmes, comme si nous étions proscrits, condamnés à vivre loin de tous les hommes, comme un suicide. Un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous.

( Franz Kafka , lettre à Oskar Pollak. )

jeudi 16 juin 2011

Georges Simenon : " La colère de Maigret "





















Où il est question de boites de nuit à Montmartre, de petites frappes, de règlements de comptes, d’entourloupes. D’avocat véreux, d’un cadavre retrouvé à Paris, deux ou trois jours après le décès. Des coups de fils, des interrogatoires. Et puis surtout où l’on apprend que Maigret n’apprécie pas du tout que l’on joue avec son honneur et celui de la police. D’où grosse colère.

lundi 13 juin 2011

Georges Simenon : " Une vie comme neuve "








Maurice Dudon, comptable et célibataire, mène une vie bien solitaire à Paris. Il a de petites manies : chaque vendredi, il détourne deux mille francs de la comptabilité de son patron, qui n’y voit goutte ou bien il rend visite à une « fille « , là-haut , à l’étage, derrière un rideau rouge.

A la suite d’un heurt avec une voiture, il est subitement chouchouté par monsieur Lacroix-Gibet ( des célèbres vins Gibet ) , par monsieur Mallard ( du célèbre restaurant Mallard ) , par Anne-Marie, infirmière privée. M. Dudon reste cependant toujours aussi écrasé, empêtré dans ses péchés. Il va d’ailleurs se confesser régulièrement mais rien ne s’arrange, en fait. Comme la plupart des humains, Maurice Dudon ne s’élève pas, il tourne en rond, sur lui-même.

Un excellent « Simenon « avec des pages remarquables comme la description de l’accident et des instants qui suivent.

mercredi 8 juin 2011

Blagues salaces et autres du même cru sur l'actu

















( sources : Charlie Hebdo, ... )


Récolte de juin 2011 :

- C’est en France qu’il ya le plus d’animaux domestiques. Sans compter les journalistes.

- Les Français de plus en plus méfiants à l’égard des médias : ils exigent de voir la photo du visage de Ben Laden et la photo du cul de la femme de ménage du Sofitel de Manhattan pour se faire une opinion.

- Georges Tron aime masser les pieds des filles. Dommage qu’il n’aime pas laver les pieds des pauvres, il aurait pu devenir Jésus.

- 116 morts dans une tornade dans le Missouri. Les petites culottes qui séchaient sur les fils à linges ont été retrouvées dans la chambre de Strauss-Kahn à New York.

- Le niveau de la mer pourrait s’élever d’un mètre d’ici à 2100. Prévoyant, Areva a acheté des cales pour les mettre sous les centrales nucléaires.

- Monstre. A 30 kilomètres de Fukushima, un lapin est né sans oreilles. « Ca me permettra d’éviter d’entendre les conneries pronucléaires de Claude Allègre « , s’est-il tout de suite écrié.

- No fun. Liliane Bettencourt et sa fille se font à nouveau la gueule. Chez les Bettencourt, on peut tout acheter, sauf des bisous.

- Lady Gaga implore les touristes de revenir au Japon. Mais si, à cause des ondes radioactives de Fukushima, les Japonais ressemblent tous à Lady Gaga, ça donne pas envie.

Recolte de juillet 2011

- Après sa libération, DSK a mangé dans un restaurant italien. Prudent, il n'a pas donné de pourboire à la dame pipi : " J'ai déjà assez d'emmerdements comme ça "

- Kadhafi qualifie Sarkozy de " dérangé mental ". On se demande comment les services secrets de Kadhafi ont fait pour se procurer le dossier médical du président.

... à suivre ...

mardi 7 juin 2011

" La Vie quotidienne à Montmartre au temps de Picasso 1900-1910 " de Jean-Paul Crespelle




















« Par une conjonction comme on en rencontre peu dans l’histoire de l’art, quelques-uns des principaux créateurs de l’art moderne se trouvèrent ainsi réunis dans un même lieu : à Montmartre. Auprès de Picasso, de Derain, Van Dongen, Braque, Juan Gris, Villon , Herbin,… occupés à élaborer le fauvisme, le cubisme, l’art abstrait, se pressèrent les plus grands poètes du début du siècle : Max Jacob, Apollinaire, Reverdy, André Salmon … actifs à promouvoir leurs recherches. « .

Par petites touches, vous saurez tout sur le Bateau-lavoir, ce gigantesque atelier, le Maquis, les bistrots et les restos du coin de Montmartre. Mais également sur les personnages on ne peut plus typiques et trempés, génies et branquignoles, la bande à Picasso, des doux ou des plus sauvages comme Utrillo ou Modigliani. Les femmes, bien entendu, Fernande la douce de Picasso, Suzanne Valadon, Marie Laurencin. Les coups de gueules sans nombre, les rixes, les bagarres, les suicides, les meurtres.

Ce livre non conte également les ragots, ces petites anecdotes croustillantes qui ont pimenté toutes ces vies (relativement ) misérables. Sans oublier les traits de caractère de Picasso, qui , le saviez-vous préférait l’eau à l’alcool, une tomate à une grande assiette, aimais peindre nu dans la chaleur des étés et se séparait difficilement de son révolver qui restait, dirons-nous, à portée de main.

Il nous parle aussi des marchands d’art de l’époque, de l’heure de gloire du Douanier Rousseau, du douloureux amour d’Eric Satie, des bistrots comme Le Lapin Agile, le Zut, L’Ami Emile, La Belle Gabrielle, …

Bref un ouvrage avec lequel on s’amuse beaucoup .


Extrait :


- Le Bateau-Lavoir. On croit que le Bateau-Lavoir fut à l’origine vers 1860, une manufacture de piano. En 1889, le propriétaire du moment charge l’architecte Paul Vasseur de diviser le bâtiment en dix ateliers, leur location représentant un revenu intéressant à une époque où Montmartre commençait à connaître la faveur des artistes. L’architecte ne fit guère d’effort d’imagination, et il se contenta de compartimenter les étages avec des cloisons de planches, créant une sorte de labyrinthe de coursives et d’escaliers absurdes. ( … ) Ambiguïté supplémentaire du Bateau-Lavoir : son nom ! Jamais Picasso et ses amis ne l’appelèrent autrement que la Maison du Trappeur ( elle ressemblait plus à une cabane de trappeur qu’à un bateau ou un lavoir ). La version la plus plausible de cette appellation est que Max Jacob, voyant du linge sécher à une baie vitrée, ait le premier parler de bateau-lavoir. André Salmon aurait ajouté qu’il ne se souvenait d’un bateau-lavoir aussi sonore. Le inconfort, place Ravignan, était éprouvant : pas d’eau courant – le seul poste d’eau était situé au premier étage, et l’on faisait la queue le matin pour remplir les brocs -, pas de gaz ni électricité. Celle-ci ne fut posée que durant les années ‘ 30. Picasso s’éclairait avec une grosse lampe à pétrole ou à la bougie. Les parois de la baraque étaient si minces que l’on entendait tout ce qui se passait chez les voisins. On y gelait en hiver, et les jours de grands froids, Picasso et Fernande restaient au lit. L’été on y étouffait, malgré les courants d’air. Picasso peignait complètement nu, la taille entourée d’un foulard. La porte de l’atelier restant ouverte, on pouvait admirer sa musculature : il ne détestait pas cet exhibitionnisme qui lui valait des compliments féminins.

Le Bateau-Lavoir, place Ravignan, et l’ensemble des bâtiments du 12 rue Cortot venaient ensuite dans l’ordre d’ancienneté des ruches d’artistes de Montmartre. Entre ces deux pôles se situait encore une série de phalanstères secondaires où se retrouvaient certains artistes comme Dufy, Modigliani.

Un incendie réduisit le Bateau-Lavoir en cendres le 12 mai 1970.

- Berthe Weill raconte qu’un jour Picasso vint la trouver dans sa galerie et qu’ après avoir négligemment posé un révolver sur la table il demanda à être payé. Effrayée, elle alla dans un coin de sa boutique, souleva sa jupe et tira de son bas un billet de cent francs qu’elle lança à cet inquiétant Espagnol.

- A la fermeture du café, à minuit et demi, tout le monde regagnait Montmartre à pied. Souvent, arrivé au Bateau-Lavoir, Picasso signalait son retour en tirant des coups de feu avec le pistolet que lui avait offert Alfred Jarry, soulevant une tempête d’invectives des locataires sortis de leur premier sommeil.

- Cézanne, dans une lettre, lui ( Emile Bernard ) avait conseillé de « traiter la nature par le cylindre, la sphère, le cône, le tout mis en perspective, soit que chaque côté d’un objet, d’un plan, se dirige vers un point central « . Définition qui allait dominer tout l’art moderne durant cinquante ans.

- Pour tourner en dérision les Fauves de la villa, les Fusains et les cubistes du Bateau-Lavoir, Boronali avait fait barbouiller une toile avec la queue de l’âne de Frédé, préalablement enduite de couleur, sous le contrôle d’un huissier ( certains avaient insidieusement dirigé la queue de Lolo ) . Le tableau exécuté pour la grande joie des gosses de la Butte fut envoyé aux Indépendants et présenté sous le titre de « Coucher de Soleil sur l’Adriatique « .

- Jacques Vaillant, grand rapin braillard qui rêvait de couvrir de dieux et de héros la coupole du Panthéon, s’était trouvé isolé à Montmartre en revenant de la guerre de 14-18, où il s’était conduit en héros, selon l’expression consacrée. Comprenant que l’art académique n’était plus de mise et voyant les révolutionnaires du Bateau –Lavoir, dont les œuvres l’avaient tant fait rire, devenus les chefs de l’art moderne, il conclut que sa vie était ratée. Par une aube de janvier 1934, il se tira une balle dans la tête avec son révolver d’ordonnance ramené des tranchées.

- Max Jacob fut le seul à s’intéressé à Utrillo. Il l’avait connu tout gosse et, plus tard, le Christ lui étant apparu sur le mur de sa chambre, il chercha à le convertir. Fréquemment, il l’emmenait déjeuner dans l’arrière boutique d’une crèmerie (…) Utrillo, pourtant, n’avait pas conservé un très bon souvenir du poète. Il prétendait, et cela était hélas ! plausible, que Max, un jour, après l’avoir saoûlé à l’éther, avait tenté d’abuser de lui. Il ne se souvenait pas comment il était parvenu à s’enfuir.

- Modigliani, surtout, s’intéressait à Utrillo : c’était son véritable ami, ils buvaient ensemble dans les bistrots ou sifflaient des litres de rouge installés sur les bancs du square Saint-Pierre. Cette amitié de deux artistes si dissemblables, n’était pas seulement fondé sur un goût commun de la bouteille : Modigliani admirait l’artiste Utrillo, et il le plaignait d’être négligé par les siens et rossé par les flics. Tant qu’il vécut à Montmartre, il s’efforça de le protéger, et il est vrai qu’Utrillo vit en lui, longtemps, son seul recours.

- Apollinaire, à cette époque, était un gros jeune homme aux traits mous, à la bouche petite, charnue, gourmande, au fort nez busqué : une sorte de Napoléon sculpté dans le saindoux. Faux obèse, il n’était pas si corpulent qu’on le croyait, et Marcoussis, le voyant un jour se déshabiller, découvrit la raison de son embonpoint : Apollinaire, tel un oignon, portait superposés, une quantité incroyable de pelures, de sous-vêtements. Nu, il apparaissait presque svelte.

- « Venez déjeuner chez moi « , nous dit-il.

Quelques heures plus tard, Braindinbourg vint nous ( Vlaminck et un ami ) ouvrir la porte de son atelier. Sur la table, il y avait trois assiettes mal lavées et un camembert qui coulait dans sa boite. Des petits lardons fondaient dans une poêle. Il les versa dans une casserole remplie de lentilles, remua le tout avec son sexe qu’il avait sorti de sa culotte. Après cette opération, il versa les lentilles dans un plat.

« Servez-vous « , dit-il en s’asseyant sur une caisse. Sa cuisine ne nous disait pas grand-chose ; nous nous contentâmes du camembert et d’un verre de rouge.

« Ce que vous pouvez être bourgeois ! « dit Braindinbourg, d’un air méprisant.

- Savez-vous qui a inventé le cubisme ? Mon copain André Utter d’après un dessin de Princet.

Un beau jour Princet eut l’idée de faire le portait de Suzanne Valadon en figures géométriques : deux triangles noirs pour les cheveux, un losange pour la bouche, etc. Utter pris le dessin, le regarda, et avec un instinct de chien de chasse, il constata ; « C’est très bien ton machin mais ce n’est qu’ une écriture. Pour que ça devienne une peinture, il faut des ombres … » . Il trempa son doigt dans son café, posa des taches et transforma le dessin de Princet qui lui dit, pourtant : « Mais ta lumière, d’où elle vient ? «

- D’ici, répondit Utter, en faisant un pointillé qu’il encadra de deux balafres de café. Le cubisme était né !

On peut s’étonner des origines professionnelles de ces petits marchands. Il semble que ce soit monnaie courante dans le commerce de l’art. En 1978, on compte encore parmi les plus importants marchands parisiens, un coiffeur, un marchand de bas, des marchands de tapis, plusieurs tailleurs, des couturiers, des restaurateurs, d’anciens légionnaires, etc. La tradition n’est pas perdue.

- On était original dans la famille Morosov. Vollard raconte que le collectionneur avait un frère cadet qui, au cours d’une conversation, apercevant un révolver sur une table, remarqua calmement : » tiens, si je me suicidais ? « . Et approchant le canon de l’arme de sa tempe, il se fit sauter la cervelle … Si non e vero ..

- ( … ) On respirait une odeur écoeurante d’absinthe, de bière, de vinasse, de cuisine, etc… d’humanité mal lavée. Expression optimiste à une époque où prendre un bain était réservé aux femmes de mauvaise vie ou aux malades ! Avant 1914, les foules puaient.


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Montmartre, le bateau-lavoir en 1953 , vidéo :

http://www.ina.fr/art-et-culture/beaux-arts/video/I00009023/blaise-cendrars-sur-les-traces-d-amedeo-modigliani-a-montmartre.fr.html

mercredi 1 juin 2011

Yoko Ogawa : " Hôtel Iris "





















Mari et sa mère tiennent un hôtel. La jeune Mari ( Marie ) y travaille 7 jours sur 7, surtout à l’accueil. Peu de moment de répits. Sa mère ne cesse de vanter la beauté de sa fille mais la houspille tout au long du jour. Sans compter la femme d’ouvrage qui s’amuse à voler des objets appartenant à la jeune demoiselle.

A quelques encablures de là, vit en ermite un traducteur de russe dans une île qui a la forme d’une oreille. Mari fait sa connaissance à l’hôtel Iris lors d’un esclandre avec une femme. Une liaison va naître entre eux ; une liaison tout à fait particulière car notre homme est un curieux personnage, du genre déviant, pervers.

Yoko Ogawa nous raconte ces deux vies parallèles, si dissemblables. J’ai particulièrement apprécié quelques passages, dont tous ces poissons morts sur la mer où quand notre héroïne se trouve coincée dans un chambre de l’hôtel Iris.

Saluons ici la très large palette du grand talent de l’auteur qui ne cesse de nous étonner, décidément. Un vrai phénomène ( dans le bon sens du terme ). Savez-vous que je porte aux nues son roman : « La Marche de Mina « . ?