" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mardi 26 juillet 2011

Salvador Dali : " Les moustaches radar "





















Dans cet ouvrage, le Maître ( Dali ) nous parle essentiellement de son génie incommensurable, reconnu par beaucoup mais surtout et d’abord par lui. Vous vous en doutez on ne s’ennuie pas en sa compagnie et vos yeux, à de nombreux reprises, ne pourront que s’écarquiller en se disant : « ai-je bien lu ? ".

- décembre 1955 : récit d’une de ses conférences, donnée à la Sorbonne, sur la Dentellière de Vermeer, sur le rhinocéros et les choux fleurs.

- mai 1956 : le snobisme, la Joconde, et faut-il bruler le musée du Louvre ?

- Septembre 1956 : le violon anal chinois, sa visite chez le pape et autres extravagances.

- mai 1957 : Dali, Gala et Picasso, Freud et Zweig.

- novembre 1957 : œuvres d’art à coup d’arquebuse.

- septembre 1958 : diverses exhibitions et méthode paranoïa-critique.

- septembre 1960 : autres considérations daliniennes.

Extraits :

- Il y a une gradation dans le malheur de la peinture non-figurative : il y a l’art abstrait qui a l’air si triste ; puis ce qui est plus triste encore c’est un peintre abstrait ; la tristesse s’aggrave de malheur quand on se trouve en face d’un amateur de peinture abstraite ; mais il y a pire encore et plus sinistre : être critique et expert de peinture abstraite.

- L’Espagne a toujours eu l’honneur d’offrir au monde les plus hauts et les plus violents contrastes. Ces contrastes se sont au XX ème siècle incarnés dans les deux personnes de Pablo Picasso et de votre humble serviteur. Les évènements les plus importants qui puissent arriver à un peintre sont au nombre de deux :

1° Etre espagnol

2° S’appeler Gala Salvador Dali.

Ces deux choses me sont arrivées à moi. Comme mon propre nom de Salvador l’indique, je suis destiné à rien moins que sauver la peinture moderne de la paresse et du chaos. Je m’appelle Dali ce qui signifie – désir – en catalan et j’ai Gala. Picasso, certes, est bien espagnol, mais il n’a de Gala qu’une ombre biologique au coin de l’oreille, et il s’appelle seulement Pablo, comme Pablo Casals, comme les papes, c’est-à-dire qu’il s’appelle comme tout le monde.

- Tout le monde, surtout en Amérique, veut savoir la méthode secrète de ce succès. Cette méthode existe. Elle s’appelle la « méthode paranoïa-critique « . Il y a plus de trente ans que je l’ai inventée et que je la pratique avec réussite bien que je ne sache pas encore au moment présent en quoi elle consiste.

dimanche 24 juillet 2011

" Salvador Dali " par Robert Goff






















Ce petit – mais excellent ouvrage - nous propose de re-découvrir l’un des plus grands peintres du XX ème siècle. On serait peut-être tenté de dire : Dali, on aime ou on déteste. Ce n’est pas très loin de la vérité. « Pour savoir si Dali était un grand artiste, interrogeons notre instinct : il ne nous trompera pas « nous dit Robert Goff, l’auteur de ce livre. La vie de Salvador Dali, son œuvre ; et des moments clés, peut-être un des majeurs : la lecture des œuvres de Sigmund Freud qui s’avèrera être un choc, une révélation pour notre homme. On peut dire qu’il va projeter son subconscient dans ses œuvres. Et quand on sait que Dali a une âme troublée plus que tout autre… Nous y faisons la connaissance de ses amis peintres, écrivains, poètes, cinéastes. Et de Gala, sa ( terrible ) femme et sa muse. L’étude de certaines de ses œuvres, et dans la même lignée, le symbolisme dalinien.
Citation de Robert Goff : « Beaucoup méprisent Dali, l’accusant d’être superficiel et d’avoir plus d’astuces et de sens commercial que de talent. D’autres ( y compris l’auteur de ces lignes ) le défendent : Dali plonge au cœur de nos frayeurs, de nos obsessions, de nos passions. ( …). Dali est drôle. Il nous fait rire et nous défie de réfléchir à certaines choses. «
Extraits :
- « Chaque matin, en me réveillant, j’éprouve un plaisir suprême : celui d’être Salvador Dali. Et je me demande, émerveillé, quelle chose prodigieuse ce Salvador Dali fera dans la journée. «
- Son portrait de Lénine dans « l’énigme de Guillaume Tell « met les surréalistes hors d’eux ; ils l’accusent d’avoir insulté le chef de la révolution russe.
Breton essaie de lacérer le tableau lors de son exposition au Salon des Indépendants, le 2 février 1934 , mais l’œuvre est accrochée trop haut. « Le Pape du surréalisme « convoque Dali, pour explications. Dali arrive, vêtu de plusieurs couches de vêtements. Il écoute l’accusation, puis commence à se déshabiller ( … ). Une fois nu, il déclare à Breton qu’il a fait un rêve sexuel le concernant. Cela n’amuse pas ce dernier, même si les autres surréalistes présents ne peuvent s’empêcher de rire.
- En 1933, les Dali sont tellement à court d’argent que Gala va trouver le collectionneur Prince Jean-Louis Faucigny-Lucinge pour lui faire une proposition : consentirait-il à réunir un groupe de riches admirateurs de Dali dont chacun patronnerait le couple un mois par an ? Ces mécènes recevraient des œuvres d’art en échange de leur soutien. Le Prince accepta, et bientôt, le Groupe du Zodiaque fut créé.
- Le 14 novembre 1934, Dali et Gala arrivent pour la première fois à New York à bord d’un paquebot. C’est Picasso qui a payé le voyage, en troisième classe.
- L’écrivain autrichien Stefan Zweig, un ami de Dali, organisa une rencontre entre ce dernier et Freud à son domicile londonien, le 19 juillet 1938. Freud ne fut pas impressionné, et Dali n’eut pas d’autre occasion de le rencontrer. Le psychanalyste déclara que Dali était l’un des pires fanatiques qu’il ait jamais rencontré.
- Dans les années 1970, Gala dépense des sommes fabuleuses pour leurs maisons, les domestiques, les réceptions et le jeu. Elle enferme Dali à clé dans son atelier plusieurs heures chaque jour pour l’obliger à peindre, ce qui gâte leurs relations. Lorsqu’il la contrarie, elle lui racle le visage avec ses mains recouvertes de bagues. Terrée dans son château de Pubol, elle continue de recevoir ses amants et n’accepte de voir son mari que s’il lui en fait la demande par écrit.

------------------------------------------------------
*** Quelques symboles daliniens :
*** La vie de Dali racontée en 47 minutes :

+++ Des vidéos daliniennes :

samedi 23 juillet 2011

Brooklyn Boogie














Le film « Brooklyn Boogie « de Wayne Wang et Paul Auster ( « Blue in the face « ,1995). Un film très particulier. Une sorte d’ovni comme on dit, je crois. Spécial ! Déjà qu’il cause d’un des boroughs de New York, très populaire : Brooklyn ; et que deuxio, pour savourer vraiment ce film, il faut déjà sacrément bien aimer New York mais en plus adorer Brooklyn . La vie d’un quartier, d’un magasin où s’agite une « faune « très typée.

Avec en vedette Lou Reed et Madonna. C’est pas triste !

Ce doit être le seul film au monde où l’on parle aussi abondamment et avec tant d’éloges des gaufres belges, belgian waffles,spécialité de là-bas, lustucru …

- Bande annonce :

http://www.cinemovies.fr/fiche_multimedia.php?IDfilm=8684

- Le télégramme chantant apporté par Madonna :

http://www.youtube.com/watch?v=vJ99leUQjgA

- Conversation avec Lou Reed :

http://www.youtube.com/watch?v=FANQBrCg8vw&feature=related

-----------------------------------------------------------------

Ce qui suit n’a plus rien à voir avec le film mais est toujours branché sur Brooklyn

- http://www.youtube.com/watch?v=dk8Ii9_dacM

- http://vimeo.com/238327

- http://www.youtube.com/watch?v=4YhMzUhsX88

jeudi 21 juillet 2011

" Vincent Van Gogh " par Ingrid Schaffner

























" La Butte Montmartre "







" La Vieille Tour du Cimetière à Nuenen "




Vous aimeriez bien comprendre la peinture ou tout au moins pouvoir ressentir ce qu’elle a à vous dire mais ce n’a jamais été très évident pour vous ( n.b . : ça sent le vécu, là ! ) . Ce petit ouvrage est alors fait pour vous car il va vous présenter un artiste, Vincent Van Gogh, vous compter sa vie et va vous faire découvrir, sous un jour nouveau , quelques unes parmi ses nombreuses œuvres. Bref , tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Van Gogh sans jamais oser le demander.

Extraits :

- La manie Van Gogh. Van Gog nous envahit : serviettes en papier et tee-shirts, « Tournesols « ( souvenirs culturels ), les Iris affichés sur les murs de tous les dortoirs du monde … Et j’en passe. (… ) Une étrange fascination qui a noyé dans le kitch l’un des artistes les plus profonds de la période moderne.

- De Jeanne Calmant, la doyenne de l’humanité qui mourut à 122 ans ; elle avait vu Van Gogh à Arles quand elle était enfant : « Il était laid, désagréable, impoli, malade … je lui pardonne, on l’appelait loco « .

- un des rôles des post-impressionnistes : ils changèrent la vocation de l’artiste en le faisant passer de l’état d’esclave de la nature à celui de bâtisseurs de réalité.

- « Je dessine, non pour ennuyer les gens, mais pour les amuser, ou pour leur faire voir des choses dignes d’être observées et que tout le monde ne connaît pas « Vincent à son frère Théo, 1882.

- Parachuter un Néerlandais dans Paris et que va-t-il peindre ? Des moulins. Ceux-ci éparpillés sur la colline de Montmartre.

- Au cours de ses dix ans d’activité artistique, Van Gogh produisit environ 1.000 dessins et aquarelles et croquis, et 1.250 toiles. S’il travaillait cinq jours par semaine ( ce qu’il ne faisait pas ), cela représenterait une œuvre par jour, tous les jours.

- Franz Mesmer ( 1734-1815 ), médecin et mystique autrichien, popularisera des théories d’hypnotisme et de « magnétisme animal « . Il croyait que tout l’univers était régi par l’énergie magnétique. Après avoir eu connaissance de l’œuvre de Mesmer, Van Gogh a pu réaliser certains de ses autoportraits comme des représentations graphiques du mesmérisme.

- Dans l’esprit populaire, Van Gogh est devenu le prototype de l’artiste méconnu et tourmenté qui ne vendit qu’un seul tableau de son vivant, mais dont « Les Iris « ( vendu chez Sotheby’s à New York le 11 novembre 1987 ) atteignit l’enchère record de 49 millions de livres.

mardi 19 juillet 2011

Georges Simenon : " L'outlaw "









Mon amie Nouchi est hongroise. Son père est un médecin réputé dans son pays. Moi, c’est Stan ( Stanislas ), je suis polonais ( mais c’est plus compliqué que cela ! ) et mon père est un professeur réputé, là-bas. Mes ennuis ont commencé quand un mauvais camarade, avec qui je trainais, à tué un militaire qui était en train de faire ses besoins dans la nature. J’ai été à New York et maintenant je suis en France. Tout ce que je veux, ce sont des papiers en règle qui me permettraient de travailler, et cinq mille francs. J’ai un plan, dénoncer une bande de cinglés polonais qui tuent des fermiers, à la hache. J’en ai parlé à l’inspecteur Mizeri et même à son collègue, le commissaire Lognon. Ils ont écouté mes informations mais pas un franc et pas de papier non plus. Nouchi m’a hébergé dans sa chambre car la bande de polonais veulent me faire la peau. (… )

La fin de cet excellent roman de Simenon se terminent par cette phrase : « On le condamna à mort lui aussi. Il fut exécuté le 11 janvier. « .

L’écrivain, Henry Miller, a déclaré à propos de tout cela : « Je ne pensais pas qu’il était possible d’être à la fois aussi populaire et aussi bon « .

Extraits :

- Ils le regardaient comme un étranger, non seulement étranger au pays, mais étranger à leur espèce d’homme.

- Mais il l’avait toujours dit à Nouchi : les Français sont avares ! Pourquoi n’y avait-il pas l’eau courante dans les chambres de bonnes, alors qu’elle était installée dans le reste de la maison ? Et pas de radiateurs !

samedi 16 juillet 2011

" Flaubert " de Jacques et Casanave








Une BD sur Gustave Flaubert. Les auteurs y racontent la vie du romancier à travers des flash-back, ponctuant quelques étapes importantes. Sa famille, son peu de goût pour l’étude universitaire, le voyage en Egypte, ses romans et tout particulièrement « Bouvard et Pécuchet « , etc.

Son goût pour les femmes, les « Flaubertiennes « dont Caroline, Louise Collet, Elisa Schlésinger, …Et je cite : « Quiconque s’intéresse un tant soit peu à la vie de Flaubert est immédiatement frappé de l’importance qu’y ont eue les femmes, qu’elles soient filles de chair ou de papier. Surtout de chair d’ailleurs car ce sanguin avait une sexualité exigeante. Il est en soi l’archétype du mêle rentier post-romantique, mélange détonnant de pruderie et de sensualité épaisse « .

Le dessin y est coquin, délicieusement caricatural, d’une ligne qui me plaît. Et quand je pense qu’il existe une version pour Baudelaire … Ah ! Si les auteurs pouvaient croquer Simenon, je serais alors comblé.

Une longue promenade à Manhattan







Cliquez sur le plan de Manhattan pour l'agrandir













Dans le roman de Paul Auster, « La cité de Verre « , au chapitre 11, Quinn, le héros, entame un long périple dans Manhattan.

Accompagnons-le, block après block, rues après avenues.

* La première portion du parcours le conduit de la 72 ème rue ouest à Central Park West, qu’il suit jusqu’à Columbus Circle. « A New York, plus que nulle part ailleurs, la vie peut changer subitement d’une rue à l’autre ». Les immeubles qui longent Central Park jusqu’à Columbus Circle sont parmi les plus beaux de la ville.

* Arrivé à la statue de Christophe Colomb, Quinn continue vers l’est puis longe Central Park South jusqu’à Madison Avenue. : La Trump Tower, l’IBM building, Fuller building, le Sony building, Park Avenue plazza. Et encore les Villard Houses, la cathédrale Saint Patrick, etc...

* Après avoir déambulé au hasard, Quinn poursuit vers le sud et se trouve au carrefour de Broadway, de la 23 ème rue et de la 5 ème Avenue. Lentement , la ville change. La descente vers Battery Park s’amorce. « Places to find peace and quiet « , si nombreuses à New York.

* Après une pause devant l’immeuble Flatiron, Quinn emprunte la 23 ème rue et prend vers l’ouest jusqu’à la 7 ème Avenue, où, tournant à gauche, il s’enfonce jusqu’à Sheridan Square. Nous pénétrons dans Chelsea, le quartier change de physionomie. Les immeubles d’habitation ont laissé la place à des entreprises, des dépôts, des magasins.

* A Sheridan Square, au carrefour de sept rues en labyrinthe, reprendre vers l’est, longer le Waverly Place, traverser la 6ème Avenue et arriver à Washington Square. Chelsea est devenu Greenwich Village. En théorie. Car les frontières des quartiers bougent, car le damier de la ville est poreux, les rues tortueuses.

* Quinn choisit ensuite un tracé quelque peu sinueux : la rue Houston, sur la droite, puis West Broadway, puis la rue Canal sur la gauche, puis un petit parc sur la droite et enfin une volte-face vers la rue Varick lui permettant ainsi de passer devant le numéro 6 où il avait vécu autrefois. De nouveau, cette impression de perpétuel changement, dans cette portion de la 7 ème avenue à partir de la 16 ème rue ouest, soudain envahie par les boutiques chics, vêtements et cosmétiques., art de vivre et arts de la table.

* A cette hauteur de SoHo et de TriBeCa, la ville descend littéralement vers le Lower Manhattan. Le métronome s’enraye, l’ancien côtoie le moderne, mais surtout la ville haute, verticale, prend à la gorge : le ciel a disparu. Oppression de la rue qui rétrécit, perd ses repères. La lumière baisse… Site du Word Trade Center …, vous propulse dans un autre monde où l’humanité n’a plus sa place … Que viennent faire ces fleurs en pots et ces bouquets, ces pots de miel et ces légumes frais parmi ces gratte-ciel ?

* Quinn envisagea un instant de prendre le ferry-boat pour Staten Island. Staten Island : un Ellis Island à l’envers. Un départ pour contredire le passage par « l’île des larmes « .

* Mais Quinn se ravise ; il remonte vers le nord, suit Broadway, tourne à droite à Fulton Street, traverse les miasmes du Lower East Side puis le quartier chinois.

* Bien que Quinn, une fois l’Union Square coupé en diagonale, remonte à Park Avenue South pour mettre ensuite cap au nord à la 23 ème rue, virer à droite et se retrouver sur la 3 ème Avenue qu’il emprunte jusqu’à la 32 ème rue.

* A la 3ème rue, Quinn prend à droite, gagne la 2 ème Avenue, tourne à gauche, puis à droite pendant trois rues jusqu’à la première Avenue. De grands carrefours désolés, des rues sans joie bordés d’immeubles ternes, tristes, et de grandes tours de bureaux. L’East River, toute proche. Cette ville apparaît soudain comme à l’extérieur de la ville.

* Le banc de pierre de la place du palais des Nations unies où Quinn ouvre son cahier rouge, sort de sa poche le stylo du sourd-muet et commence une nouvelle page.

« Jaillissent des rues de New York une terrible énergie, une charge énorme, une sorte de folie, un chaos permanent qui fatigue et qui inspire. Et chacun peut pénétrer dans cette foule avec son humeur du moment. « «

( Extraits de « Le New York de Paul Auster « , Gérard de Cortanze )

vendredi 15 juillet 2011

" Le New York de Paul Auster " , Gérard de Cortanze





















Gérard de Cortanze brosse dans cet ouvrage le portrait de l’écrivain américain Paul Auster, né en 1947, et son rapport avec New York.

Des liens intimes se sont liés entre Auster et sa ville et nous sont décrits avec brio dans ses romans, ses essais. Les héros de Paul Auster sont souvent des ratés, des déclassés, des héros perdus, des êtres solitaires. Son style est très pur, simple, direct et il nous parle à travers quelques thèmes forts qui touchent droit au cœur. Des lieux sont largement évoqués dans ce livre : le 6, Varick Street, au sud de Manhattan, qui va jouer un rôle important dans la vie de l’auteur puisque c’est là qu’il va faire ses débuts dans l’écriture, la littérature, à la toute fin des années ’70. Ensuite Central Park, Columbus, l’université de Columbia, Brooklyn. Un chapitre délicieux est consacré au périple d’un de ses héros, Quinn, ( « La Maison de Verre « ) dans Manhattan, à travers les blocks, les rues . Puis aussi une journée avec Paul Auster et son épouse, Siri Hustvedt. Et enfin des articles de la presse écrite consacrés à l’écriture et le style du romancier et une interview.

Extraits :

- « Presque tous les écrivains, poètes ou non, se sentent à l’écart de la vie, de la société. On marche en sens contraire. On est témoin. On regarde les choses. On ne se sent pas totalement concerné par les activités des autres. «

- « J’aime New York, bien que ce ne soit pas à moi dans le sens où les choses vous appartiennent : un arbre, une rue, une maison. Mais quand même quelque chose là m’appartient parce que je lui appartiens. « ( in « Petit déjeuner chez Tiffany « de Truman Capote )

- « Jaillissent des rues de New York une terrible énergie, une charge énorme, une sorte de folie, un chaos permanent qui fatigue et qui inspire. Et chacun peut pénétrer dans cette foule avec son humeur du moment. «

- « Il est plus facile, pour moi, de me concentrer sur les choses, voire de méditer, lorsque je suis en mouvement.(…) On effectue un trajet physique, on avance, pas après pas. Un circuit s’établit et, durant le trajet, des pensées surgissent, accompagnent la marche. «

- Combien de personnages un écrivain fait-il souffrir dans ses livres ?

- « Je crois, malgré tout, que chaque personne est seule, tout le temps. On vit seul. Les autres nous entourent mais on vit seul. Chacun est comme enfermé dans sa tête et pourtant nous ne sommes ce que nous sommes que grâce aux autres. «

- « Vous savez, la chose la plus essentielle à nos vies, c’est l’amour de la mère. Qui n’en a pas eu enfant, sera toute sa vie fragilisé par cette absence. Qui en a été comblé se verra porteur d’une force qui ne pourra jamais lui être enlevée. Sans l’amour d’une mère, il est très difficile pour un enfant de s’intégrer à la vie, d’être entier, d’être capable de faire face à cette vie si difficile. L’amour d’une mère permet de survivre. «

dimanche 10 juillet 2011

Estampes japonaises chaudes ou viens chez moi, je te montrerai mes estampes japonaises






Cliquez sur l'image pour l'agrandir



" Rêve de la femme du pêcheur " de Hokusai




























Cliquez sur l'image pour l'agrandir






















































Cliquez sur les images pour les agrandir !






























































vendredi 8 juillet 2011

Charles Baudelaire : " Lettres de Belgique à sa mère "





















En 1864, Charles Baudelaire décide, pour de multiples raisons, de quitter la France et de se réfugier en Belgique. Il compte bien visiter le pays et, pour subvenir à ses besoins, y donner des conférences. Mais très vite, il déchante, ses lectures tournent au fiasco, le public le boude, ce qu’il voit de l’art à Bruxelles et dans d’autres villes belges le désole ; il se met à détester ce petit pays étriqué et mesquin. Jusqu'au dégoût, jusqu’à l’abomination. A Paris, ses « affaires « de publications n’évoluent que très peu, pour ne pas dire pas du tout. Sa santé se détériore au fil des mois, des jours. Heureusement, sa mère est là pour le soutenir moralement et financièrement. « Je t’embrasse non seulement comme ma mère, mais comme l’être unique qui m’aime «.

Cet ouvrage émouvant nous propose la lecture de ses lettres écrites à sa mère, qui est en France. Elles débutent en mai 1864 pour se terminer en mars 1866. Ensuite, le poète fera une chute dans l’église Saint-Loup de Namur, accident qui l’entrainera dans une longue descente aux enfers, une agonie extrêmement pénible.


Extraits :


- Il y a ici une grande avarice, une lenteur infinie en toutes choses, une masse immense de cervelles vides ; pour tout dire, tous ces gens sont plus bêtes que les Français.

- Tout d’un coup, le bruit s’est répandu que j’appartenais à la police française !!!!!! Ce bruit infâme vient de Paris, il a été lancé par la bande de V. Hugo, connaissant très bien la bêtise et la crédulité belges.

- Ah ! si je peux me relever en esprit et en santé, je me vengerai de ce grossier peuple, en attendant que j’aie assez d’autorité pour dire ce que je pense de la France elle-même.

- J’ai reçu : du Cercle artistique 100 francs

de toi : 50 +200+50

De Ancelle : 200

Total : 600 francs

Je devais dépenser par jour :

Chambre : 2 francs

Déjeuner : 2

Dîner : 2,50

Total sans vin = 6,50

Total avec vin = 9,50

Mais je ne dépense au plus que 7 francs parce que, si d’un côté je bois du vin, - de l’autre je ne mange pas, et pour cause.

Donc, à ce compte, j’aurai dépensé 7 fois 115 ( il ya déjà 115 jours ! ) c’est-à-dire 805 francs

- Tour est mauvais, excepté le vin. Le pain est mauvais. La viande n’est pas mauvaise par elle-même. Elle devient mauvaise par la manière dont elle est cuite. Les gens qui vivent chez eux vivent moins mal. Mais l’hôtel, le restaurant, la taverne à l’anglaise, tout cela est mauvais.

- (… ) en finir avec ce pays, où les quelques belles choses qu’il faut avoir vues ne compensent pas l’horreur et le dégoût que me causent les habitants.

- Victor Hugo va venir habiter Bruxelles. Il parait que lui et l’Océan se sont brouillés. Ou il n’a pas eu la force de supporter l’Océan, ou l’Océan lui-même s’est ennuyé de lui. C’était bien la peine d’arranger soigneusement un palais sur un rocher ! Quant à moi, seul, oublié de tout le monde, je ne vendrai la maisonnette de ma mère qu’à la dernière extrémité. Mais je suis encore plus orgueilleux que Victor Hugo, et je sens, je sais que je ne serai jamais si bête que lui. ( …)

Piqués dans la presse écrite


Hit parade des incivilités liégeoises ...
( cliquez sur l'image pour l'agrandir ! )


Disparités entre hommes et femmes ( février 2012)


Projets immobiliers aux Bonsenfants, Saint-Séverin, Saint-Martin, Saint-Hubert à Liège ( février 2012, journal " La Meuse ")


Projet immobilier au Cadran/ Rue des Anglais à Liège ( février 2012, journal " La Meuse ")


Aïa-aïe-aïe !  De longs débats - cinglants, sanglants - en perspective... Aïe-aïe-aïe !



Performances des éoliennes



Pour Gustaaf, ce n'est pas le pied ...



Cocorico-o-o-o ! C'est trop drôle ! C'est la F.N. de Herstal qui doit être contente !




Crapules capitalistes sans frontières









Comment réaliser le crime parfait














Quand le coq du clocher insupporte, en Flandre




Pour lire l'article, cliquer sur le texte


( " La Meuse " , août 2011 )















Le wallon enseigné à l'école maternelle et primaire de Blégny-Trem-em-embleur


Cliquez sur la photo pour l'agrandir













Trop jolies, la !
















Un scénario de fin de vie redouté par certain nombre d'entre nous
( dont je )

















On s'est bien fait entubés, chefs !
Ha-ha-ha, la bonne blague !



















le journal Spirou propose un numéro spécial : " Sauvez la Belgique "






















Combien gagnent quelques coureurs du tour de France ( source : la Meuse de Lîdge )
















Le sexe chez les 2 x 20 ans et plus

( cliquez sur le texte pour l'agrandir )













Vendredi 8 juillet 2011 " La Meuse ".
Manneken Pis met les bouts : " Ik word het beu ! J'en ai marre ! "


Cliquer sur l'image pour l'agrandir !






jeudi 7 juillet 2011

Georges Simenon : " La Mauvaise Etoile "









Simenon fut un grand voyageur. Il a fait le tour du monde et l’a regardé sous toutes ses coutures. Il a conservé en mémoire une foule de personnages, souvent typés, hors du commun, qu’il a transposés dans ses nombreux romans et nouvelles. Dans le bouquin que nous intéresse ici, « La Mauvaise étoile «, il nous parle de ce qu’il appelle lui-même, les ratés, les aventuriers, les touristes de bananes, - ceux qui croient que l’herbe est meilleure ailleurs ou que l’on peut vivre éternellement d’amour et d’eau fraîche …

Le style , ici, est hargneux, presque haineux, raciste même, à tel point qu’on a peine à reconnaître le père de Maigret et ses romans durs. Par exemple, les Noirs sont appelés « les nègres, les négresses « , - mais on causait ainsi en 1936, date d’écriture du livre – et présentés plus proche de l’animal que de l’humain. Dans une de ses dictées, Simenon reviendra plus tard sur ces propos ( assez orduriers ) et en tout cas condescendants à propos des « ratés «, et des races dites inférieures .

Cela dit, toutes ces anecdotes, toutes aussi exotiques que véridiques, sont assez drôles , ahurissantes même. A pointer « Popaul et son cuisinier « , « l’homme qui est prisonnier entre deux gares « , « la femme qui montrait son derrière du haut d’un cocotier « , …

Toute une série de récits plus ou moins macabres, sordides.

Extraits :

- N’ai-je pas prévenu que je parlerais des ratés et d’eux seuls, des pires de tous, de ceux sont aux antipodes et qui ne peuvent compter sur rien, ni sur personne ? Ces ratés-là, je voudrais qu’on ne les juge pas sévèrement, je voudrais qu’on fasse un effort pour les comprendre.

- L’Afrique Equatoriale est farcie d’histoires d’empoisonnement. Pour quelques sous, un vieux sorciers vous donne le moyen de tuer votre copain en huit jours, en huit heures ou en huit ans, à votre choix.

- ( à propos des touristes de banane, après quelques mois de séjour, seuls, sur une île ) Que voulez-vous que cela leur f… que la nature soit belle ? Et que les poissons soient aussi bariolés que toutes les gemmes d’Orient ? Et que l’air soit plus embaumé qu’un jour de procession en Espagne ?

mercredi 6 juillet 2011

Etienne Godinot : " Ecrire ma Vie "





















Et pourquoi pas faire le récit de sa vie ? Quel intérêt, me direz-vous. ? Etienne Godinot, l’auteur de ce livre nous en donne quelques raisons dont

« relire le parcours de ma vie, en prendre possession, en chercher le fil conducteur, en faire le bilan et m’efforcer d’en trouver le sens » ( tout un programme déjà ! )

ou encore « me libérer, en les écrivant, de certains souvenirs obsédants qui empoisonnent le présent « ( une manière d’analyse ? ),

ou encore « peut-être m’expliquer avec des personnes, leur permettre de mieux me comprendre « ( amorce d’empathie ).

Huit chapitres : mon identité, mon histoire, ma vie quotidienne, mes relations aux autres, ma vie professionnelle, mes ressources intérieures, donner sens, ouvrir l’avenir.

Quatre-vingt exercices qui vont vous permettre d’élaborer votre texte, dont : les personnes qui m’ont marqué, une bêtise de mon enfance, une scène surprenante ou marquante de ma vie, la première fois que …, souvenir d’une odeur, j’ai eu très peur, souvenir d’une rencontre, j’ai dit merci, j’ai demandé pardon, j’ai été créatif, j’ai osé dire « non ! « , ombres dans ma vie, lumières dans ma vie, changer quelque chose dans ma vie, etc …

Intéressant ! ( digne d’intérêt ) et comme dit « à faire chez soi ou en atelier d’écriture « .

mardi 5 juillet 2011

Bernard Pivot : " Les Mots de ma Vie "





















On sait que Bernard Pivot aime les mots. Sous la forme d’un abécédaire, ce critique littéraire mythique de la seconde partie du vingtième siècle nous conte son enfance, son entrée dans le journalisme, sa famille, ses amis, son Lyon natal, le foot, les bonnes tables, ses coups de cœurs, ses passions. Il aime l’amour, actif ou parfois un peu plus passif, il aime la femme, les femmes et nous le dit sans pudeur, via quelques anecdotes parfois croustillantes.
Il évoque quelques écrivains qu’il affectionne : Simon Leys, les deux Marguerite, Yourcenar et Duras, Albert Cohen, Nabokov, Jean d’O, Flaubert, Simenon, San-A, Colette, Gombrowicz, …
Et puis les mots : les néologismes, les mots dévoyés, les mots perdus, …, rhinocéros, libellule, hippopotame. Sans oublier le célébrissime questionnaire de, et cette fois par Pivot.
Pour notre gouverne, il lisait 10 à heures par jour, un peu moins maintenant qu'il a pris sa retraite, je présume ...
Délicieux !
Extraits :
- La réaction de Nabokov au premier baiser amoureux qu’il reçut est stupéfiante. Cela se passait à Biarritz, sur la plage. Il venait d’avoir dix ans ; Colette, dont il était très épris, les aurait bientôt. « Un jour, tandis que nous nous penchions tous les deux sur une étoile de mer, que les anglaises de Colette me chatouillait l’oreille, elle se tourna vers moi brusquement et m’embrassa sur la joue. Mon émotion fut si grande que je ne trouvai rien d’autre à dire que : « Espèce de petite folle « (Premier amour)
- Un jour, j’ai demandé à Dieu s’il existe. Il m’a répondu. Il m’a répondu qu’Il n’existe pas. ( Bernard Pivot )
- J’ai connu un homme qui, dès les premières nuits du mois d’août, perché tout en haut du massif de l’Aigoual, tapait dans ses mains pour donner le départ aux étoiles filantes ( en hommage à Alphonse Allais )
- Gallimardeux : de la maison d’édition Gallimard. Créé et employé péjorativement par Céline : « Ce gros matou gallimardeux ( Gaston Gallimard ) croit que les écrivains sont des filles de joie. Et bien, il a raison, il faut se vendre et chèrement. «
- Je saurais désormais distinguer la cruauté naturelle de l’homme – dont la manifestation la plus répandue est de tuer les animaux pour les manger – et la cruauté sans autre raison, sans autre dessein que de faire souffrir. La guerre n’était-elle pas aussi un effet de nos mauvais instincts ?


En bonus : Bernard Pivot intervieuwé :
- quand Bernard Pivot se met à tweeter :

lundi 4 juillet 2011

Anciennes cartes postales de votre ville, de votre village





Pour ma part,


11 ans à Liège et plus sans doute ( à suivre )





vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir











8 ans à Saint-Roch, Ferrières ( gloups ! )










Et le record, 37 ans à Gouvy.
Ma maison- familiale -, celle où je suis même né, est celle flanquée d' une égauchette ( tourelle )