" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

dimanche 28 août 2011

François Cavanna : " Les Grands Imposteurs "

























Jeanne d'Arc sur le bûcher











L’occasion était trop belle pour François Cavanna – l’homme adore vous foutre du poil à gratter dans le dos – pour égratigner les « intouchables « , quelques « monstres sacrés « de notre monde occidental. De ceux dont on dirait dans certaines hautes sphères : « touche pas à ça, p’tit con ! « .

D’aucuns auraient hésité, mais vous connaissez l’apôtre ( Cavanna ) : lui, il l’a fait. Il les traite d’escrocs, d’usurpateurs, d’imposteurs. Et nous dévoile enfin leurs vrais C.V., leurs faces cachées, ce que l’on a toujours tu sur leur compte … pour notre plus grand plaisir.

Vous voulez des noms des ceuses qui passent à la trappe ? Que du lourd : Jeanne d’Arc, Victor Hugo, Galilée, Charles de Gaulle, Walt Disney, tonton Adolf, pour n’en citer que quelques uns.

Bon d’accord : cela ne vole pas très-très haut dans le bon goût, tout à fait le style « Charlie Hebdo « , si vous voyez ce que je veux dire, du bête et méchant, du cul, de la bite et tout dans ce rayon là, sans oublier le « pipi-caca « .

Purée, ça craint !

Extraits :

- Au Moyen Age, les gens étaient plutôt malheureux, mais il ne faut pas leur en vouloir : ils ne connaissaient pas le tout-à-l’égout, ni le papier hygiénique parfumé, ils faisaient donc caca par la fenêtre et se torchaient d’un panier ( … ).

- ( à propos des livres de la Comtesse de Ségur )

Sait-on que « Les Petites Filles modèles « , odieusement défigurées, devinrent « Les Misérables « de Victor Hugo. « Les Malheurs de Sophie « copiés presque mot pour mot par le plagiaire Dostoïevski, devinrent » Crimes et Châtiments « . Karl Marx puisa copieusement dans « Le Mauvais Génie « pour écrire « Le Capital « . Adolf Hitler se fit tout bonnement traduire « Un Bon Petit Diable « en allemand et l’intitula « Mein Kampf « .

mercredi 24 août 2011

Georges Simenon : " La Disparition d'Odile "
















Délaissée par une mère indifférente et par un père tout à sa carrière d’écrivain à succès, Odile, dix-huit ans, se sent bien seule, rejetée par tous ; en plus elle a l’impression qu’elle ne réussit rien dans la vie. Aussi, a t’elle décidé de mettre fin à ses jours et quitte la maison natale pour Paris. Averti par une dernière lettre alarmante de sa sœur, son frère Bob part à sa recherche. Il interroge les tenanciers d’hôtels, de bistrots, de boites de nuit. Ce qui nous permet de redécouvrir l’atmosphère bien particulière des années ‘ 60 ( hippies, par exemple ).

Si Odile tentera effectivement de s’autodétruire, un évènement la sauvera d’une mort certaine. Tout se terminera bien ( pour une fois ) dans ce roman de Simenon.

Les romans de Simenon contiennent souvent une particularité, une spécificité. Ici, à pointer les deux longues lettres exprimant la désespérance d’Odile. Remarquable ! Un livre tout particulièrement recommandé en lecture aux adolescents qui veulent en finir ( avec la vie ).

Note : ce roman a été écrit en 1970 et Marie-Jo, la fille de Simenon s’est suicidée à Paris en 1978.

Extrait :

- Ce qui lui avait toujours manqué et ce qui lui manquait encore, c’était quelqu’un pour s’occuper d’elle. Quelqu’un qui connaissait toutes ses pensées, qui la protégerait contre elle-même, qui lui dirait quoi faire ou ne pas faire

lundi 22 août 2011

Menaces sur les Coteaux de la Citadelle de Liège


6.150 signatures contre l'implantation des vignes ( janvier 2012 )




Article paru le vendredi 23 septembre dans " La Meuse "









Pétition et non référendum : chacun peut signer, même si vous n'habitez pas à Liège.





































Pour lire ce texte, cliquez sur l'image !














Une réunion s’est donc bien tenue ce vendredi au « Moderne « . De nombreuses personnes sont venues chercher des informations auprès d’un comité et ont manifesté leurs inquiétudes face au projet d’un vignoble avancé par le groupe Vranken Pommery.
Les citoyens sont en droit de s’inquiéter, tout particulièrement pour les raisons suivantes : la légalité de ce projet, les impacts sur l’environnement, l’érosion du sol et la santé.
Une pétition est en cours ( voir plus haut ).
Soyons vigilants !
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Cela mis à part, vouloir produire du vin à Lîdge ... Y avait longtemps, tiens ! Qu'énne affaire à Lidge, tî valet !
Cela me rappelle cette bonne blague : " Pour boire le vin de Liège, il faut être quatre : un qui boit, un qui verse et deux pour tenir celui qui est forcé de boire. "
Et puis il faut du soleil, pas des draches mêlées de grêlons.
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" Et le vin de Meuse si délicieux aux gens constipés, tu en boiras "
Charles de Coster : " La Légende d'Ulenspiegel au pays de Flandres et ailleurs "
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A suivre …

Amélie Nothomb : " Tuer le père "






















« Il m’a abandonné quand tu es né. C’est ça les hommes … Une nuit, Joe s’exerce seul au bar. Il n’aperçoit pas qu’un homme l’observe… Un jour, Joe demanda à Christina comment s’y prendre pour faire l’amour … Etre le plus grand magicien du monde et habiter à Reno, c’est aussi absurde que si le pape habitait à Turin : dans le bon Etat mais pas dans la bonne ville … Fou amoureux de Christina, il se donnait ce haut motif pour castrer les années les plus sexuelles d’une vie humaine … Une seule chose au monde se calcule en microgrammes, raison pour laquelle on ne précise jamais de quoi … Toi, croupier à Las Vegas ? … J’en ai fait dix mille fois plus pour toi que ce Belge, non ? … «

Oui ! On trouve de tout cela dans le dernier d’Amélie et même bien plus encore … Sachez encore qu’aucun des personnages n’occupe la bonne et juste place que normalement il devrait occuper … Et puis, tout cela est moralement bien peu correct. Juste ce que semble apprécier Amélie Nothomb … Idem pour les plus assidus de ses lecteurs … Un bon cru ! …

Extraits :

- J’ai cru que j’étais bon pour l’asile : j’étais terrifiée tout le temps et par tout. Quand j’en parlais à ma mère, elle me disait : « C’est bien, tu fais tes gammes. «

- Qui voyait Norman et Christina ensemble était frappé par leur point commun : ils avaient la même façon de se taire. ( … ) La fascination qui émanait de la juxtaposition de ces deux êtres superbes les identifiait à des totems.

- Joe eut l’impression d’être le feu avec lequel elle dansait. Elle le dirigeait si bien que, parfois, il connut le bonheur d’être une fille.


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Amélie en est à son vingtième livre :

http://www.france5.fr/la-grande-librairie/?page=videos&id_article=203

Un des forums ( fora ? ) sur Amélie :

http://www.facebook.com/pages/Forum-Nothomb/139759999388061


dimanche 21 août 2011

" Sur le Zinc " au café avec les écrivains
















Le zinc, endroit par excellence pour trainer la savate, méditer, discutailler, draguer, boire, reprendre du poil de la bête, imaginer le scénario d’un meurtre, d’un hold-up, refaire le monde.

« Les uns fréquentent régulièrement tel café ; les autres y vont pour satisfaire leur passion du jeu ; d’autre viennent simplement pour s’ingurgiter les contenus variés de nombreux verres . «

J’aurais préféré de la description pure et dure des bistrots, des brasseries, des boui-bouis. J’ai apprécié « L’homme de gingembre « de J.P. Donleavy et « Le bar des habitudes « de Franz Bartlett.

De brèves z’ errances en compagnie de David Mc Neil, Patrick Modiano, Gérard de Nerval, Raymond Queneau, Antoine Blondin, Jacques Prévert, Arthur Rimbaud, Paul Verlaine, Emile Zola, pour ne citer que les plus célèbres.

Extraits :

Il est terrible

le petit bruit de l’œuf dur cassé sur un comptoir d’étain

il est terrible ce bruit

quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim.

( Jacques Prévert )

samedi 20 août 2011

Dessins animés


















* Un joyau parmi les bijoux : le chat toqué de Alice au Pays des Merveilles :


* Donald en vacances au Brésil ( 1950 ) :


* Tout aussi toqué, Simon's Cat :



mercredi 17 août 2011

Instantanés de ma vie liégeoise ( suite 19 ) , photos di Lîdge







Jolie bâtisse , rue Puits-en-Sock en Outremeuse



( cliquez sur l'image pour l'agrandir )












Hommage au plus célèbre des Liégeois, En Neuvice











Messe du 15 août 2011 à l'église Sainte-Catherine











En revenant de la fête du 15 août en Outremeuse, un mec s'est farci un poteau

place des 16 pylônes, anciennement Place Saint-Lambert







quand l'ancien côtoie la modernité



















Fontaine sobre, japonisante de la rue Saint-Séverin














On le saura que not' bureau de poste est fermé, non di d'jû !
( merci le service public ! )






















Immeuble du 73 , rue Sainte-Marguerite, magnifiquement rénové












Probablement mon café préféré à Lîdge
( " le Pause Café ", rue de Hesbaye )

mardi 16 août 2011

B.D. " Salvador Dali " de R.Descharnes, J. Nevers et J-M. Renault




















« Le scénariste Robert Descharnes est reconnu comme le meilleur spécialiste de l’œuvre de Salvador Dali. Il fut l’ami du peintre pendant trente-neuf ans et celui qui a connu le mieux l’autre Dali, l’homme qui se dissimulait derrière le personnage public. »

« Le dessinateur Jean-Michel Renault, né en 1953, fut le benjamin du journal – Pilote -. Il a réalisé bon nombre de couverture de news européens ( Stern, Sunday Time Magazine , etc. ) , des guides touristiques et d’albums de voyage. »

Cette bande dessinée raconte surréalissimement la vie de Dali dans ses épisodes les plus délirants ( pour notre plus grande satisfaction ! ) . Du début à la fin, l’éloge d’un extraverti hors norme, au talent génia-lli-ssi-me, of course.

dimanche 14 août 2011

Dvd, " Les Rues de Liège ", un film de Georges Yu
















Georges Yu est en Liégeois d’origine chinoise. En 1956, il filme sa ville. Les ouvriers qui habitent les hauteurs de Liège descendent chaque matin dans la Cité ardente pour y travailler. Les dames , elles, sont employées au Grand Bazar, au Sarma ou à l’Inno. Les enfants, eux, se font la guerre « pour rire « sur les terrils ou font l’école buissonnières. Puis il y a les marginaux, les petites gens de Simenon, les rescapés de la guerre dont la fin a eu lieu il y un peu plus de 10 ans seulement. Que deviendra tout ce petit monde dans 40 ans ?
1996. Les enfants de 1956 sont devenus des adultes, matures même. Hier, Liège produisait de la richesse ; en 1996 , « on consomme internationalement, en boucle, comme des derviches tourneurs « . On aménage des havres de paix. Les travaux de La Place Saint-Lambert sont enfin terminés.
« L’homme sage ne lève pas les yeux sur la laideur menaçante « . Certains Liégeois pur jus ont l’air un peu èwarés, comme assommés par des coups de bambous … Et dans quarante ans, qu’en sera-t-il ?
Décidément, il y a beaucoup de poésies dans ces images et dans le commentaire dit aussi.

La première partie se trouve ici :

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=HjdbKZo_FZs#!

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Ce samedi 10 novembre 2012, j'ai appris le décès de Georges Yu. Voici ce que j'ai trouvé dans ma boite-mail :



L’un des ses photomontages,
comme il aimait tant en faire, auto dérisoire ici



Georges Yu 1927–2012

Cinéaste, réalisateur, comédien liégeois d’origine chinoise.
Aimant sa ville, aimant les peuples du monde, ancien résistant.
Homme aimant la liberté, la fraternité, la solidarité…

Georges Yu a commencé sa carrière comme comédien à Paris, dans le théâtre et le cinéma. Il joua notamment pour Jean-Pierre Melville et Jean Cocteau (« Les enfants terribles », 1950). Il tint le rôle de Chapuis dans « Le déjeuner sur l’herbe » (1959) de Jean Renoir et apparut dans divers films de fiction français ou allemand. A la même époque, il travaille pour la cinémathèque de Paris où il a été embauché par Henry Langlois, personnage illustre du monde du cinéma et créateur de la grande cinémathèque.

Ses retours à Liège sont nombreux. Liège est sa ville natale, sa ville de coeur. En 1956, profitant de son séjour en la cité ardente, il réalise « Les Rues de Liège » avec un ami cameraman où il investit toute l’affection que lui inspire la ville de son enfance. Ce film sera diffusé en de nombreux festivals et se verra même présenté, à l’époque, à la télévision polonaise ! Plus tard, bien plus tard, ce film connaîtra une autre destinée encore ! …

La fin des années ‘60 verra son retour définitif dans la cité ardente. Il prend part aux premiers feux du centre de Liège de la RTB où il mène, à la radio, l’émission consacrée à l’immigration italienne, « Ciao Amici ».

Puis, il commence, dans les années ’70, une longue carrière à la télévision au cours de laquelle, parmi bien des missions, il travaillera pour « L’Europe des Régions », « Cinéscope » « Magasine F » ou « Sans rancune », l’émission « caméra cachée » de la RTB d’alors.

A cette époque, il s’investit également dans la série « Itinéraires » et réalise quelques portraits, à la fois sociaux et chaleureux, au nombre desquels « Bonjour Facteur » décrit l’image d’une profession alors précieuse et respectée pour le lien social, le lien humain que ses travailleurs établissent au quotidien. Dans les années’70 encore, son affection pour sa ville l’amène à réaliser « Une nuit ce jour-là », portrait nocturne et poétique d’une ville parmi d’autres villes du monde. Il recevra, peu après, une « Antenne de cristal » décernée par les « journalistes- critiques » de la télévision (*).

Dans les années ’80, il travaille régulièrement pour l’émission « Télétourisme » produite par Guy Lemaire. Et l’année 1987 verra le Liégeois d’origine chinoise faire son premier voyage jusqu’en Chine ! Cette année-là, en effet, il accompagne, avec une équipe de télévision, 300 jeunes Belges partis en « représentation culturelle et économique » avec le train Bruxelles-Pékin. Toute une aventure dont il ramènera des images pour le moins précieuses. Un « Strip tease » suivra avec « Voyage autour de ma chambre ».

Les années’90, le verront quitter la RTBF mais pas le cinéma documentaire. En 1993, à l’occasion d’une soirée culturelle et associative dans le quartier St Léonard de Liège, est projeté… « Les Rues de Liège », ce film qu’il avait réalisé en 1956 et qui était resté, oublié dans une cave, pendant près de 40 ans ! Le succès est énorme. D’anciens collègues, présents dans la foule, Jean-Claude Riga, réalisateur-producteur, le sollicitent : pourquoi ne pas réaliser une « suite », un regard contemporain (nous sommes en 1993) sur le Liège de 1956 ?

Une aventure commence alors qui durera longtemps. « Les rues de Liège, balade à deux temps, 1956-1996 » est présenté à plusieurs reprises au cinéma Le Parc, à la télévision belge, sur TV5 international, diffusé à des milliers d’exemplaires en cassettes VHS ! En 2003, preuve de son caractère « universel », le film est même diffusé sur CCTV6, l’une des chaînes nationales de la télévision chinoise et se voit encore, régulièrement présenté, diffusé, y compris à la RTBF ! A cette heure, « Les rues de Liège, balade à deux temps, 1956-1996 » connaît une nouvelle diffusion en format DVD et augure encore de fort beaux jours de diffusion… tant ce film se trouve à la fois enraciné dans notre ville et porté à jeter un regard fraternel sur le monde tout entier…

Georges Yu a quitté ce monde comme il a vécu : en homme libre ! Au retour d’une promenade, une chute lui a fait perdre conscience avant de lui faire perde la vie.

Cinéaste, réalisateur, militant infatigable pour le lien humain, le vrai, le grand, il aimait l’humanité, la justice et la fraternité… Georges Yu était un homme amoureux de la vie. S’il part un peu, il fait partie de ces êtres qui laissent des traces et des sédiments fertiles. Il restera pour toujours au fond de chacun d’entre nous.

       

(*): Les Antennes de Cristal étaient décernées par des médias belges (Union des critiques de l'audiovisuel) et récompensaient les meilleures émissions TV et Radio belges

Georges Simenon : " Maigret à New York "















Alors que Maigret coule des jours heureux de retraité à Meung-sur-Loire en compagnie de son épouse, un certain Jean Maura lui demande expressément de l’accompagner à New York car l’attitude de son père, dit Little John qui vaut trois millions de dollars ( de l’époque ! ), l’inquiète sérieusement. Le commissaire va être confronté à un vrai sac de nœuds où amours et paternité s’entremêlent. Sans compter qu’à côté de la police de new-yorkaise , des « privés « et des gangsters viennent mettre leur grain de sable …

Particularité de ce roman : un interrogatoire, via le téléphone, d’un prévenu habitant La Bourboule ( France ) et une chambre d’hôtel de New York, soit une modernité avant l’heure pour notre commissaire favori.

Une enquête dans la métropole américaine qui n’a guère emballé Maigret. Une fois n’est pas coutume, j’ai eu du mal à rentré dans ce roman. Pas de doute, impression qui sera oubliée dès les premières pages du prochain bouquin de l’ami Georges. Oufti !

mardi 9 août 2011

Jean-Luc Rispail : " Les Surréalistes, une génération entre le rêve et l'action "

















Le courant artistique du siècle dernier, dans le prolongement immédiat du dadaïsme. Traumatisé par la guerre 14-18, ces écrivains, ces peintres apprécient la moquerie, la plaisanterie, la provocation mais inventent également une nouvelle façon de voir ce qu’on appelle l’art ( terme à définir, évidemment ). Ils privilégient le rêve, la féminité, omniprésents, se réfèrent à la psychanalyse. Ils se chamaillent, se crêpent le chignon sur le terrain miné politique ( Urss et cie , la montée du fascisme, la guerre d’Espagne ).

Vous y retrouverez, dans cet ouvrage, les dates clés du mouvement , « des visions partagées de poètes et d’artistes, des jeux de mots, de lettres, d’images confrontées en plus de 220 illustrations « . Livre digne d’intérêt, mais j’enrage : il y est accordé à peine une page au peintre Paul Delvaux ; on l’y qualifie de post-surréaliste et d’impressionniste ( j’veux bien moi, mais … ) :

Extraits :

- Un couteau sans lame auquel il manque le manche ( Lichtenberg )

- La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur ( Paul Eluard )

- Nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles ( Paul Valéry )

- ( à propos de la première femme de Charlie Chaplin )

Une de ces garces dont on fait dans tous les pays les bonnes mères, les bonnes femmes, ces pestes, ces parasites de tous les sentiments et tous les amours ( Louis Aragon )

- Trois semaines plus tard, Raymond Queneau jette les bases d’un tract ( Permettez ! ) attaquant violemment les notables qui avaient, à Charleville, l’intention d’ériger un monument à la gloire de Rimbaud : « La statue qu’on inaugure aujourd’hui subira peut-être le même sort que la précédente. Celle-ci que les Allemands firent disparaître, dut servir à la fabrication de l’obus et Rimbaud se fût attendu avec délices à ce que l’un d’eux bouleversât de fond en comble votre place de la Gare ou réduisit à néant le musée dans lequel on s’apprête à négocier ignoblement sa gloire. «

- En 1933, les surréalistes apprennent le suicide de Raymond Roussel.

« Une tisane sur le fourneau à gaz, la fenêtre bien close, j’ouvre le robinet à gaz, j’oublie de mettre l’allumette « : René Crevel a , dans détours, raconté par avance la scène. Lorsqu’il passe à l’acte, en 1935, il ne laisse qu’un mot, épinglé à son veston « dégoûté « .

Prétendre cependant que les seuls vrais surréalistes sont les morts serait abusif. Mais : Artaud meurt en 1948, ses chaussures à la main, dans la clinique psychiatrique qui l’hébergeait. La même année, Arshile Gorky, Arménien de New York, qui en 1946 a perdu dans un incendie vingt-sept toiles, se pend dans une forêt. Roger Vitrac meurt en 1951, Paul Eluard et Pierre Mabille l’année suivante. Picabia en 1953, Tanguy en 1955 ( et sa femme, Kay Sage, se suicide en 1961 ), Oscar Dominguez s’ouvre les veine en 1957, Peret meurt en 1959, Pierre Reverdy l’année suivante. Tzara en 1963, Breton enfin en 1966.

dimanche 7 août 2011

Dis-moi comment tu lis ...















Un questionnaire qui circule en ce moment sur le net à propos de vos lectures. Vous et les bouquins :

Plutôt corne ou marque-page ?

As-tu déjà reçu un livre en cadeau ?

Lis-tu dans ton bain ?

As-tu déjà pensé à écrire un livre ?

Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ?

As-tu un livre culte ?

Aimes-tu relire ?

Rencontrer ou non les auteurs des livres qu’on a aimés ?

As-tu des livres dédicacés ?

Aimes-tu parler de tes lectures ?

Comment choisis-tu tes livres ?

Une lecture inavouable ?

Des endroits préférés pour lire ?

Lectures en musique ou en silence ?

Livre électronique ?

Un livre pour toi serait…

Lire et manger ?

Télé, jeux-vidéo ou livres

As-tu déjà abandonné un livre ?

Quel est le livre que tu lis actuellement et quel sera le prochain ?


Et voici mes réponses :

Plutôt corne ou marque-page ?

Marque avec une petite feuille où j’inscris des numéros de pages à propos de passages importants du livre

As-tu déjà reçu un livre en cadeau ?

Très souvent de mes sœurs, de mes amies

Lis-tu dans ton bain ?

Jamais sous la douche ( je suis déjà assez occupé avec la flotte )

As-tu déjà pensé à écrire un livre ?

C’est déjà fait, plusieurs, dont un publié à 50 exemplaires à compte d’auteur qui n’a pas remporté un succès démentiel d’ailleurs. Mais je n’ai pas dis mon dernier mot …

Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ?

Pas ma tasse de thé

As-tu un livre culte ?

« La Légende de Saint-Julien l’Hospitalier « de Gustave Flaubert, « L’inconvénient d’être né « de E.M. Cioran

Aimes-tu relire ?

Cela m’arrive . Je viens de relire « Journal d’un génie « de Dali. Je vais relire « Claudine à l’école « de Colette

Rencontrer ou non les auteurs des livres qu’on a aimés ?

J’ai rencontré plusieurs fois Amélie Nothomb. J’aurais voulu parler un peu avec Simenon.

As-tu des livres dédicacés ?

Oui, d’Amélie Nothomb

Aimes-tu parler de tes lectures ?

Oui. J’adore nos longues discussions à propos de nos lectures communes avec mon amie Marie. Oufti !

Comment choisis-tu tes livres ?

J’écoute les conseils ici et là dans mon entourage et sur des forums come CL ( critique libre .com )

Une lecture inavouable ?

Pas à ma connaissance

Des endroits préférés pour lire ?

Dans les trains qui m’emmènent à la côte belge, par exemple ( deux fois du bonheur ), ou chez moi

Lectures en musique ou en silence ?

Le calme absolu m’est nécessaire et indispensable. Jamais en musique et dans le bruit.

Livre électronique ?

Pas encore essayé

Un livre pour toi serait…

Un objet avec lequel je ne m’ennuie jamais et c’est le cas

Lire et manger ?

Lire un journal, oui, pas un livre

Télé, jeux-vidéo ou livres

Télé, dvd oui, quotidiennement. Jeux pas du tout. Livres , le plus souvent possible ( de + en + addict )

As-tu déjà abandonné un livre ?

Oui, cela m’est arrivé dernièrement avec un auteur américain mais c’est assez rare car je sélectionne minutieusement

Quel est le livre que tu lis actuellement et quel sera le prochain ?

Un bouquin sur le surréalisme et je vais me brancher sur un Simenon , « Maigret à New York « recommandé par Marie.

vendredi 5 août 2011

Regine Deforges : " A Paris au printemps, ça sent la merde et le lilas "















Régine Deforges nous raconte mai ’68, son mai ’68. Elle n’était pas sur les barricades, ne lançait pas des pavés mais suivait les « évènements « avec un intérêt certain. Le monde semble t-il était en train de changer, quelque part. Dans ce livre, parfois étrange, elle décrit , par exemple, des colloques d’intellectuels qui veulent refaire le monde et, plus insolite encore, elle publie, in extenso, le fameux discours du général de Gaulle ( je-ne-me retirerai-pas ). Oups ! Elle nous conte – assez dans les détails – son amitié pour Romain Gary et François Mitterrand, par exemple

En ’68, Régine Deforges a une idée en tête : publier des récits érotiques mais les obstacles sont à la mesure de son défit : gigantesque. Le premier : elle est une femme, et deuxio, il faut des sous – ne fut-ce que pour payer les premiers procès -.

Autrement elle a deux enfants, sa mère et un amant.

Je vois au moins deux raisons pour lesquelles elle me paraît sympa : elle aime faire sa tambouille, toute seule, comme une grande et si des emmerdes lui tombent dessus, elle préfère s’en sortir également toute seule. Deuxio, elle adore Simenon qu’elle lit, qu’elle relit ( voir extrait plus bas ). Ce qui n’est pas rien !

p.s. : si vous voulez connaître le pourquoi et l’origine du titre de ce livre, il vous suffit de vous le procurer ( le bouquin ). Cqfd !

Extraits :

- Je me faufilai à travers la foule excitée et bruyante, et réussis à travers la foule à trouver une place assise entre deux militantes féministes. Reconnue, je fus prise à partie par ma voisine de gauche qui me traita de « collabo ». N’étais-je pas complice de la turpitude des hommes et de leur mépris des femmes, avec mes publications érotiques ?

- ( extraits d’articles rédigés en mai ’68 par le comité d’action Ecrivains-Etudiants )

Thèse numéro 1 : « Le mouvement féministe, parti d’une authentique contestation de la société patriarcale, a finalement contribué à l’achèvement de l’aliénation féminine. Fascinées par une image idéalisée de la virilité, de ses apanages, avantages, privilèges, les femmes ont tout simplement cumulé les charges traditionnelles de leurs fonctions aliénées et les responsabilités tout aussi aliénantes du fonctionnariat masculin. »

Pavé numéro 12 : « La maternité est un leurre. La plupart des femmes font des enfants comme les hommes vont au bordel : par désœuvrement , parce qu’elles ne savent que faire de cette peau qu’elles ne parviennent pas à donner. «

Pavé numéro 13 : « la paternité est une mascarade. La plupart des hommes se laissent faire des enfants comme une femme se laisse violer : par lâcheté, parce qu’elles n’osent pas, en s’y refusant, remettre en jeu et en question leur précaire supériorité qui n’a rien d’autre à offrit à leur partenaire. «

- Je lisais et relisais Simenon, fascinée par son talent, ce pouvoir qu’il avait de planter un décor en quelques lignes, de donner à voir le déroulement d’une vie, à en comprendre l’inexorable aboutissement.

- ( et ces lignes si prémonitoires de Claude Nougaro )

Mai mai mai Paris

Le casque des pavés ne bouge plus d’un cil

La Seine de nouveau ruisselle d’eau bénite

Le vent à dispersé les cendres de Bendit

Et chacun est rentré chez son automobile

jeudi 4 août 2011

Salvador Dali : " Journal d'un Génie "















Sans doute la bible d’un des plus illustres – illlustrissssime ! - surréalistes et de plus de l’un parmi les plus grands peintres du 20 ème siècle : Salvador Dali. Ici, et de toute façon, il ne manquera pas de vous le dire ou de vous le rappeler : il y a lui, le Génie absolu, et puis … les autres.

Le journal du Maître, de 1952 à 1963 . Dali nous parle de sa moitié, Gala, qui est tout - après lui, bien sûr, quoique…- , de Picasso, un autre Lui ; d’autres artistes comme Léonard de Vinci, Velasquez, Raphael, Vermeer de Delft, … Il nous raconte ses brouilles hautement cocasses avec les autres surréalistes, André Breton en tête. Il nous dit encore, sans ambages, ce qu’il pense d’ Hitler ou de Freud, nous parle de sa passion pour les mouches, les rhinocéros, la bombe atomique, le catholicisme, l’Espagne, la gare de Perpignan, etc…. Certains diront : de ses délires.

Cinq annexes à la fin de ce volume : l’art de péter / éloge de la mouche / poème à Picasso / la mystique dalinienne / le monde angélique.

Tout un beau programme, vraiment !

Que dis-je ! Un délice ! ! !

Extraits :

- Ce sera un chapitre d’un nouveau livre, probablement mon chef d’œuvre : « De la vie de Salvador Dali considérée comme une œuvre d’art « .

- En me couchant, je me suis souvenu de Léonard quand il compare la mort après une longue vie comblée à l’arrivée du sommeil après une longue journée de travail.

- Commencez par dessiner et par peindre comme les anciens maîtres, après cela faites comme vous l’entendez – vous serez toujours respectés.

- Dès mon adolescence, j’ai pris le vice de considérer que je pouvais tout me permettre par le seul fait que je m’appelais Salvador Dali. Depuis – et durant tout le restant de ma vie – j’ai continué à me comporter de la même façon et ça m’a réussi.

- ( …) Je me demande , émerveillé, ce que va encore faire de prodigieux ce Salvador Dali. Et chaque jour, il m’est difficile de comprendre comment les autres peuvent vivre sans être Gala ou Salvador Dali.

mercredi 3 août 2011

Michel Carly : " Simenon, la vie d'abord "
















Michel Carly est un des spécialistes de Georges Simenon. Bien avant son dernier ouvrage « Simenon et les femmes « , il nous avait proposé « Simenon, la vie d’abord « soit le récit de la vie mouvementé de cet écrivain de tout premier ordre. Né à Liège, où il a passé toute son adolescence, on retrouve Simenon à Paris, sur un bateau parcourant les canaux de la France et les mers du nord de l’Europe. Il a vécu également aux Etats-Unis, au Canada, a fait le tout du monde, puis est revenu en France pour se fixer, enfin, en Suisse. Nous faisons connaissance des épouses du père de Maigret, Tiggy et Denise, Teresa sa dernière compagne. Ses enfants : Marc, John, Marie-Jo et Pierre. Ses amis qu’il choisi dans le monde de la médecine, de la psychiatrie, des artistes. Il côtoie les plus grands et les plus humbles, avec cette soif de tout connaître. Comprendre comment fonctionne la « machine Simenon «. Comme à ses côtés, nous sommes confrontés à ses succès, à ses échecs, ses doutes, ses espérances. Comprendre et ne pas juger, telle fut sa devise. Dans l’ humanité constamment déchirée, il faut bien admettre qu’ il y a du boulot.

Extraits :

- Il ( Simenon ) aura la chance de n’être jamais un intellectuel.

- Gagner le plus d’argent possible, en écrivant des livres faciles, puis s’installer et faire de la littérature.

- Et oublier les mots d’Henriette Simenon apprenant le décès de son fils chéri : « Comme c’est dommage, Georges, que ce soit Christian qui soit mort ! «

- Sa production annuelle est toujours étonnante : cinq à six romans par an jusqu’en 1960. Il semble avoir atteint le sommet de son art. Ses romans sont de plus en plus denses, sont style de plus en plus dépouillé, ses descriptions de plus en plus abstraites.

- Les « entrées en roman « commencent souvent par une longue déambulation : Simenon va marcher dans la campagne, tout seul, il marche à l’infini, une heure, cinq heures, en essayant de se vider, pour laisser la place à quelque chose. Soudain, il respire une odeur, par exemple ( …) .

- Denise a été son feu indispensable. Sans elle, combien de romans essentiels ne seraient pas nés ?

- Biologiquement que pèse une vie ? Rien. Autant que des draps de lit de vanité. On y naît, on y fait l’amour, on y souffre, on y meurt. Que représente Simenon face à l’âge de la mer, au flux de l’univers, au mystère de la matière, à la vitesse du temps, au souffle du vent ? Même pas un fait divers pour l’éternité. ( … ) Que vaut un homme qui écrit des histoires face à un chirurgien qui recoud notre espoir, un jardinier qui éclabousse un matin de fleurs, une femme qui dit enfin je t’aime ? Tout le problème de l’art est contenu dans cette interrogation.