" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

lundi 31 décembre 2012

" Liégeoiseries, les truculences de notre parler " par Paul-Henri Thomsin



«  Le wallon, qu’on le veuille ou non, qu’on nie son existence, qu’on se défende de le comprendre ou de l’utiliser, qu’on se gausse de son soi-disant populisme, qu’on le bannisse, qu’on le pourchasse, qu’on veuille le dénigrer, le mutiler ou l’assassiner, le wallon est encore présent, naturellement, sur nos lèvres. Il est la source de notre bilinguisme ! … Il en est sa réalité !... Ecoutez s'exprimer toute personne de votre entourage … Vous ne remarquez rien ?... Ecoutez-vous parler… Rien ne vous «  saute «  à l’oreille ?
Le Liégeois est «  bilingue français-wallon » ! »

Voici ce que dit, si justement, l’auteur de ce livre, Paul-Henri Thomsin, dans sa longue introduction. Nous pouvons retrouver dans cet ouvrage plus de 800 courtes phrases, - la liste n’étant pas exhaustive-, qui font partie de notre univers verbal, nous les gens de Liège. Elles sont citées d’abord en « liégeoiseries », puis traduites en wallon - ou plutôt, l’auteur nous fait comprendre que ces liégeoiseries sont issues tout droit du wallon -, et enfin la «  traduction «  en français. (je ne donnerai plus bas qu’un seul exemple).

Voici, en guise d’apéro, quelques unes parmi les plus gustatives, les plus savoureuses, les plus sonnantes à l’oreille.

Les Liégeoiseries, ou les mots de la tribu.

  Extraits :

-  Liégeoiserie : la soupe me goûte bien
   Wallon : li potèye mi gostêye bin
   Français : j’apprécie la soupe

-  Je ne sais pas remmancher cet agayon-là, moi
     (note de bibi : agayon en français c’est une « chose » mais bien malin celui qui trouvera le mot exact. Tout comme pour le célèbre «  Oufti ! «  va le traduire en français, toi ! )

-  Abille, on va se mettre en retard (dépêche-toi)
 - La marchande m’a donné une rawette (petit supplément gratuit)
- J’ai froid aux betchettes des doigts (extrémités)
- Michel a fait une petite soquette avant de venir (sieste)
-  Plus on vieillit et plus on a des mèhins (soucis de santé)
- Mon dessert préféré est la gosette aux cerises (chausson)
-  Tu verras, elle n’est pas contraire (contrariante)
-  Il y a des plumetions sous le lit (prononcez : ploumtchons) (amas de poussière)
-  L’enfant se déplace avec un gadot ( trotteur)
- ll fait malade,  aujourd’hui (malsain)
-  Vous me direz quoi et comme, demain (donnerez des précisions)
- J’ai mal que pour enrager (à en pleurer)
-  J’ai meilleur aux pieds dans ces chaussures (je suis plus à l’aise)
- Il fait noir de monde, ici (que de monde)
-  Elle est toute sotte après lui (elle est folle de lui)
- Il se promène sans rien dans ses pieds (pieds nus)
-  C’est assez dire que… (c’est-à-dire que…)
- J’ai ma tête qui tourne (j’ai des vertiges)
- J’ai mangé aux bonbons toute la journée (je me suis nourri de bonbons)
- Il s’est trébuché sur un pavé (il a trébuché sur un pavé)
- Il va drole, au jour d’aujourd’hui (la vie est bizarre, aujourd’hui)
- Il fait de son nez à longueur de journée (il se vante)
- Il faut se faire avoir bon (il faut se donner du plaisir)
- Il me va bien (je vais bien)
- Il se rit malade (il rit à s’en rendre malade)
- Si, hein vous !  (si, assurément)
- (…)


En bonus, une courte vidéo sur le personnage :


dimanche 30 décembre 2012

Georges Simenon : " Le Haut mal "



Un roman de l’ami Georges qui date de 1933. L’histoire se déroule dans deux villages tout près de La Rochelle. Une ferme tenue par Mme Pontreau, son gendre et ses filles. Le gendre,  Jean Nalliers qui meurt d’une crise d’épilepsie (mais on l’aide à mourir …) Gilberte fille de Mme Pontreau, épouse de Jean (elle finira par se suicider …). Hermine la fille aînée. Geneviève, dite Viève qui épousera Albert Lenoir afin d’aller travailler en Afrique. La grosse Marie dont le gamin se fera écraser devant chez Pontreau. Mme Naquet, femme d’ouvrage qui bat la berloque, perd ses tartines – comprenez qu’elle devient folle, zinzin. Elle finira au pair chez Mme Pontreau.
Une fois de plus, Simenon peint avec brio tout ce beau monde … qui finit par vous glacer le sang …

Hallucinant !


Extrait :

- On les voyait toujours ensemble, Mme Pontreau et la Naquet en noir. Hermine dans son tailleur gris qu’elle avait adopté comme un uniforme. On ne leur parlait pas. On ne s’occupait pas d’elles. Les jeunes savaient que ce n’étaient pas de femmes comme les autres, et  c’était tout. Et ceux qui avaient assisté à l’enterrement de Nalliers ne savaient plus au juste si oui ou non on avait découvert quelque chose.

jeudi 27 décembre 2012

Arthur Haulot : " Liège, tendre et vivante "



Pour une des ses amies, américaine, Arthur Haulot raconte sa ville : Liège. Il y a tant à en dire et Haulot le dit si bien dans un style, enjoué et, ici et là,  poétique même.
Pointons tout particulièrement- mais c’est un avis subjectif - : l’arrivé à Liège par le nord, par le sud – la cathédrale Saint-Lambert – la place du marché, la Violette, le Perron, St-André – le bien-manger liégeois –  les ponts -En Feronstrée et la Batte-  les églises, …
Pour rappel : Arthur Haulot est né à Liège en 1913 et décédé en 2005. Durant la guerre, il fut prisonnier en Allemagne. Il fut journaliste, socialiste, résistant, poète, conteur, nouvelliste, essayiste.


Extraits :

- Nous sommes ici pétris de musique : Grétry, César Frank, Vieuxtemps, Isaye, Lekeu, Pousseur, Bartholomée, la lignée de nos compositeurs ne s’affaiblit pas. Et nos interprètes gardent la même ardeur. Cela aurait-il à voir avec cette eau qui nous porte, qui marque au front de la ville de l’esquisse d’une clé de sol ?

-  (dialogue entre Tchantchès et Charlemagne)
« - Sire, voilà les prisonniers ! « 
«  - A combien sont-ils ? « 
«  - Ils ne sont qu’à qu’un. « 
«  - Faites-les rentrer turtouss et que le dernier ferme la porte ! « 

-  Il est difficile de mieux comprendre Liège que depuis le clocher de Saint-Martin. C’est toute la ville, tous azimuts, toutes directions, qui s’étend à vos pieds. Les églises, les voici, et les places, et les Palais, et les rives de Meuse et le fleuve, et les collines. Et la vie frémissante dont la rumeur se perçoit, malgré la distance. Sous nos pieds, les cendres du Moyen-Âge. Le tragique et la beauté nouent ici, une fois de plus, le nœud de vipères qui gît au cœur de l’homme.

mercredi 26 décembre 2012

Georges Simenon : " Un banc au soleil "




Une dictée qui s’étale du 8 avril au 2 août 1975.
Simenon nous conte des souvenirs culinaires, vestimentaires de son enfance ;  la poésie qu’il n’a jamais su vraiment goûté et la musique qu’il ne supporte plus maintenant ; il se définit comme anarchiste et gauchiste ; quelques belles pages sur le thème «  que sommes-nous ? « ; la médecine, la biologie, l’ADN ;
 «  sans Teresa à mes côtés, je me sens complètement perdu « ; sa vie en Suisse : Teresa, la maison rose, le jardin, les oiseaux, les promenades ; ses enfants et milles choses encore.
Une délectation que toutes ces dictées !
A lire et à relire, sans modération,  surtout quand on approche ou qu’on a dépassé les 70 ans car, tout bonnement, elles ont le don d’apaiser.


Extraits :

-  Les lettres que je reçois, à peu près toutes d’inconnus ou d’inconnues, me remercient et me disent combien mes romans les aident à vivre. Car c’est surtout pour eux que j’écris, pour tous ceux qui se sentent mal dans leur peau, qui appréhendent le vieillissement ou qui en souffrent, pour tous ceux qui cherchent en vain la sérénité.

- On sera peut-être étonné d’apprendre que, dès l’âge de seize ans, mon livre de chevet a été Montaigne, dont je lisais quelques pages avant de m’endormir. (…) Ensuite j’ai eu deux livres de chevets : d’une part la Bible, ensuite les Evangiles, alors que j’étais et je suis encore ce qu’on appelle un incroyant. (…)

dimanche 23 décembre 2012

Georges Simenon : " La chambre bleue "



Dès le début, on sait qu’il est arrivé quelque chose de fâcheux à Tony. Les interrogatoires du psychiatre, du juge, petit à petit, nous mettent la puce à l’oreille. Tony, l’époux de Gisèle qui est aussi l’amant d’Andrée. Mais que leur est-il arrivé ? Pour Tony, cette aventure extraconjugale appartient déjà au passé mais pour Andrée, il en va tout autrement… Ira-t-elle au bout du bout pour récupérer cet amour fou ? Car il y a un part de folie dans tout cela, n’est-ce pas ? Ces deux-là seront condamnés pour deux meurtres.  Mais sous ces évidences, n’y aurait-il pas, caché – mais pas tant que cela - un «  troisième homme « ? A vous de voir …

Encore une fois, un excellent Simenon ! Il a du génie cet homme-là !
 Il a en tout cas le don de faire rentrer le lecteur la tête la première dans ses romans.

Extrait :

Il aurait dit volontiers : heureux et triste comme la vie

vendredi 21 décembre 2012

Roland Topor : " Mémoires d'un vieux con "



A en croire le narrateur, - un certain R.T. -, il apparaît que nous avons affaire ici à une sorte de magicien car tout ce qu’il touche ou plutôt tous ceux qu’il côtoie subissent une transformation géniale, une sublimation – certains évoqueraient le terme de pygmalion ! Si l’homme vous est inconnu c’est qu’il a préféré rester dans l’ombre, loin de la renommée qui  souvent l’a rattrapé, à l’insu de son plein gré.
Nous allons donc assister à un hallucinant – ou plutôt désopilant - voyage à travers quasi tout un siècle et découvrir que, sans ce R.T., tous ces artistes et hommes célèbres n’auraient pas connu la destinée que l’on sait.
 A pointer par exemple, la rencontre avec Sarah Bernhardt, Toulouse-Lautrec, Gertrude Stein, Picasso et ceux du Bateau-lavoir, … Sartre et ceux de St-Germain-des-Prés, …

Extraits :

-  (…) nous n’avions pas de quoi acheter du charbon au bougnat de la rue de l’Estrapade. En fait, d’octobre à mars, nous mourûmes de froid. Pour nous réchauffer, nous ne savions plus quel jeu inventer ! Je me souviens de parties de saute-mouton qui duraient toute la nuit. Mais les voisins de l’étage inférieur se plaignirent (…)

-  J’adore la Belgique, de la Wallonie aux Flandres, de Memling au Roi-Chevalier, du Congo à Ensor, D’Astrid à Horta, sans oublier Hankar et Blérot. Des peintres magnifiques ont surgi de ce plat pays : Khnopff, dont la  sœur me fascinait et qui, par jalousie, essaya de m’assommer par derrière ; Spilliaert, si proche de moi par moment que je me demandais où était mon portefeuille, et Rops, le spécialiste des rondeurs féminines, et la gueuze, et les caracoles, et les frites, et Wouters, et la banque …Ah ! La banque belge !... (…)

mercredi 19 décembre 2012

Gouvy en 1962



  un autorail

 Lac de Cherapont

  " La Godasse "

Quels faits marquants peut-on relever à Gouvy et dans les autres villages qui l’environnent en cette année 1962 ? Des scores fleuves pour son équipe de football, des concours agricoles et de pêche, une soirée de L’unité scoute, des autorails de la sncb menacés de suppression, une crèche, un gigantesque sapin de Noël et d’autres petits évènements encore …
Merci au journal «  L’Avenir du Luxembourg « !


- Mercredi 3 janvier 1962
Gouvy. Football Division ll B luxembourgeoise.
Gouvy possède une ligne d’attaque la plus efficace de la division. Dimanche encore, celle-ci se mit en évidence en battant à six reprises la défense houffaloise (…)  à la pause, rien ne laissait présager la débâcle visitée. Gouvy menant par un but à rien, but rentré par Robert Laloux sur un coup de coin. Dès la reprise, Lanners doubla l’écart (…) Score Houffalize- Gouvy, 2-6

- Mercredi 10 janvier 1962
«  Victoire méritée mais nettement forcée de Gouvy «  (…) le trio Lanners, Lafleur, Scheuren fit monter le score à 7-0 contre Berismenil.

- Vendredi 2 mars 1962
«  Commanster à défaut de victoire mérite de remporter l’ »Oscar «  pour le dirigeant le plus dévoué du Luxembourg, monsieur Joseph Andrianne «.
 De Commanster on m’écrit en substance : «  Ne croyez pas que notre palmarès soit unique. Nous en sommes à notre premier championnat et nous n’avons pas gagné une seule fois en vingt matches. C’est un record, n’est-il pas vrai ? (…)

-  Cinéma en la salle «  Ciné chez nous «  à Gouvy en 1962

«  Judith et Holopherne «,  film pseudo-historique. C’est une œuvre médiocre, d’un ensemble lent et lourd. Les couleurs sont d’un mauvais goût (…) Quelques scènes sensuelles (pour adultes)
« Le confident de ses dames «,  film comique à l’humour facile et souvent gros. Fernandel déçoit. Le ton burlesque atténue l’effet de certaines légèretés et les vulgarités dans les allures et les propos (pour adultes)
«  Un pyjama pour deux «,  une comédie avec Doris Day et Rock Hudson
« Les 7 mercenaires «, western
«  Exodus «,  film historique
«  Alamo «, western
«  Le miracle des loups «,   reconstitution historique à grand spectacle avec Jean Marais et J-L Barrault
«  Tintin et le mystère de la Toison d’or « 

-  Mercredi 2 mai 1962
Houffalize et Gouvy ont émergé par le même gros score (6-1) (…) Chez les Frontaliers (Gouvy), Nyssen se mit en évidence en marquant 3 goals. Les autres furent rentrés par Hartman (2) et Bissen. Gouvy-Petithan, 6-1.

-  Jeudi 7 mai 1962
Le syndicat agricole de Gouvy a fêté son 40 ème anniversaire. Avril avait été un mois d’hiver et mai était loin d’être un mois de printemps. Ainsi craignait-on le mauvais temps pour cette manifestation mais il n’en fut rien. Le 7 ème concours-exposition s’était installé à l’endroit habituel, derrière l’église de Gouvy. Le comité exécutif (MM Burnotte, président et Nisen, secrétaire) (…) épaulé par un comité agricole (…) n’avait pas ménagé ses efforts (…) Le dimanche 24, dès 9 heures, la foule se mit à affluer si bien que le soir plus de 2.000 entrées étaient enregistrées.
Concours. Lapins individuels remporté par Felten Gabriel de Gouvy et Bechet Roland de Gouvy. Trio un coq deux poules remporté par Nisen Marcelle de Gouvy. Meilleur tractoriste : Felten Robert de Gouvy.

- Mercredi 29 août 1962

Par arrêté royal du 14 août 1962 paru au moniteur du 29 août, une école moyenne de l’Etat est créée à Limerlé.

- Samedi 1 et dimanche 2 septembre 1962
Ce dimanche 2 septembre, à partir de 14 heures, un grand tournoi de pêche se déroulera au Lac de Cherapont à Gouvy dans un cadre merveilleux de fraîcheur et de verdure. Alimenté par une rivière «  l’Ourthe «, cette vaste étendue d’eau abrite de beaux salmonidés, notamment 500 truites variant de 0,200 kg à un kilo. Plusieurs prix intéressants sont attachés à ce concours. Le 1 er prix consiste en une carabine automatique 6m/m.

- Mercredi 10 septembre 1962
A Bovigny, M. R.M. domicilié à V., au volant de sa voiture, se trouva en face d’un petit garçon qui débouchait de derrière un tracteur. Malgré ses efforts, le pilote n’a pas su éviter l’enfant. Le petit Robert Bovy, domicilié à Halconreux a été transporté à la clinique de Vielsalm dans un état semi-comateux. Il souffre d’une triple fracture du crâne et d’une fracture à la jambe.

- Mardi 27 novembre 1962

Réunion des jeunes de la J.R.C de Gouvy, Limerlé et Beho. Il fut surtout question du nouveau journal «  Hello «  destiné aux jeunes à partir de 17 ans.

-  Mercredi 28 novembre 1962
Gouvy- Une belle soirée de l’Unité Scoute. Il y avait salle comble dimanche au ciné chez nous pour la soirée, organisée par l’Unité scoute, au profit des Petits Sapins de l’abbé Froidure (…)  Les petits enfants du home de Spa furent les premiers à recueillir les applaudissements du public : leurs chants, danses et ballets étaient exécutés de façon parfaite (…) Accompagnés au piano par l’abbé Grustin, révérend curé de Mont-Le-Ban, les Routiers du groupe «  La Godasse «  prouvèrent que leur renommée n’était nullement surfaite. «  Tommy et le professeur «, un film excellent et une tombola mirent fin à cette belle soirée.

-  Mercredi 12 décembre 1962
Gouvy gagne méritoirement un match … de boue. On a cru longtemps ne pas jouer à Gouvy. L’arbitre avait d’ailleurs décrété le terrain impraticable, mais à la demande d’Ochamps, il consentit tout de même à débuter le match avec un quart d’heure de retard. On joua finalement nonante minutes mais dans des conditions épouvantables et sur un terrain transformé en mer de boue. Buts  de Lanners et Lafleur. Score 3-2

-  Mardi 25 décembre 1962

Vers la suppression des autorails sur la ligne 163 Libramont-Bastogne-Gouvy.
Il nous revient que des bruits circulent avec persistance sur la crête des Ardennes, selon lesquels on peut s’attendre à très bref délai, à la substitution d’autobus aux autorails qui assurerait cette jonction (…) D’abord une exploitation mixte qui viserait ici à familiariser progressivement la clientèle du rail avec les autobus (…)

-   Mercredi 26 décembre 1962

Gouvy. Cette année, pour la première fois, une magnifique crèche a été érigée sur la place de la gare. L’ambiance de noël créée par la crèche publique a été complétée par la mise en place d’un gigantesque sapin, richement illuminé. Cette belle réalisation est due au Syndicat d’initiative.


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                                             Beurrerie de Vielsalm

Et dans l’ «  Annonce de Vielsalm » :



- Annonce de Vielsalm, samedi 9 juin 1962
Gouvy, rallye automobile



-  Samedi 7 juillet 1962
Gouvy, inauguration d’un complexe touristique et opération gaufres des scouts



- Samedi 14 juillet 1962

Le complexe sportif du lac de Chérapont

mardi 18 décembre 2012

Georges Simenon : " L'affaire Saint-Fiacre "




«  Je vous annonce qu’un crime sera commis à l’église Saint-Fiacre pendant le première messe du jour des morts ». Et effectivement, la comtesse de Saint-Fiacre est retrouvée raide-morte à la fin de l’office. Mais aucune trace de violence ou de blessure. Comment l’assassin s’y est-il pris ? et de qui s’agit-il ?
Après une enquête qui patauge, Maigret retrouvera, dans la grande salle du château,  ceux qu’il soupçonne d’avoir fait le coup : le curé, le médecin, le comte, le régisseur et son fils, le secrétaire de la comtesse. Pourtant ce n’est pas lui qui mène la danse mais bien le fils de la comtesse qui sort le grand jeu. Pour la première et la seule fois sans doute, notre bon commissaire est plutôt passif et se contente de suivre le fil de cette affaire qui lui échappe. Autre particularité, Maigret revient sur la terre de son enfance puisque son père fut jadis le régisseur au château de Saint-Fiacre.
Il a été tiré de cet excellent roman – un des plus connus de Simenon – un tout aussi excellent film de Jean Delannoy,  interprété, entre autres par Jean Gabin, dont le scénario a été tout chamboulé, toutefois avec dextérité.

Extraits :

- Maigret en avait les doigts de pied mal à l’aise dans les chaussures (…) Jamais de sa carrière, Maigret n’avait été aussi mal à l’aise. Et sans doute était-ce la première fois qu’il avait la sensation très nette d’être inférieur à la situation.

-  Certains individus à un moment donné de leur vie, ont ainsi une heure de plénitude, une heure pendant laquelle ils sont placés en quelque sorte au-dessus du reste de l’humanité et d’eux-mêmes.

samedi 15 décembre 2012

Yasmina Khadra : " L'olympe des infortunes "



Que diriez-vous de passer un peu de temps dans un bidonville ? Vous y ferez la connaissance de personnages bien typés : Ach le borgne, Junior un gars un peu simplet, Négus maigre comme un clou et méchant comme un pou, Haroum et les milliers de morpions qui trainent dans son caleçon, le Pacha qui s’est autoproclamé roi du terrain vague, Ben Adam, la mémoire du temps, la Mama, etc …
Mais tout cela n’est-il pas un peu trop moral ? … Si ! (je fais question et réponse, là)
Néanmoins (comme dirait Cléopâtre), nous préférerons ces petites phrases joliment poétiques déjà rencontrées chez Khadra.

Extraits :

-  Semblable à une orange blette, le soleil perd de l’altitude tandis que les ombres s’allongent démesurément pour accueillir la nuit.

-  Il a l’ouïe si affutée qu’il percevrait une araignée tisser sa toile.

- C’est vrai que l’orage a pété les plombs durant la nuit et que le vent a dépassé les bornes

-  C’est bien d’être à cheval sur ses principes, mais il faut savoir mettre pied à terre de temps en temps.

-  Le jour se lève sans trop de conviction

-  la vague se dégonfle à quelques brasses de la crique et s’affaisse lamentablement, semblable à la montagne accouchant d’une souris

-  Un troupeau de nuages broute à l’horizon

- Junior n’est pas un objet fétiche, ni une mascotte, ni un gri-gri qui te protégerait contre toi-même

mardi 11 décembre 2012

Gouvy en 1961



Immense commune – une des plus grande du royaume –  les 23 villages qui constitueront dans les années ‘70 la commune de Gouvy,  est également très peu peuplée (un bon 4000 âmes). Il ne s’y passe pas grand-chose de sensationnel à part un office religieux un peu solennel – mais si peu !-, un match de foot, … et c’est à peu près tout. Mais ne dit-on pas que les communes heureuses n’ont pas d’histoire (comprenez de sales histoires)…
Dont acte. Feuilletons quelques pages du journal l’Avenir du Luxembourg

- Vendredi 10 mars 1961
Football Neufchâteau-Gouvy. A Neufchâteau, les gens de Gouvy emportèrent non seulement les points mais aussi les derniers espoirs chestrolais d’enlever le titre. Les représailles furent terribles. Tandis que M. Dominique était traité de Lulumba, le délégué visiteur reçut un seau d’eau à la tête et le linesman visiteur dut se sauver, ayant reçu à la tête un morceau de bois. Nous avons reçu de Gouvy une note où l’on peut lire notamment : «  Est-ce l’effet du soleil espagnol, mais le terrain devint une arène et le public paraissait avide de sang ! Nous avons entendu crier : nous voulons du sang ! Je vous le jure, amis sportifs qui me lisez, vous qui suivez les matches de divisions nationales, vous perdez votre temps : le spectacle est ailleurs ! « 

-  Cinéma à la salle «  Chez Nous «  avenue Noël à Gouvy en 1961
«  Chiens de Baskerville «  film d’épouvante
«  L’inconnu du Nord express «  film d’épouvante
«  Babette s’en va en guerre «  film satirique et comique dont l’’action se déroule à l’époque de l’occupation et de la résistance française
«  La vache et le prisonnier «  comédie avec Fernandel (pour tous, légères réserves)
«  Le  Journal d’Anne Frank « 
«  Le Bossu «  c’est évidemment tiré du célèbre roman de P. Féval. Si tu ne viens pas à Lagardère, … tout y est (pour tous, lég. réser.)

- Mardi 8 août 1961
Le dimanche 13 août aura lieu à Bovigny l’inauguration de la nouvelle maison communale. Les invités se réuniront à 14h45 à l’école communale des religieuses.

-  Cinéma à Limerlé, Steinbach, Rettigny (patronage) en 1961

«  Typhon sur Nagasaki «  film exotique
«  La famille Trapp «  biographie où sont mis à l’honneur l’esprit de famille et les croyances religieuses
«  Vive les vacances «  histoire amusante et farfelue contée avec verve
«  L’homme qui en savait trop «  thriller très attachant

- Mercredi 6 septembre 1961
Gouvy a fêté, dimanche, les cinquante ans de sacerdoce d’un de ses enfants, M l’abbé Emile Maréchal. Le jubilaire avait vu le jour en 1886, dans une maison de la rue de la Gare, et y est revenu en 1954, non pour y jouir d’une retraite mille fois méritée, mais bien pour rester au service de l’Eglise. C’est ainsi que, chaque dimanche, M l’abbé Maréchal officie encore à Salmchâteau tout en étant en semaine à la disposition des habitants de Gouvy. Chaque jour, on peut le voir dans cette chapelle du quartier de la Gare, chapelle qui est en quelque sorte son œuvre. (…) M l’abbé Maréchal débuta son ministère au séminaire de Bastogne (…) il fut également professeur au collège St Joseph à Virton (…)
(ce dimanche) La foule escorta le jubilaire à la chapelle de la Gare (…)  M. de Potter, président du conseil de fabrique offrit le cadeau de la paroisse : une chasuble verte

- Vendredi 6 octobre 1961
C’est très prochainement que vont reprendre à Vielsalm, à Gouvy (…) les séances de ciné-forums qui ont, d’ailleurs, connus un très beau succès la saison dernière. Toutes les séances débutent à 20 heures. L’abonnement aux cinq soirées de la saison revient à 80 frs. Au programme : nuit de Cabira – Guendalina – de l’or en barre – Dieu est mort – mon oncle.

- Samedi 21 et dimanche 22 octobre 1961
Limerlé. Dimanche dernier, grâce au dévouement de la jeunesse masculine, le village de Limerlé vécut une kermesse remarquable. Sous un soleil radieux, en  présence d’une foule nombreuse, un match de football permit à l’équipe de Limerlé de vaincre l’équipe de Steinbach par 4 buts à 1. M. le curé, après avoir remis la coupe de la victoire, offrit à l’équipe de Steinbach la récompense du mérite sportif. Des courses populaires mirent en compétition les jeunes et les vieux animés du désir d’amuser les nombreux spectateurs. Rires, applaudissements, tournées généreuses de l’amitié créèrent durant toute l’après-midi un climat de gaieté qui prouvèrent que des vrais Godins, il en existe encore !

-  Mercredi 26 octobre 1961
Les artilleurs de Gouvy s’en sont donnés à cœur joie dimanche à Petithan. Onze fois, ils ont forcé le goalie local à aller repêcher le cuir au fond de sa cage (…) Score 2-12 (…)

-  Mardi 8 novembre 1961
Gouvy vient de livrer son sixième match sans défaite. Les «  Frontaliers » détiennent la grande forme et ils l’ont encore prouvé dimanche en réussissant un carton à Ochamps, 0-7 (…)

- Jeudi 23 novembre 1961
«  Parce que la province est peu peuplée, les transports en commun sont, dans le Luxembourg belge, un élément essentiel du niveau de vie « 
(…) la Sncb communique. Gouvy, remise aux locomotives – Poste de visite wagons et poste d’entretiens voitures.
Machinistes, chauffeurs, conducteurs : 30 agents – Fonctionnaire : 2 agents – Ouvrier : 47. Total : 79 agents.

-  Mercredi 29 novembre 1961
Redoutable sur leur terrain, les Frontaliers n’ont laissé aucune chance à leurs visiteurs de Mormont. (…) au quart d’heure, Roland Laloux avait déjà scoré à deux reprises. Lanners fit monter le score à 3-0. (…) Au final : 3-1.

-  Samedi 2 et dimanche 3 décembre 1961
Le chemin de croix de Maringer, acquis il ya a six ans par l’abbé Maréchal est maintenant placé dans le fond de la chapelle à Gouvy


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Et dans l’ »Annonce de Vielsalm » :



- Annonce de Vielsalm, samedi 1er avril 1961
Pour passer d’agréables soirées «  Au Harnais » à Gouvy. Graphisme : Joseph Bontemps



- Samedi 24 juin 1961
Suppression de la ligne Libramont-Gouvy



- Samedi 5 août 1961
Population des communes de la région



- Samedi 9 septembre 1961

Jubilé de l’abbé Emile Maréchal


Merci au journal l' "Annonce de Vielsalm "  !
Merci à la bibliothèque Albertine de Bruxelles  !

Marianne Jeffmar : " L'homme qui voulait être Simenon "



Bernard Wouters habite à Bruxelles. Il est professeur et écrit des articles dans un grand-journal-bien-connu-de-la-capitale. Il se prend pour Simenon, son idole ; il aurait bien voulu devenir le second Simenon mais ce ne sera pas. Qu’à cela ne tienne, sa fille, Marie-Jo, deviendra, elle, une écrivain célèbre … Mais les choses se passent rarement comme on le souhaite ; parfois, elles se passent en mieux, d’autres fois et le plus souvent, avouons-le,  en moins bien et, pour le cas qui nous intéresse, en nettement moins bien, que des tragédies même ...
L’auteur, Marianne Jeffmar, est une romancière suédoise. Elle excelle dans la description, dans le rendu de l’ambiance des villes telles Bruxelles, Paris, Liège … En musique de fond viennent s’ajouter des considérations sur l’œuvre de Simenon comme, par exemple, le père de Maigret ne fut-il pas le seul responsable de la mort du petit Kleine dans son roman – quasiment autobiographique - «  Le pendu de Saint-Pholien » ? Et d’autres plus terrifiantes encore que vous découvrirez dans ce livre surprenant.


Extraits :

-  «  Ce que vous n’avez pas abordé à dix-huit ans, vous ne l’aborderez plus. Le reste de votre vie, vous resterez par conséquent esclave de votre enfance et de votre première adolescence «  - Georges Simenon.

-  Il utilisait sans cesse sa propre existence comme matière première de ses livres.

samedi 8 décembre 2012

Georges Sim ( Simenon) : " Jehan Pinaguet "



« Jehan Pinaguet «  est le premier roman de Georges Simenon. Il l’a écrit à Liège en 1921 – il avait donc 18 ans-. Quelques mois plus tard, Georges quittait sa ville natale pour l’aventure,  à Paris. On retrouve déjà quelques idées qui lui seront chères tout au long de sa prodigieuse production littéraire : la description de la vie des «  petites gens », son intérêt pour ceux qui sortent des sentiers battus (comme l’abbé Chaumont) même - et surtout - si ce choix de vie est moralement peu correct.
" Jehan Pinaguet " dut attendre 1991 avant d'être édité.

Jehan (« pas Jean mais bien Jehan car on m’a toujours appelé ainsi ») provient du village de Saint-Audin tout près de Theux et s’installe à l’auberge du «  Boulet d’or » quai de la Goffe à Liège. Il est tour à tour cocher de fiacre où il fréquente ses collègues à la buvette du Bon Saint Antoine. Garçon de café où il nous fait entre autres visiter la cuisine du Grand Café Grétry. Il assiste à un meeting à la maison du peuple Le Populaire. Ensuite il est commis à la librairie du Bibliophile avisé. Il se lie d’une profonde amitié avec un gros curé hédoniste et philosophe, l’abbé Chaumont, qui devient son père spirituel.
A pointer encore la scène haute en couleur au tribunal de police entre Philomène Jeanne Léocadie Piedboeuf et Marie-Françoise Joseph Mathy qui n’a rien à envier à un sketch de Titine Badjaw…

Bref, un roman ultra prometteur (hum !) et bien amusant !

jeudi 6 décembre 2012

San-Antonio : " Du mouron à se faire "



Ca faisait bien des lunes, si pas des lustres que je n’avais plu ouvert un San Antonio. Grave erreur ! Pour le coup là, je me suis bien fendu la tronche et je vous fiche mon billet que des San-A, y en aura d’autres sur ce blog. Faut dire que ce du mouron à se faire est très particulier puisque c’est la seule œuvre du maître Frédéric Dard où toute l’histoire se déroule à Liège. Oufti !
 J’vais pas vous raconter l’histoire (faut du suspence) mais sachez que ce macho de commissaire est dans un hôtel à Lidge, qu’il mate son voisin par un trou qu’un quidam a foré dans le mur (rôôô, pas beau, ça !, vilain !) et que le bonhomme en question truffe des diam’s (des diamants) dans des fruits confis… (si-si !). Nous allons nous retrouver, illico presto, au 18 de la rue de L’Etuve, rue Léopold, à la gare des Guillemins (pas encore Calatrava), bref un peu partout dans la cité ardente ; même dans les petites rue chaudes du quartier nord du temps où il y avait encore les «  vitrines » (nous sommes en 1955).
A chaudement recommander ! Et si vous êtes Liégeois, un must absolu !


Extraits :

- Je me rends alors dans un petit restaurant où l’on me sert des boulettes de viande arrosées de sauce tomate. Ici, c’est l’aliment de base, faut se résigner.

-  C’est la nuit qu’on apprécie ou qu’on déteste vraiment une ville étrangère. Je découvre avec un rien d’étonnement que je me suis pris pour Liège d’une sérieuse amitié… C’est une bath ville, harmonieuse et aérée.

- Je vais faire un petit déjeuner copieux dans un café qui vient d’ouvrir et où s’engouffrent de braves prolos du coin… Ca jacasse ferme. Ils ont l’air heureux, les Belges, c’est ce qui me plaît le mieux chez eux.

-  Je suis les rues à filles. A Liège, elles sont en vitrine. On le voit dans des petits studios coquets, bien lingées, l’air gentil. Si le cœur vous chante, vous entrez, la dame tire un rideau vous isolant de la rue et vous vous achetez un quart d’heure d’entracte … Le système à retenir. J’aimerais le voir entrer en vigueur à Paname. Il aurait sa place dans le cadre de la campagne contre le bruit.

dimanche 2 décembre 2012

Guy Delhasse : " Le guide littéraire de Liège "



Oui, comme déjà dit ailleurs, c’est un vrai travail de bénédictin qu’à accompli Guy Delhasse dans ce guide littéraire de Liège. Je me demande comment il s’y est pris ; oufti ! il n’a quand même pas lu tout les livres qu’il mentionne ici ?
Uniquement des romans qui parlent ou raconte la bonne ville de Liège sous les signatures de principautaires (=  les ceuses qui sont nés et ont vécu la plus grande partie de leur vie à Lîdge) ; ou sous la signature de Liégeois quasi pur jus ou assimilés ; ou encore des amis de la cité ardente ; ou ceux qui y sont passé un jour et sont tombés sous le charme…

J’aimerais épingler certains auteurs, certaines œuvres mais comprenez qu’il s’agit d’un choix personnel, par goût ou affinité pour certains quartiers (comme le mien, Ste-Marguerite).

En tout bien tout honneur, les grandes pointures :

 Georges Simenon, bien sûr, avec plus particulièrement donc ses romans liégeois : Au Pont des Arches, Jehan Pinaguet, le Pendu de St-Pholien, la danseuse du gai –moulin, les trois crimes de mes amis, pédigrée,  …
René Henoumont : un oiseau pour le chat, café liégeois, la boite à tartines,  la série des enquêtes du commissaire Fluetn, …
Jean Jour : les trois tomes de «  Un gamin d’Outremeuse «.
Marcel Remy et le très mythique «  Les ceux de chez nous »

Puis ceux que je me propose de lire :
- le bourgmestre de Liège de Henry Conscience ( message corrigé)
- un coin de vie de misère de Paul Heusy
- Bouchard le foulon de Joseph Demoulin
- Le joyau de la mitre de Maurice Des Ombiaux
- Madeleine Bourdouxhe « la femme de Gilles « 
- Claude Godet " Le printemps de Liège "
- Christine Aventin le cœur en poche
- la série des Mononke de Paul Biron
- Sirop de Liège de Jean-Bernard Pouy
- Turlûte enfant de Liège De Raymond-Gaspard Jacob
- San Antonio : du mouron à se faire dont toute l’histoire se déroule à Liège
- André-Pierre Diriken et son chat Calewer qui cause mi-wallon, mi français
- Eugène Savitskaya et par exemple fou trop mentir

Liste non exhaustive, of course ! Heu pardon : oufti !

Extraits :

-  Les villes sont de filles de joie qui aiment leurs trottoirs.
- Qui n’aime pas les boulets ne peut pas comprendre Liège
- « Une ville wallonne, c’est un troupeau de maisons qui escalade la colline après s’être miré dans la rivière » (de … ?)


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Une interview sur RTC :

vendredi 30 novembre 2012

Georges Simenon : " Les autres "




Ce roman aurait très bien pu s’intituler « L’oncle Antoine est mort «  à savoir les premiers mots de cette histoire familiale. Simenon décortique cette famille et nous brosse le portrait de chacun de ses membres. Une famille à travers laquelle chaque lecteur pourra se reconnaître car chacune ne comporte-t-elle pas des part d’ombre, de ces détails plus ou moins scabreux que l’on répugne à se souvenir et pire encore à étaler au grand jour…
Les personnages par ordre d’apparition : l’oncle Antoine très riche sans enfant, Blaise le narrateur professeur aux Beaux Arts, Irène son épouse, la mère de Blaise, Colette l’épouse d’Antoine extrêmement belle mais fragile ; Floriau médecin , Monique son épouse, le cousin Edouard très pauvre et paumé, Marie son épouse, Lucien le frère de Blaise grand catholique et imprimeur ; Nicolas très riche célibataire amant d’Irène , Adèle bonne de Blaise qui couche avec lui , François domestique de l’oncle Antoine, …
Qui va hériter ?
Simenon ne répond pas à la question : quelle est la raison profonde de la mort d’Antoine. D’ailleurs personne ne se la pose. Chacun a autre chose à faire. Aucun doute possible,  tout le monde s’en fiche …
Appréciable !

Extrait :

-  Je suis resté longtemps sans amis parce que, ne sachant pas ce que je voulais devenir, je ne voyais aucun groupe auquel m’intégrer. Je vais écrire une chose paradoxale : j’étais trop ambitieux pour l’être.

jeudi 29 novembre 2012

Gouvy en 1960





Rue de la Gare à Gouvy en 1960 et ma maison natale


Ce n’est pas parce que je deviens de plus en plus liégeois que j’ai oublié Gouvy, mon village natal. J’y ai vécu à plein temps mes 12 premières années + 25 ans en tant que commerçant ; un joli bail. Maintenant que je deviens de plus en plus vieux, aussi, j’aime à me remémorer quelques bons moments vécus, là-bas, en terres ardennaises. Pourquoi alors ne pas essayer de  retrouver les traces de ce passé, et particulièrement celles de mes années d’enfance qui furent paradisiaques…
Où trouver un témoin fiable ? Telle était la question. Euréka ! La bibliothèque Albertine à Bruxelles m’a donné le précieux sésame : les archives du journal «  L’Avenir du Luxembourg ». Que de souvenirs rejaillissent maintenant grâce à ces journalistes anonymes. Merci à eux, merci à la Royale bibliothèque, merci au plus luxembourgeois des journaux !

                       CELA S’EST PASSE A GOUVY EN 1960


-  L’Avenir du Luxembourg, jeudi 14 janvier 1960
Gouvy.  Au cercle des Ménagères Rurales. Le 7 janvier se tenait l’assemblée annuelle du C.M.R. au patronage. Une cinquantaine de membres étaient présentes. La présidente, madame Monville, exprima les vœux de bonne année. (…) Le souper avec gâteaux et pistolets fourrés se déroula dans une ambiance joyeuse et fraternelle (...) La fête se termina par quelques chansons.

-  L’Avenir du Luxembourg, vendredi 22 janvier 1960
Beho. Le 19 janvier, les conjoints Pierre Lenfant et Marie Lenfant de Beho, âgés respectivement de 86 et 83 ans ont fêté leurs noces d’or(…) Cette honorable famille compta 15 enfants, dont 8 morts en bas âge. Les 7 autres, tous mariés, entouraient avec leurs familles les jubilaires, à qui nous adressons toutes nos félicitations.

- Jeudi 26 janvier 1960
Jeudi à 19h s’est tenue l’assemblée générale du Syndicat agricole de Gouvy sous la présidence de François Burnotte. Le secrétaire Louis Nisen exposa la situation financière du Syndicat. Au cours de cette réunion, il fut décidé d'organiser un grand concours –exposition les 5 et 6 juin prochain.

-  Samedi 30 et dimanche 31 janvier 1960
Limerlé. L’eau arrive. Le mardi 26 janvier, 17h, doit être marqué d’une pierre blanche dans les annales communales. A ce moment précis, le premier flot d’eau arrivait au réservoir de tête, situé sur le mamelon 520, au sud-est de Limerlé.

-  Mercredi 17 février 1960
Gouvy. Un petit garçon est venu égayer le jeune foyer des époux Pignon-Klons. Il a reçu au baptême le prénom de Marc.

-  Quelques films à l’affiche du cinéma «  Chez Nous », avenue Noël en 1960 :
«  Sérénade au Texas «  western musical avec Luis Mariano et Bourvil
«  La famille Trapp en Amérique «  charmante comédie musicale (pour tous, légères réserves)
«  La loi c’est la loi «  comédie gaie avec Fernandel
«  La grande illusion «  film de guerre qui prône l’entente entre tous les hommes sans distinction de classe, de race ni de nationalité (pour adultes)
«  Les dix commandements «  film biblique (pour adultes)
" Guerre et paix " film dramatique remarquable (pr adultes)
" Symphonie inachevée " biographie
" Sueurs froides " excellent film dramatique d'Alfred Hitchcock


- Lundi 14 mars 1960
 Le 20 mars prochain, le club des supporters de football présentera au profit de la caisse d’entraide aux anciens combattants de Gouvy «  Le soldat Lriflette «, comédie en 3 actes. Trois heures de fou-rire et une soirée à ne pas manquer.

- Mercredi 6 avril
Gouvy. Samedi 2 avril, se sont déroulées les funérailles de Melle Mariette Kalbusch, décédée à l’âge de 58 ans. La défunte exerça la profession de sage-femme et infirmière durant de nombreuses années et jouissait de l’estime générale. Une foule très nombreuse assistait aux funérailles.

- Mercredi 4 mai 1960
Cherain. Dimanche 1er mai, la grande fancy-fair organisée par la Jeunesse Rurale du secteur de Cherain a remporté un vif succès. Peu de soleil ! Un peu de pluie ! Beaucoup de monde ! (…)

-  Jeudi 5 mai 1960
Gouvy. Il y a promesse de mariage entre Léon Haan, facteur des Postes de Gouvy et de Anne-Marie Gérard. Nos félicitations !

-  Jeudi 9 juin 1960
Gouvy. Le jeudi 26 mai, par un beau soleil de printemps, la foule s’est dirigée vers la salle du ciné «  Chez nous » où les élèves de l’école Ste-Thérèse fêtaient leurs mamans. Un orchestre de petits garçons exécuta la «  marche des cadets ». (…) Toutes les filles de l’école primaire chantèrent gracieusement le chant de la fête des mamans. Les garçons dansèrent la polka des petits facteurs et furent très applaudis. Ils durent revenir sur la scène une deuxième fois. Une comédie «  Batisse et Lalie «  fit bien rire le public. Puis les grandes présentèrent avec souplesse et grâce le ballet des cerceaux, rythmé par une musique entrainante. Elles furent, elles aussi, très applaudies. Au cours de cette représentation, Mr l’abbé Zéler, curé de Gouvy, épingla sur la poitrine de la Révérante Sœur Emérencia, la médaille civique de 1ère classe, pour 32 ans d’enseignement.

-  Lundi 27 juin
Gouvy. Samedi matin, on apprenait la mort du docteur Célestin Noël, décédé à Gouvy dans sa 72 ème année. Le défunt était ancien combattant des deux guerres et président d’honneur de la section des A.C. de Gouvy. Il s’était installé comme médecin à Gouvy, depuis 1920 et jouissait de l’estime générale.

- Vendredi 8 juillet 1960

Gouvy. A l’école Ste-Thérèse. L’année scolaire se termina sur des succès encourageants. A l’examen cantonal de fin d’études primaire qui s’est tenu à Salmchâteau, quatre élèves ont obtenus, avec de très beaux résultats, leur certificat de fin d’études primaire : Raymonde Avalosse, Maryse Lanners, Simone Winand et Marie-Rose Catin. Toutes nos félicitations.

- Cinéma à Limerlé, Steinbach et Rettigny en 1960 :
« Dunkerque «  film de guerre
«  La mégère apprivoisée «  comédie
«  Le Tzarévitch «  opérette
«  La loi c’est la loi «  comédie avec Toto et Fernandel
«  Ma femme, ma gosse et moi «  comédie gaie

- Mardi 16 août 1960
Gouvy. C’est dans une atmosphère d’allégresse exceptionnelle et malgré un ciel très nuageux que la population de Gouvy s’est unie pour la première messe paroissiale du R.P. Réné Andrianne. (…)
Peu après le cortège s’achemina vers l’autel dressé en plein air. (…) Entourant l’autel, on pouvait reconnaître M.M. les abbés Van der Viest, Zéler, révérend curé de Gouvy, Delheylle, vicaire à Gouvy, Foogem, Dembour et Maréchal. (…) La journée fut clôturée par un salut solennel chanté en la chapelle de Gouvy.

-  Vendredi 9 septembre 1960
Gouvy. On demande des égouts. Sur les instances de nombreux habitants de Gouvy, le Dr Charles Misson vient d’écrire au ministre de la Santé publique pour attirer son attention sur le fait que le problème des égouts dans le village reste toujours sans solution. Gouvy, village assez étendu, où se trouve une gare importante est une agglomération qui ne demande qu’à jouir comme d’autres localités ardennaises d’un minimum de confort et de salubrité. Or, le bruit court qu’en ce qui concerne les égouts, rien ne sera fait avant des années faute de crédits. Le docteur demande en terminant pour quand sont prévus ces travaux d’hygiène si nécessaire à Gouvy.

-  Mercredi 14 décembre 1960
Football. En division ll prov. Série B, Bomal net vainqueur à Harre rejoint Mormont tenu en échec par Gouvy. Gouvy a bien failli créer la surprise à Mormont qui, à la pause, était mené par Gouvy trois buts à zéro. (…) Les visiteurs déplaçant un onze privé de Bock, A. Scheuren et les frères Dessy. Ils alignaient, par contre, les frères Hennuy (Léopold et François), Laloux R. et Jacquemin. Ces deux derniers se mirent particulièrement en évidence. Le premier en marquant deux des trois goals, le second en exécutant dans les bois de nombreux arrêts spectaculaires. (…)

-  Samedi 17 et dimanche 18 décembre 1960
Cherain. Un gros garçon est venu réjouir le foyer de M et Mme Gresse-Hay, cultivateur à Rettigny. Au baptême, il a reçu le prénom de Jean-Luc.




                                                Horaires de trains et de bus Gouvy-Liège





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Et dans l’ « Annonce de Vielsalm » :



- « Annonce de Vielsalm », dimanche 27 mars 1960
Le laetare à la salle Franck de Gouvy



- Dimanche 22 mai 1960
Bal des bouchers en la salle du Luxembourg à Gouvy



- Dimanche 25 décembre 1960

Rendez-vous «  Au Harnais » à Gouvy ; Graphisme : Joseph Bontemps


Merci au journal l' "Annonce de Vielsalm "   !
Merci à la bibliothèque Albertine de Bruxelles  !

dimanche 25 novembre 2012

Juremir Machado Da Silva : " En Patagonie avec Michel Houellebecq "




Le professeur-journaliste-écrivain brésilien Juremir Machado Da Silva et son épouse Claudia invitent Michel Houellebecq pour un séjour en Patagonie. Tous trois  vont partager avec la nature de ce phantasme du bout du monde, dresser, par exemple, un bestiaire comprenant les pingouins et les loups-marins. Ils admirent les glaciers, Ushuaia, parlent littérature, des auteurs et des écrivains ; de l’art, des femmes et des filles ; de Dieu, de la vie, de la mort, de la politique, du passé du présent de l’avenir, … ; le tout autour d’une ou deux bouteilles de vin «  richissime «.
 Un récit de voyage, passablement intello (mais pas trop quand même),  hyper agréable et empli d’humour, semblable à un excellent apéritif. Un trip qui s’est déroulé en 2007, traduit en français et publié en 2011.
A consommer sans modération !

Extraits :

- Claudia dit à propos de Houellebecq : il est triste comme un chiot./
 – Extension du domaine de la lutte est le livre le plus triste que j’ai lu de toute ma vie.

- Cette scène deviendra un rite. Aussi routinier que son habitude de tenir sa cigarette entre le majeur et l’annulaire ou de tenir son mouchoir roulé en boule comme si c’était une «  doudoune » de bébé

- La grande contribution de Michel Houellebecq à la littérature serait la revalorisation du point-virgule.

-  Michel Thomas. Thomas est le patronyme de Michel Houellebecq.

-  « Tes livres sont-ils autobiographiques ? »
« - Non, si je compare avec ce dont je me souviens des pages de mes livres, je ne trouve pas beaucoup de choses en commun. (…) Même quand il en existe, elles sont tellement modifiées qu’elles en deviennent presque le contraire «

-  Les gens ne lisent pas quelqu’un parce qu’il est le meilleur, mais parce qu’il est le seul dans son genre.

-   Je suis contre le retour de toutes les religions. En même temps, pourtant, je trouve triste de ne pas croire en Dieu. (…) Les gens qui croient sont plus heureux. 

-  Le football est un substitut de la guerre.

- «  - J’ai peur de la mort »
«  - Sois tranquille, elle prévient toujours avant d’arriver, dit Michel »
«  - Ah bon ? »
«  - Quelques secondes avant de se présenter… »
« - Quelques secondes ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? »
«  - C’est plus que suffisant. »
«  - Plus que suffisant ? Pour quoi faire « 
«  - Pour savoir que l’on meurt « 
(Ne pas mourir idiot)

samedi 24 novembre 2012

" J'ai un rêve " par Michel Houellebecq




J'ai un rêve
par Michel Houellebecq

" Que les choses soient claires : la vie, telle qu’elle est, n’est pas mauvaise. Nous avons accompli certains de nos rêves. Nous pouvons voler, nous pouvons respirer sous l’eau, nous avons inventé des appareils électro-ménagers et l’ordinateur. Le problème commence avec le corps humain. Le cerveau par exemple est un organe d’une grande richesse et les gens meurent sans avoir exploité toutes ses possibilités. Non parce que la tête est trop grosse mais parce que la vie est trop courte. Nous vieillissons rapidement et nous disparaissons. Pourquoi ? Nous ne savons pas, et si nous savions nous serions tout de même insatisfaits. C’est très simple : les êtres humains veulent vivre et pourtant ils doivent mourir. A partir de là, le premier désir est d’être immortel. Bien sûr, personne ne sait à quoi ressemble la vie éternelle, mais nous pouvons l’imaginer.

Dans mon rêve de vie éternelle il ne se passe pas grand chose. Peut être que je vis dans une grotte. Oui, j’aime les grottes, il fait sombre et frais et je me sens en sécurité à l’intérieur. Souvent je me demande s’il y a eu de réels progrès depuis la vie dans les grottes. Lorsque je suis assis là, écoutant calmement le bruit de la mer, entouré de créatures amicales, je pense à ce que je voudrais enlever dans ce monde : les puces, les oiseaux de proie, l’argent et le travail. Probablement aussi les films pornos et la croyance en dieu. De temps à autre, je décide d’arrêter de fumer. A la place des cigarettes, je préfère prendre des pilules qui ont un effet stimulant analogue sur mon cerveau. De plus, j’ai une grande variété de drogues synthétiques à ma disposition, chacune de ces drogues développe ma sensibilité. Je suis alors capable d’entendre des ultra-sons, de voir les rayons ultra-violets – et d’autres choses que j’ai du mal à comprendre.

Je suis un peu différent à présent, pas seulement plus jeune, mon corps est transformé, j’ai quatre jambes, c’est chouette, je me tiens beaucoup mieux debout, solidement relié à la terre. Même quand je bois trop, je n’ai pas peur de tomber. Contrairement à l’homme primitif, le kangourou et le pingouin, rien ne m’ébranle facilement. Et il y a plus : je n’ai plus besoin de vêtements. Les vêtement ne sont pas pratiques, quels que soient leur forme, ils gênent la respiration de la peau. Nu je me sens plus libre. Le plus important, c’est que je ne suis ni mâle ni femelle - un hermaphrodite. Avant je ne pouvais qu’imaginer la sensation de la pénétration, n’étant pas homosexuel. Maintenant j’en ai quelque idée, c’est une expérience fondamentale que j’attendais depuis longtemps. Je n’ai plus rien à espérer. Certains lecteurs se demanderont si la vie, dans la plus belle des grottes avec les plus adorables des créatures, ne finirait pas par être ennuyeuse après des milliers d’années (voire des centaines de milliers d’années dans mon cas). Non, je ne crois pas, en tout cas pas pour moi. Je ne trouve pas ennuyeux de répéter à l’infini ce que j’aime faire, j’irais même plus loin : le vrai bonheur est la répétition, dans le perpétuel recommencement de la même chose, comme dans la danse et la musique, par exemple Autobahn de Krafwerk. Il en va de même pour le sexe : quand c’est terminé, nous voudrions recommencer. Le bonheur est une accoutumance, une accoutumance qui peut être concentrée dans des trucs chimiques où dans des êtres humains, quand j’ai mes pilules ou mes amis, je n’ai plus besoin de rien. L’ennui est l’alternative du bonheur, le quotidien journalier, les nouveaux produits, les informations – même présentées de façon attractive. J’ai trouvé le bonheur dans ma grotte, je n’ai plus rien à espérer, je prends un bain quand je veux. Dehors il fait chaud et clair, je pense un peu à l’Allemagne où des gens ont vécus ensemble dans des petits espaces et je suis heureux que le paradis ne connaissent pas la surpopulation. Les gens sont libres de choisir leur tombeau, ils roulent autant qu’ils veulent.

J’ouvre mes yeux et constate que mon rêve est plutôt superficiel. J’allume une nouvelle cigarette, mâchouille le filtre, en réalité il n’y a pas d’harmonie avec l’univers. Dans les moments de bonheur, par exemple en contemplant un beau paysage, je sais instantanément que je n’en fais pas partie, le monde m’apparaît comme quelque chose d’étrange, je ne connais aucun endroit où je puisse me sentir chez moi. Dieu, lui-même ne peut résoudre ce problème, d’ailleurs je ne crois pas en dieu, il n’est pas nécessaire, ni ici ni au paradis. Je crois en l’amour, c’est la seule chose valable que nous possédions, mieux qu’un programme de fitness, mieux que le sport. Peut être qu’un jour mon rêve d’éternité se réalisera, je serai alors une créature avec des jambes, des ailes ou des tentacules, peut être ailleurs. Contrairement à la plupart des gens, je ne crains pas la mort, en vieillissant, je redécouvre ma jeunesse, longtemps oubliée et de temps à autre lorsque les choses vont mal, je me carapace confortablement dans mon travail. Mes livres me garantissent déjà une forme d’immortalité."

Traduction française par Michel Meyer de la traduction anglaise par
Roel de Bie d'un entretien de Michel Houellebecq avec le journaliste
allemand Wolfgang Farkas publié le 2 novembre 2000 dans l'hebdomadaire Die
Zeit et faisant partie d'une série intitulée "Ich habe einen Traum" (J'ai un
rêve)

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Blog de l'association des amis de Michel Houellebecq :

http://www.houellebecq.info/
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Ce que pense Luchini de Houellebecq :

http://www.ecrans.fr/Vu-sur-le-www,3472.html