" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

lundi 30 janvier 2012

Suicides à Liège à la Belle Epoque


Edouard Manet : " Suicide "



Loin de moi la funeste idée de faire l’apologie du suicide (quel faux-cul je fais, quand même …). Que nenni ! Mais juste par simple curiosité et comme les documents existent, pourquoi s’en priver…
 Comment se suicidait-t-on à Liège à la Belle Epoque ? Telle est la question. En voici quelques exemples. J'ai préféré écarter les actes parmi les plus violemment décrits ( cela n'est pas le but recherché ici et, de plus, cela ne sert à rien ).
Ces articles du journal «  La Meuse «  sont extraits du livre «  Petites histoires de Liège et sa province à la Belle Epoque, de 1880 à 1914 «  de Jean-Pierre Rorive avec la participation de ses rhétoriciens 2006-2007. Publié aux éditions Jordan.

- Fils inconsolable
Un suicide accompli dans des circonstances particulièrement dramatique a eu lieu hier vendredi à Liège. Le fils Cajot, en rentrant de son service de nuit chez M. Poncelet, a trouvé son père mort d’une attaque d’apoplexie. Fou de douleur, le malheureux s’est enfui de la maison et est allé se jeter dans la Meuse. Il n’a pu être retiré qu’à l’état de cadavre.
                                                                                (18 et 19avril 1885)
-  Suicide par amour
Un triste drame s’est passé hier à 16 heures au Boulevard Piercot. Un jeune homme, nommé P…, demeurant rue Saint-Gilles, se promenait avec une jeune fille, lorsque, tout à coup, celle-ci le quitta. Il la regarda s’éloigner et, à peine avait-elle disparu, qu’il enjamba le parapet et se précipita dans la Meuse. On l’en retirait un quart d’heure après, en face de l’Evêché. Mr le docteur Schifflers, mandaté en toute hâte, ne put que constater le décès. Une dispute d’amoureux avait provoqué cet acte de désespoir. Inutile de dépeindre la douleur de la jeune fille et des parents de la victime.
                                                                      (18 mai 1887)


-  Suicidaire délicat
Hier, vers 20 heures, des enfants jouaient près d’un viaduc de la rue Saint-Gilles, quand un passant vint leur dire : «  Attention, je vais me tuer ! «. Cet original n’avait pas fait trois mètres que, en effet, on le voyait approcher un révolver de sa tempe. Un coup de feu retentit et l’homme tomba sous le viaduc. Il était mort.
                                                                           (19 août 1896)
- Suicide musical
Des enfants qui jouaient jeudi après-midi à Wandre ont découvert le cadavre d’un homme, pendu à une branche d’arbre. A côté du cadavre se trouvait un accordéon et, sur sa poitrine, le suicidé avait épinglé un billet sur lequel étaient tracés au crayon les vers suivants :
«  Do, mi, sol, do
Quand on trouve mon cadavre, il ne sera plus chaud ;
Ré, fa, la, ré
Mon instrument est à côté ;
Sol, do, mi, sol
Ma femme mourut folle ;
Mi, sol, si, mi
Et moi, je me pendis ici !
Mon nom est Dufour
 Je travaillais le soir, me reposais le jour. « 
Le cadavre a été enterré d’urgence. Il s’agit d’un nommé Dufour, musicien ambulant, âgé de 53 ans, né à Arlon.
                                                                                   (9 février 1900)
- Momifié avant sa mort
Lundi, vers 17 heures, l’homme momie installé sur la foire, s’est suicidé en se tirant un coup de révolver dans la tempe.
                                                                                     (10 octobre 1905)
- Complexe d’Oedipe mal réglé ?
Venant d’un asile d’aliénés de Tournai, un nommé Louis C…, âgé de 35 ans se rendit, dimanche soir, chez ses sœurs avec lesquelles il causa quelques instants. Malgré les supplications de celles-ci pour le retenir pour le logis, C… ne voulut rien entendre, et, en sortant, leur dit : «  Je vais retrouver ma mère au cimetière. ». En raison de l’heure tardive, les deux femmes ne purent avertir Mr Boy, le commissaire adjoint. Ce lundi matin, vers 6 heures, elles se rendirent chez M Boy qui alla au cimetière accompagné du fossoyeur. C… avait mis son projet à exécution. Il avait attaché une corde à la croix plantée sur la tombe de sa mère et il s’était pendu.
                                                                          (11 mai 1908)
- Sang froid inouï d’une gamine
La dame H… ? de Verviers est neurasthénique. Or, hier, profitant de l’absence de son mari, elle s’en fut à la mansarde, fixa une corde sur une poutre et se pendit après avoir d’un coup de pied, renverser la chaise sur laquelle elle était montée. La fillette, entendant le bruit de la chaise tomber, grimpa à la mansarde et aperçut sa mère suspendue dans le vide. D’un bond, elle descendit dans la cuisine, prit un couteau, remonta et coupa la corde. Sa mère fut sauvée d’une mort certaine. Néanmoins, la malheureuse se trouve dans un état grave.
                                                                              (21 juillet 1908)
- Pour refus paternel
Le nommé E…, célibataire, âgé de 20 ans se voyant refuser le consentement paternel pour contracter mariage, en conçut un vif désespoir. Il s’introduisit un mouchoir  dans la bouche et se trancha net l’artère carotide à l’aide de son rasoir. Sous l’oreiller, son a retrouvé son testament.
                                                                               (16 juin 1908)



mardi 24 janvier 2012

Georges Simenon : " L'amie de madame Maigret "



Il ya la petite dame du square d’Anvers, mais si, vous savez celle qui porte un tailleur bleu et un chapeau blanc ;  les deux dents humaines retrouvées dans le calorifère du Flamand qui est aussi relieur. Une malle qui disparaît, un enfant qui joue, des taxis en veux-tu en voilà où tous ces personnages, à commencer par notre commissaire préféré, sillonnent les quatres coins de Paris. La rue de Turenne, les filatures, les rebondissements, l’avocat et son bras droit sans oublier Fernande. Et si madame Maigret a une amie, c’est bien à l’insu de son plein gré.
Un Maigret très «  policier « . Je le préfère quand il est «  psycho ». Question de goût, notez.


Extrait :

-  Vous l’aimez ?

- Ce mot-là ne veut rien dire. Il en faudrait un autre, un mot fait exprès, qui n’existe pas.

dimanche 22 janvier 2012

Cavanna : " L'Almanach-agenda, 1985 "



Ya pas à dire ! François Cavanna prend son pied quand il écrit. C’est même une condition sine qua non. Ce n’est pas une raison pour laquelle il ne cause pas de choses sérieuses, non-non ma bonne dame. Mais il n’oubliera jamais d’y apporter son grain de sel, son coup de patte, sa fantaisie, sa dérision partout et en tout. Et son public ne s’y trompe pas : il se marre bien-bien à son tour.

« Almanach-agenda de 1985 « est un fleuron dans le genre. Vous pourrez y retrouver de très larges extraits de son fameux et indispensable livre « Le saviez-vous ? », des rébus faits maison ( gnourf-gnourf ! ), des maximes ( revues et corrigées ) de z’homme z’illustres, des feintes diverses, des extraits de ses merveilleux romans ( « Les Ritals « , « Les Ruskoffs « , « L’œil du lapin « , etc.. ).

A pointer peut-être quelques articles comme « Les français et l’amour, chanter sous la douche, le dieu travail, au commencement, j’ai vu crouler Berlin, maman et la télé, sainte feignasserie, le 11 novembre, à la main, …

Jou-i-ssif ! ! !


Extraits :

- Quatre-vingt pour cent des enfants de moins de cinq ans estiment qu’il ne faut pas tout dire aux parents, à leur âge ça ne pourrait que leur donner des regrets.

- Quatre-vingt-douze Françaises sur cent n’ont jamais connu d’orgasme. Les autres sont des salopes.

- Il est remarquable qu’aucun gouvernement, même parmi les plus cléricaux, n’ait jamais songé à donner, à titre posthume, la Légion d’Honneur à Jésus-Christ.

- Lépreux - Au Moyen Age, on accrochait des clochettes aux lépreux afin que les petits enfants les entendissent arriver de loin et accourussent leur jeter des pierres.

- Perles- Les perles que l’on trouve dans les huîtres pendant les mois en R sont fausses.

- Chinois- On a longtemps cru que la prodigieuse fécondité des Chinois était due à ce qu’ils mangent beaucoup de riz. On sait aujourd’hui qu’il n’en est rien. La prodigieuse fécondité des Chinois est due à ce qu’ils font beaucoup l’amour.

- Mer Morte – Les eaux de la Mer Morte sont si lourdes que, si l’on y jette un fer à repasser, il vous rebondit en pleine gueule.

- Morte (peine de) – Un sondage récent a révélé que 63 % seulement des Français sont favorables au maintien de la peine de mort. Le même sondage a révélé que ce pourcentage s’élèverait immédiatement à 99,87 % si les exécutions capitales étaient télévisées.

- Mille-pattes – Les mille-pattes croient que Dieu les a faits à Son image.

- Corse – D’après des récents travaux du professeur Napoléon-Tino Dormiralombra de l’Académie de Géographie d’Ajaccio (Corse), l’Europe serait une espèce de grande île et la Corse un petit continent.

mercredi 18 janvier 2012

René Henoumont : " Les enquêtes du commissaire Fluet - Les vieux fusils et le cabane du Négus "




« Les Vieux Fusils «

Quelle mouche à piqué madame Fluet pour aller vendre ainsi la collection de pendules de son commissaire de mari ? Elle sait très bien, pourtant, qu’il y tient comme à la prunelle de ses yeux. Oufti, toi ! Le commissaire Fluet prend la mouche, fiche le camp du domicile conjugal et s’installe en pension dans une auberge de Hamoir, en région liégeoise. C’est là que notre homme apprendra à pécher à la mouche sur les conseils avisés du Juge Piedboeuf. Et c’est là également qu’il fera la connaissance – et nous aussi par le fait même – de la tribu des Ratintot, le père Gilles, les trois fils, des braconniers, entre autres, auxquels il n’est pas conseillé de se frotter de trop près. Puis l’unique fille, Flora, une belle jeunette qui veut prendre son indépendance, Jacques, son demi-frère, et une mystérieuse boite aux trésors. Autant vous dire que chez les Ratintot, on va sortir la grosse artillerie. En Ardenne, à Liège, à Bruxelles et même à Paris.

Une jolie histoire, rondement menée. On n’a pas le temps de s’ennuyer en tout cas. Le récit, comme toujours chez Henoumont, fourmille d’expressions idiomatiques à la liégeoise. Ainsi que de brèves évocations historiques.

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« La cabane du Négus «

Une double enquête pour le commissaire Fluet et ses inspecteurs. Un poissonnier est retrouvé raide mort, recouvert de harengs dans sa boutique en Feronstrée à Lîdge.

La logeuse du neveu de madame Fluet est, elle, retrouvée pendue, et Jacques, le neveu est plus que soupçonné. Sans compter qu’il ne donne plus signe de vie à son épouse et pour cause, il écoute les chants des poules avec le Négus, l’homme solitaire des Hautes Fagnes, dans l’est de la Belgique.

Tout cela sent bon le terroir avec les boulets- frites sauce liégeoise.



Extraits :

- Avec votre respect, Monsieur le Commissaire, vous allez tourner en rond dans les bois et, quand vous en sortirez, vous aurez une grande barbe.

- Il y avait les blancs, les jaunes, les noirs, les rouges et puis, race imprévisible, les femmes !

mardi 17 janvier 2012

Georges Simenon : " L'ami d'enfance de Maigret "



Pourrait-t’on trouver meilleur personnage central pour une intrigue policière ? Josée (Joséphine), 34 ans, célibataire, sans profession, a pas moins de cinq amants. Aucun d’eux n’est au courant de la « concurrence « car Josée a donné cinq versions de vie et d’origines différentes et son agenda est archi bien tenu. En outre elle s’est bien gardée de leur dire qu’elle a acheté une maison à Montmartre et qu’elle possède des économies cachées dans un bas de laine (ou presque). Mais Josée est retrouvée assassinée dans son appartements, rue Notre-Dame-de-Lorette. Vous pouvez compter sur Maigret – qui, vous le savez, est plus que futé – pour trouver la ou les culpabilités.

Un plus qu’excellentissime Maigret. Côte : 5 balles en or !

Extraits :

- Car Maigret n’avait jamais voulu apprendre à conduire.

(note : c’est madame Maigret qui conduit quand ils prennent leur voiture)

- J’ai vendu une police d’assurance vie importante à un bonhomme de soixante-dix ans qui a peur pour son avenir. « Plus ils sont vieux, plus ils s’inquiètent de l’avenir «.

- Le vent soufflait en rafales, chargé d’eau qu’on recevait de plein fouet. De l’eau mouillée, comme il disait quand il était enfant.

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Note : dans ce roman qui date de 1968, Maigret a 53 ans.

samedi 14 janvier 2012

Georges Simenon : " Maigret et son mort "




Attendu que l’action se passe en février,
Où notre commissaire s’est chopé un rhume ; – pour ses supérieurs, il la qualifiera de bronchite -,
Où Maigret se transforme en patron de bistrot ( pour la bonne cause ),
Où madame Maigret joue les téléphonistes pour son bonhomme de mari,
Où le petit Albert se fait dégommé (transpercé même) et où un Tchèque se ramasse un fatal pruneau,
Où on assiste à une rafale de première dans le quartier de la rue Roi-de-Sicile et des Rosiers,
Où l’on fait la connaissance d’une sale bande de malfrats (y compris la très belle Maria) qui trucide des fermiers à coups de haches,
Ambiance garantie, comme on disait dans les bals d’antan …

jeudi 12 janvier 2012

Horloge de l'Apocalypse ( dite de la fin du monde )




Cette horloge fut créée en 1947, peu de temps après les bombes lancées sur le Japon. Elle indiquait, en cette année-là, 23h47. Sachez que minuit représente la fin du monde. L’horloge tient compte des menaces nucléaires, écologiques et techniques. Elle peut fluctuer selon le temps et les menaces des époques ; ainsi en 1990, à la suite de la chute du Mur de Berlin, on pouvait lire : 23h50. Notre pendule est donc régulièrement mise à l’heure.

A c’t’heure, au troisième top, il sera minuit moins cinq.

Bonne nuit braves gens !

Pour en savoir plus :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Horloge_de_la_fin_du_monde

lundi 9 janvier 2012

Georges Bernanos : " Nouvelle Histoire de Mouchette "



Avec Mouchette, nous plongeons dans un monde de misère extrême. Où les gens vivent comme des bêtes, sans loi ni morale si ce n’est celle du plus fort, où règnent violence, alcoolisme, promiscuité infecte. Mouchette une gamine, qui vit seule contre tous, celle qu’on nomme tête de rat, vermine, sauvage, malapprise, petite traînée, … Oui, elle connaîtra les coups de ceinture de son père, l’ignominie distillée par Madame, la maîtresse d’école ; les railleries des autres élèves, filles et garçons, les attouchements de ce qu’elle nomme son amant un hors la loi, la mort épouvantable de sa mère, jusqu’à sa propre dernière longue descente dans la vase…

Le style de Bernanos exerce tout son poids sur ce récit plein d’effroi : chaque mot, chaque phrase semblent peser plus lourd que les mots, la langue, le style que nous employons aujourd’hui.

Ainsi tiré de la quatrième de couverture : « Tableau saisissant, d’une tragique vérité, qui vous empoigne à la gorge ! «.

De remarquables paragraphes, à propos du suicide, que vous trouverez plus bas.


Extraits :

- La cendre est froide depuis longtemps, et il n’y a plus d’allumettes à la maison, car le père rafle la boite, avant d’aller passer la nuit au cabaret. Tant pis ! Le frère devra se contenter du biberon froid, qu’elle glisse d’ailleurs, comme d’habitude, pour l’attiédir au creux de son corsage.

- On croit généralement que l’acte du suicide est un acte semblable aux autres, c’est-à-dire le dernier maillon d’une longue chaîne de réflexions ou du moins d’images, la conclusion d’un débat suprême entre l’instinct vital et un autre instinct, plus mystérieux, de renoncement, de refus. Il n’en est pas ainsi, cependant. Si l’on excepte certaines formes d’obsessions qui ne relèvent que de l’aliéniste, le geste suicidaire reste un phénomène inexplicable, d’une soudaineté effrayante (…)

- Le geste du suicide n’épouvante réellement que ceux qui ne sont point tentés de l’accomplir, ne le seront sans doute jamais, car le noir abîme n’accueillent que les prédestinés. Celui qui déjà dispose de la volonté meurtrière l’ignore encore, ne s’en avisera qu’au dernier moment. La dernière lueur de conscience du suicidé, s’il n’est pas un dément, doit être celle de la stupeur, d’un étonnement désespéré.

- La simple pression de sa paume suffisait à maintenir son corps à la surface de l’eau, pourtant peu profonde. Un moment, par une sorte de jeu sinistre, elle renversa la tête en arrière, fixant le point le plus haut du ciel. L’eau insidieuse glissa le long de sa nuque, remplit ses oreilles d’un joyeux murmure de fête. Et, pivotant doucement sur les reins, elle crut sentir la vie se dérober sous elle tandis que montait à ses narines l’odeur même de la tombe.

dimanche 8 janvier 2012

Mes cogitations


- Homme de Spy ( cliquez sur l'image pour l'agrandir )


Mes cogitations. Du verbe latin cogitare, penser. Je me suis farci six années de latin, pour une fois que cela me sert à quelque chose, il ne faut quand même pas manquer de faire mon malin.

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- L’Homme de Spy ( voir photo )

Pas à dire, Il fait la Une, l’homme de Spy, ce néandertalien qui vivait en nos vastes contrées, il y a environ 40.000 ans. On a pu reconstituer, de manière hyperréaliste, son visage et son corps. Une première constatation saute aux yeux : nous n’avons guère évolué depuis l’âge des cavernes, physiquement en tout cas (pour le reste c’est encore discutable , mais sexuellement parlant, par exemple, c’est quasi kif-kif). Pour peu, on s’écrirait : « Papa ! ! ! «. Des pareils, on en rencontre treize à la douzaine dans nos rues. Et je rigole dans ma barbe quand je mets des noms sur ce visage de notre ancêtre à tous en pensant à des personnes bien précises connues à l’époque à Gouvy. Ha-ha-ha ! Je me marre. MDR !

Là, nous parlions d'aspects généraux, à savoir le type même de l'être humain brut et mâle ( pléonasme ? ) qui nous est présenté ici. Mais on peut se demander , en regardant un autre aspect plus spécifique, plus précis, après combien de temps arrive une dilution complète de nos gènes, mais familiaux cette fois. Ainsi, combien de fois ne m’a-t-on pas dit : « T’es vraiment ton père tout craché, toi « ; et c’est vrai pour des tas de choses (physique, réactions, manière de penser, …) ben ouais, mais moi au moins je ne suis pas le fils du facteur, na ! Donc mon paternel, ça va, je situe même bien. En ce qui concerne mes deux grands-pères, je ne sais quasiment rien ou si peu de choses. D'après une photo, mon grand-père paternel et moi, nous ne nous ressemblons pas du tout. Mes arrières, c’est le trou noir total : aucune information. Je suppose que, suite aux divers croisements des individus lors des mariages, nous nous éloignons physiquement de plus en plus de nos aïeux, mais après combien de générations (1 génération= 25 ans). 10 générations ? Après 20 , il ne doit plus rester grand-chose quand même. Faudra que je me renseigne …

(8 janvier 2012)

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- Anton Tchékhov et les bombes atomiques

Il y a quelques petites choses qui sont un peu tracassantes en ce début du 21 ème. La pollution, le réchauffement de la planète, la démographie galopante (7 milliards de bons z’hommes, j’hallucine !), … et les bombes z’atomiques.

Qui en possèdent ? La Russie, les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Chine, l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord. Sans doute dans quelques mois l’Iran. Puis à suivre …

En lisant « Kafka sur le Rivage « de Haruki Murakami, je suis tombé sur une phrase d’Anton Tchékhov : « Si un révolver apparaît dans une histoire, à un moment donné il faudra bien que quelqu’un s’en serve. «

Et bien, il est fort à craindre qu’il en va de même pour les bombes atomiques. Ce n’est pas pour vous inquiéter, notez : j’dis ça, j’dis rien …

Donc à suivre, et de très près même …

(12 janvier 2012)


à suivre ...

vendredi 6 janvier 2012

Amélie Nothomb : " Le Sabotage amoureux "



Le père d’Amélie est diplomate belge au Japon. Nommé à un nouveau poste, en 1972, toute la famille doit déménager pour la Chine. La petite Amélie tombe de haut, et même de très haut : d’un Japon qu’elle vénère au-delà de ce qui serait admissible, elle atterrit dans un monde qu’elle répugne. Pour se désennuyer, avec ses petits camarades d’école, une guerre ouverte éclate : les petits Allemands (de 6 à 10 ans) contre … le reste du monde (âge idem). A côté, « La guerre des boutons «, c’est de la gnognotte, de la rigolade. Et l’on sait combien les enfants peuvent être cruels entre eux. Malheurs aux vaincus ! à qui rien, - aucune humiliation, aucune torture -, ne sera épargné !

En parallèle, la petite Amélie (7 ans) va tomber follement amoureuse d’Elena (6 ans). Un amour aussi passionné que cruel.

Voilà une partie d’une autobiographie, à peine romancée, de l’auteur que nous tenons là entre les mains. Quel régal !

Une relecture, pour ma part, après pas loin de 20 ans : quel bonheur !

Le plus délicieux des livres !


Extraits :

- Chaque matin, une esclave venait me coiffer. Elle ne savait pas qu’elle était mon esclave. Elle se croyait chinoise. En vérité, elle n’avait pas de nationalité, puisqu’elle était mon esclave. Avant Pékin, je vivais au Japon, où l’on trouvait les meilleures esclaves. En Chine, la qualité des esclaves laissait à désirer.

- Le voyageur qui débarquerait en Chine sans une belle dose d’illusions chinoises ne verrait pas autre chose qu’un cauchemar. Ma mère a toujours eu le caractère le plus heureux de l’univers. Le soir de notre arrivée à Pékin, la laideur l’a tellement frappée qu’elle a pleuré.

- Je lisais peu : j’avais autre chose à faire. La lecture, c’est bon pour les désœuvrés qu’étaient les adultes. Il fallait bien qu’ils s’occupent.

- Sans ennemi, l’être humain est une pauvre chose. Sa vie est une épreuve, un accablement de néant et d’ennui. Grâce à l’ennemi, ce sinistre accident qu’est la vie devient une épopée.

- « L’univers existe pour que j’existe. » (…). Moi, je pouvais aller où je voulais : le centre de gravité du monde me suivait à la trace. (… ). Il ne fallait pas se cacher que le monde s’était préparé à mon existence depuis des milliards d’années.

- Décrire Elena renvoyait le Cantique des Cantiques au rang des inventaires de boucherie.

- (…) Avoir des amis était un signe de dégénérescence.

- On connaît mal la tristesse du monde si l’on n’a pas vu les terres qui entourent Pékin. (…)

- Jusqu’à mes quatorze ans, j’ai divisé l’humanité en trois catégories : les femmes, les petites filles et les ridicules. (…)

- Je n’aime pas les métaphores. Aussi ne dirais-je pas que la neige citadine est une métaphore se la vie.

- Qu’est-ce qu’une fleur ? Un sexe géant qui s’est mis sur son trente et un.

jeudi 5 janvier 2012

Georges Simenon : " L'homme qui regardait les trains "


Kees Popinga, contremaître dans une entreprise maritime hollandaise, est ruiné … puisque son patron l’est aussi. Il se rend chez Paméla qu’il a toujours voulu connaître de façon plus intime mais la belle se rit de lui … et Kees l’étrangle un peu trop fort. Oups ! Voici notre homme devenu meurtrier. Il quitte famille et pays pour l’aventure, la belle vie, et enfin devenir ce qu’il aurait voulu être s’il n’avait pas été écrasé par le bon vouloir de son entourage. Séjour à Paris où il est recherché comme dangereux assassin. Le hic c’est que Kees Popinga se monte la tête (la presse ne dit-elle pas de lui qu’il est paranoïaque). Il est sur ses gardes, trop, de façon ridicule, pense qu’il est un super dangereux meurtrier alors qu’il ne fait partie que du menu fretin des faits divers de la crime. Il se joue même de la police, de la presse mais en vain : tout le monde se fiche de lui y compris ce client dans un café qui lui dérobe le peu d’argent qu’il lui restait (à lire absolument, c’est trop drôle) …

Tout au long de ce roman, qui finit par être bien triste, on assiste à la longue déchéance de Kees – sujet de prédilection de l’ami Georges - et qui finira dans l’aliénation.

Deux particularités – au moins - de ce roman : d’une part, l’action se déroule durant les fêtes de fin d’année, Noël et nouvel-an. Et si vous lu » Lettre à mon juge «, vous trouverez également plusieurs pages où Popinga tente, si pas de justifier, mais d’expliquer les motivations de son crime.

Autant dire un bon Simenon (je me demande s’il en est de mauvais d’ailleurs …).

Extraits :

- Vous avez des taches de rousseur … C’est amusant …

- « Vous ne trouvez pas qu’il a l’air un peu cinglé ! «

Et un cheminot conclut :

« C’est tous les étrangers la même chose. Rapport à ce que nous ne les comprenons pas … »

- Maintenant je sais que les gâteaux appartiennent à ceux qui se donnent la peine de les prendre.

mardi 3 janvier 2012

Petites histoires de Liège à la Belle Epoque, de 1880 à 1914, dans le journal La Meuse



Le journal La Meuse a plus de 150 ans d'histoire. C'est durant la nuit de la Saint-Sylvestre 1856 que La Meuse fut fondée par quatre industriels passionnés : le banquier Nagelmackers, Félix Capitaine et les chevaliers Léon et Charles de Thier. Le premier numéro est sorti d'un petit atelier de la rue du Pot d'Or le 7 janvier 1856. Epais de quatre pages et tiré à mille exemplaires, il coûtait 20 centimes. Le premier portrait gravé au trait est apparu en 1872 ; la première photo en 1893 ; les premières rotatives en 1898. En 1910, apparition de la première rubrique sportive.

Dans son livre « Petites histoires de Liège et sa province à la belle époque «, l’historien Jean-Pierre Rorive nous relate des anecdotes, des faits divers, qui se sont passés chez nous de 1880 à 1914.

Un ouvrage digne d’intérêt, amusant, drôle, émouvant parfois ; ces courts billets sont souvent bien rédigés par des rédacteurs du plus célèbre journal liégeois. Jean-Pierre Rorive n’est cependant pas le seul auteur de cette compilation des évènements liégeois. Ses élèves se sont admirablement impliqués dans ce projet. Ainsi la dédicace : « A mes chers rhétoriciens 2006-2007 qui se sont le plus impliqués dans le dépouillement de La Meuse. «

- L’âme poétique wallonne, antithèse de la barbarie anglo-saxonne

Les bancs de nos squares, de nos boulevards, sont occupés par une foule oisive, chantant à sa manière un magnifique éloge de la paresse. Un psychologue ne manquerait pas de trouver en ce spectacle une manifestation de l’âme wallonne, contemplative, calme, plutôt rêveuse et spontanée. Car tout le monde n’est pas capable de s’asseoir sur un banc, d’y rester des heures entières dans le plus complet « farniente «. Il faut, pour cela, n’avoir rien à se reprocher, prendre le temps comme il vient, être sensible aux milles petits riens qui font les poètes. Il faut aimer le soleil, la verdure, l’eau. Il faut s’amuser au spectacle des jolivetés enfantines. Soyez certains qu’un Américain ne sait pas s’asseoir sur un banc. C’est pourquoi il est barbare. Savoir être paresseux, voilà ce qui distingue le Latin du Germain ou de l’Anglo-Saxon.

Dès lors, on ne peut que se flatter de voir nos concitoyens s’asseoir sur les bancs mis à leur disposition par une édilité prévoyante. Et ils n’y manquèrent pas, ainsi que nous venons d’avoir l’honneur de le dire. Vous rencontrerez sur les bancs du parc d’Avroy, l’ouvrier reconnaissable au paquet de tartines enveloppé de toile cirée déposée à ses côtés ; l’étudiant qui a « brossé « son cours et en fait de bouquin pioche quelque roman de Marcel Prévost ; l’employé qui vient se débarrasser de la poussière soporifique du bureau ; les amoureux penchés l’un vers l’autre et se racontant, bien plus par les yeux que par la parole, une histoire infiniment intéressante ; les petits apprentis envoyés « en course « ; des vieux suçant le bout de leur pipe qui s’obstine à tomber de leur bouche et, enfin, ces bonnes innombrables et lentes, que les enfants conduisent à la promenade.

En vérité, la vie est si courte qu’on serait disposé à croire que ceux-là sont les vrais sages.

(7 mai 1909)

- Crêpage de chignons

Le matin du 21 février, vers 8h30, les épouses L… et C…, deux voisines demeurant rue Hocheporte, qui avaient déjà eu, paraît-il, une dispute la veille, se rencontrèrent de nouveau rue de Bruxelles. Très montées l’une contre l’autre, elles commencèrent à se chamailler. A bout d’arguments, la femme L…, une vrai virago, ôta prestement l’un de ses sabots, et en appliqua deux terribles coups à la figure de son adversaire, à qui elle fit sauter quatre dents, tout en lui mettant le nez en marmelade. Elle allait continuer à taper dru si des passants n’étaient pas intervenus pour mettre fin à cette scène. C’est toute ruisselante de sang que l’épouse C… a regagné son domicile.

(22 février 1896)

- Cascade d’urine

L’escalier qui relie la place Notger à la rue Pierreuse est devenu une véritable pissotière. Si on ne remédie pas à la situation, l’hiver la transformera bientôt en une cascade pétrifiée infranchissable.

(21 octobre 1884)

- Risque plus de faire noir

« Veut-on savoir par combien de lampes notre ville est éclairée ? Par 2.587 lanternes à gaz et 1.343 lampes à huile. «

(20 octobre 1885)

- Poils à gratter ?

Couverture de lit ou de voyage en poils de chameau légères et très souples, recommandées contre le rhumatisme et les maladies nerveuses.

(27 février 1886)

- Concours de laideur

Après les concours de beauté de Londres, Spa, Turin, Nice et Paris, voici qu’un imprésario yankee organise à Liège un concours de laideur. La lauréate, celle dont le visage aura été jugé la plus repoussante, recevra un prix de 5.000 dollars. En outre, son portrait paraîtra dans les journaux locaux.

(20 février 1889)

- Pervers pèpère

Un individu, vêtu d'un long paletot, coiffé d'un chapeau brun - un fou peut-être - commet depuis quelques temps des actes d'une révoltante immoralité. C'est surtout au Boulevard d'Avroy que ce sinistre personnage se livre à ses honteux exploits, accostant les dames seules. Avis à la police.

(18 septembre 1889)

- C’est donc à cause de ça …

« Les affections du système cérébro-spinal telles que la débilité, l’impuissance, la perte de mémoire, le ramollissement du cerveau, les pertes séminales résultant de l’abus de liqueur et des plaisirs sexuels sont guéries en peu de semaines par les pilules du Docteur Louvet, 5 francs le flacon. Pharmacie de la Croix-Rouge, 16, Pont-d’île, Liège

(4 janvier 1893)

- Machine à gosses

Une dame de la rue du Péry, Mme J… a accouché hier à la Maternité de son vingt-cinquième enfant. Oui, vous lisez bien, son vingt-cinquième. Lorsque son mari est allé faire la déclaration de naissance, il a dû réclamer un troisième livret de mariage. Les conjoints étant à peine âgés de 45 ans, il y a encore des espérances. Actuellement, avec le nouveau-né, la famille se compose de 15 personnes.

(8 mai 1897)

- Ancêtres du peep-show

A la fin de 1899, rue Pont d’Avroy, à peu près en face de la rue Tête-de-Bœuf, deux individus avaient installé, dans une maison de commerce inhabitée, des appareils de vues photographiques. Moyennant 10 centimes, tout le monde pouvait se régaler de photos obscènes ! Le parquet est descendu et la maison a été fermée.

(1er janvier 1900)

Contentes de revoir des toilettes ?

« Femmes énervées ! Toujours constipées ! Vous avez le teint jaunâtre, mal à la tête, mauvaise bouche, la langue chargée, Madame ? Pas d’appétit, douleurs d’entrailles, et avec cela un caractère irritable à l’excès qui rend la vie odieuse à vous … et aux vôtres ? C’est la fâcheuse constipation ! ! ! Voulez-vous voir disparaître tout cela ? Remplacez les purgatifs, pilules médicinales noires et tisanes étrangères par les bonbons laxatifs de Vichy Fedit-comprimés dont les effets sont doux et agréables. Echantillons Franco contre 60 centimes en timbre-poste. Vivario pharmacie, 52 rue de l’Université-Liège."

(29 mai 1990)

- Culotte pour Verviers

L’équipe du Liège Football Club jouait hier à Cointe une belle pour la coupe provinciale avec Verviers Football Club. L’équipe liégeoise l’a emporté par le score peu ordinaire de 19 goals à 0 .

(13 janvier 1902)


- Enfin une gare du Palais digne de ce nom

Un bâtiment spacieux, confortable et bien éclairé a enfin remplacé l’immonde baraque qui enlaidissait la rue de Bruxelles. Quand on songe que, depuis des années, on a installé à Jonfosse, à grands frais, une superbe station dont le chef est pris d’ahurissement chaque fois qu’il aperçoit un voyageur et, alors que depuis des années encore, on réclame une gare convenable pour le Palais qui reçoit chaque jour un grand nombre de voyageurs, on est quelque peu surpris des lenteurs traditionnelles des pouvoirs publics. La presse n’aura pas bataillé pour des prunes.

(10 juillet 1902)

- Preuve de la nocivité de la cocaïne

Le docteur Marfan, médecin des hôpitaux de Liège, démontre la nocivité de la consommation de cocaïne par un exemple patent. L’un de ses patients a une fille de 13 ans, intelligente et bien portante. Depuis huit ans, suite à une rhinite qui gênait sa respiration, le père n’a cessé de se « cocaïniser «. Il est devenu obèse, il éprouve des troubles nerveux, des hallucinations avec des crises violentes et est aujourd’hui incapable de travailler. Sa deuxième fille, âgée de 8 ans, venue au monde deux mois après le début du traitement est chétive mais intelligente. Son garçon de six ans, né en plein traitement à la cocaïne, est un « idiot complet « et le petit dernier un « idiot microcéphale «.

(6 juin 1902)

- Bientôt une centenaire à Liège : un évènement

Melle Lebrun, rentière, qui habite les cloîtres de Saint-Jean atteindra, lundi prochain 8 septembre, l’âge de 100 ans. Liège possédera donc bientôt une centenaire.

(2 septembre 1902)

- Petites annonces roses

« Zouzou. Pourquoi être méchante ? Ce n’est pas ma faute et le temps devient bien long sans toi. Un gros baiser. «

« Demoiselle sérieuse, bien élevée, étant seule désire communiquer avec jeune fille, même condition pour sortir ensemble. Ecrire b, Meuse, V.L. 10 «

(8 octobre 1905)

- Momifié avant sa mort

Lundi, vers 17 heures, l’homme momie installé à la foire s’est suicidé en se tirant un coup de révolver dans la tempe.

(10 octobre 1905)

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Et particulièrement ici les anecdotes qui se sont déroulées dans mon quartier : Sainte-Marguerite :


- Pauvre petit chien !

Hier vers 17 heures, un petit chien de race qui suivait son maître a été pris sous les roues d’un tram à son passage rue Saint-Séverin. De nombreuses personnes accourues aussitôt vers le lieu de l’accident constatèrent, avec une émotion poignante, que la voiture était passée sur le cou du pauvre animal qui se tordait horriblement. Le propriétaire dût alors accomplir la pénible mission d’achever l’œuvre commencée et d’un vigoureux coup qu’il assena sur la tête, le petit chien ne bougea plus.

(8 mai 1891)

- La joie qui tue

Hier matin, une dame de la rue Sainte-Marguerite, Mme Drapier, est tombée subitement sans connaissance à la nouvelle que son fils avait amené un bon numéro au tirage au sort. Tous les soins prodigués à cette pauvre femme n’ont pu la ramener à la vie, et là où la joie aurait dû régner, la mort avait étendu son voile funèbre.

(26 février 1892)

- Méprise d’un champion de lasso

Samedi à 18h30, en passant rue Sainte-Marguerite près de l’établissement de Fontainebleau, un charretier agitait furieusement son fouet dont la lanière alla soudainement s’enrouler autour du cou d’un piéton qui le suivait. Croyant qu’un camarade facétieux lui avait saisi son fouet, le voiturier continua son chemin, riant et traînant à sa remorque le passant à moitié étranglé, pris dans un vrai lasso. Prévenu par les cris des spectateurs, le conducteur étourdi, s’aperçut de sa méprise et le patient, enfin délivré, s’éloigna en se plaignant vivement, car une forte raie bleuâtre se dessinait autour de son cou.

(22 juillet 1895)

- Strip-tease à la messe

Un accident tragi-comique a provoqué mercredi matin un vif émoi parmi les fidèles qui assistaient à la messe de 8 heures en l’église Sainte-Croix. Le service allait finir, quand, subitement, on vit une dame ôter prestement son chapeau, son paletot, sa taille et son cache-corset. La malheureuse venait d’être prise soudain d’une attaque de folie. Le sacristain, averti, est aussitôt accouru et, à l’aide de deux hommes, a revêtu la pauvre femme de son paletot et l’a emmenée. C’est, paraît-il, une personne habitant la rue Haute-Sauvenière, dont les facultés mentales étaient dérangées depuis quelque temps.

(24 février 1899)

- De la salubrité des vespasiennes

L’endroit et fort peu élégant urinoir adossé à l’église Saint-Denis va enfin disparaître. La construction d’un petit « monument « d’aspect convenable s’imposait en cet endroit central de la ville. ( … ) Celui de la place de l’église, au quartier Sainte-Marguerite, est toujours dans un état tel qu’il est presque en permanence insalubre.

(10 novembre 1910)

- Voleur ou fétichiste ?

Mercredi, un nommé B…, tailleur, demeurant rue Sainte-Marguerite entrait dans la cour d’une maison de la rue Sainte-Catherine où il vola du linge qui séchait. Le voleur avait été aperçu et une plainte fut déposée. Ce jeudi matin, la police se rendit à la demeure de B… qui fut arrêté.

(7 novembre 1912)

- Victime de l’hiver

Avant-hier matin, un pauvre vieux joueur d’orgue ( de Barbarie ) âgé de 63 ans, qui faisait sa tournée habituelle, se trouvait rue Mont-Saint-Martin. Soudain, il s’affaissa et resta couché sur le sol, ne pouvant plus articuler un seul mot. Deux agents de police intervinrent et relevèrent le malheureux. C’était un nommé B… Il a été conduit à l’hôpital des Anglais où il resta en traitement. B… venait d’être atteint d’une congestion cérébrale causé par le froid.

(17 décembre 1899)

- Enfin une gare du Palais digne de ce nom

Un bâtiment spacieux, confortable et bien éclairé, a enfin remplacé l’immonde baraque qui enlaidissait la rue de Bruxelles. Quand on songe que, depuis des années, on a installé à Jonfosse, à grands fracas, une superbe station dont le chef est pris d’ahurissement chaque fois qu’il aperçoit un voyageur et alors que, depuis des années encore, on réclame une gare convenable pour le Palais qui reçoit et déverse chaque jour un grand nombre de voyageurs, on est quelque peu surpris des lenteurs traditionnelles des pouvoirs publics. La presse n’aura pas bataillé pour des prunes.

(10 juillet 1902)

- Disparition d’une Cour des Miracles

On sait que le conseil communal a décidé la suppression d’un groupe de vieilles habitations situées au coin de la place des Arzis et de la rue Wacheray, en vue de la rectification de cette dernière rue. Les travaux de démolition sont poussés avec une telle célérité que, d’ici quelques jours, il n’y aura plus de traces des anciennes bâtisses en question. Au centre de ce pâté de constructions vétustes, il existait une espèce de Cour des Miracles, bien connue des habitants de la localité. C’est un coin original de l’ancien faubourg Sainte-Marguerite qui a vu se succéder bien des générations et qu’on ne verra pas disparaître sans mélancolie.

(16 février 1906)

- Cadeau de Saint-Nicolas repris le lendemain

Ceux qui ont été singulièrement favorisés vendredi, ce sont les charretiers et les femmes chargées de l’enlèvement des bacs de cendres. En effet, leur besogne quotidienne a été allégée ce jour-là de façon tout à fait extraordinaire. Dans quantités de rues de nos quartiers populaires, la plupart des ménagères, par suite des préoccupations de la Saint-Nicolas, avaient oublié de déposer comme d’habitudes leurs bacs sur les trottoirs. Dans la partie haute de la rue Sainte-Marguerite, par exemple, à 9 heures du matin, on n’en remarquait pas un seul devant les habitations. Bien des charrettes de nettoiement public ont donc presque circulé à vide à travers la ville. Mais voici le hic pour les charretiers communaux : samedi matin, ils ont été réellement accablés sous la charge de travail.

(9 décembre 1907)