" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

vendredi 27 avril 2012

Nicolas Ancion : " L'homme qui valait 35 milliards "





Les Liégeois s’étaient, une fois de plus !, fait avoir jusqu’au trognon. Dans les années 1960 et suivantes, leur bassin sidérurgique, jadis très réputé, avait connu une longue descente aux enfers. Jusqu’au jour où, ô miracle, un certain Lakshmi Mittal, industriel indien de son état (mais aussi capitaliste, of course) rachète des haut-fourneaux, à Cockerill par exemple. Puis quand il s’est bien rempli les poches, lui et ses actionnaires, il ferme et met les bouts pour d’autres contrées plus lucratives.
Or donc, Mr Mittal se trouve à Bruxelles pour affaires. Une bande de gangsters (un artiste, un syndicaliste, un ouvrier au chômage) décide de le kidnapper. S’ensuivent des évènements extravagants et hautement comiques dont je vous laisse découvrir les détails. Ainsi, vous verrez Mittal enfourcher une bicyclette ou encore monter dans une bus sans payer sa place ( rhôôô !), afin d’échapper à ses ravisseurs, etc…

Vous ferez également la connaissance de monsieur Moens, de son fils Jean-Luc, de Marie-Ange à l’hôpital St-Joseph dans le quartier Sainte Marguerite, (ce qui pour la petite histoire perso-perso, me réjouit à souhait vu que j’y fais du bénévolat via la + rouche). L’ambiance et la description des lieux sont magnifiquement bien rendues).

Tout le roman se passe à Liège dont est originaire Nicolas Ancion. Cela sent le vécu. Le style de notre auteur est si saisissant, qu’à plusieurs reprises, j’ai ouvert les orbites de mes yeux bien grands, suivis de grands éclats de rire. Oufti !

Toujours pour la petite histoire mais aussi en guise d’information, j’ai rencontré le père de Nicolas Ancion hier, rue Hocheporte ; il m’a annoncé qu’une pièce de théâtre est en train d’être mise en scène, que les acteurs répètent en ce moment (dont la sœur de Nicolas) et que la pièce sera présentée à Lîdge à la rentrée de septembre-octobre. Super !

Bref un roman économico-politico-comique à ne pas louper, que vous soyez liégeois ou pas.



Extraits :

- Tu aimes Liège parce que la nature reprend toujours le dessus sur les horreurs qu’on a construites pour amocher le paysage, c’était quand déjà ? De tout temps, il te semble.

-  (à propos de Liège) c’est la ville comme tu l’aimes, grouillante, empilée par les ans, et toujours vivante.

-  La ville de Liège n’est pas bien grande ; coincées entre les collines, réfugiées en bord de Meuse, les vieilles maisons du centre-ville ressemblent à un troupeau de moutons venus s’abreuver sur les rives du fleuve.


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Journal " La Meuse " du mardi 29 mai 2012

dimanche 22 avril 2012

Mon twitter à moi





Je ne suis pas inscrit sur Twitter. Régulièrement, je regarde ce qu'y écrivent Bernard Pivot, Fabrice Luchini , Jacques Mercier


https://twitter.com/#!/bernardpivot1

https://twitter.com/#!/fabriceluchini

https://twitter.com/#!/jacquesmercier

 Dans ce twitter perso, je me propose de balancer mes coups de cœur, mes coups de sang, au gré du vent. Ce qui a de bien dans un blog c’est qu’on a la possibilité de supprimer les messages quand ils sont obsolètes ou vraiment trop cons…





 Dont acte !
* Tiens ! J'ai 61 ans ...
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* " J'ai eu quelques amis, plusieurs maîtresses, une foule de liaisons, encore plus de connaissances ; - et maintenant je ne suis plus rien pour tout ce monde, qui a oublié jusqu'à mon nom " - Xavier de Maistre " Voyage autour de ma chambre "


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* mercredi 23 mai : Muriel Cerf, écrivain sublime,  vient de décéder à l'age de 62 ans . Là, je suis triste ...
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* vendredi 11 mai : L'homme nu est un mollusque - Jacques Lacan
* Le globe terrestre est couvert de volcans qui lui servent d'anus" - Georges Bataille
*  " Tous les chemins aboutissent au même point, ma chère Gladys " - " Qui est ?" - " La désillusion " - Le portrait de Dorian Gray, d'Oscar Wilde
* " Les enfants commencent par aimer leurs parents puis, en grandissant, ils les jugent. Il arrive qu'ils leur pardonnent " - Oscar Wilde, in idem
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* samedi 5 mai : " Tu dois admettre, Harry, que ce sont les femmes qui donnent aux hommes l'or même de leur vie. - C'est possible, dit-il dans un soupir,  mais elles le reprennent en petite monnaie." - Le portrait de Dorian Gray - Oscar Wilde
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* mercredi 2 mai : " Il y a tellement plus de braves gens sur la terre qu'on ne le pense ! Je ne comprends pas comment on peut voir le mal partout" - Melle Clément dans Maigret en meublé - De Georges Simenon.
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* Jeudi 26 avril : " Tu aimes Liège parce que la nature reprend toujours le dessus sur les horreurs qu'on a construites pour amocher le paysage, c'était quand déjà ? De tout temps, il te semble." - 
( toujours à propos de Liège ) " c'est le ville comme tu l'aimes, grouillante, empilée par les ans, et toujours vivante " -  Nicolas Ancion dans l 'homme qui valait 35 milliards
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* Mercredi 25 avril : obsèques de mon irremplaçable chère voisine Simone. Tout cela est quand même bien triste ...
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* Lundi 23 avril : lu dans la presse  " Les Français parlent aux Français : cet été c'est sûr,  Carla brunit et Sarko aussi. "
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* Dimanche 22 avril : première mi-temps des élections présidentielles en France. Je suis effaré du score rikiki des écologistes et catastrophé par le résultat de l’extrême-droite. Oups !
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* Dimanche 22 avril : 20h05, coup de fil qui m’annonce le décès de ma voisine Simone (92 ans). Dès le mois de juin 2007, nous avions pris l’habitude de discuter quasi quotidiennement quelques minutes sur le pas de nos portes. Quelle perte ! Bon vol avec les anges, Simone !

samedi 21 avril 2012

Testez votre cerveau




cuocuo 

si vuos pvueoz lrie ccei, vuos aevz asusi nu dôrle de cvreeau. Puveoz-vuos lrie ceci? Seleuemnt 56 porsnenes sur cnet en snot cpalabes.Je n'en cyoaris pas mes yuex que je sios cabaple de cdrpormendre ce que je liasis. Le povuoir phoémanénl du crveeau huamin. Soeln une rcheerche fiat à l'Unievristé de Cmabridge, il n'y a pas d'iromtpance sur l'odrre dnas luqeel les lerttes snot, la suele cohse imotprante est que la priremère et la derènire letrte du mot siot à la bnone palce. La raoisn est que le ceverau hmauin ne lit pas les mtos par letrte mias ptuôlt cmome un tuot. Étonannt n'est-ce pas? Et moi qui ai tujoours psneé que svaoir élpeer éatit ipomratnt! Si vuos poevuz le lrie, fitaes le svirue !!!Combien ont réussi à lire ce paragraphe ? 

Deuxième dessous 

Voilà de quoi stimuler ton cerveau avant de commencer une nouvelle semaine ! 

Si tu arrives à lire ceci, tu as l'hémisphère gauche bien développé ! Vous devez le transférer uniquement si vous réussissez à lire ce message. Il paraît que si vous y réussissez, cela indique que vous avez l'hémisphère gauche bien développé et que vous êtes intelligent. Si vous réussissez à lire les premiers mots, le cerveau déchiffre les autres. Amusez-vous ! 

UN B34U JOUR D'373, 

J'37415 5UR L4 PL4G3 37 J3 R3G4RD415 D3UX J3UN35 F1LL35 JOU4N7 D4N5 L3 54BL3. 3LL35 CON57RU15413N7 UN CHÂ734U D3 54BL3, 4V3C 7OUR5, P4554G35 C4CH35 37 PON7-L3V15. 4LOR5 QU'3LL35 73RM1N413N7, UN3 V4GU3 357 4RR1V33 37 4 7OU7 D37RU17, R3DU154N7 L3 CH4734U 3N UN 745 D3 54BL3 37 D'3CUM3.J'41 CRU QU'4PR35 74N7 D'3FFOR7, L35 F1LL37735 COM3NÇ3R413N7 4 PL3UR3R, M415 4U CON7R41R3 3LL35 COURRUR3N7 5UR L4 PL4G3, R14N7 37 JOU4N7 37 COMM3NÇ3R3N7 4 CON57RU1R3 UN 4U7R3 CHÂ734U. J'41 COMPR15 QU3 J3 V3N415 D'4PPR3NDR3 UN3 GR4ND3 L3ÇON. NOU5 P455ON5 UN3 GR4ND3 P4R713 D3 NO7R3 V13 4 CON57RU1R3 D35 CHO535 M415 LOR5QU3 PLU5 74RD UN3 V4GU3 L35 D3MOL17, L35 53UL35 CHO535 QU1 R3573N7 5ON7 L'4M1713, L'4MOUR 37 L '4FF3C71ON 37 L35 M41N5 D35 G3N5 QU1 5ON7 C4P4BL35 D3 NOU5 F41R3 5OUR1R3. 

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On n'est pas des bêtes non plus....


« Myope comme une taupe », « rusé comme un renard » « serrés comme des sardines »... les termes empruntés au monde animal ne se retrouvent pas seulement dans les fables de La Fontaine, ils sont partout.

La preuve : que vous soyez fier comme un coq, fort comme un boeuf, têtu comme un âne, malin comme un singe ou simplement un chaud lapin, vous êtes tous, un jour ou l'autre, devenu chèvre pour une caille aux yeux de biche.

Vous arrivez à votre premier rendez-vous fier comme un paon et frais comme un gardon et là ... pas un chat ! Vous faites le pied de grue, vous demandant si cette bécasse vous a réellement posé un lapin. Il y a anguille sous roche et pourtant le bouc émissaire qui vous a obtenu ce rancard, la tête de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon, vous l'a certifié : cette poule a du chien, une vraie panthère ! C'est sûr, vous serez un crapaud mort d'amour. Mais tout de même, elle vous traite comme un chien. Vous êtes prêt à gueuler comme un putois quand finalement la fine mouche arrive.

Bon, vous vous dites que dix minutes de retard, il n'y a pas de quoi casser trois pattes à un canard. Sauf que la fameuse souris, malgré son cou de cygne et sa crinière de lion est en fait aussi plate qu'une limande, myope comme une taupe, elle souffle comme un phoque et rit comme une baleine. Une vraie peau de vache, quoi ! Et vous, vous êtes fait comme un rat !
Vous roulez des yeux de merlan frit, vous êtes rouge comme une écrevisse, mais vous restez muet comme une carpe. Elle essaie bien de vous tirer les vers du nez, mais vous sautez du coq à l'âne et finissez par noyer le poisson. Vous avez le cafard, l'envie vous prend de verser des larmes de crocodile. Vous finissez par prendre le taureau par les cornes et vous inventer une fièvre de cheval qui vous permet de filer comme un lièvre.
C'est pas que vous êtes une poule mouillée, vous ne voulez pas être le dindon de la farce. Vous avez beau être doux comme un agneau sous vos airs d'ours mal léché, faut pas vous prendre pour un pigeon car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie.

Et puis, ça aurait servi à quoi de se regarder en chiens de faïence. Après tout, revenons à nos moutons : vous avez maintenant une faim de loup, l'envie de dormir comme un loir et surtout vous avez d'autres chats à fouetter.


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Mr et Mme OUKOI ont 2 fils ... Ted et Bill (on commence léger)

Mr et Mme ENFANT ont 2 filles ... Hélène et Ludivine (comment cela c'est tiré par les cheveux ?)

Mr et Mme DUZIEL ont 5 filles ... Betty, Baba, Noëlle, Candide et Sandra (alors celle-ci, je l'adore)

Mr et Mme SONNE ont 2 fils ... Pépito, Nicolas (elle est pas mal non plus)

Mr et Mme WOWOWO ont 4 filles ... Leslie, Irène, Dufarde, Aleeeexandrie...(et celle-là, elle arrache non ?)

Mr et MMe FORME ont 3 fils ... Jésus, Hans, Hubert (ceux qui ne rient pas à celle-ci ....)

et selon moi le sommet a été atteint , et jamais franchi, par :

M. et Mme MEMPAFROID ont 7 enfants (pas moins) Eva, Aude, Anne, Marc, Samson, Bob et Ella

Et pour cloturer et comme c'est vendredi ...........

Lady Di et David Bowie ont deux fils (peu de gens le savent) ..... Alain et Ken


ben oui, Bowie Ken et Alain Di


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Un grand moment de poésie arithmétique !

A LIRE DOUCEMENT

6 7 1 Q 9
7 1 Q é 3
6 7 1 Q é 3
7 1 10 20 plaisir
200 servir

Qui à dit que les maths n'étaient pas poétiques ?




Instantanés de ma vie liégeoise (suite20)








*** Eh ben dis donc, cela faisait un sacré bail que je n’avais plus décrit mes impressions liégeoises. Pas que je me désintéresse de la ville, que nenni et même que du contraire, plus ça va, plus j’en découvre d’autres facettes. Souvent ces mots me viennent à mes lèvres quand je déambule dans la Cité : «  Quelle belle ville quand même, oufti toua ! ». Comme je dis toujours ( ha-ah-ah !), si j’adore la ville de Liège, ce n’est pas toujours le cas de ses habitants,… misanthrope comme je suis… Remarquons toutefois qu’il est des lieux où les indigènes sont particulièrement polis, si pas agréables. En vrac, le libraire de la rue Ste-Marguerite, au café «  Le Parking », à la boulangerie au début de la rue de la Régence, le tenancier du petit magasin de proximité du dessus de la rue Haute-Sauvenière… et à l’hôpital St-Joseph où je sévis encore toujours (nog steeds) comme bénévole, etc… D’autres, par contre, sont aussi agréables qu’une porte de cabinet… ou pire, grossiers comme des portes cochères…

*** Je suis é-pa-té de la culture pour pas un balle aux Chiroux-Croisiers. Hormis le paiement annuel de 5 euros (pas cher !), tout y est gratuit : les bouquins (des tonnes), les cd, les dvd( des piles). Gratos, pas un balle ! Quand j’étais môme, je rêvais de ce type de société et on y est…

*** L’autre jour, en Outremeuse,  je suis tombé sur un de mes profs de grec, J-M V…. Je ne l’avais plus revu depuis plus de 40 ans. J’étais nul en grec (et en tout d’ailleurs) mais j’adorais ce prof qui faisait que je tombais mort de rire sous mon banc. Pour sûr ! Sais-tu bien quoi ? Je l’ai reconnu au son de sa voix… J’étais ra-vi !
L’autre jour, je suis tombé sur un ancien camarade du collège St-Roch, B.B. (non pas Brigitte !). Nous avons devisé une heure durant du «  bon vieux temps « ( tu parles !)  comme on dit pudiquement. Il crèche et bosse à Lîdge et il est fort à parier que nous nous reverrons ultérieurement. J’étais ra-vi !

*** L’autre jour, un peu par hasard, je suis tombé sur les vêpres que chantent les sœurs Bénédictines du Boulevard d’Avroy. Quelle révélation, vraiment ! Leur office est … di-vin ! Seigneur ! M’est avis que je passe encore, non pas par une crise religieuse, mais pire encore, par une crise de mysticisme intense… Gloups ! A mon âge ? On aura tout vu quand même ! Mais, blague dans le coin, je vous recommande ces méditations, même si vous êtes à peu près mécréants, ça vaut le déplacement. Louanges et vêpres du soir à 17h45 (venez à l’heure, svp) et cela dure une bonne demi-heure. La prière du milieu du jour est à 12h10. Et c’est tous les jours.
«  Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! »
Cantique à la Vierge Marie
Le Cantique des Cantiques.
Tout un poème !

*** Voici déjà quelques mois que je fais partie de l’équipe rédactionnelle du journal du quartier Ste-Marguerite «  Salut Maurice ! « . Les réunions, qui ont lieu toutes les trois semaines environ, sont bien sympathiques et on y apprend des chôôses … J’ai déjà pondu deux ou trois articles plus ou moins personnels ( plutôt moins que plus d’ailleurs). Intéressant donc et à suivre …

*** Mauvaise nouvelle des étoiles : ma voisine de 92 ans va très mal. Après un passage à l’hosto, elle termine ses tous derniers jours dans un home. Nous nous entendions si bien …

*** Je ne parle pas souvent de mon amie Marie car elle déteste que je fasse des étalages. Mais cela boume entre nous. Très même ! Notre amitié s’épanouit au fil du temps. C’est de l’inattendu pour môa,… de l’inespéré même… Inch Allah !

vendredi 20 avril 2012

Jean Jour : " Un gamin d'Outremeuse " 2. La trottinette en bois




Dans ce second volume, nous retrouvons François au sortir de la seconde guerre. Enfant unique, il habite avec son père Jacques, sous-directeur d’un bureau d’import-export, et sa mère Agnès, au quai de la Ribuée à Lîdge. Si vous aimez las cancans, sachez que, parfois, ça barde dans le ménage Willin.  François, dit Tchantchès ou Kroumir, a de nombreux petits camarades dans ce quartier de Neuvice mais également à son école, Crève-cœur, en Hors-Château.
C’est le temps des première chutes en trottinette, à vélo ; les premiers coups dans les bagarres (ce qui n’est pas très grave car François rêve d’être un vrai cow-boy). Il affectionne d’ailleurs les illustrés, ces livres d’aventures qui se déroulent  dans le western ou plus proche géographiquement, la saga des Mousquetaires. Notre bonhomme fait partie du club Tintin, collectionne un nombre invraisemblable de jouets et de revues consacrées aux enfants de cette paix enfin retrouvée.
Tout au long du roman, nous nous baladons dans Liège, le centre ville mais également en Outremeuse, là en face, toute proche, au-delà de la Meuse - qu’il entend respirer-, à Bavière, au cimetière de Robermont. A Sainte-Walburge, à Cointe, à Vottem … Défilent également les innombrables badauds de la Batte du dimanche, cet immense magasin à ciel ouvert qui se tient là, sous ses pieds, sous ses yeux .Les devantures des grands et des plus petits magasins, les librairies, les aubettes à journaux, les vitrines des filles publiques, des femmes qui font la vie,… Le temps des chromos du chocolat Jacques, dont lui et ses potes collectionnent ou échangent ces images qui font rêver, le temps de chicklets, …Le temps de la petite amie, Anna, anglaise de Cointe, …
François se pose toujours autant de questions que dans le premier volume à propos de tout ce qui l’entoure, de ce qu’il ressent. Et puis, parfois, il dépasse les limites, comme il aime à dire (aujourd’hui, on dirait : «  Là, m’fî, tu pousses le bouchon un peu trop loin ! »)

Oui ! Une fois de plus, quel régal typiquement liégeois que ce deuxième tome de «  Un gamin d’Outremeuse «. Que je déclare, ici et tout de go, in-con-tour-na-ble comme le sont les très mythologiques «  Je me souviens « / « Pédigrée «  de Georges Simenon ; «  Un oiseau pour le chat » de René Henoumont et « Les ceux de chez nous «  de Marcel Remy.
J’ai dit !
Et puis, il y a un troisième tome, donc à suivre …


Extraits :

-  Son enfance dorlotée ne lui a pas appris à  ses servir de son corps.

- Le médecin de famille a prescrit des piqûres de glande de singe, pour revitaliser et rendre le tonus disparu.

Aux 100.000 livres, une minuscule bouquinerie de la Goffe, qui sent le désinfectant autant que le vieux papier et où, en versant une caution minime et un franc par volume, on peut emprunter plusieurs livres à la fois et les conserver une semaine.

-  (…) Elisa Dion vendait de l’eau chaude à un franc la cruche et elle se faisait en même temps «  réveilleuse » à cinq heures du matin, allant secouer les travailleurs au sommeil lourd. Elle récoltait des chiffons et courait les brocantes à la recherche de vieux meubles cassé que son mari débitait en fagot qu’elle allait vendre.

-  Il ignore encore ce qu’est l’amitié, il ignore qu’elle ne se commande pas plus que l’amour, qu’elle est spontanée, instinctive, inexplicable, que les affinités la construisent et le temps la consolide

lundi 16 avril 2012

Les 50 défis à réaliser avant l'âge de 12 ans



Ce que vous devriez avoir fait avant l’âge de 12 ans (d’après les chercheurs de la National Trust d’Angleterre)

1.Monter à un arbre
2. Rouler sur soi-même depuis une grande colline
3. Du camping sauvage
4. Construire une tanière
5. Tailler une pierre
6. Courir sous la pluie
7. Faire voler un cerf-volant
8. Attraper un poisson avec un filet
9. Manger une pomme après l’avoir cueillie à un arbre
10. Jouer avec des marrons
11.Lancer des boules de neige
12.Partir à la chasse aux trésors sur la plage
13.Jouer dans la boue
14.Faire de la luge
15.Enterrer quelqu’un dans le sable
16.Construire un barrage
17.Organiser une course d’escargot
18. Se balancer sur une branche d’arbre
19. Monter sur une balançoire
20.Glisser dans la boue
21.Manger des myrtilles sauvages
22.Regarder à l’intérieur d’un arbre
23.Visiter une île
24.Avoir l’impression de voler dans le vent
25.Faire du bruit avec de l’herbe
26.Jouer à l’archéologue
27.Regarder le soleil se coucher
28.Grimper à une montagne
29.Aller derrière une chute d’eau
30.Libérer un oiseau de ses mains
31.Aller à la chasse aux punaises
32.Observer les grenouilles
33.Attraper un papillon dans un filet
34. Traquer des animaux sauvages
35.Découvrir ce qu’abrite un étang
36.Faire le cri du hibou
37.Analyser les différentes créatures que l’on peut retrouver dans les rochers
38.Elever un papillon
39. Attraper un crabe
40. Faire une balade nocturne dans la nature
41.Planter un légume, le faire grandir et le manger
42. Nager dans une rivière
43. Faire du rafting
44. Allumer un feu
45.Se repérer sur une carte
46.Faire de l’escalade
47.Faire à manger sur un feu de camp
48. Jouer à un jeu d’orientation
49. Essayer une descente en rappel
50.Descendre une rivière en canoë


 Pour la petite histoire j’ai loupé : traquer des animaux sauvages / planter un légume, le faire grandir et le manger/ faire du rafting/ descendre une rivière en canoë.






samedi 14 avril 2012

Jacques Izoard, poète juché au-dessus de nos escaliers



Degrés des Tisserands dans le quartier Ste-Marguerite à Liège


( article sans doute à paraître dans le prochain " Salut Maurice ! " )



Le «  Salut Maurice ! «  n°49, d’octobre 2008, sous la plume de Jacques van de Weerdt, nous annonçait le décès de Jacques Izoard. Voici le début de cet article :
 «  Notre ami, le poète Jacques Izoard, est mort ce 19 juillet 2008, à l’âge de 72 ans. Jacques était un citoyen de Ste-Marguerite parce qu’il habitait le quartier depuis toujours (rue Cheveaufosse) et qu’il ne cachait pas ses sympathies pour ces rues populaires où se croisent des populations cosmopolites. »

Il nous a semblé intéressant (digne d’intérêt) d’évoquer à nouveau le talent d’un des plus grands poètes belges contemporains. Ecoutons-le, avec émotion, parler de son enfance :

«   Mon père était instituteur et il n’y avait quasi pas de bibliothèque, sinon de manière un peu quelconque et très peu de livres. Mais, paradoxalement, non, pas paradoxalement, mais d’autre part, si je puis dire, mon père, tous les soirs me racontait des histoires, des contes, etc. Et ça, je dois dire qu’à ce moment-là, donc très jeune déjà, ça a nourri un peu, même beaucoup, mon imaginaire, le fait de ces histoires du soir avant d’aller dormir. (…) « 

Ou encore ce passage qui montre bien comment on peut goûter assez tôt à la vie artistique :

« Je me suis pris de passion pour les marionnettes (un des lieux où Jacques Izoard donnera des soirées de poésie dans les années ’80 sera justement le célèbre théâtre de marionnettes liégeois «  Al Boûtroule ») et mes parents m’avaient fait construire un grand théâtre de marionnettes, très beau. J’inventais des saynètes pour les enfants de la rue, et là notion de marionnette m’a toujours beaucoup plu, là aussi en tant que distanciation de moi-même, comme si j’avais peur du monde extérieur et que je devais passer par ces marionnettes, soit par l’écriture pour ne pas me confronter peut-être trop brutalement au réel, ce que j’ai fait par la suite malgré tout. »

Notre poète fut professeur durant de très nombreuses années. Ce n’est pas pour autant qu’il faisait abstraction de sa passion pour la poésie durant ses cours :

« Mais dans les écoles où j’ai donné cours pendant très longtemps – beaucoup trop longtemps – pendant quarante ans donc, de 1960 à 2000. Là-bas, évidemment, j’essayais un peu de … pas distiller la poésie, de l’instiller, au goutte à goutte. C’est quelle méthode ça ? La méthode homéopathique, oui. J’essayais une méthode homéopathique pour essayer de sensibiliser les étudiants. C’est pour cela qu’au début de chaque heure, j’avais inventé la notion de poème du jour. Il y a bien le potage du jour, pourquoi pas le poème du jour … Et déjà, ça était intéressant. Parce que les élèves avant le cours de français disaient «  Ah ! Il va lire le poème du jour ! », » Monsieur, n’oubliez pas le poème du jour ! « (…) « 

Jacques Izoard a su, comme personne, chanter la louange, la singularité, la beauté des escaliers de sa bonne ville de Liège et tout particulièrement ceux de notre quartier. Quelques extraits de « Escaliers de Liège, Liège des escaliers «  (1980) » :

«   Mis bout à bout tous les escaliers de Liège conduiraient à la lune ou au centre de la terre. L’entrée des escaliers souterrains se trouve au pied des remparts de Hocheporte. Porte discrète dissimulée sous les fleurs. »
«  Après la descente de l’escaliers des Remparts, la montée de l’escalier des Tisserands, puis la descente de l’escalier de la Fontaine … Il y a ainsi possibilité de visiter toute la ville en n’empruntant que des escaliers. »
«   Escaliers des Tisserands. Escaliers de la Montagne. Escaliers de la Fontaine. Escaliers de Pierreuse. Mémoire en mouvement. Et l’on se souvient. Le point commun des plus vénérables escaliers seraient l’usure des marches, l’usure de la pierre des degrés. Pierre bleue du pays. Pierre de taille amincie en son milieu par le frottement des semelles des chaussures des passants. Marche somme affaissée en son milieu. Avec de brusques cassures. Avec des fêlures transversales ou obliques. Escalier meurtri, lézardé, tassé, criblé de coups, griffé, tuméfié… »

Izoard peut pousser plus loin. Tout en gardant son âme de poète, il se fait sociologue, philologue des escaliers :

« Les escaliers publics de Liège ont chacun leur âme, leur génie, leur bon diable. Sachons les débusquer. Sachons humer leur odeur, apprécier leur pente, la dénivellation qu’ils épousent. Liège des mille escaliers, des mille marches. »
« Je rêve d’escaliers minuscules pour nains et naines. Escaliers de jardins japonais. Minuscules et inutiles. Ou escaliers pour animaux. »
«  Somme toute, le mot «  escalier «  peut être synonyme du mot «  élévation », au sens propre comme au sens figuré. Grâce à lui, on s’élève dans l’espace, on va vers les nuages ; on quitte les bas-fonds de la ville, les ruelles étroites et sombres, les miasmes. Le panorama du sommet sera la récompense ! De l’escalier, la perspective des rues et des maisons. A noter que de nombreux escaliers de Liège furent le départ des ruelles très pentues. Ainsi, l’escalier de la Montagne – appelé autrefois «  masi ruelle «. »

 Laissons le poète évoquer le passé avec une touche de nostalgie peut-être :

(...)   "Ainsi, la ville et ses noms de rues, ses noms de rues et le nom de ma rue. Chevauchons de lieux en lieux à l’affût d’air plus léger, plus clair. Rue des cloutiers. Il n’y a plus de cloutiers. Rue des Artisans. Il n’y a plus d’artisans. Rue des Mineurs. Il n’y a plus de mineurs. Escaliers des Tisserands. Il n’y a plus de tisserands. Les mots mentent sans cesse et nous laissent la cervelle creuse. Mots creux, sans coquille ni bogue. Mots aériens qu’un rien disperse. Rue Chevaufosse. Il n’y a plus ni chevaux ni fosses. Et rêvons de nouvelles dénominations : rue des rêveurs éperdus, rue des dormeuses ensablées, rue des penseurs à la Rodin, rue des toucheurs d’écume, rue des amoureux d’amour, rue des coupeurs de cheveux en quatre, rue des bavards noirs de suie, rue des faiseurs d’embarras... « 

Poète ! Prends ta loupe, touche et sens la pierre de ta main, souligne en sa particularité et ouvre nous les yeux :
Rue Haute-Sauvenière ah, oui, les bordures des trottoirs de la rue Haute-Sauvenière sont exceptionnelles, ils sont en porphyre rouge. Quand j’ai des amis, que je monte, que je descends la rue Haute-Sauvenière, je frotte un peu avec de la salive le trottoir parce qu’ils sont souvent sales, alors on voit apparaître le porphyre rouge étoilé, c’est magnifique et il n’y a que dans cette rue-là qu’il y a des bordures en…

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Merci aux éditions de la Différence pour «  Œuvres complètes de Jacques Izoard « en deux volumes
Merci aux éditions Atelier de l’Agneau   pour « Osmose perpétuelle «  de Jacques Izoard
               

 Les Dégrés des Tisserands, dessin de Gérard Michel

mercredi 11 avril 2012

Georges Simenon : " L'Homme au petit chien "



Ce roman est écrit à la première personne. Félix Allard vit seul dans un appartement à Paris avec son chien Bib. Il est commis dans une librairie tenue par madame Annelet. Mr Allard a connu mieux, il était entrepreneur, marié, des enfants, des affaires, une fortune. Félix Allard était très jaloux et un jour …  Maintenant, il se fiche de tout cela.
Mais peu importe tous ces ingrédients, ce qui compte c’est son récit de cette fin de vie qui s’écoule jour après jour. Car notre homme est condamné : il ne lui reste plus que deux ans, tout compris : séjour à l’hôpital compris, agonie comprise.

Comment ai-je pu, pendant plus de cinquante ans, passer à côté d’un auteur tel que Simenon ?


Extraits :

-  Je me demande si les autres, en vieillissant, éprouvent la même surprise que moi lorsqu’ils se regardent le matin dans la glace. Je me vois si laid qu’il m’arrive de m’adresser une grimace. Peut-être n’ai-je jamais été beau ; pendant une bonne partie de ma vie, j’ai cependant pu rencontrer mon image sans répugnance. ( …) Voilà longtemps que j’ai accepté. Le mot accepter n’est pas exact, puisque je ne pouvais pas faire autrement. Résigné ne me plaît pas. Mettons que je me sois accommodé.

-  Elle était avare, je l’ai deviné immédiatement, mais pas par amour de l’argent ; avare comme le sont ceux qui en ont manqué, qui savent ce que c’est de n’avoir pas un franc en poche et de ne pas manger, ceux qui ont connu la vraie misère et qui restent hantés par la crainte d’y retomber.

-  Je n’avais pas remarqué, avant, que les êtres humains s’observent avec méfiance avant d’entrer en contact. Il y a un temps mort, un échange plus ou moins furtif de coups d’œil.

-  Les seules images qui nous survivent – pendant un temps si court ! – sont les images déformées, souvent caricaturales, qui flottent dans la mémoire de ceux qui nous ont connus.

-  «  Pourquoi ne t’es-tu pas marié ? « 
    «  Aucune femme ne m’en a donné l’envie. « 

-  Nous sommes tous des voleurs. Nous volons tous des vies ou des morceaux de vies pour en nourrir la nôtre.

samedi 7 avril 2012

Enfance à Gouvy et city-trip à New York


Vue de la rue de la Gare à Gouvy autour de l'année 1960 avec notre maison natale au numéro 11 et la camionnette de Niederau



Jeudi dernier, comme à peu près chaque trimestre, nous nous sommes retrouvés dans un resto de Liège deux de mes sœurs – Rose et Thérèse - et bibi. C’est toujours délicieux ! Le menu mais surtout notre conversation qui tourne autour des derniers potins de nos vies actuelles et immanquablement sur notre passé commun : une enfance toute simple, certes, mais qui fut paradisiaque.
Déjà au nouvel an, Rose avait rassemblé dans un album quelques photos de notre city trip à New York en 1999, ce qui n’était déjà pas mal. Mais ici, elle nous a offert un autre album, celui de notre enfance, qui comporte pas moins de nonante photos. Quel merveilleux cadeau ! Mais je n’en divulguerai pas plus car, vous le comprendrez aisément, cela relève du privé…
 Toujours est-il que : je suis hyper content !

Georges Simenon : " La Folle de Maigret "




Le second mari de Mme Antoine de Caramé était un excellent bricoleur à tel point que, chaque année, il proposait une de ses trouvailles au concours Lépine à Paris. Et dans le cas qui nous intéresse, sachez qu’il ne s’agit pas du tout de sa machine à éplucher les pommes de terre mais d’un engin qui intéresserait plutôt des personnes mal intentionnées (suivez mon regard !).
Or, cette brave octogénaire de Mme Antoine de Caramé se fait assassiner. Et pour votre gouverne, ce n’est pas parce que vous venez dire au Quai des Orfèvres que des objets sont déplacés dans votre appartement que l’on doit automatiquement vous traiter de : folle.
Une histoire très simple, amusante,  captivante jusqu’au bout et au cours de laquelle on apprend certaines petites choses intimes du couple Maigret comme par exemple dans l’extrait ci-dessous.


Extraits :


- (Mme Maigret) (…) Pendant nos fiançailles, sur un banc de la place des Vosges. C’est même là que tu m’as embrassée pour la première fois.
- (Mr Maigret) Tu as raison. Je manque de mémoire. Je t’embrasserais volontiers, mais il y a vraiment trop de monde.
- (Mme Maigret)  Et ce n’est plus tout à fait de notre âge, n’est-ce pas ?

mercredi 4 avril 2012

Claude Godet : " Le printemps de Liège "






C’est en 1989 qu’eut lieu la révolution du printemps de Liège. Des milliers, des dizaines, des centaines de milliers d’animaux de toutes sortes envahirent Liège en quelques heures. Les humains, d’abord hébétés, sympathisèrent avec eux puis devinrent leurs amis.
Le 6 juin 1997 éclata la révolution des animaux en Ardenne et tout spécialement, dans le cas qui nous intéresse, dans le petit village d’Izier. Mais là, les animaux dominèrent l’homme qui fut réduit en esclavage (tout comme les animaux, aujourd’hui et depuis toujours, sont plutôt les sujets de l’humain).
Tout ce beau monde s’exprime dans un langage commun : le Wallon.
Voici un délicieux petit bouquin bien décalé et farfelu à souhait. Quand vous saurez, par exemple, que le narrateur a pour meilleure amie, Perpétue, une poule (= une gallinacée) et qu’interviennent, en aparté, Jean-Jacques Rousseau et George Sand,- le bon Jean de la Fontaine n’est d’ailleurs pas très loin !-  vous devinerez dans quel sens vous cheminerez en sa compagnie.

C’est très drôle !


Extraits :


-  Dans le ciel de Liège, il y avait une grosse lune rouge, pleine de sympathie.

- Quant à Monseigneur l’Evêque, qui d’abord était resté terré au Séminaire après qu’on lui eut mangé ses soutanes, il était sorti dans la rue, vêtu d’un tonneau, et avait accosté le premier venu, un bouc, pour lui demander d’entendre sa confession.

- Il avait vu des oies gaver au bâton des petites filles, des lapins mettre au clapier des enfants, des porcs châtrer «  pour la viande «, de tous petits garçons ! Des poules faisaient désormais couver leurs œufs par des adolescentes !!! Quant aux vaches, elles tiraient leur lait à de jeunes mères pour en biberonner leurs veaux !!!

mardi 3 avril 2012

"Bruegel, le Moulin et la Croix " un film réalisé par Lech Majewski

Bruegel, le Moulin et la Croix

Bruegel, le Moulin et la Croix (2012)
Titre original : The Mill and the Cross
Réalisé par : Lech Majewski
Date de sortie : 29 Fevrier 2012
Durée : 92 minutes
Pays : Pologne, Suède (2011)
Enfants admis
4.7 /10 6 votes
ILOVECINENEWS
Année 1564, alors que les Flandres subissent l'occupation brutale des Espagnols, Pieter Bruegel l'Ancien, achève son chef d'oeuvre "Le Portement de la croix", où derrière la Passion du Christ, on peut lire la chronique tourmentée d'un pays en plein chaos.
Le film plonge littéralement le spectateur dans le tableau et suit le parcours d'une douzaine de personnages au temps des guerres de religions. Leurs histoires s'entrelacent dans de vastes paysages peuplés de villageois et de cavaliers rouges. Parmi eux Bruegel lui-même, son ami le collectionneur Nicholas Jonghelinck et la Vierge Marie.



Bande annonce :

http://www.youtube.com/watch?v=RYhq9V97mnI




Tentative d’autopsie du film «  Bruegel, le moulin et la croix « 

* l’intérieur du moulin, le lever du meunier et de ses gens
* la trique du matin – voyez le membre sexuel de l’homme -
* l’homme escaladant les escaliers à l’intérieur immense du moulin – écoutez cette sonorité formidable -
* vue d’au-dessus du moulin
* enfants tirés du sommeil, émergeant des édredons
* les édredons transformés en cheval Bayard
* veau vivant en promiscuité avec les gens et transporté sur un traineau
*pas de paroles, juste des cris, des glapissements, des gestes
*salutations au pain et bénédictions
* battu comme plâtre
*homme roué de coups est aplati sur la roue, livré aux corbeaux
* »plus becquetés d’oiseaux que dés à coudre »
*musicien à la trompe qui semble ne pas appartenir au monde des vivants- c’est un artiste 
*gestes obscènes
* enfouissement de la femme (qui devait être beaucoup plus violent …)
* «Habituellement, Dieu écarte les nuages et regarde le monde avec insatisfaction. Cette fois, le meunier remplacera Dieu « 
*symbolique de la passion du Christ
* homme – un des larrons - au crâne défoncé
* crucifixion qui conserve la vision issue des tableaux de l’époque – clous dans les mains, sous vêtements préservés, … -
*toujours la présence du musicien
*les gens dansent comme s’ils étaient ivres ; aucun ne semble avoir le bon rythme. Les êtres humains sont tragiquement basiques : ils ne savent se déplacer et vivre que sur un mode binaire
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J’ai été plus qu’impressionné par ce film. A ce jour, je l’ai vu quatre fois avec le même plaisir renouvelé.