" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

samedi 28 juillet 2012

Georges Simenon : " Le veuf "



Jeantet, artisan imprimeur a épousé Jeanne, une ancienne prostituée à Paris. « Jeanne ne cherchait même pas à être heureuse ». Jusqu’au jour où on la retrouve, suicidée, dans un hôtel des Champs Elysées. Une femme de chambre déclare à Jeantet qu’elle a vu un inspecteur mettre dans sa poche une lettre dans cette chambre. De plus, Jeantet apprend que Jeanne se rendait chaque mercredi à cet hôtel. Il tente de faire son deuil et surtout est obsédé par cette lettre. A qui ce dernier mot était-il destiné et que disait-il ?

A partir d’un fait divers tout à fait anodin, comme à son habitude, Simenon construit un roman de haute tenue. Qu’il en soit remercié !


Extraits :


-  Il ne savait pas nager. Il ne s’était pas mis une seule fois en maillot de bain dans sa vie. Les animaux, les vaches, les abeilles, les chiens, lui faisaient peur et, à la campagne, en dépit de tous les raisonnements, il restait oppressé par la sensation que des forces hostiles l’entouraient.

-  Il ne connaissait pas les enfants. Ils l’effrayaient un peu, moins que les animaux, mais de la même façon, peut-être pour les mêmes raisons, et il avait tendance à les tenir à l’écart.


vendredi 27 juillet 2012

Didier Blonde : " Baudelaire en passant "





Une manière de biographie de cet étrange poète que fut Charles Baudelaire. Bio qui est commencée par la fin : le cimetière Montparnasse, la mort, l’agonie, la chute à Saint-Loup de Namur. Portraits en pied, apparence physique du dandy, photographies – dont il se méfiait comme la peste -. Les Fleurs du Mal. Les hôtels, les cafés et les filles, lorettes. Les rez–de-chaussée, les mansardes, une cinquantaine de domiciles parisiens. Le Spleen de Paris. Des rues – il n’y a aucun nom de rue dans les poèmes de Baudelaire -. Sa triste vie en Belgique, à Bruxelles, Pauvre B. Ses amours et sa mère. Mais une œuvre.

Un essai magnifiquement agencé !


Extraits :

- Pour Mallarmé «  tout homme est enfermé dans le cercle d’un mot : son nom « 

-  La Brasserie était, selon Philibert Audebrand qui l’a longuement fréquentée, une salle immense, tout en longueur, très haute, un boyau qui s’étendait jusqu’à la rue Notre-Damme-de-Lorette. (…) A dater de huit heures, un épais nuage de fumée s’échappait de cent cinquante pipes. Une tabagie d’artistes. Très pauvres pour la plupart. Ils buvaient, ils fumaient, ils jouaient aux dominos, aux cartes, au jacquet, aux échecs. Quelques uns dessinaient au crayon. D’autres lisaient aux oreilles complaisantes de la prose ou des vers, surtout des vers. Ce qui dominait dans le Hall, ce qu’on y recherchait autant que le breuvage d’outre-Rhin, c’était le frottement avec la bohème

-  Baudelaire est « l’espion de lui-même », il ne se perd jamais de vue, se surveille sans cesse, moins par narcissisme que pour contrôler son » hystérie ».

-  «  Et c’est depuis ce temps que, pareil aux prophètes
        J’aime si tendrement le désert et la mer ;
        Que je ris dans les deuils et pleure dans les fêtes,
        Et trouve un goût suave au vin le plus amer
        Que je prends très souvent les faits pour des mensonges,
        Et que, les yeux au ciel, je tombe dans les trous. »

- A la liste des droits de l’homme, Baudelaire proposait d’en ajouter «  deux assez importants «  qu’on avait oubliés : «  le droit de se contredire et le droit de s’en aller. »

-  En mars 1855 : « Depuis UN MOIS j’ai été contraint de déménager six fois, vivant dans le plâtre, dormant dans les puces – balloté d’hôtel en hôtel. » En 1856 : «  Figure-vous que ma sacrée charogne de propriétaire me rend si malheureux qu’hier soir je ne suis pas rentré. » En 1858 : «  Au commencement du mois, il m’a fallu perdre six jours à me cacher, de peur d’être arrêté. » (…)
Perpétuellement en fuite, il se retrouve à la rue. Poète et débiteur. Baudelaire est l’homme de la rue.

-  La chambre qu’il occupe à l’hôtel du Grand Miroir (à Bruxelles) est sinistre : un lit en faux acajou, un canapé rapé, une carpette, une armoire, deux chaises au cannage fatigué. Les murs sont nus. » Je n’ai pas de livres, je suis mal logé, je suis privé d’argent, et ne vois que des gens que je hais », écrit-il à sa mère.

lundi 23 juillet 2012

Georges Simenon : " Le chien jaune "




Ils sont quatre joueurs de cartes à l’Hôtel de l’Amiral de Concarneau. Ils sont, en quelque sorte, tous quatre, des notables de la ville : un médecin, un journaliste, deux rentiers. En rentrant chez lui un de ces soirs-là, l’un deux s’effondre, touché mortellement par une balle. En outre, nous ferons la connaissance d’autre personnes, Emma la serveuse, monsieur le maire,... ; et un chien jaune qui, il est vrai, n’inspire pas confiance. Des traces de pas, de grandes traces, celle d’un géant ? Le chien, un habitant de la ville se chargera bien de lui tirer une balle dans les reins et des gosses l’achèveront en le lapidant (on est plein de courage à Concarneau ; comme ailleurs). Il y aura des empoisonnements, des disparitions subites et Maigret assisté de Leroy qui enquête. Un Maigret qui sait, quelque fois, se montrer généreux et en empathie avec ceux qui n’ont pas eu beaucoup de chances dans la vie. Pour preuve :

«  Je ne pourrai jamais vous remercier, criait-elle entre ses sanglots. Ce que vous avez fait, monsieur le commissaire,  c’est… c’est tellement merveilleux ».

Ou encore :

« - Que coûte le train d’ici au Havre ?...
-  Non ! Ne faites pas ça, commissaire… Parce qu’alors … On ne saurait comment … Vous comprenez ?
Maigret frappa du doigt la vitre de la voiture, car on passait devant une petite gare. Il tira deux billets de cent francs de sa poche.
- Prenez-les ! … Je les mettrai sur ma note de frais. »


On ne peut que s’émouvoir quand on apprend l’histoire d’amitié qu’a fait preuve ce sacré chien jaune pour Léon ( à vous à la découvrir à votre tour …)
 Une brillante enquête, une fois de plus.

mardi 17 juillet 2012

Michel Houellebecq : " Les particules élémentaires "




Michel, chercheur en biologie, a été élevé par sa grand-mère. Bruno, son demi-frère, a été élevé par ses parents. Comme on disait jadis, ils se cherchent, comprenez qu’ils tentent de découvrir ce qu’ils sont vraiment, ce vers quoi ils aspirent.
 Le sexe est-il une solution ? Bruno et Christiane le croient mais ce n’est pas aussi évident que cela ; avec Michel ce sera Annabelle. Les deux femmes finiront par mourir assez jeunes, ici d’un cancer, là d’un suicide. Ces personnages ont l’air de marcher sur de fines languettes suspendues au-dessus d’un gouffre effrayant ; ou sur des bouées au milieu d’un océan inconnu. L’image est certainement un peu réductrice, et … stupide sans doute…Donc : bref !

Michel Houellebecq n’est pas un (beau) ténébreux ; il est un tragique. Dont acte ! On ressort de ce roman, de premier ordre dans les contemporains, un peu matraqué, estomaqué (surtout si on a eu l’inconscience, comme votre serviteur, d’en accoupler la lecture avec « Inconvénient d’être né » de Cioran «. (cherchez l’erreur !).

De belles phrase, de bons mots (dont vous trouverez quelques exemples plus-bas) ; également des paragraphes tout à fait excellents dans ce domaine que l’on pourrait qualifier de « érotico-pornographique » (voir deux extraits parmi les plus soft, ci-dessous).

Pour la petite histoire : une relecture de ce roman dur, très dur qui m’avait été offert en 2001 par mon amie Françoise B. (qu’elle en soit remerciée !)



Extraits :

-  Prise dans son ensemble, la nature sauvage n’était rien d’autre qu’une répugnante saloperie ; prise dans son ensemble la nature sauvage justifiait une destruction totale, un holocauste universel – et la mission de l’homme sur la Terre était probablement d’accomplir cet holocauste.

-  Pour l’Occidental contemporain, même lorsqu’il est bien portant, la pensée de la mort constitue une sorte de bruit de fond qui vient emplir son cerveau dès que les projets et les désirs s’estompent ; on peut le comparer à un ronflement sourd, parfois accompagné d’un grincement. A d’autres époques, le bruit de fond était constitué par l’attente du royaume du Seigneur ; aujourd’hui, il est constitué par l’attente de la mort. C’est ainsi.

-  Les hommes qui vieillissent dans la solitude sont beaucoup moins à plaindre que les femmes dans la même situation. Ils boivent du mauvais vin, ils s’endorment et leurs dents puent ; puis ils s’éveillent et recommencent ; ils meurent assez vite. Les femmes prennent des calmants, font du yoga, vont voir des psychologues ; elles vivent très vieilles et souffrent beaucoup. (…)

- J’ai toujours été frappée par l’attirance des intellectuelles pour les voyous, les brutes et les cons.

- Les hommes ne font pas l’amour parce qu’ils sont amoureux, mais parce qu’ils sont excités.

- Je sais bien que l’Islam – de loin la plus bête, la plus fausse et la plus obscurantistes de toutes les religions – semble actuellement gagner du terrain ; mais ce n’est qu’un phénomène superficiel et transitoire : à long terme, l’Islam est condamné, encore plus sûrement que le christianisme.

- Certains être vivent jusqu’à soixante-dix ans, voire quatre-vingt ans en pensant qu’il y a toujours du nouveau, que l’aventure est, comme on dit, au coin de la rue ; il faut en définitive pratiquement les tuer, ou du moins à les réduire à un état d’invalidité très avancé, pour leur faire entendre raison.

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P  180   « Tu préfères que je mette un préservatif ? «  demanda-t-il. – « Oui, s’il te plaît. Ils sont dans la trousse de toilette à côté «. Il déchira l’emballage ; c’était des Durex Technisa. Naturellement, dès qu’il fut dans le latex, il débanda complètement. «  Je suis désolé, fit-il, je suis vraiment désolé. – Ca ne fait rien, dit-elle doucement, vient te coucher. «  Décidément, le sida avait été une vraie bénédiction  pour les hommes de cette génération. Il suffisait parfois de sortir une capote, leur sexe mollissait aussitôt.


P 184   Une des caractéristiques les plus étonnantes de l’amour physique est quand même cette sensation d’intimité qu’il procure, dès qu’il s’accompagne d’un minimum de sympathie mutuelle. Dès les premières minutes on passe de vous au tu, et il me semble que l’amante, même rencontrée la veille, ait droit à certaines confidences qu’on ne ferait à aucune autre personne humaine.

mardi 10 juillet 2012

Michel Houellebecq : " Rester Vivant " et autres textes




Première lecture de ce bouquin en mars 2003. Ma critique de l’époque :


Ce que l'on pourrait reprocher à Michel Houellebecq, c'est de tirer sur tout ce qui bouge, sans nuances, par provocation, à la Gainsbourg. Pas de reproche, s.v.p ! " La vie est une série de tests de destruction". C'est du Cioran ? du Dominique Noguez ? Point du tout : du Houellebecq.


L’amour ? Je cite : " une fois que vous avez développé une conception de l'amour suffisamment idéale, noble et parfaite, vous êtes foutu ! ". Vous me direz qu'avec ce genre de raisonnement, on ne va pas très loin, mais qui vous a demandé d'aller loin ? Je re-cite : "n'ayez pas peur du bonheur, il n'existe pas ! " Qui prouvera le contraire ?



Le Capitalisme-bourgeois tente à tout crin de canaliser nos vies. Elle invente le travail, des horaires et le bonheur, pas l'hypothétique, pour demain, celui-là même que proposent les religions, non ! le bonheur maintenant, aujourd'hui ! Le prix à payer : le travail, plus ou moins enchaîné. Le Capitalisme a besoin d'ennemis pour s'auto-alimenter. Le Communisme, son frère jumeau, est vaincu, effondré. Voici l'Islam, avec en poche le Coran ; mieux encore : les terrorismes de tous poils. La devise du Capitalisme-bourgeois : tout sauf l'ennui. Son Dieu : la consommation à perte de vue. Tout est organisé pour combler le vide de nos vies : la fête perpétuelle qui " nous fait oublier que nous sommes solitaires, misérables et promis à la mort".

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Deuxième lecture en juillet 2012 :

Toujours aussi agréable. Je vais relire aussi les particules élémentaires, mon cher Einstein.

« Rester vivant «  se compose de :

1. rester vivant : conseils aux poètes, aux écrivains.
2. prise de contrôle du numéris : évasion rose-érotico-porno-drague sur minitel.
3. approche du désarroi : l’architecture contemporaine, informations et informatique.
4. cieux vides : l’architecture new-yorkaise.
5. le regard perdu : éloge du cinéma muet.
6. Jacques Prévert est un con : (no comment)
7. la fête : tout sur …
8. temps morts : une série d’articles publiés dans le magazine Inrockuptibles. A pointer : l’Allemand, Calais, Pas-de-Calais,



Extraits :

-  Vous devez au moins une fois par jour vous répéter que l’essentiel est de faire son possible.

-  Je m’allonge sur mon lit ; je sens le sommeil venir. Le Seigneur Dieu quitte son trône dans les cieux et vient partager ma couche.


-  Aujourd’hui, le penseur le plus influent, ce serait plutôt Cioran. A l’époque on écoutait Vian, Brassens … Amoureux qui se bécotent sur des bancs publics, babyboum, construction massive des HLM pour loger tout ce monde-là. Beaucoup d’optimisme, de foi en l’avenir, et un peu de connerie. A l’évidence, nous sommes devenus beaucoup plus intelligents.

- (…) avant la fête : boire. L’alcool à doses modérées produit un effet sociabilisant et euphorisant qui reste sans réelle concurrence.

lundi 9 juillet 2012

Le nu dans l'art (diaporama)


                                                         " La petite mariée " - Paul Delvaux



Essentiellement des corps féminins (on en tirera les conclusions que l’on voudra).

L’accompagnement musical est agréable et parfois même plus.

Merci à  joshje777.



* Le nu dans l’art (1/5) :


* Le nu dans l’art (2/5) :


* Le nu dans l’art (3/5) :



* Le nu dans l’art (4/5) :



* Le nu dans l’art (5/5) :

dimanche 8 juillet 2012

Michel Houellebecq : " Extension du domaine de la lutte "



«  Je n’aime pas ce monde. Décidément, je ne l’aime pas. La société dans laquelle je vis me dégoûte ; la publicité m’écœure ; l’informatique me fait vomir. «  Voilà comment s’exprime le narrateur à la page 82. Le hic, c’est qu’il est lui-même informaticien dans des années où cette activité n’en est encore qu’à ses balbutiements (fin ’80, début 90). Avec son collègue Tisserand, un gars un peu lourd, pataugeant, il est chargé de répandre la bonne nouvelle informaticienne dans le milieu agricole. Tout cela finir mal : en tôle froissée, en maison de repos.

Si vous lisez ce livre au premier degré, vous êtes foutu, car il n’y a alors vraiment plus d’espoir («  il n’y a plus rien, plus-plus rien et ce rien je vous le laisse « comme le chantait si bien Léo Ferré). Non surtout pas ! Attardez-vous aux séquences drôles- extrêmement ! - et elles pullulent dans ce merveilleux petit livre (parmi les cents « incontournables «  que j’ai pu lire l’autre jour, je ne sais z’où).

Ainsi, à pointer : la description de la ville de Rouen, le cheminement vers les urgences d’un hôpital suite à une crise cardiaque (ou assimilé) ; ce que pense notre héros des analystes, des psys ; sa vison sur les ados (l’homme est un ado diminué) ; des considérations sidérantes sur les vaches (si-si !) ; son ami le curé Jean-Pierre, …

Ah ! Contrairement à ce que pourrait suggérer le titre (extension du domaine de la lutte), il ne s’agit pas d’un livre d’extrême-gauche. Loin de là, même.

Oui, un incontournable !



Extraits :

-  Quel contraste avec le pouvoir absolu de la lecture ! Une vie entière à lire aurait comblé mes vœux.

-  J’ai si peu vécu que j’ai tendance à m’imaginer que je ne vais pas mourir ; il apparaît invraisemblable qu’une vie humaine se réduise à si peu de choses ; on s’imagine malgré soi que quelque chose va, tôt ou tard, advenir. Profonde erreur. Une vie peut fort bien être à la fois vide et brève. Les journées s’écoulent pauvrement, sans laisser de trace ni de souvenir ; et puis, d’un seul coup, elles s’arrêtent.

-  En général, je déteste les dentistes ; je les tiens pour des créatures foncièrement vénales dont le seul but dans la vie est d’arracher le plus de dents possible afin de s’acheter des Mercédès à toit ouvrant.

-  Cet homme a exactement le faciès et le comportement d’un porc. Il saisit la moindre occasion pour rire, longuement et grassement. Quand il ne rit pas il se frotte lentement les mains l’une contre l’autre. Il est replet, voir obèse (…)

-  Dimanche matin, je suis sorti un petit peu dans le quartier ; j’ai acheté un pain aux raisins. La journée était douce, mais un peu triste, comme souvent le dimanche à Paris, surtout quand on ne croit pas en Dieu.

- (…) Elle avait éprouvé du plaisir, mais pas de véritable orgasme. Peu après, ils avaient mangé du poulet froid. Il y avait de cela trente-deux ans, maintenant ; à l’époque, on trouvait encore de vrais poulets.

jeudi 5 juillet 2012

Boson toi-même ! ! !


        BOSON  OU  LA  PARTICULE  DE  DIEU.
                                                  RAISON   V   FOI



«  Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre «, dit la Genèse. Et si la découverte d’Englert mettait à mal l’Ancien Testament ?
La guerre entre la science et la religion ne date pas d’aujourd’hui. Trois hommes ont menacé la parole divine :
* Galilée, XVII è siècle prouve que la Terre est ronde. L’Eglise l’imaginait plate.
* Newton, XVIII è siècle  affirme que la cause du monde est mécanique et non voulue par Dieu.
* Darwin, XIX è siècle  sort sa théorie sur l’évolution et l’origine de l’homme. Elle n’est pas divine mais animale.
* La découverte du boson XXI è siècle  le triomphe de la rationalité sur la foi ? N’exagérons rien. Cette révélation est un grand pas pour la physique mais elle n’explique pas pourquoi le monde existe. Le nom est trompeur. Le côté sensas vient d’un changement de titre. Le Prix Nobel de physique Léon Lederman avait écrit sur le sujet intitulé «  The goddamn particle «, «  goddamn «  signifie «  fichue «, ce qui traduit bien la frustration du physicien de ne l’avoir encore découverte. De peur que cela paraisse injurieux, il a retiré le «  damn ». Voilà comment est née «  la particule de Dieu «. Il faut bien admettre que c’est bien plus sexy que boson.
                                                 Extrait d’un article paru dans «  La Meuse «  du 05juillet/2012


( si j’ai bien compris le dilemme est : comment donner de la masse aux particules, transformer de l’énergie en matière )   Oups ! ( Bon !, ça va, je sors >>>>>>>>>)

Georges Simenon : " La pipe de Maigret "




Normalement, Maigret, c’est du béton armé, un gaillard taillé dans le roc. On ne peut pas pour autant le qualifier de «  brute épaisse « : notre commissaire préféré éprouve souvent de nobles sentiments et a parfois même du cœur. Mais il peut se transformer en colosse aux pieds d’argile. Ainsi, savez-vous comment perturber, déstabiliser Maigret, Jules pour les intimes ? Tout simplement en lui fauchant sa pipe préférée.
C’est ce qui se passe dans cette histoire. Le coupable : Joseph, garçon-coiffeur qui déteste son job. Mais il est un autre coupable, plus sérieux lui : Nicolas qui mord sauvagement notre Jules en question. Il y en a, j’vous jure !
Probablement le «  Maigret «  le plus court puisqu’il ne compte que 94 pages écrite en GRAND. Une histoire au demeurant assez légère, une sorte de zakouski. Mais drôle, délicieuse. Il est daté de juin 1945.


Extrait :

-   On lui avait chipé sa pipe, comme d’autres chiperaient le crayon d’un grand écrivain, un pinceau d’un peintre illustre, un mouchoir ou quelque menu objet d’une vedette favorite

mercredi 4 juillet 2012

Assouline : " Paris "




Voilà ce qui s’appelle un beau livre, idéal pour votre table bâsse. Comme je n’ai pas de table bâsse, je me suis donc empressé de l’acheter. Non, mais blague dans le coin, cet ouvrage est plaisant et instructif aussi. Pas très loin de 1.000 photos, ponctuées ça et là par des mots d’auteurs dont vous trouverez quelques exemples un peu plus bas.

A pointer peut-être quelques photos (mais chacun ses goûts, bien sûr) :
les horloges de la gare St-Lazare, la Place des Vosges, vue de centre de Paris au XVIII è siècle, les bouchons de liège dans une vitrine ( hé ! ), l’Ile de la Cité, allée des Cygnes ( souvenirs !), Passage d’Enfer, rue Eugène-Oudiné, métro aérien, rue du Faubourg St-Denis, parc de Belleville, rue de l’abbaye,…


( pour la petite histoire, j'ai trouvé ce livre sur la Batte à Lîdge contre 5 roros en lieu et place de 19,99 ; je n'ai rien déboursé car j'ai utilisé l'argent contenu dans la petite enveloppe que m'ont donnée mes collègues de St-Jo - Françoise, Evelyne et Simone - à l'occasion de mon anniversaire. Oufti !)


Extraits :

-  «  Le Parisien prend grand soin de ne visiter aucun monument. Jamais. Sauf s’il est neuf. Pour pouvoir en causer « - Alain Schifres

-  «  Paris passe sa vie sur un podium, elle se croit applaudie, admirée, enviée, sauf que le reste de la terre s’en contrefiche. Cela rend d’autant plus sympathique cette bonne vieille neurasthénique qui parle toute seule. Elle est capable de coup de sang, la peau épaisse, le sourire perpétuel. » - François Simon

-  «  (…) Je répète en traversant la Seine : Mon Dieu que c’est beau Paris ! Comme si j’étais la première à le dire. A part Tarascon, je ne vois pas où je pourrais vivre ! »  Inès de la Fressange

-  «  (…) Le vrai Parisien n’aime pas Paris, mais il ne peut vivre ailleurs. Le poisson ne se réjouit pas d’être dans l’eau – mais meurt dès qu’il est dehors. Le Parisien médit souvent de Paris – mais il ne s’en éloigne jamais pour bien longtemps «  -  Alphonse Karr

- «  Précision : une Parisienne qui se respecte sur le boulevard Saint-Germain ne traverse jamais sur les lignes blanches quand le feu est rouge.  Une Parisienne qui se respecte guette le flot des voitures et s’élance tout en sachant qu’elle prend un risque. Mourir pour la vitrine de Paule Ka. C’est délicieux. «   - Anna Gavalda

-  «  La Paris que vous aimâtes
        N’est pas celui que nous aimons
         Et nous nous dirigeons sans hâte
          Vers celui que nous oublierons. « 
                                   - Raymond Queneau

mardi 3 juillet 2012

André-Pierre Diriken : " La pendue d'Outremeuse"




François Boudrikêt (= en liégeois, petite personne mal bâtie) est «  un poulet de trente ans, commissaire à la P.J. de Liège. Un teigneux, un sombre, un baraqué comme Lino Ventura mais plus beau gosse. Du moins c’est ce que disent les dames. ». Il est secondé, plus qu’efficacement,  par un chat (si-si !), nommé Cawèler (il a toujours la queue en l’air, d’où …). Cawèler est un marcou (= chat mâle) qui croit en la réincarnation (et pour cause …), aime croquer les souris - au sens propre comme au figuré -, déteste les pâtées en boites style Canigouron-ron et excelle dans l’art de l’hypnose. Et puis, important : il ne s’exprime qu’en wallon.
Une certaine Julie, alias Vanessa, est retrouvée pendue à l’institut d’anatomie, rue des Pitteurs en Outremeuse (Lîdge). Et c’est parti pour une croustillyante enquête où vous pourrez faire la connaissance de sacrés drôles de personnages issus tout droit de la Cité Ardente comme Jeannot Bêgamin, Solange Couperou, Gentiane de Bêcou.
André-Pierre Diriken est qualifié volontiers de San-Antonio liégeois. Il est vrai que Tchantchès (François) Boudrikêt est le chéri de ses dames, un tombeur (= un baiseur) de première, un rien macho sur les bords (et les bords sont larges) aimant les vannes à deux balles, les blaguounettes salaces du genre de celles du célèbre San-A.
Déjà trois romans parus et un quatrième est annoncé pour les fêtes de fin d’années 2012.

 Oufti !


( pour la petite histoire, ce livre fait partie des cadeaux offerts par mes collègues de St-Jo - Françoise, Evelyne et Simone - ) à l'occasion de mon annif'. Oufti ! )

Extraits :

- Il y avait une petite siamoise jolie comme un cœur. Je l’ai rejointe po l’cougnî *    mais tu sais comment sont les chattes. Elle voulait se faire désirer
* pour la baiser

-   Vous êtes commissaire ! Comme ça doit être passionnant, roucoula-t-elle. Je m’ennuie tellement avec mon vieux mari. Il chasse beaucoup mais il tire rarement.

-  Elle devait être le genre de jolie fille à l’électrophalogramme plat. De celles qui font toujours l’amour dans la même position et qui ignorent tout du sel et du poivre de la vie : l’imagination et le changement.


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Si vous voulez en savoir plus, c'est par ici :


http://users.skynet.be/diriken/

dimanche 1 juillet 2012

Georges Simenon : " Maigret voyage "




La comtesse Palmiéri s’empoisonne elle-même ; le colonel Ward est retrouvé nu mais raide-mort dans sa baignoire à l’hôtel George V. Cherchez l’erreur !
Ce roman aurait pu s’intituler «  Maigret chez les milliardaires «. Et il est vrai qu’ils pullulent à l’hôtel George V, le théâtre de cette enquête policière.
Notre commissaire voyage beaucoup dans son roman, en aéroplane jusque Nice, puis Genève, Lausanne, ensuite retour à Paname. Mais notons tout de même qu’il ne semble pas que ce soit son moyen de transport préféré, car on sait qu’il est un bon client de la Sncf ou des taxis parisiens.
On notera la description des rues avoisinantes de l’avenue George V, à partir du toit de l’hôtel du même nom : les rues François Ier,  Christophe-Colomb, Magellan, les Champs (Elysées).

Sympa !

Extraits :

(rapport au fait que Simenon adore la pluie à Paris comme ailleurs.  Eclaircissement :
-  A trois heures du matin, il tombait  une petite pluie fine à peine visible, qui suffisait cependant pour laquer les rues et pour donner, comme des larmes aux yeux, plus d’éclat aux lumières.

-  Et alors, il se passa à peu près unique dans la carrière de Maigret. Il avait été si tendu, si angoissé, qu’il eut soudain mollissement de tout son être trahissant son soulagement.