" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

samedi 29 septembre 2012

Etes-vous Jean d'Ormesson ou Michel Houellebecq ?



Un article - si existentiel !- de Sébastien Le Fol dans le Figaro : " Etes-vous Jean d'Ormesson ou Michel Houellebecq ? "

http://www.lefigaro.fr/culture/2012/08/20/03004-20120820ARTFIG00244-tes-vous-jean-d-ormesson-ou-michel-houellebecq.php




Pour ma part, en bon belge, je suis un peu les deux. J’adore le côté vieille France de Jean d’O ; j’adore son humilité non-feinte, j’adore quand il pointe son appendice nasal vers le ciel et quand il dit : « Que suis-je, moi, pauvre vermisseau devant l’immensité qui m’entoure ? «  Je suis donc ormessonien.
J’adore la plupart des bouquins de ce cockney-rebel de Houellebecq. J’aime comme il traite l’humanité en général et l’être humain en particulier. Je suis donc houellebecquien.
Et tant que j’y suis voici dans le désordre mes favoris : Jean d’O, Houellebecq, Amélie Nothomb, Georges Simenon, Muriel Cerf,… Voilà-voilà !



lundi 24 septembre 2012

" Aspirine, mots de tête " nouvelles de Marie-Ella Stellfeld, d'Amélie Nothomb et de vingt-six autres auteurs




Voici un excellent recueil de très courtes nouvelles, – de deux à 11 pages maximum – signées par vingt-huit auteurs. Comme le dit en préambulles Sonia Bove «  en arrière plan, le grave et sérieux problème de la santé. En idée forte ici, par la magie de l’écriture, parler de l’aspirine comme on parlerait de la madeleine de Proust. »

 J’ai tout particulièrement apprécié :
- de Marie-Ella Stellfeld, La petite pelote. Un mini-polar pas piqué des vers…attachez-vous pour la fin !
- d’Amélie Nothomb, Aspirine. Ca sent le vécu !
- de Chantal Portillo, Lily Pondriaque. Ah les mecs !
- de Pascal Herault, Effervescence. Souvenirs d’enfance …
- de Gilles Mazuir, Effets secondaires indésirables. Comme on se retrouve !
- de Darius Tavassoli, Miraculée de la sainte Fatima. Un sacré p’tit malin, le Mollah

« Un régal sans équivalent ! «,  comme le dit si justement Le petit bulletin.


(pour faire mon malin)

 A souligner qu’aucun auteur n’a mentionné une particularité de l’aspirine : en cataplasme. Imaginez que vous êtes à milles lieues de toutes terres habitées, que vous n’avez rien avec vous à part  une ou deux aspirines  et que vous êtes blessé – mortellement ou quasi – Tatatam !  Pilez vos deux aspirines et posez la poudre ainsi obtenue sur la plaie. Cela pourra peut-être vous sauver la mise … Hé !
 

Extraits :

-   La pharmacienne lui sourit : «  La dose d’un nourrisson, c’est-à-dire cent milligrammes, suffit à fluidifier le sang. Si vous en prenez davantage, ça n’aura pas plus de conséquences ; à éviter en cas de règles et si vous avez un stérilet. – Marie-Ella Stellfeld -.

-  Lorsque ma dernière heure semblera arrivée, lorsque l’on m’aura administré les saintes huiles, il n’est pas dit que je n’absorbe pas, dans un effort ultime, deux nouveaux cachets d’aspirine. Qui sait ? – Gilles Ascaride -.

- Apollinaire s’étonnait que la guerre fût si longue. Et que savait-il du suicide du monde ? – Ahmed Kalouaz -.

-  La vie se joue sur trois malentendus, deux bricoles, un souffle d’air. – Ahmed Kalouaz-.

-  Il se disait qu’il était bien peu de choses, et que sa vie se limitait à faire jouir sa femme au lit … - Jean-Michel Platier -.

-  (…) et je me demande si le pommier du Jardin d’Eden n’était pas un saule, pleurant de toutes ses branches le remède secret aux douleurs imposées par l’Eternel. – Amélie Nothomb -.

Georges Simenon : " L'Ane rouge "




Jean Cholet (19ans) est jeune journaliste à la Gazette de Nantes, - comprenez qu’il s’occupe plutôt des chiens écrasés… - Il fait la connaissance d’un cabaret situé juste en face de son boulot, l’Ane Rouge et de la chanteuse qui répond au doux nom de Lulu,  dont il s’entiche. La mère de Jean trouve que son fils file du bien mauvais coton, en pleure, se désespère. Le père de Jean, lui, est plus philosophe mais comme on dit, apparemment ce n’est pas lui qui porte la culotte dans le ménage Cholet. Notre brave grand garçon est entrainé dans une vilaine combine et puis il devient jaloux. Vingt ans, l’âge où l’on se cherche encore et notre héros finira par rentrer – un peu tôt peut-être- dans le droit chemin que la société lui a déjà tracé depuis belle lurette ( ce qui ne fut pas le cas pour notre ami Georges).

Un roman – sans meurtre – qui est un singulier copier-coller (comme on dit aujourd’hui) de la vraie vie liégeoise de Simenon. Car lui également  a travaillé dans un journal, la Gazette de Liège, s’est épris d’une jeune fille – de plusieurs même-, avait une mère qui se désespérait de son fils,…
Particularité donc : L’Ane Rouge est le plus nantais des romans de Georges Simenon.


Extrait :

-  Jamais encore il n’avait été aussi indifférent, aussi détaché de tout. Il était caché sous un lit, dans une maison qu’il ne connaissait pas, où l’avait introduit en fraude une femme qu’il n’aimait pas. Car il ne l’aimait pas ! Elle s’attendrissait trop ! Elle avait un corps maigre, avec des seins vides. Quand elle n’était pas coiffée, on voyait qu’elle avait les cheveux rares et sa peau était, sous les fards, une peau irrégulière de paysanne mal soignée.

mardi 18 septembre 2012

Robert Ruwet : " Liège en 50 bistrots "




Si ce joyeux ouvrage a été conçu voilà une bonne dizaine d’année, publié en 2000, il n’en reste pas moins d’une quasi-totale actualité. Ainsi 50 bistrots (pardon 49, moins 1 voulu par l’auteur), 6 autres qui ont dû mettre la clé sous le paillasson, il en reste donc 43 ce qui n’est pas mal du tout, rapport à la criiiiiise dont on nous rabâche les oreilles. Quarante-trois institutions, quasi indéboulonnables. Et il y en a pour tous les goûts, des bourgeoises aux plus populaires.

En illustration, chaque texte est accompagné d’un dessin signé par un artiste, si pas de renommée internationale, todi liégeoise (ce qui n’est pas rien !).

L’auteur, Robert Ruwet, a déjà lui signé plusieurs ouvrages sur sa bonne ville  (dont «  Le catéchisme impertinent de Liège »). Dans le digne lignage de Tchantchès, Robert a su conserver l’esprit frondeur, un tantinet moqueur, pince sans rire. Son style est très personnel, savoureux, remarquable à plus d’un titre. Robert est dans sa ville, il la connaît de fond en comble mais jamais il ne cherchera à en tirer une quelconque gloriole. On reconnaît également son don de comédien qui transpire ici et là.
Entrons dans ces bistrots d’amon nos autes où se cachent de délicieuses choses  dont j’ai pris la liberté d’épingler quelques effluves dans les extraits qui suivent.

Vous pouvez toujours commander cet ouvrage aux éditions du Céfal
ou dans toutes les bonnes librairies telles Agora, Pax …


Extraits :

-  Certains individus, alcooliques notoire (et parfois notaires !) sont incapables de résister au chant mélodieux de la pompe à bière. Héros de romans de Zola, ces malheureux vont boire tout leur saoul et tous leurs sous. Personnellement, je n’en connais aucun. Vous non  plus. Passons.

-  «  Quand il m’arrive d’avoir la nostalgie de Paris, je vais boire un verre au Bouquin… » me disait un copain qui voyage beaucoup sans pour autant jamais quitter Liège.

-   Il faut parfois surprendre son monde pour apprendre à le connaître. C’est un samedi, sur le coup de dix heures – à l’aube, quoi ! ; faut être vicieux - que j’ai été siroter mon café matinal. (…)

-  Mais l’on peut très bien s’installer au Cecil sans pour autant regarder passer les filles. Il n’y a pas que les filles qui passent ! Ce jour-là, j’ai vu un échevin, une vedette du monde footballistique, un journaliste très réputé, un marchand de drogue et un policier en civil. Malheureusement, ces deux derniers se sont croisés sans se reconnaitre…

-  Assis à la Taverne Centrale, j’aperçois six artères. Et, sublime alchimie, chacune me conduit dans une Liège différente (…) (…)

-  (…) Dans ce Café de la Gare, on y est bien et l’on a la curieuse impression de n’être entouré que par des braves gens.

- (…) Preuve indiscutable qu’une ville est bien un être vivant qui, a chaque époque, enfante des bâtiments qui reflètent l’esprit d’une époque. (…)

-  (…) Mais ce n’est pas large. De la table de la fenêtre, pour gagner les toilettes cela se mérite : il faut d’abord se faufiler contre le mur et dire cent fois pardon en se glissant parmi les fidèles piliers de comptoir ; le mètre carré suivant est occupé par la cuisine mais c’est aussi là que se trouve le kicker de service ; et enfin …(…)


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En illustration musicale, une chanson un peu tristounette mais tellement minouche d' Axelle Red " Mon café " :

http://www.youtube.com/watch?v=Z3SC2l3vv7M


vendredi 14 septembre 2012

Elections communales et provinciales du dimanche 14 octobre 2012








Le dimanche 14 octobre, comme tous les six ans dans notre Belgique-ô-ô-ô-chérie, nous irons donc voter pour élire nos représentants dans notre commune et notre province. Cette fois, je me rendrai dans le bureau de mon quartier, là-haut au dessus de la Montagne Sainte-Walburge. Car figure toi que, depuis juin 2007, je suis devenu liégeois d’adoption – mais liégeois 100 % de cœur -. Cependant, j’aurai un œil et une oreille sur ma commune natale : Gouvy. Juste pour le fun ou in mémoriam ...

Si vous ne savez pas trop pour quelle liste vous devez voter ou si vous voulez conforter et/ ou vérifier que votre choix correspond bien à ce que vous pensez en général de la chose publique et politique, faites ce test. Il est rapide et assez bien conçu :




Listes liégeoises

Les huit listes liégeoises et  les noms de candidats, les présentations publiques des partis :

http://www.rtc.be/elections-communales-2012/liste-de-communes/liege

- Le jeudi 20 septembre, j'ai été assister au débat électoral ouvert à 6 candidats dans ce quartier qui m'est cher et qui, d'ailleurs,  est devenu le mien. Cela se passait dans un des locaux de l'école Saint-Sépulcre rue Général Bertrand, une organisation du comité de ce quartier. Nous avons pu écouter un des représentants des partis suivants ; PTB, ECOLO, PS, CDH, MR et VEGA. Le public, composé d'une petite centaine de personnes, a pu également prendre la parole et poser des questions. Tout cela était bien sympa

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Et à Gouvy, mon village natal  où j'ai tenu boutique durant 25 années, oufti !

Les listes, par ordre alphabétique :

-  Ensemble :

http://www.gouvy-ensemble.be/

-  Ose :

http://www.ose-gouvy.be/main.php?p=liste

-  Roc  :

http://www.gouvyroc.be/


Réactions à chaud le dimanche 14 octobre 2012 au soir. Vidéo de Télélux :

http://www.tvlux.be/elections2012/videos1410.php?id=26#.UH2Xx48WgW0.gmail






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Une p’tite chanson : Noble Belgique de Claude Semal :


(article en construction)

André-Pierre Diriken : " Les enquêtes de Cawèler - L'Oreille coupée "



Deuxième tome des enquêtes de Cawèler menées tambours battants par le commissaire François Boudrilkêt qui, d’après ses dires, serait plutôt beau gosse, tombeur de filles et assez futé. Mais nettement moins que son fidèle matou Cawèler – surnommé ainsi car il a toujours la queue pointée en l’air -. Ce chat est hyper doué puisqu’il parle le langage des hommes, pratique, à ses heures,  la télépathie et l’hypnose. En sus, Il est métempsychosé (voir le premier volume La Pendue d’Outremeuse). Tu vois l’ambiance ! Dans cette nouvelle aventure, vous trouverez des oreilles coupées un peu partout ainsi que des messieurs et mesdames zigouillés et le plus souvent découpés en petits morceaux… Re-ambiance !

 L'histoire se déroule à Lîdge et à London.
On y cause l’argot : moitié français (du style San-Antonio), moitié wallon, moitié expressions typiquement liégeoises (note que cela fait déjà trois moitiés, là !).
Drôle et spitant à souhait !

Extraits :

- Quelques noms de personnages de ce roman : Léontine Vitrigu – Philippe Vasstifaiveur –Jenny Popu – Adeline Tchoulotte – Antoinette Crosserobette.

-  Quand je pense aux kilomètres que certains se tapent pour aller reluquer de vieilles pierres, je peux t’assurer qu’amon nos-ôtes, on a de quoi se rincer féroce le globe oculaire. Seulement il faut connaître… Nos trésors sont pudiques, ils se montrent sans esbroufe, s’érectionnnent sans ostentation. Il faut aller les dénicher là où ils vivent. Gentiment, sans rien demander à personne, au fond d’une cour ou sous un porche désuet.

- Il avait un front soucieux comme une planche à lessiver.

vendredi 7 septembre 2012

Nicolas Gogol : " Le journal d'un fou " suivi de " Le portrait " et de " La perspective Nevsky "




Le journal d’un fou :


Poprichtchine travaille dans un ministère à Saint-Pétersbourg. Il taille les crayons de son directeur. Il est s’est épris d’amour pour Sophie, la fille du directeur qui est terrorisée quand elle le voit. Il tente de découvrir les secrets de la Belle en espionnant Medji, le chien  de l’être aimé, n’hésitant pas à subtiliser les lettres que Medji écrit à Fidèle, un autre chien (car ici, les chiens parlent au cas où vous ne le sauriez pas). Mais peu importe tout cela, car apprenez que notre homme n’est autre que le Roi d’Espagne (tout au moins c’est ce qui est écrit dans son journal) et plus grave encore : apprenez que la Terre va bientôt s’asseoir sur la Lune.

Extrait :

- D’un côté, c’est la mer ; de l’autre, l’Italie … Et puis, voici des chaumières russes !...Est-ce ma maison qui se colore en bleu, tout au fond ?... Est-ce ma mère, qui se tient assise à la croisée ?... Maman, maman chérie, sauve ton pauvre fils ! Laisse tomber une larme, une petite larme sur ma tête fiévreuse ! Vois comme ils me font souffrir ! Prends ton enfant, presse-le sur ta poitrine !... Point de retraite pour lui sur la terre !...
Au fait, savez-vous que le bey d’Alger a une grosse verrue, juste sous le nez ?
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Le portrait :

Tchartkov, peintre très pauvre, achète un tableau qui représente un vieillard. Une nuit, le vieillard sort du tableau, laisse tomber une petite fortune, puis rentre dans le tableau. Tchartkov devient un peintre à la mode mais perd son vrai talent et meurt, fou de rage.
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La perspective Nevsky :

Dans la première partie du récit, le narrateur nous décrit les différentes personnes qui déambulent sur la Perspective Nevsky, la plus belle rue de Saint-Pétersbourg.
Rencontre du peintre Piskariov avec une belle demoiselle mais qui semble vivre dans un lieu sordide. Rencontres, rêves, tout se mêle ; quelle est la vraie réalité ? Tout cela finira par le suicide de Piskariov. La nouvelle se termine par les déboires de Pirogov avec une Allemande et des Allemands, très drôle d’ailleurs.
Total de tout cela et à retenir : la passion amoureuse ressemble étrangement à une maladie mentale (bon à savoir, tiens !)

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Trois merveilleuses nouvelles à lire et à relire sans soif !

jeudi 6 septembre 2012

Amélie Nothomb : " Métaphysique des tubes "




Amélie qualifie elle-même  « Métaphysique «  comme étant le plus japonais de ses romans. En effet, elle décrit son enfance au Japon et quelle enfance ! et quelle description ! L’apprentissage du langage, la perception de ses semblables, sa dévotion pour le Japon, sa découverte de l’écriture, ses amours et ses dégoûts, son premier suicide (à ce jour). Comme vous le voyez, il y a de la matière …
Le génie d’Amélie-San est de rafraîchir des évidences dont nous avons oublié le sens premier.
Tout le roman est à pointer mais plus particulièrement peut-être l’épisode des égouts qui est absolument désopilant (pp. 114-121) et les passages où elle nous explique comment lui est venu son goût – devenu vital- de l’écriture ( pp. 125-127 et pp. 139-140).
Un bijou dans le genre (qui est de toute façon unique). Une relecture sublime !

Extrait :

-  Dieu se fichait éperdument d’être Dieu.

-  On rencontre dans les salons des gens qui se vantent haut  et fort de s’être privés de tel ou tel délice pendant vingt-cinq ans. On rencontre aussi de superbes idiots qui se glorifient de ne jamais écouter de musique, de ne jamais ouvrir un livre ou de ne jamais aller au cinéma. Il y a aussi ceux qui espèrent susciter l’admiration par leur chasteté absolue. Il faut bien qu’ils en tirent vanité : c’est le seul contentement qu’ils auront dans leur vie.

-  (l’aspirateur) L’appareil avalait des réalités matérielles qu’il rencontrait et il les transformait en inexistence. Il remplaçait le quelque chose par le rien ; cette substitution ne pouvait être qu’œuvre divine.

- «  Ce qui t’a été donné te sera repris » ; et si tu savais ce qu’on aura le culot de te reprendre un jour !

- Il faut inventer des lois à partir de ses seules observations. Il faut être aristotélicien vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ce qui est particulièrement exténuant quand on n’a jamais entendu parler des Grecs.

- Je persiste à penser que la meilleure raison pour se suicider est la peur de la mort.