" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

dimanche 28 octobre 2012

Jean Echenoz : " Un an "




«  Victoire, s’éveillant un matin de février sans rien se rappeler de la soirée puis découvrant Félix mort près d’elle dans leur lit, fit sa valise (…) « 
Voila comment débute ce court roman. Est-ce dans un Maigret ou dans une dictée que Simenon pose cette question : combien de jours faut-il pour qu’un homme normal, coupé du monde moderne, devienne un être méconnaissable, en tout cas, vite marginalisé ? Sa réponse est : quatre jours. En effet, notre homme devient vite négligé (mal rasé, peu soigné, moralement déstabilisé, sentant tout doucement mauvais …). Et pour une jeune femme de vingt-six ans,  combien de temps faut-il ? Un peu plus, un peu moins ?
 C’est le thème de cet étonnant roman. Saluons au moins deux qualités de Jean Echenoz : la concision dans le récit et son efficacité.
Palpitant à chaque page ! A conseiller !


Extraits :

-  Elle en fut reconnaissante à sa propriétaire qui, appelez-moi Noëlle, lui dessina les grands traits de sa vie. Travaillant dans une banque mais à peine pour la forme, un petit tiers de temps, vivant pour l’essentiel de ses pensions alimentaires, elle avait bien envisagé de se remarier encore mais non, c’est moi qui suis, dit-elle, ma meilleure amie. Elle n’était bien que seule avec elle-même, précisa-t-elle en regardant sa voiture offerte par son dernier mari (je ne lui ai pas dit merci, je lui ai dit tu sais bien que je ne sais pas dire merci) (…)

-  Son itinéraire ne présenterait ainsi guère de cohérence, s’apparentant plutôt au trajet brisé d’une mouche enclose dans une chambre

samedi 27 octobre 2012

" Le Poulpe - Du pont liégeois " J.P. Deleixhe, G. Delhasse, C. Libens "




Cette aventure policière a été publiée en 1998 par un trio : Guy Delhasse, Jean-Paul Deleixhe et Christian Libens. Une course-poursuite rocambolesque menée dans les rues de Liège par le Poulpe, alias  Gabriel Lecouvreur, enquêteur tout ce qu’il y a de plus parisien, assez libertaire de surcroît.
Un homme congelé est retrouvé tronçonné en petite rondelles dans les environs de Spa. Pour l’aider dans son entreprise, Le Poulpe, belle gueule et flambeur, est bien entouré, d’abord par sa tendre Cheryl, puis par la rousse liégeoise Hélène et ses copines. Course-poursuite donc dans la Cité ardente, entre autres à l’impasse des Drapiers, dans le Carré, à Cointe, à l’hôpital de St-Laurent. Oufti ! Pas le temps de s’ennuyer.
Il est aussi question de militaires d’extrême droite, d’attentats perpétrés au centre ville par la Vlaams National Republiek (sic !).
Très envolé, très gai !


Extraits :

-  «  C’est juré : dans une autre vie j’habiterai Liège. » François Weyergans, Berlin mercredi.

-  Lénine avait logé à Liège en 1910 au 6 de l’impasse des Drapiers.

- En Belgique, le bitume c’est gratos. T’as autant de chances de trouver un péage d’autoroute ici qu’une gozette à Paris.

- This is something roten in Belgian Kingdom !

-  «  Liège fille de Meuse Rires
Fille de Meuse et fille de pute
Femme enfant tu as mille ans
Et mille mains sur tes fesses
Pute endormeuse ou bien ardente
Mille langues se mêlent à la tienne
Liège fille mère et enfant
Fille jusqu’au bout de tes mamelons
Fille jusqu’au flux de la Meuse
Liège rire et pleurer »

-  «  Chéryl, je repars « 
   «  Ah bon… Et où ça ? »
   «  A Liège. Faire une pipe au Pendu de Saint-Pholien. »

jeudi 25 octobre 2012

" Le goût du sexe " textes choisis et présentés par Philippe Di Folco




Premières amours, galipettes, baisers, attouchements divers (n’entrons pas dans les détails …), bref la sexe-attitude dans tous ses états grâce à la plume de grands et d’un peu moins grands écrivains. Tout ou à peu près y est abordé en une bonne centaine de pages grâce à quelques lignes bien choisies. Elles vous permettront peut-être de titiller une libido qui parfois sommeille un peu trop à votre goût, à ouvrir la porte de phantasmes, par définition refoulés, ou tout simplement à évoquer chez vous de coquins souvenirs, oui de ce plaisir tabou – et ce, tout particulièrement, en notre époque si puritaine ! – et qui est pourtant est un des plus merveilleux qui nous soit donné…
J’ai tout particulièrement apprécié les textes de «  Bordel royal «  un anonyme chinois, George Bataille, Melvin Burgess, Alina Reyes, Oscar Wilde, Renée Dunan, Marie-Laure Dagoit.
Juste quelques lignes pour vous donner le goût :

Extrait :

- Nous étions quatre ou cinq filles, ultra-chics, en robes de soirée fendues jusqu’à la ceinture. Nous dansions en nous tenant par le haut du cul et en nous languottant comme des folles. (Georges Batailles in «  La Houppette « in ébauches )

-  Elle m’emmenait dans la réserve pour me rouler une pelle, et, je lui caressais les seins. C’était bon, mais ça me foutait quand même la pétoche. Une fois, elle m’a chopé dans les coulisses, elle a relevé son T-shirt et le mien, elle a retiré son  soutien gorge et elle m’a roulé une pelle monstrueuse, torse contre torse, alors que tous les acteurs étaient de l’autre côté du rideau. J’ai cru mourir. C’était hallucinant. Mais elle devenait de plus en plus incontrôlable. En fait, elle aimait prendre des risques. Elle essayait toujours de m’attraper les couilles quand j’étais derrière elle. (…). (Melvin Burgess «  Idée fixe « )

-  J’ai eu le bonheur
de baiser une fille de mon village.
Elle était allongée
au milieu des champs,
des bruits rustiques
et autres odeurs printanières, comme une ruche.
Tous les garçons l’entouraient.
Elle était largement ouverte.
(…)
On voyait les jupons blancs
troussant le haut de ses cuisses,
et quand on rentrait nos membres,
nos petites couilles frôlaient les poils,
chatouillant ses fesses qui,
couchées sur la masse de foin odorante,
nous faisaient rêver elles aussi.

( Marie-Laure Dagoit)

mercredi 24 octobre 2012

Georges Simenon : " Maigret et le corps sans tête "




En manoeuvrant sur le canal Saint-Martin à Paris, une péniche fait revenir à la surface un corps d’homme. D’abord une jambe, un bras, le tronc, … mais pas la tête. Maigret mène son enquête dans ce quartier si pittoresque de Paris, le quai de Jemmapes, le quai de Valmy, la rue des Récolets chez les Calas un bistrot qui ne paie pas trop de mine et où la dame répond sèchement par de très laconiques oui et non. Tiens ! monsieur Calas, Omer de son prénom est absent parti  acheter du vin en province. Comme c’est bizarre ! (oups !, je me trompe d’histoire et de réplique, là). Mais peu importe : une nouvelle bonne occasion pour Simenon de nous conter son petit monde de petites gens qu’il affectionne tant.
Mission réussie avec succès !

Extraits :

-  Les bistrots du quartier ont tous plus ou moins le même genre de clients. Et, en même temps, chacun a une clientèle différente. «  Chez Popaul », par exemple, près de l’écluse, c’est bruyant du matin au soir. On y boit sec, on y parle fort et l’air est toujours bleu de fumée. Passé huit heures du soir, vous pouvez être sûr d’y trouver trois ou quatre femmes, qui elles-mêmes ont leurs habitudes.

-  «  Vous en voulez à vos parents ? »
   «  Je ne peux guère leur en vouloir que de m’avoir mise au monde. »

dimanche 21 octobre 2012

Georges Simenon : " La tête d'un homme "




 Maigret ne veut pas croire à la culpabilité de Jean Heurtin qu’on accuse d’avoir assassiné une vieille femme et sa dame de compagnie. «  Il est fou ou il est innocent «,  proclame notre commissaire qui va jusqu’à mettre sa carrière en jeu en provoquant l’évasion de Heurtin. Dans l’entourage du neveu de feu madame Henderson, celle qui a laissé la vie dans cette histoire, nous faisons la connaissance d’un jeune Tchèque, étudiant en médecine, un certain Radek. Maigret ne le quitte plus d’une semelle ( oh ! voici une piste qu’elle est bonne !).
Lors de leurs multiples rencontres, Radek prend un malin plaisir à se moquer de Maigret,  jusqu’à l’humiliation.  Mais rira bien celui qui rira le dernier ! …
A signaler que ( et il n'y a pas de rapport avec ce qui précède) Maigret est particulièrement de mauvaise humeur, ronchonchon, et de plus cinglant lorsqu'il s'adresse à autrui ( que c'en est même comique).
L’action se déroule en octobre à Paris.
Le crime a été machiavéliquement construit. Félicitations une fois de plus à Georges Simenon !

Cet excellent roman se termine à l’échafaud.
Julien Duvivier en a tiré un film en 1932. Un extrait ici :



Extraits :

- Paris avait son aspect morne des vilains jours d’octobre : une lumière crue tombait du ciel pareil à un plafond sale. Sur les trottoirs subsistaient des traces des pluies de la nuit. Et les passants eux-mêmes avaient l’air renfrognés de gens qui ne sont pas encore adaptés à l’hiver.

samedi 20 octobre 2012

Jean Echenoz : " 14 "




Ils sont tous des amis : Charles, Bosis, Anthine, Arcenel, … Ils sont partis pour la guerre, celle de « 14 », qui deviendra : celle de « 14-18 », plus tard encore : «  la der des ders «. C’est l’affaire de 15 jours ! qu’ils disaient … Blanche est restée seule à attendre, tout particulièrement l’un d’entre eux. Ils vont connaître les obus, les tranchées, le sang, la cervelle du frère d’arme qui vient vous éclabousser, les aéroplanes avec leurs bombes… Les animaux qu’ils vont tuer pour se nourrir, les grands et les petits ; et ceux qui se nourrissent de vous-mêmes : les rats et les poux. Et puis, au final,  la question : comment se débrouiller avec un membre fantôme ? Ce membre amputé que vous avez offert à la Patrie qui est, dit-on, reconnaissante, la Salope ! Car c’est une époque où l’on carbure encore avec de l’honneur. Charles ne reviendra pas, Bosis y laissera la peau, Arcenel se tirera une balle dans la tronche, Anthine reviendra avec un bras en moins (mais que va-t-on faire de lui, maintenant ?).

Un court roman qui nous compte les horreurs-de- la- guerre en 124 pages chrono, hachées menu.
De la belle ouvrage !
Ce livre m'a été offert par mon amie Maggy que je remercie tout plein.



Extrait :


Le sac (du soldat de 14) ne pesait d’abord vide que six cents grammes. Mais il s’alourdissait vite (…) : - bouteilles d’alcool de menthe et substitut de café, boites et sachets de sucre et de chocolat, bidons et couverts en fer étamé, quart en fer embouti, ouvre-boite et canif -, en vêtements- caleçons court et long, mouchoirs en coton, chemises de flanelle, bretelles et bandes molletières – brosses à habits, à chaussures et pour les armes, boite de graisse, de cirage, de boutons et de lacets de rechange, trousse de couture et ciseaux à bouts ronds -, en effets de toilette et de santé – pansements individuels et coton hydrophile, torchon-serviette, miroir, savon, rasoir avec son aiguisoir, blaireau, brosse à dents, peigne- ainsi qu’en objets personnels- tabac et papier à rouler, allumettes et briquet, lampe de poche, bracelet d’identité, petit paroissien du soldat, livret individuel.
(…) ensuite on arrimât sur lui, à l’aide de sangles, divers accessoires échafaudés. Au sommet, d’abord, sur une couverture roulée surmontant une toile de tente avec mâts, piquets et cordeaux incorporés,(…) trônait une gamelle individuelle,(…) à l’arrière un petit fagot de bois sec pour la soupe au bivouac, une marmite, (…) deux outils de campagne, hache ou cisaille serpe, scie, pelle, pioche ou pelle-pioche, au choix – ainsi qu’une vache à eau et une lanterne. L’ensemble de cet édifice avoisinerait alors au moins trente-cinq kilos par temps sec. Avant qu’il ne se mette, donc, à pleuvoir.

-  Peut-être n’est-il d’ailleurs pas bien utile non plus, ni très pertinent, de comparer la guerre à un opéra, d’autant moins quand on n’aime pas tellement l’opéra, même si comme lui c’est grandiose, empathique, excessif, plein de longueurs pénibles, comme lui cela fait beaucoup de bruit et souvent, à la longue, c’est assez ennuyeux.

jeudi 18 octobre 2012

Mo Yan : " La carte au trésor "




Se promenant dans les rues de Pékin, le narrateur rencontre un ancien condisciple d’école, un certain Make, «  le visage fendu de son énorme et célèbre bouche, ricanant ». D’ailleurs, il vaudrait mieux dire que c’est Make qui rencontre son ancien camarade,  mais enfin bref. Tous deux décident d’aller papoter dans un restaurant. Ce sera un resto tenu par un vieux et une vieille qui leur préparent des raviolis … à la viande de tigre.

 Ce court roman est composé de plusieurs dialogues entre les quatre personnes, ci-devant présentées. On y parle du passé lointain de la Chine, du temps de la révolution culturelle. Lourd passé, tragique, dramatique, violent mais ici le plus souvent tourné en dérision, en délires même. En outre, il est beaucoup question de pipi-caca (avis aux amateurs …), de détournement de la nourriture (bon appétit), de tortures chinoises (à vot’ bon cœur !).

Un bouquin passablement martien…(ou plutôt chinois, donc). Comme dirait l’autre, nous sommes plongés dans une toute autre culture. Ben tiens donc !
Appréciable !

Mo Yan vient de remporter le très convoité Prix Nobel de Littérature. Félicitations !


Extrait :

Quand Petite Etable à Chevaux sentit que les choses viraient au roussi, sac de chanvre plein de dollars sur le dos, d’un coup d’aile elle s’envola pour le Canada d’où elle ne revint jamais. On dit que six mois après son arrivée, elle fut revendue à un esquimau par un type qui faisait la traite des femmes, au passage le type avala le sac en toile de chanvre, une fois dans l’océan Arctique elle habita un igloo, apprit à mâcher des peaux à pleines dents et à manger de la viande de phoques crue, enfin dans son nid de glace elle pondit quatre enfants. Un noir, plus noir encore que l’encre de Chine ; un rouge, plus rouge encore que le sang de cochon ; un vert, plus vert encore que les feuilles d’arbre ; un jaune, plus jaune encore que la fleur de tournesol ; un bleu, plus bleu encore que l’eau de la mer. Mais d’où sort le bleu, je demande, tu n’avais pas dit quatre, comment se fait-il qu’il en surgisse encore un ?

samedi 13 octobre 2012

Alfred Hitchcock présente ... une terrifiante série télévisée




Alfred Hitchcock est né en Angleterre en 1899 (quel joli clin d’œil déjà !) et est mort à Los Angeles en 1980. Il a réalisé plus de cinquante longs métrages, d’abord en Angleterre puis aux Etats-Unis où il acquiert en 1955 la double citoyenneté américaine puisqu’il conserve la britannique. Ses grand thèmes sont la peur, la culpabilité, la perte d’identité.
En 1955, il réalise une série télévisée en noir et blanc qui compte pas moins de 268 épisodes. Elle sera diffusée aux USA sur le réseau de la CBS de 1955 à 1960 et sur l’Ortf en France à partir de 1959. C’est Hitchcock him-self qui présente, avec l’humour qu’on lui connaît, chacun des épisodes et après une vingtaine de minutes d’angoisse, il apporte aux spectateurs la délivrance. Celle-ci s’accompagne d’une explication et, in fine, d’une « morale «  toute hitchcockienne …
Un coffret de plusieurs DVD est disponible. Il retrace les meilleurs de la série. Voici quelques-uns parmi les plus fameux d’entre eux.
Cependant : AVERTISSEMENT ! ! !
- Il est fortement déconseillé, aux personnes assez émotives, de regarder ce qui va suivre !
- Il est fortement déconseillé de regarder ces épisodes avant d’aller dormir !
 Je décline bien entendu toute responsabilité.

*** Le cas de Mr Pelham
Une histoire de sosies. En version française, 25 minutes :

*** Accident. Version anglaise, sous titrée en français. 26 minutes.
Un cauchemar les yeux grands ouverts, mais le regard fixe, comme éteint, comme mort. Brrrrrr !  :

***  Poison. En version anglaise. 26 minutes.
Si vous êtes allergique aux serpents ou si la seule évocation de l’un d’entre eux vous glace le sang, ne cliquez pas sur le lien plus bas.
Si vous ne comprenez pas l’anglais, passez votre chemin et allez acheter un Assimil :
http://www.youtube.com/watch?v=J7oZ2LY2-GU

*** Jour de pluie
Un crime (parfait) concocté par une famille de farfelus ...mais c'est la douche quand même.
Cet épisode se veut comique et il l'est,  mais vous rirez ... vert.
 Il dure 25 minutes et le voici en langue française :

http://www.youtube.com/watch?v=fyFgq2LaBV8

*** " Haut les mains ! " Pan ! T'es mort ! Durée 24 minutes. Absolument hallucinant :

http://www.youtube.com/watch?v=-BPLFupqHy4

*** Quel rapport y a t-il entre Dieu, un toit qui fuit et un champ de course ?
Aucun répondrez-vous. Et bien détrompez-vous !
25 minutes, en version originale sous-titrée et en deux partie :

http://www.dailymotion.com/video/x87f7f_alfred-hitchcock-1-presents-caracol_shortfilms

et la suite :

http://www.dailymotion.com/video/x87fbx_alfred-hitchcock-2-presents-caracol_shortfilms


>>>>>>>>>> A suivre !   >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

Mo Yan : " Le maître a de plus en plus d'humour "




C’est tout frais : Mo Yan, écrivain chinois, né en 1955, vient de décrocher le très prestigieux Prix Nobel de Littérature 2012.
Ding Shikou, à un mois de la retraite, courageux et très honorable travailleur dans une usine de machines agricoles, vient d’être licencié. Que va-t-il devenir, lui, et sa vieille épouse ? Avec le concours de son fidèle et très malin apprenti, notre bonhomme – surnommé «  vieille baderne «  par sa femme -  va se trouver un job peu commun et lui permettre ainsi de récolter facilement et agréablement des milliers de yuans (1.000 yuans = 130 euros).
 Ce très court roman se passe dans la Chine contemporaine. Il est très drôle- jusqu’au fou rire ! -, bien ficelé rondement mené. Et empli de maximes chinoises qui constituent une des caractéristiques amusantes de ce vaste pays.
Une perle !

Extrait :

-  (…) Si l’usine en est là, qu’elle aille se faire foutre, si les vers ne meurent pas de fin sous terre, jamais nous autres de la classe ouvrière ne mourrons de faim…

-  Les ouvriers flottants (mingong) sont de paysans qui se déplacent de ville en ville à la recherche d’un travail.

-  Elle avait le visage tout rouge et ses yeux brillaient de mille éclats, tels ceux d’une poule qui vient de pondre un œuf.



vendredi 12 octobre 2012

Georges Simenon : " Maigret et le voleur paresseux "




Honoré Cuendet, cambrioleur notoire, est retrouvé complètement défiguré (et mort) dans les Bois de Boulogne. C’est le commissaire Fumel qui est chargé de l’enquête. Maigret, lui, est encore toujours sur la piste de vols dans les chaumières. Nous allons faire la connaissance de toute une série de personnages plus ou moins louches : Fernand et la belle Rosalie, René Lussac, Stuart Wilton, Olga, … Madame Guendet-mère et Eveline «  une femme extraordinaire «  comme la qualifiera Maigret. Il est encore question d’hippocampe et de couverture en poils de chat sauvage.
(j’ai pas tout compris car je fus passablement distrait durant ma lecture. Faudra que je le relise ,celui-là,  mais plus tard car j’ai d’autres choses sur le feu …)

Extraits :

-  En réalité, notre rôle principal (à nous la police) est de protéger l’Etat, d’abord, le gouvernement, quel qu’il soit, les institutions, ensuite la monnaie et les bien publics, ceux des particuliers et enfin, tout à la fin, la vie des individus…

-  Plus d’hommes qu’on ne le pense ne se marient pas à cause de leur mère et, à cinquante ans sont encore devant elle comme des petits garçons.

mardi 9 octobre 2012

Jean Jour : " Un gamin d'Outremeuse " tome 3, le temps du pain blanc




Le troisième tome de ce qui est, en réalité, une autobiographie romancée du journaliste et écrivain liégeois Jean Jour. Nous retrouvons donc François Willin qui habite maintenant rue du Lombard et fréquente l’Athénée de la rue des Clarisses. Il y décrit abondamment ses condisciples, ceux qui vont devenir de vrais amis et leurs profs. Nous rentrons avec lui dans la bibliothèque des Chiroux pour y découvrir ses lectures préférées. François est attiré par l’Amérique, les illustrés et les aventures qui viennent de là-bas, son cinéma. Il excelle d’ailleurs dans l’apprentissage de l’anglais. Il nous décrit ses premières amourettes, nous présente ses amies, Malou, … et même Noëlla de la rue du Champion … Il assiste à une conférence que Georges Simenon est venu tenir à l’Emulation. … Et tant d’autres tranches de vie encore …

« Un gamin d’Outremeuse «  n’est pas un récit égocentrique braqué sur sa propre personne : François décrit autant,  sinon plus,  les membres de son entourage - sa famille, ses amis, les Liégeois - que lui-même et puis surtout il nous emmène fréquemment dans les rues du Liège des années ’40 et 50. Le style y est clair, lipide et ce troisième volume se lit aussi agréablement que les deux autres.
 Nous attendons avec impatience le tome quatre. Et puis cinq tomes pour nous narrer la vie de ce gamin d’Outremeuse, ce ne serait pas mal.

Vous l’avez compris : à chaleureusement recommander !

Extraits :

-  François a lu Pergaud et Robert Merle. Il est devenu aussi antimilitariste qu’il est anticlérical. (…) Que faire de cette vie qui les attend, comment savoir à quoi l’on est bon, comment s’assurer, pour l’avenir, de ne jamais s’ennuyer ?

- Chez Batta, ils ont trouvé une paire de souliers renforcés, à semelles de crêpe, c’est la mode. Ils paraissent inusables, sont antidérapants et très souples. Mais ils chuintent en marchant et c’est pire qu’une semelle de cuir qui gémit, ce qui fait toujours dire à Jeanne : «  - Encore un qui n’a pas payé ses godasses ! »

mardi 2 octobre 2012

Georges Simenon : " Maigret et Monsieur Charles "



Le notaire Sabin-Levesque est un des notaires parmi les plus importants de la ville de Paris. Il s’est marié voici déjà de nombreuses années mais entre monsieur et madame il y a belle lurette qu’il ne se passe plus rien, comme on dit pudiquement. Ils vivent dans le même immeuble mais font tout pour s’éviter. Chez les Sabin-Levesque, on est très catholique, donc on ne divorce pas, on fait avec. Et notre notaire sait s’y prendre pour s’évader de cette vie conjugale plus que morne. Très régulièrement, il s’en va écumer les cabarets, les boites de nuit dans les beaux quartiers à la recherche d’une jeunesse facile. Ces escapades durent de plusieurs heures à deux ou trois jours. Il n’est plus alors un notaire de grande réputation mais devient, pour un moment que l’on suppose délicieux, «  monsieur Charles. Il ne manque cependant pas de rester en contact avec son clerc afin de veiller de près à ses affaires. Madame, elle, picole sec, jour et nuit, beaucoup, beaucoup trop … Jusqu’au jour où il ne réapparait plus …

Un récit que l’on pourrait qualifier de cinématographique, qui vous tient en haleine et où Simenon excelle, une fois de plus, à dépeindre dans les moindres détails tantôt la vie d’une haute bourgeoisie, tantôt celle de dames de petite vertu …

Dans ce roman qui est un des tous derniers de Simenon puisqu’il est signé – Epalingues, le 11 février 1972 -, Maigret est à trois ans de la retraite.

Un réel plaisir, vous vous en doutez. Un Maigret comme on les aime !


Extraits :

-   (à propos de l’inspecteur Lapointe). Il n’en était pas moins resté le petit Lapointe et certains ajoutaient : le chouchou de Maigret.

- Lapointe se précipita avec une certaine gaucherie dont il ne pouvait se guérir en présence de Maigret. Celui-ci était son dieu.

- Louisa ajouta : les hommes sont des veinards … Ils ne vieillissent pas aussi vite que nous …

lundi 1 octobre 2012

Tahar Ben Jelloun : " L'islam expliqué aux enfants (et à leurs parents )




Le fond de ce bouquin : tout ce que vous vouliez savoir sur l’Islam. L’auteur nous définit clairement ce qu’est le Coran, le djihad, la fatwa, la chari’a, … ; nous rappelle qui est Mahomet, qui sont les talibans, les intégristes, les frères musulmans, les sunnites et les chiites, … ; que sont les cinq piliers de l’Islam, comment est vécut l’Islam au Maroc, en Turquie, mais également en Iran, au Pakistan, en Afghanistan … La distinction qu’il s’agit de faire entre la toute grande majorité des musulmans qui sont pacifiques et les enragés, ceux qu’on appelle les terroristes. Il nous raconte le triste sort trop souvent réservé aux femmes. Les Musulmans ne sont pas épargnés dans ce livre qui parle plus des hommes que de Allah.
La forme : un dialogue entre l’auteur et son enfant. Un style clair, agréable, pédagogique.
En annexe, on peut lire quelques articles signés Ben Jelloun publiés dans la presse internationale lors des dernières années.
Bref un bouquin digne d’intérêt.

Extraits :

-  On a pris l’habitude de dire à la femme : «  Il faut obéir à ton mari, si tu n’as pas de mari, à ton père, si tu n’as pas de père, à ton frère, etc. »

-  Vu ce qui se passe en ce moment, c’est très important de séparer la religion et la politique. Tant qu'on n’aura pas établi une barrière entre les deux, il y aura des problèmes.

-  La burqa n’est pas une obligation religieuse. Elle révèle combien l’homme a peur de la femme ; il fait tout pour la couvrir, pour qu'elle ne soit vue que par lui et lui seul. C’est une question qui relève davantage de la psychanalyse et de la psychiatrie que de la foi.

-  (…) Il en est de même avec d’autres musulmans qui viennent déposer des milliards dans leurs banques. La Suisse les traite avec énormément d’attention et de respect. Elle oublie qu’ils sont porteurs de cet islam qui lui fait si peur.