" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

vendredi 30 novembre 2012

Georges Simenon : " Les autres "




Ce roman aurait très bien pu s’intituler « L’oncle Antoine est mort «  à savoir les premiers mots de cette histoire familiale. Simenon décortique cette famille et nous brosse le portrait de chacun de ses membres. Une famille à travers laquelle chaque lecteur pourra se reconnaître car chacune ne comporte-t-elle pas des part d’ombre, de ces détails plus ou moins scabreux que l’on répugne à se souvenir et pire encore à étaler au grand jour…
Les personnages par ordre d’apparition : l’oncle Antoine très riche sans enfant, Blaise le narrateur professeur aux Beaux Arts, Irène son épouse, la mère de Blaise, Colette l’épouse d’Antoine extrêmement belle mais fragile ; Floriau médecin , Monique son épouse, le cousin Edouard très pauvre et paumé, Marie son épouse, Lucien le frère de Blaise grand catholique et imprimeur ; Nicolas très riche célibataire amant d’Irène , Adèle bonne de Blaise qui couche avec lui , François domestique de l’oncle Antoine, …
Qui va hériter ?
Simenon ne répond pas à la question : quelle est la raison profonde de la mort d’Antoine. D’ailleurs personne ne se la pose. Chacun a autre chose à faire. Aucun doute possible,  tout le monde s’en fiche …
Appréciable !

Extrait :

-  Je suis resté longtemps sans amis parce que, ne sachant pas ce que je voulais devenir, je ne voyais aucun groupe auquel m’intégrer. Je vais écrire une chose paradoxale : j’étais trop ambitieux pour l’être.

jeudi 29 novembre 2012

Gouvy en 1960





Rue de la Gare à Gouvy en 1960 et ma maison natale


Ce n’est pas parce que je deviens de plus en plus liégeois que j’ai oublié Gouvy, mon village natal. J’y ai vécu à plein temps mes 12 premières années + 25 ans en tant que commerçant ; un joli bail. Maintenant que je deviens de plus en plus vieux, aussi, j’aime à me remémorer quelques bons moments vécus, là-bas, en terres ardennaises. Pourquoi alors ne pas essayer de  retrouver les traces de ce passé, et particulièrement celles de mes années d’enfance qui furent paradisiaques…
Où trouver un témoin fiable ? Telle était la question. Euréka ! La bibliothèque Albertine à Bruxelles m’a donné le précieux sésame : les archives du journal «  L’Avenir du Luxembourg ». Que de souvenirs rejaillissent maintenant grâce à ces journalistes anonymes. Merci à eux, merci à la Royale bibliothèque, merci au plus luxembourgeois des journaux !

                       CELA S’EST PASSE A GOUVY EN 1960


-  L’Avenir du Luxembourg, jeudi 14 janvier 1960
Gouvy.  Au cercle des Ménagères Rurales. Le 7 janvier se tenait l’assemblée annuelle du C.M.R. au patronage. Une cinquantaine de membres étaient présentes. La présidente, madame Monville, exprima les vœux de bonne année. (…) Le souper avec gâteaux et pistolets fourrés se déroula dans une ambiance joyeuse et fraternelle (...) La fête se termina par quelques chansons.

-  L’Avenir du Luxembourg, vendredi 22 janvier 1960
Beho. Le 19 janvier, les conjoints Pierre Lenfant et Marie Lenfant de Beho, âgés respectivement de 86 et 83 ans ont fêté leurs noces d’or(…) Cette honorable famille compta 15 enfants, dont 8 morts en bas âge. Les 7 autres, tous mariés, entouraient avec leurs familles les jubilaires, à qui nous adressons toutes nos félicitations.

- Jeudi 26 janvier 1960
Jeudi à 19h s’est tenue l’assemblée générale du Syndicat agricole de Gouvy sous la présidence de François Burnotte. Le secrétaire Louis Nisen exposa la situation financière du Syndicat. Au cours de cette réunion, il fut décidé d'organiser un grand concours –exposition les 5 et 6 juin prochain.

-  Samedi 30 et dimanche 31 janvier 1960
Limerlé. L’eau arrive. Le mardi 26 janvier, 17h, doit être marqué d’une pierre blanche dans les annales communales. A ce moment précis, le premier flot d’eau arrivait au réservoir de tête, situé sur le mamelon 520, au sud-est de Limerlé.

-  Mercredi 17 février 1960
Gouvy. Un petit garçon est venu égayer le jeune foyer des époux Pignon-Klons. Il a reçu au baptême le prénom de Marc.

-  Quelques films à l’affiche du cinéma «  Chez Nous », avenue Noël en 1960 :
«  Sérénade au Texas «  western musical avec Luis Mariano et Bourvil
«  La famille Trapp en Amérique «  charmante comédie musicale (pour tous, légères réserves)
«  La loi c’est la loi «  comédie gaie avec Fernandel
«  La grande illusion «  film de guerre qui prône l’entente entre tous les hommes sans distinction de classe, de race ni de nationalité (pour adultes)
«  Les dix commandements «  film biblique (pour adultes)
" Guerre et paix " film dramatique remarquable (pr adultes)
" Symphonie inachevée " biographie
" Sueurs froides " excellent film dramatique d'Alfred Hitchcock


- Lundi 14 mars 1960
 Le 20 mars prochain, le club des supporters de football présentera au profit de la caisse d’entraide aux anciens combattants de Gouvy «  Le soldat Lriflette «, comédie en 3 actes. Trois heures de fou-rire et une soirée à ne pas manquer.

- Mercredi 6 avril
Gouvy. Samedi 2 avril, se sont déroulées les funérailles de Melle Mariette Kalbusch, décédée à l’âge de 58 ans. La défunte exerça la profession de sage-femme et infirmière durant de nombreuses années et jouissait de l’estime générale. Une foule très nombreuse assistait aux funérailles.

- Mercredi 4 mai 1960
Cherain. Dimanche 1er mai, la grande fancy-fair organisée par la Jeunesse Rurale du secteur de Cherain a remporté un vif succès. Peu de soleil ! Un peu de pluie ! Beaucoup de monde ! (…)

-  Jeudi 5 mai 1960
Gouvy. Il y a promesse de mariage entre Léon Haan, facteur des Postes de Gouvy et de Anne-Marie Gérard. Nos félicitations !

-  Jeudi 9 juin 1960
Gouvy. Le jeudi 26 mai, par un beau soleil de printemps, la foule s’est dirigée vers la salle du ciné «  Chez nous » où les élèves de l’école Ste-Thérèse fêtaient leurs mamans. Un orchestre de petits garçons exécuta la «  marche des cadets ». (…) Toutes les filles de l’école primaire chantèrent gracieusement le chant de la fête des mamans. Les garçons dansèrent la polka des petits facteurs et furent très applaudis. Ils durent revenir sur la scène une deuxième fois. Une comédie «  Batisse et Lalie «  fit bien rire le public. Puis les grandes présentèrent avec souplesse et grâce le ballet des cerceaux, rythmé par une musique entrainante. Elles furent, elles aussi, très applaudies. Au cours de cette représentation, Mr l’abbé Zéler, curé de Gouvy, épingla sur la poitrine de la Révérante Sœur Emérencia, la médaille civique de 1ère classe, pour 32 ans d’enseignement.

-  Lundi 27 juin
Gouvy. Samedi matin, on apprenait la mort du docteur Célestin Noël, décédé à Gouvy dans sa 72 ème année. Le défunt était ancien combattant des deux guerres et président d’honneur de la section des A.C. de Gouvy. Il s’était installé comme médecin à Gouvy, depuis 1920 et jouissait de l’estime générale.

- Vendredi 8 juillet 1960

Gouvy. A l’école Ste-Thérèse. L’année scolaire se termina sur des succès encourageants. A l’examen cantonal de fin d’études primaire qui s’est tenu à Salmchâteau, quatre élèves ont obtenus, avec de très beaux résultats, leur certificat de fin d’études primaire : Raymonde Avalosse, Maryse Lanners, Simone Winand et Marie-Rose Catin. Toutes nos félicitations.

- Cinéma à Limerlé, Steinbach et Rettigny en 1960 :
« Dunkerque «  film de guerre
«  La mégère apprivoisée «  comédie
«  Le Tzarévitch «  opérette
«  La loi c’est la loi «  comédie avec Toto et Fernandel
«  Ma femme, ma gosse et moi «  comédie gaie

- Mardi 16 août 1960
Gouvy. C’est dans une atmosphère d’allégresse exceptionnelle et malgré un ciel très nuageux que la population de Gouvy s’est unie pour la première messe paroissiale du R.P. Réné Andrianne. (…)
Peu après le cortège s’achemina vers l’autel dressé en plein air. (…) Entourant l’autel, on pouvait reconnaître M.M. les abbés Van der Viest, Zéler, révérend curé de Gouvy, Delheylle, vicaire à Gouvy, Foogem, Dembour et Maréchal. (…) La journée fut clôturée par un salut solennel chanté en la chapelle de Gouvy.

-  Vendredi 9 septembre 1960
Gouvy. On demande des égouts. Sur les instances de nombreux habitants de Gouvy, le Dr Charles Misson vient d’écrire au ministre de la Santé publique pour attirer son attention sur le fait que le problème des égouts dans le village reste toujours sans solution. Gouvy, village assez étendu, où se trouve une gare importante est une agglomération qui ne demande qu’à jouir comme d’autres localités ardennaises d’un minimum de confort et de salubrité. Or, le bruit court qu’en ce qui concerne les égouts, rien ne sera fait avant des années faute de crédits. Le docteur demande en terminant pour quand sont prévus ces travaux d’hygiène si nécessaire à Gouvy.

-  Mercredi 14 décembre 1960
Football. En division ll prov. Série B, Bomal net vainqueur à Harre rejoint Mormont tenu en échec par Gouvy. Gouvy a bien failli créer la surprise à Mormont qui, à la pause, était mené par Gouvy trois buts à zéro. (…) Les visiteurs déplaçant un onze privé de Bock, A. Scheuren et les frères Dessy. Ils alignaient, par contre, les frères Hennuy (Léopold et François), Laloux R. et Jacquemin. Ces deux derniers se mirent particulièrement en évidence. Le premier en marquant deux des trois goals, le second en exécutant dans les bois de nombreux arrêts spectaculaires. (…)

-  Samedi 17 et dimanche 18 décembre 1960
Cherain. Un gros garçon est venu réjouir le foyer de M et Mme Gresse-Hay, cultivateur à Rettigny. Au baptême, il a reçu le prénom de Jean-Luc.




                                                Horaires de trains et de bus Gouvy-Liège





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Et dans l’ « Annonce de Vielsalm » :



- « Annonce de Vielsalm », dimanche 27 mars 1960
Le laetare à la salle Franck de Gouvy



- Dimanche 22 mai 1960
Bal des bouchers en la salle du Luxembourg à Gouvy



- Dimanche 25 décembre 1960

Rendez-vous «  Au Harnais » à Gouvy ; Graphisme : Joseph Bontemps


Merci au journal l' "Annonce de Vielsalm "   !
Merci à la bibliothèque Albertine de Bruxelles  !

dimanche 25 novembre 2012

Juremir Machado Da Silva : " En Patagonie avec Michel Houellebecq "




Le professeur-journaliste-écrivain brésilien Juremir Machado Da Silva et son épouse Claudia invitent Michel Houellebecq pour un séjour en Patagonie. Tous trois  vont partager avec la nature de ce phantasme du bout du monde, dresser, par exemple, un bestiaire comprenant les pingouins et les loups-marins. Ils admirent les glaciers, Ushuaia, parlent littérature, des auteurs et des écrivains ; de l’art, des femmes et des filles ; de Dieu, de la vie, de la mort, de la politique, du passé du présent de l’avenir, … ; le tout autour d’une ou deux bouteilles de vin «  richissime «.
 Un récit de voyage, passablement intello (mais pas trop quand même),  hyper agréable et empli d’humour, semblable à un excellent apéritif. Un trip qui s’est déroulé en 2007, traduit en français et publié en 2011.
A consommer sans modération !

Extraits :

- Claudia dit à propos de Houellebecq : il est triste comme un chiot./
 – Extension du domaine de la lutte est le livre le plus triste que j’ai lu de toute ma vie.

- Cette scène deviendra un rite. Aussi routinier que son habitude de tenir sa cigarette entre le majeur et l’annulaire ou de tenir son mouchoir roulé en boule comme si c’était une «  doudoune » de bébé

- La grande contribution de Michel Houellebecq à la littérature serait la revalorisation du point-virgule.

-  Michel Thomas. Thomas est le patronyme de Michel Houellebecq.

-  « Tes livres sont-ils autobiographiques ? »
« - Non, si je compare avec ce dont je me souviens des pages de mes livres, je ne trouve pas beaucoup de choses en commun. (…) Même quand il en existe, elles sont tellement modifiées qu’elles en deviennent presque le contraire «

-  Les gens ne lisent pas quelqu’un parce qu’il est le meilleur, mais parce qu’il est le seul dans son genre.

-   Je suis contre le retour de toutes les religions. En même temps, pourtant, je trouve triste de ne pas croire en Dieu. (…) Les gens qui croient sont plus heureux. 

-  Le football est un substitut de la guerre.

- «  - J’ai peur de la mort »
«  - Sois tranquille, elle prévient toujours avant d’arriver, dit Michel »
«  - Ah bon ? »
«  - Quelques secondes avant de se présenter… »
« - Quelques secondes ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? »
«  - C’est plus que suffisant. »
«  - Plus que suffisant ? Pour quoi faire « 
«  - Pour savoir que l’on meurt « 
(Ne pas mourir idiot)

samedi 24 novembre 2012

" J'ai un rêve " par Michel Houellebecq




J'ai un rêve
par Michel Houellebecq

" Que les choses soient claires : la vie, telle qu’elle est, n’est pas mauvaise. Nous avons accompli certains de nos rêves. Nous pouvons voler, nous pouvons respirer sous l’eau, nous avons inventé des appareils électro-ménagers et l’ordinateur. Le problème commence avec le corps humain. Le cerveau par exemple est un organe d’une grande richesse et les gens meurent sans avoir exploité toutes ses possibilités. Non parce que la tête est trop grosse mais parce que la vie est trop courte. Nous vieillissons rapidement et nous disparaissons. Pourquoi ? Nous ne savons pas, et si nous savions nous serions tout de même insatisfaits. C’est très simple : les êtres humains veulent vivre et pourtant ils doivent mourir. A partir de là, le premier désir est d’être immortel. Bien sûr, personne ne sait à quoi ressemble la vie éternelle, mais nous pouvons l’imaginer.

Dans mon rêve de vie éternelle il ne se passe pas grand chose. Peut être que je vis dans une grotte. Oui, j’aime les grottes, il fait sombre et frais et je me sens en sécurité à l’intérieur. Souvent je me demande s’il y a eu de réels progrès depuis la vie dans les grottes. Lorsque je suis assis là, écoutant calmement le bruit de la mer, entouré de créatures amicales, je pense à ce que je voudrais enlever dans ce monde : les puces, les oiseaux de proie, l’argent et le travail. Probablement aussi les films pornos et la croyance en dieu. De temps à autre, je décide d’arrêter de fumer. A la place des cigarettes, je préfère prendre des pilules qui ont un effet stimulant analogue sur mon cerveau. De plus, j’ai une grande variété de drogues synthétiques à ma disposition, chacune de ces drogues développe ma sensibilité. Je suis alors capable d’entendre des ultra-sons, de voir les rayons ultra-violets – et d’autres choses que j’ai du mal à comprendre.

Je suis un peu différent à présent, pas seulement plus jeune, mon corps est transformé, j’ai quatre jambes, c’est chouette, je me tiens beaucoup mieux debout, solidement relié à la terre. Même quand je bois trop, je n’ai pas peur de tomber. Contrairement à l’homme primitif, le kangourou et le pingouin, rien ne m’ébranle facilement. Et il y a plus : je n’ai plus besoin de vêtements. Les vêtement ne sont pas pratiques, quels que soient leur forme, ils gênent la respiration de la peau. Nu je me sens plus libre. Le plus important, c’est que je ne suis ni mâle ni femelle - un hermaphrodite. Avant je ne pouvais qu’imaginer la sensation de la pénétration, n’étant pas homosexuel. Maintenant j’en ai quelque idée, c’est une expérience fondamentale que j’attendais depuis longtemps. Je n’ai plus rien à espérer. Certains lecteurs se demanderont si la vie, dans la plus belle des grottes avec les plus adorables des créatures, ne finirait pas par être ennuyeuse après des milliers d’années (voire des centaines de milliers d’années dans mon cas). Non, je ne crois pas, en tout cas pas pour moi. Je ne trouve pas ennuyeux de répéter à l’infini ce que j’aime faire, j’irais même plus loin : le vrai bonheur est la répétition, dans le perpétuel recommencement de la même chose, comme dans la danse et la musique, par exemple Autobahn de Krafwerk. Il en va de même pour le sexe : quand c’est terminé, nous voudrions recommencer. Le bonheur est une accoutumance, une accoutumance qui peut être concentrée dans des trucs chimiques où dans des êtres humains, quand j’ai mes pilules ou mes amis, je n’ai plus besoin de rien. L’ennui est l’alternative du bonheur, le quotidien journalier, les nouveaux produits, les informations – même présentées de façon attractive. J’ai trouvé le bonheur dans ma grotte, je n’ai plus rien à espérer, je prends un bain quand je veux. Dehors il fait chaud et clair, je pense un peu à l’Allemagne où des gens ont vécus ensemble dans des petits espaces et je suis heureux que le paradis ne connaissent pas la surpopulation. Les gens sont libres de choisir leur tombeau, ils roulent autant qu’ils veulent.

J’ouvre mes yeux et constate que mon rêve est plutôt superficiel. J’allume une nouvelle cigarette, mâchouille le filtre, en réalité il n’y a pas d’harmonie avec l’univers. Dans les moments de bonheur, par exemple en contemplant un beau paysage, je sais instantanément que je n’en fais pas partie, le monde m’apparaît comme quelque chose d’étrange, je ne connais aucun endroit où je puisse me sentir chez moi. Dieu, lui-même ne peut résoudre ce problème, d’ailleurs je ne crois pas en dieu, il n’est pas nécessaire, ni ici ni au paradis. Je crois en l’amour, c’est la seule chose valable que nous possédions, mieux qu’un programme de fitness, mieux que le sport. Peut être qu’un jour mon rêve d’éternité se réalisera, je serai alors une créature avec des jambes, des ailes ou des tentacules, peut être ailleurs. Contrairement à la plupart des gens, je ne crains pas la mort, en vieillissant, je redécouvre ma jeunesse, longtemps oubliée et de temps à autre lorsque les choses vont mal, je me carapace confortablement dans mon travail. Mes livres me garantissent déjà une forme d’immortalité."

Traduction française par Michel Meyer de la traduction anglaise par
Roel de Bie d'un entretien de Michel Houellebecq avec le journaliste
allemand Wolfgang Farkas publié le 2 novembre 2000 dans l'hebdomadaire Die
Zeit et faisant partie d'une série intitulée "Ich habe einen Traum" (J'ai un
rêve)

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Blog de l'association des amis de Michel Houellebecq :

http://www.houellebecq.info/
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Ce que pense Luchini de Houellebecq :

http://www.ecrans.fr/Vu-sur-le-www,3472.html

vendredi 23 novembre 2012

Georges Simenon : " Un échec de Maigret "



Boucher en gros, Ferdinand Fumal est à la tête d’un empire. Il détient pas mal de pouvoir et bien entendu il possède une véritable fortune. Il se méfie de tout le monde. Son but est d’humilier ceux qui croisent son chemin et, si possible, les ruiner. Jusqu’au jour où il est retrouvé raide mort, une balle dans le thorax. Qui est l’auteur de ce crime ? Telle est la tache qui est assigné à Maigret. Il découvrira le coupable qui se fera tout de même la belle pour le Panama. D’où : un échec de Maigret.
Une plaisante enquête avec quelques personnages bien typés.

Un bon ! Comme d’hab. !

Extrait :

-  Je dis toujours la vérité. Je suis incapable de mentir, non par horreur du mensonge, mais parce que je deviens rouge.

jeudi 22 novembre 2012

Albert Cohen : " Ô vous, frères humains "




Ce livre raconte la longue errance d’un gamin juif dans les rues de Paris, en 1905, jusque tard dans la nuit. Le jour même de ses dix ans, il vient de se faire traiter de  sale juif !  par un camelot. L’enfant va imaginer toute une série de stratagèmes afin de tenter d’échapper à sa condition d’être haï.
Le style y est limpide, humain, poétique, cohénien donc parfois lyrique mais c’est bien. A la manière d’un bréviaire aussi, presque.

En LXX chapitres. Un bijou dans le genre !

Mots clés :

- mots aux haïsseurs de Juifs
- Albert Cohen en son cercueil
- mots à la sotte et affreuse nature humaine
- on fait de petites absurdités pendant un malheur
-  le pardon
- l’autel à la France tant aimée
- Viviane, la plus belle fillette du monde
- l’âne Charmant
- sur les murs : «  mort aux juifs « 
- dans la glace un sale petit youpin
- port de la rouelle, de l’insigne de la juiverie
- le péché de la naissance
- tous les trois nous pleurions de quoi réjouir un antisémite


Extraits :

-  La vieillesse est un décès par petit morceau.
- Dormir est une manière de bonheur.
- (…) dites, antisémites, mes frères, êtes-vous vraiment heureux de haïr et fiers d’être méchants ? Et est-ce là vraiment le but que vous avez assigné à votre pauvre courte vie ?

mercredi 21 novembre 2012

En deça de l'infini ...




                                           
Qu’y avait-il avant le big bang ? Il n’y avait pas d’avant parce que le temps n’existait pas.- Petit aparté : si l’on se pose la question : « qu’y avait-il avant le big bang ? » c’est un peu comme si l’on se posait une autre question : « que faisais-tu avant ta naissance ? »-

Le temps résulte de l’expansion de l’univers ; mais que se passera-t-il quand l’expansion de l’univers aura achevé sa course ; que se passera-t-il donc après ?

Si la théorie des cordes est exacte, l’univers posséderait neuf dimensions spatiales et une dimension temporelle.

On peut imaginer qu’au départ toutes les dimensions étaient entortillées et qu’au cours du big bang, les trois dimensions que nous connaissons, soit la hauteur, la largeur et la profondeur, et la dimension temporelle, que nous appelons le temps, se sont déployées. Les six autres nous sont inconnues, enroulées sur elles-mêmes.

Et si nous admettons le fait que nous vivons dans une dimension enroulée, alors comment faire la part entre l’illusion et la réalité ? Comprenez : ce que nous appelons l’illusion et la réalité …

Le temps que nous connaissons actuellement ne peut être parcouru que dans une seule direction ; mais qu’adviendrait-il si une autre dimension n’était pas spatiale mais temporelle ?


Une petite vidéo sympa :

http://www.youtube.com/watch?v=oBjarldMEJs

lundi 19 novembre 2012

Georges Simenon : " Maigret et le clochard "




A Paris, pas loin du pont Marie dans l’île Saint-Louis, le flamand Jef Van Houtte, patron de la péniche «  de Zwarte Zwaan » vient de repêcher un homme tombé dans la Seine. Il s’agit d’un clochard, surnommé le Toubib. Il est vrai que le parcours du Toubib est peu ordinaire et pas très drôle, non. Nous ferons d'ailleurs connaissance de sa famille. Il est sérieusement amoché mais en vie, hospitalisé à l’Hôtel-Dieu. Maigret mène l’enquête, trouve le coupable mais celui-ci nie mordicus. Particularité de ce Maigret : un des rares où notre (bon) commissaire se trouvera gros-Jean (c’est une expression) aussi bien comme devant que comme derrière (c’est la suite de cette expression, un tantinet tronchée, ici).
Conclusion : la perception du monde n’est pas du tout la même chez les clochards que chez les gens biens …
Un excellent Maigret !

Extrait :

- Il avait une longue expérience de ces hommes simples, peu intelligents, qui croient qu’on veut profiter de leur naïveté et qui, parce qu’ils se méfient, deviennent vite agressifs, à moins qu’ils ne s’enferment dans un mutisme têtu.

mardi 13 novembre 2012

Georges Simenon : " L'assassin "



A se demander si le docteur Kupérus n’a pas assassiné Schutter – et tant qu’il y était sa propre femme – tout simplement pour devenir enfin le président du club de billard … Bon ! ces deux là étaient amants mais ce n’est tout de même pas une raison... Et puis le pompon dans cette histoire c’est ce Karl, un clandestin allemand, l’ami de Neel, la bonne de la maison,  qui a trouvé refuge dans la mansarde … Bon à savoir aussi : à un demi-florin près, la vie de Kupérus eut été différente …Le roman se déroule dans la Frise hollandaise.

Extraits :

- Vous avez vécu soixante-quatre ans, n’est-ce pas ? Tout le monde n’a pas cette chance-là.

-  Un vicieux, l’homme qui avait vécu quarante-cinq ans sans commettre la moindre mauvaise action (…)
Un vicieux, qui avait vécu quinze ans dans  la même maison, à ne se préoccuper que de la rendre plus gaie et plus confortable (…)
Un vicieux, dont toute l’ambition avait été devenir président de son cercle à la place de Schutter (…)
Un vicieux qui se relevait jusqu’à vingt nuit par mois pour aller faire des accouchements (…)

dimanche 11 novembre 2012

Journal intime d'un potache au collège St-Roch, Ferrières ( années 1966 et 1968)



                                          Cliquez sur la photo pour l'agrandir ( ça vaut le coup !)


En fouillant dans mes archives, je suis tombé sur deux ou trois carnets. Des journaux intimes, qui étaient à la mode à l’époque. J’y écrivais mes turpitudes et mes joies, le soir dans ma chambrette au collège St-Roch. Il y a donc un peu de tout. Mes états d’âme qui n’intéresseront personne. Des bons moments passés dans ma famille à Gouvy, donc trop intimes, là. D’autres bons et moins bons moments passés avec mes camarades de classes, devenus parfois au fil du temps des amis mais vous savez comment ça marche sur internet : vous parlez de quelqu’un et hop voilà la personne en question bombardée sur la première page de google, ce qui n’est pas le but recherché,  sans compter les emmerdements éventuels, surtout si l’on n’est pas trop fair-play ( hum !)...
 Ce qui suit est donc d’un intérêt limité mais juste pour le fun, pourquoi ne pas rapidement évoquer le St-Roch des golden sixties. J’ai censuré un max, ce qui est préférable quand même. Oufti !

- 1 février 1966 :
Les profs sont particulièrement rasoirs aujourd’hui.
- Jeudi 3 février 1966 :
On a mangé une sauce qui ne nous convenait pas ; conséquence une quarantaine d’élèves sont sortis pendant la messe pour aller à la toilette. J’y ai été une fois pendant le cours de Mr Defossez. Nous n’avons pas eu de frites. Maintenant cela se calme.
- Mercredi 23 février :
A 11h messe pour commencer le carême qui j’espère portera ses fruits … (…) Le soir nous avons regardé le match Anderlecht-Réal de Madrid. Jusqu’à présent 1-0 pour Anderlecht.
- Dimanche 27 février :
A 11h, messe. Je n’ai rien donné à la collecte des handicapés. ( …) Après-midi, scouts, je me suis bien amusé. A 5h, film «  Voyage en ballon «  (rien de bien fracassant). Pour la première fois après le souper nous avons eu chants avec les Rhétos. J’ai trouvé cela très bien.
-  Mercredi 9 mars :
Après-midi, nous avons été supporter St-Roch contre Malonne et cela a fait 7-0 pour St-Roch. Les cadets ont joué contre Hannut et on a gagné par forfait ( re-extra). Lors du match St-Roch contre Malonne, il y avait des profs, entre autres Colin, Broers, Bleus.
- Mercredi 17 mars :
Nous sommes bourrés de révisions. Hier, Gemini 8 est parti. Le cosmonaute est sorti pendant deux heures et demi dans l’espace (américain).
- Jeudi 24 mars :
Le soir nous avons chambardé et Mr Defossez nous a envoyé tous au lit sans nous lavoir. Il n’était pas de très bonne humeur. Qu’est-ce qu’on va recevoir demain ???
-  Dimanche 27 mars :
Nous avons fait un match de volley et je crois bien que je me suis fêlé le poignet. Panne d’électricité vers 3 heures. Pas de cinéma > études. Pas de lumière et on claque des billes.
- Lundi 28 mars :
Panne d’électricité donc messe à la salle de gym. Réfectoire glacé. Pas de chauffage, pas de lumière. Examen de latin. A 11h, le courant est revenu mais n’empêche on n’a pas eu un dîner, juste deux œufs durs.
- Jeudi 7 avril :
Chambard au réfectoire parce qu’il n’y avait pas de cafetière pour tout le monde ; le préfet nous a mis à la porte.
- Vendredi 8 avril :
Cours habituel sauf à la quatrième heure, chemin de croix. Après le dîner, proclamation des résultats en classe. J’ai 77/100, cinquième. Salle de gym, proclamation des résultats – récréation-– office –sortie vers 4h.
- 28 avril :
Chambard à l’église.
-  Jeudi 2 juin :
On a annoncé la mort du père de Biatour. Il est mort parce qu’il fumait trop. J’apprends qu’il y aura une grève des profs demain.
- vendredi 3 juin :
Pour finir la grève des profs n’a pas eu lieu (c’est malin !)
- Jeudi 16 juin :
8 heures d’étude aujourd’hui. Mr Régibeau, notre prof de néerlandais, est en Amérique. Quelques types de 6 ème ont fait les saligots dans les bois. Ils sont renvoyés.
- 19 septembre 1966
Le soir, le patron (???) nous a démontré par des textes que les Chinois sont prêts à détruire le monde. C’est à se demander si l’année 1967 s’ouvrira un jour ?
- vendredi 7 octobre 1966 :
Messe commune du 1er vendredi du mois. Cantiques et psaumes «  Il faut un miracle pour sauver la paix ! « 
- mardi 20 décembre 1966
Au soir, dernier souper comme chaque année, les tables sont décorées, une chorale, des chants, des profs invités aux tables. Nous avons eu Verpoorten, on s’est marré comme des basses.
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- Dimanche 7 janvier 1968 :
Il a neigé toute la nuit et on s’est levé à 8h30 à cause d’une panne de courant. J’ai achevé mon bouquin : «  Dans l’enfer espagnol «, c’est le plus beau livre que j’ai lu de toute ma vie ! Après-midi, scout. On a regardé le trial de motos ; on a vu Joël Robert et le champion du monde ; cela s’est passé à 300 mètres de Saint-Roch.
- mercredi 10 janvier :
C’est la première fois que je suis à Saint-Roch que je fais de la luge. Je me suis très bien amusé.
- vendredi 12 janvier :
Ca y est, on retourne. Contrairement aux autres jours, il n’a pas neigé mais il a gelé. Il fait très froid. Ah, enfin on sort. On sort même en courant. Ca n’a servi à rien puisque le bus n’était pas encore là. Il a fallu presque 10 minutes pour engouffrer tout le monde et nous voilà parti pour Aywaille. Là, je me suis fait remarquer par un groupe de filles de l’athénée. (…)
- mercredi 24 janvier :
Ca y est il a encore neigé. Il y a aussi un début de grippe asiatique. Le soir aux Jeunesses Musicales, concert de hauts-bois, bas sons, clarinette, flûte transversale et cors dirigé par Mr Carael, directeur du troisième programme de la Rtb radio à Bruxelles. C’était très bien !
- jeudi 25 janvier :
On a été prendre (tout Saint-Roch) un bon badigeonnage parce qu’il y aurait un début d’épidémie. Déjà plusieurs malades.
- lundi 29 janvier :
65 malades. J’espère qu’il y en aura beaucoup plus demain comme cela ils nous renverront.
- mercredi 31 janvier :
Progrès en football. Ca va très mal au Vietnam.
-  jeudi 1 février 1968 :
Verhage, Caprasse et Devos sont revenus : ils ont senti la Fancy fair. Ca va très mal au Vietnam.
- dimanche 4 février :
Quand j’écris ceci, je suis malade, je tourne, j’ai mal à l’estomac. Mais quelle Fancy Fair ! (…)
(note de moi, Catinus en 2012 : Fancy Fair qui fut très arrosée et je préfère censurer, oups !).
- jeudi 8 février :
Conférence par l’abbé Posermen (ou un truc comme ça) sur Cuba. Un type très loquace qui conviendrait pour les cours de religion.
- mercredi 21 février :
Visite médicale à Liège : ça a été, je suis en P4 P5 : puberté terminée. Après la visite, Patrick et moi avons été mangé des frites, pas chez Eugène mais à la gare des autobus.
- mardi 19 mars :
Aujourd’hui un des meilleurs dîners de l’année pour la St Joseph : poulet, frites, compote aux abricots. Miam !
- jeudi le 21 mars 1968 :
C’est un grand jour … C’est le printemps ! Puisse cette saison m’apporter l’amour et beaucoup d’autres choses. Vivement demain !
- jeudi 28 mars :
A la sèche, j’ai parlé avec le préfet et Pirenne. En dehors de leurs fonctions, ils sont vraiment extra.
- vendredi 5 avril 1968 :
Composition française, ça a été. Algèbre …raté, peut-être même un échec. C’est dommage ! Enfin !
En Amérique, on a assassiné Martin Luther King, le pasteur. C’était un grand homme. L’Amérique ne va-t-elle pas vers une guerre civile ?
Aujourd’hui, j’ai fumé la première pipe de ma vie !


Ranpo Edogawa : " Le lézard noir "




Un policier mais à la sauce japonaise : comprenez un rien farfelu. Une jeune femme, le Lézard Noir, enlève la fille d’un magna de la finance et réclame, en échange de sa libération, un fabuleux bijou,  « l’étoile égyptienne «.
Vos découvrirez dans cette histoire aux multiples rebondissements, des cadavres de dissection, une chaise humaine, des revenants, un musée constitué d’être humains naturalisés « naturaliser un être jeune et beau et conserver ainsi pour l’éternité sa beauté qui se serait évanouie avec le temps «.
Une fin au style fantastique et très olé-olé. Heureusement, le célèbre inspecteur Akechi mettra de l’ordre dans tout cela, tout en se prenant les panards dans le tapis quand même.

Extrait :

-  On aurait dit une vision infernale : il y avait là une sorte de cuve de la grandeur de six tatamis dans laquelle se superposaient au moins deux ou trois couches de cadavres entièrement nus, hommes et femmes, jeunes et vieux confondus. Cette scène effrayante, en tous points semblable aux représentations d’un enfer où les morts se bousculent dans des étangs de sang, pouvait-elle appartenir à notre monde ?
«  Junchan, quel poltron tu fais ! Il n’y a pourtant pas à avoir peu ! C’est l’endroit où l’on conserve les cadavres destinés à la dissection. Il y en a dans toutes les écoles de médecine, tu sais. »




samedi 10 novembre 2012

Guy de Maupassant : " La maison Tellier " et autres nouvelles




Un recueil de neuf nouvelles de Maupassant. Je me permettrai de donner la préférence à trois d’entre elles. Le style est envolé, humoristique, souvent moqueur et n’a pas vieilli - ou alors si peu –. A noter également la mention, la description de quantités d’objets usuels qui n’existent plus aujourd’hui, ainsi que d’us et coutumes qui sont passés de mode. Délicieux !

1. «  La Maison Tellier « : les pensionnaires d’une maison close parisienne se rendent en train en Normandie pour fêter une première communion. Probablement une des meilleures nouvelles de la littérature française.
 Su-blime ! ! !
2. «  Le Tombales «  une jeune fille hante le cimetière de Montmartre à la recherche d’âmes en peine …
 Très cocasse !
3. « En famille «  la famille d’un employé au ministère de la Marine, monsieur Caravan. Où l’on assiste à la résurrection de la grand-mère.
 Guilleret et saisissant !


Extraits :

-  (à propos de la tenue d’une maison close)
 Madame, issue d’une bonne famille de paysans du département de l’Eure, avait accepté cette profession absolument comme elle serait devenue modiste ou lingère. Le préjugé du déshonneur attaché à la prostitution, si violent et si vivace dans les villes, n’existe pas dans la campagne normande. Le paysan dit : - C’est un bon métier « ; - et il envoie son enfant tenir un harem de filles comme il l’enverrait diriger un pensionnat de demoiselles.

-  Et puis, j’aime aussi les cimetières parce que ce sont des villes monstrueuses, prodigieusement habitées. Songez donc à ce qu’il y a des morts dans un petit espace, à toutes les générations de Parisiens qui sont logés là, pour toujours, troglodytes définitifs enfermés dans leurs petits caveaux, dans leurs petits trous couverts d’une pierre ou marqués d’une croix, tandis que les vivants occupent tant de places et font tant de bruit, ces imbéciles.
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En bonus.
Comme dit plus haut, la sublissime nouvelle «  La Maison Tellier «  a fait l’objet d’un film tourné en 1952 par Max Ophuls qui s’intitule «  Le Plaisir «. Une pure merveille !

Voici des extraits :



mardi 6 novembre 2012

Guy de Maupassant : " Boule de suif "




Une des plus goulues nouvelles de la littérature française (je dis goulue car l’on y mange beaucoup). On connaît l’histoire. Nous sommes en plein cœur de la très stupide guerre franco-prussienne de 1870-1871. Dix civils fuient le théâtre des combats (comme disent les militaires), en diligence, dont Boule de suif, un bonne Française qui n’hésite pas, elle, à partager son repas et qui sera forcée de vendre son corps et, tant qu’on y est,  son âme aussi à un officier boche.
 «  Et Boule de suif pleurait toujours ; et parfois un sanglot qu’elle n’avait pu retenir passait, entre deux couplets (de la Marseillaise), dans les ténèbres. »

Une nouvelle haute en couleur et souvent bien drôle, un récit poignant, une fable qui nous rappelle que la goujaterie, l’ignominie humaine est décidément sans borne…
Un chef d’œuvre ! Et quelle langue ! Et quelle écriture !


Extraits :

- La femme, une de celles appelées galantes, était célèbre par son embonpoint précoce qui lui avait valu le surnom de Boule de suif. Petite, ronde de partout, grasse à lard, avec des doigts bouffis, étranglés aux phalanges, pareils à des chapelets de courtes saucisses ; avec une peau luisante et tendue, une gorge énorme qui saillait sous sa robe, elle restait appétissante et courue, tant sa fraîcheur faisait plaisir à voir. Sa figure était  une pomme rouge, un bouton de pivoine près à fleurir ; et là-dedans s’ouvraient, en haut, deux yeux noirs magnifiques, ombragés de grands cils épais qui mettaient une ombre dedans ; en bas, une bouche charmante, étroite, humide pour le baiser, meublée de quenottes luisantes et microscopiques.

-  (à propos des Prussiens)  Oui, madame, ces gens-là, ça ne fait que manger des pommes de terre et du cochon, et puis du cochon et des pommes de terre. Et il ne faut pas croire qu’ils sont propres – Oh non ! – Ils ordurent partout, sauf le respect que je vous dois. Et si vous les voyiez faire l’exercice pendant des heures et des jours ; ils sont tous dans un champ :-  et marchent en avant, et marchent en arrière, et tourne par ci, et tourne par là.- S’ils cultivaient la terre au moins, ou s’ils travaillaient les routes dans leurs pays ! – Mais non, madame, les militaires ça n’est pas profitable à personne !

lundi 5 novembre 2012

Georges Simenon : " Les complices "




Joseph Lambert, entrepreneur, est à bord de sa traction avant  sur la route, pas très loin de ses chantiers, au niveau de la Grande Côte. A ses côtés, Edmonde, sa secrétaire. A cette minute, il explore les dessous de la robe de sa passagère d’une main …baladeuse. Avec le recul, il ne se souviendra même pas s’il a entendu klaxonner le car mais quelle importance au fond. C’est l’accident, le car s’effondre sur le bas côté, fait des tonneaux. A l’intérieur des enfants  qui rentrent de vacances vers Paris. C’est la cata absolue. Y a t-il des témoins ? L’homme aux brebis peut-être ? Et Edmonde que pense-t-elle de tout cela ? Fernand panique, tout le fait sursauter. A qui se confier ? Certainement pas à son épouse Nicole. A Léa ? Oui, vous savez, une «  professionnelle «  comme on dit, une de ces femmes, a la petite vertu, mais qui savent l’art de soulager les hommes, qui savent écouter leurs misères qu’elles soient sexuelles ou affectives, d’autres encore...
 Et puis, ensuite, il lui faudra choisir …
Ici l’intrique policière ne compte pas. Juste la tourmente devant une conscience. Et c’est déjà immense.
Encore un excellentissime Simenon,  au milieu de plus de deux centaines d’autres.

dimanche 4 novembre 2012

Georges Simenon : " Oncle Charles s'est enfermé "



Quelle mouche a piqué Charles Dupeux à s’enfermer dans sa chambre en revenant,  un soir, de son boulot ? Il travaille comme comptable chez son beau-frère Henri Dionnet. L’occasion est trop belle : Simenon saisit l’opportunité pour nous décrire la, les familles.

Laurence, l’épouse de Charles, heureusement qu’elle est là pour maintenir une certaine cohérence. Les quatre filles, Camille, 20 ans frileuse, travaille dans une maison de corsets ; Lulu, 16 ans, vendeuse dans un magasin de chaussures, fréquente Georges ; Mauricette, la mieux habillée, couche avec son patron ; Marie l’aînée qui a quitté la famille il y a bien longtemps, elle est «  professionnelle «  à ce qu’on dit …

Céline, la sœur de Laurence ; Elise, dépressive, picole, elle est la sœur de Laurence et épouse de Dionnet ; Paul, le frère de Laurence, en mauvaise santé ; un autre frère Arthur, artiste et plus ou moins marginal, vit dans un petit logement ; Sylvie, maîtresse de Henri Dionnet.

Charles sait «  des choses «  sur Henri ; des «  choses «  qu’il conviendrait ne pas révéler …
Charles finira par sortir de sa chambre. «  Mais sa vraie vie, c’était au bureau, dans sa cage, où il continuait à attendre Henri et où il ne disait rien, où il s’obstinait à ne rien dire, pour faire crever son beau-frère de peur, à petit feu. »

Pas d’enquête policière ici mais bien un roman comme nous les apprécions tant chez Simenon et que l’on peut qualifier de sociologique, de psychologique.  Très agréable à lire mais il faut toutefois être attentif à bien savoir situer qui est qui. En espérant que la présentation des personnages vous sera utile.

A recommander !

Extraits :


-  Il n’avait jamais eu plus de couleur qu’un bloc de pierre et on avait peine à se souvenir du temps où sa barbiche était noire, et non  de ce gris froid. Il mourrait sans changer de teint ni d’expression, avec les mêmes plis au front, les mêmes points noirs sur le nez et ces sourcils touffus, presque aussi gros que des moustaches.

-  Est-ce que, dans la maison, on s’occupait les uns des autres ? Chacun tirait à hue et à dia, oui ! Et on n’avait qu’une préoccupation : s’en aller aussitôt après avoir mangé.

-  Laurence disait de son mari : «  - Il est timide comme un lapin ! « 

-  Elle proclamait volontiers : «  L’oncle Charles me fait penser à un escargot ! « 

vendredi 2 novembre 2012

Les bistrots du quartier Sainte-Marguerite à Liège



Article qui paraîtra dans le journal de quartier «  Salut, Maurice « en janvier 2013
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- «  Le Saint-Séverin « au numéro 44, rue St-Séverin

Sept tabourets, six tables, une pompe, trois goûts dont la Maes. Deux jeux. Vue sur la place du même nom à la fontaine japonisante. Sympathique terrasse par beau temps. Les habitués affectionnent le bar où se tiennent de chaleureuses discussions. Musique de fond mais discrète. Ambiance agréable. Vaut le détour et on peut même dire : un de ces bistrots incontournables.



- «  La Terrazza «  au numéro 22, rue Léon-Mignon

Fraîchement et récemment rénové.  Quatre tabourets,  une pompe, trois goûts dont la Jupiler. A épingler : une splendide vue sur le carrefour, idéal pour voyeurs ou espions (discret, agent secret…). Une petite pièce à part vous propose deux jeux. La musique y est bien présente, de la pop, tout à fait à la mode d’asteure ! Endroit fort apprécié par les jeunes gens si on en juge la quantité de photos de guindaille exposées. Une terrasse vous attend sur la rue, quasi à tous les temps. Sympa !



                                           " Taverne le Rétro " devenue " Kin' la belle " dans la B.D. de Warnauts-Raives-Vandam


- «  Taverne le Rétro «  au numéro 42,  rue St-Séverin

Dans un remarquable et imposant immeuble d’époque (sic !), voici Le Rétro. Cinq tabourets, une pompe, trois goûts dont la Bofferding. Deux  jeux, six tables.  Musique d'ambiance dont le volume est adapté selon les circonstances.A pointer : une très belle vue sur le carrefour à savoir les rues St-Séverin, Léon Mignon et la place. En bonus, une petite mezzanine qui ne vous procurera pas l’impression d’une réelle intimité mais qui vous donnera toutefois un peu de hauteur. Le lieu est lui-même très haut de plafond et d’épaisses tentures peuvent  être tirées sur les fenêtres. Bonne terrasse (y a de la place). Appréciable !


    BISTROTS AU CŒUR DE SAINTE-MARGUERITE



«  Au Bon Coin «, au 104 rue St-Séverin
Cadeau de fin d’année : « Au Bon Coin «  vient de ré-ouvrir !  Il se situe juste en face la toute nouvelle maison intergénérationnelle (décidément, il y a toujours du neuf dans notre quartier !). 7 tables, 5 tabourets, une pompe deux goûts dont la Jup. Le bar y est intéressant, amical et … ergonomique). Belle vue sur la rue passante. Musique d’ambiance. Bref, encore un lieu bien agréable.


-  « Atlas Club » au numéro 157, Rue St-Séverin :
Pas de pompe. Ici, l’on sert à la bouteille, de la Jup. Les casiers vides s’empilent le long d’un des murs. Le café, qui est bon,  est à 1,30 roro, (idem pour la  bière, les sodas…),  bref le moins cher du marché ! Six tables, six tabourets. Une salle d’un seul tenant, rectangulaire, on ne peut pas faire plus simple. Belle vue sur la rue St-Séverin passante, petite terrasse – si-si !- par beau temps. Musique d’ambiance plus ou moins en sourdine. Ici, tout le monde connaît tout le monde et vive et versa. Vous l’avez compris, archi populaire mais n’hésitez pas à pousser la porte : vous y serez bien accueilli !
L’Atlas Club est une asbl qui s’occupe d’ados qui adorent le foot, particulièrement le dimanche sur un terrain situé tout près, à Saint-Nicolas.

-  « Le Khéops «  au numéro 79 de la rue Ste-Marguerite :
A un carrefour stratégique, celui de Ste-Marguerite, rue Publémont, rue Hullos. Longue terrasse en angle plus ou moins droit,  par tous les temps et en toutes saisons. Trois tables classiques, deux rondes, 12 tabourets. Trois jeux, une pompe, cinq goûts dont la Jup. Le gris et l’orange dominent, tout cela baigné par l’éclairage naturel de la lumière du jour rapport aux hautes fenêtres. Ici, l’on joue aux cartes. Musique de fond, en général en sourdine, mais ça dépend …

- «  Café le Gin «  au 96 de la rue Ste-Marguerite

Cinq tabourets, sept tables, une pompe trois goûts : la Jup, Scotch et Belle Vue. Un bistrot en rouge et noir comme dans les années ’80. Il vient d’être rénové en plein centre de la rue Ste-Marguerite passante. Musique d’ambiance. Si vous avez un p’tit creux, sandwichs au jambon et au fromage. Idéal donc pour une p’tite pause. Sympa !



-   «  Le Flamenco «, rue Ste-Marguerite, numéro 105

Grand comptoir en U. Une pompe, trois goûts dont la Jup. Il y a une partie de la salle qui est surélevée, celle qui conduit d’ailleurs aux toilettes. Huit tables, sept tabourets. Vue plongeante sur la rue Ste-Marguerite et la place de l’église. On voit même le sommet de la tour de la basilique St-Martin,-  unique ! -. Ici, l’on sert le café à la parisienne, ou plutôt à l’italienne, avec un verre d’eau fraîche, le tout à 1,60. Pour rappel, ces deux sentences (qui valent pour tous les bistrots) «  Pour garder ses amis, la maison ne fait pas crédit «  et «  La maison n’avance pas d’argent pour jouer au bingo «. Ben tiens donc, dont acte ! Musique d’ambiance, terrasse. Bistrot agréable.

-  « Taverne Hors Jeu «  rue Ste-Marguerite, numéro 138

Un grand café récemment rénové. Grande baie vitrée qui donne sur la rue. Deux télés toujours allumées. Ici, on joue aux cartes, au turf, on y parie. Six tables, onze tabourets,  deux pompes, trois jeux. Un billard vous attend au fond de la salle.

-  «  Le Bon Cool « n° 142 rue Ste-Marguerite
Deux tables rectangulaires, deux tables rondes, cinq tabourets, une pompe, goût Jupiler. Une café en carré, le bar est au fond, c’est là que cela se passe, il vous donne l’impression curieuse d’un petit air de vacances. Fond musical du Sud.Encore une petite table. Vue sur le bout de la rue avant l’autoroute urbaine. Simplicité et accueil : c’est bien le mot d’ordre.

- «  Le Bienvenu « n°119 rue Ste-Marguerite
Sept tables, quatre tabourets, une pompe deux goûts : deux Jup. Hé ! Trois jeux. On papote, on joue aux cartes. Le café forme un beau carré. Télé  et musique de fond bien présente. Jolie vue sur la rue Ste-Marguerite-Bas. Café agréable, simple, chouette bar. Savez-vous que vous y êtes le bienvenu ? et ce n’est pas qu’un mot. 


-  «  Aux Portes de Liège «  au numéro 148

Sept tabourets, huit tables, deux jeux. Le bar en forme de S stylisé. Une pompe quatre goûts : Jupiler, Ruby, Scotch CTS, Leffe. A la terrasse-véranda, une douzaine de tables. La taverne, qui vous propose une petite et une plus grande restauration -la carte est à portée de main -,  se situe au bout de la rue Ste-Marguerite-Basse, juste là où elle a été tronçonné par quoi vous savez. Vue panorama du quartier Le Coq, Ste-Marguerite-haut, le bois de Naimette. Musique d’ambiance bien audible. Café agréable, le genre d’établissement où l’on a envie de se dire «  on vî cô bin pô des p’tits ôvris «  littéralement «  on vit encore bien pour des petits ouvriers «.
Probablement la taverne la plus connue, non seulement des indigènes – les saintemargueritiens -, mais également des Liégeois et ces nuées d’automobilistes qui dévalent, fond de balle, sur cette non-di-djû d’autoroute urbaine, grande avorteuse de notre quartier aux charmes pourtant si singuliers. Ils ne peuvent la manquer, mazette, et jour et nuit encore !, cette enseigne colorée «  aux Portes de Liège «.

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LES BISTROTS DU QUARTIER SAINTE-MARGUERITE (seconde partie)





Continuons, si vous le voulez bien, notre exploration des bistrots du quartier Ste-Marguerite (certains parleraient plutôt de « virée », ou mieux encore de «  guindailles « ). Dans le numéro de janvier de « Salut Maurice, «  nous nous étions attardés –et même attablés – sur  la médiane St-Séverin - Ste-Marguerite. Cette fois, nous progresserons en zig-zag (hips !) : rue de Hesbaye, Ste-Marguerite-haut, rue des Anglais, Montagne Ste-Walburge, pour finir par  Hocheporte. Pas moins de huit bistrots, et des sympas et des fameux même !


-« Le Pause Café «  rue de Hesbaye au numéro 92


Grand comme un mouchoir de poche. Sept tables, cinq tabourets, trois jeux. Une pompe, trois goûts dont deux fois la Jup (au cas où…). Du faux-vieux mais ici particulièrement bien réussi. Vous pourrez y remarquer un beau jeu d’ombre et de lumière (pour autant que les spots halogènes ne soient pas branchés… ).
 Deux particularités : 1.une terrasse en plein air, à l’arrière, qui ravira les fumeurs ; 2. messieurs, vous serez exclusivement accueillis par une serveuse (ce qui n’est pas rien !). Ce petit bijou dans le style est situé juste en face de l’hôpital St-Joseph, ce qui vous permettra de faire peut-être une pause, ben justement …café (tout est dans tout !) lors d’une visite à un de vos proches. Un des plus jolis, un des plus charmants bistrots de la ville de Liège. (notez qu’une fois de plus, c’est purement subjectif, là)

- «  La taverne de Hesbaye « au numéro 106 de la rue de Hesbaye
Juste en face de l’hôpital Saint-Joseph.  Cinq tabourets, huit tables. Bar accueillant en forme de « L ». Une pompe, trois goûts dont la Jup et le scotch CTS. Deux jeux. Vous serez accueillis par des serveuses (ce qui n’est pas rien ! ). Dominante : le rosé, pour les banquettes, les tabourets, les murs et bien sûr, le vin itou.
Un bistrot, c’est la maison des hommes. Mais les dames sont les super-bienvenues, oufti, toi ! Ambiance !


- «  Cappuccino « rue de Hesbaye
Au coin de la rue de Hesbaye et Emile Gérard. Sept tables, sept tabourets. Trois pompes, trois goûts dont la jup. Trois jeux. Un bar solide, accueillant. Le café est en longueur. Radio en musique de fond. Encore un bistrot où il fait bon discuter avec les habitués. Au printemps, la course Liège-Bastogne-Liège/Ans passe juste en face : ambiance !


-  «   La Piazza «  rue Eugène- Houdret au numéro 64
6 tabourets, 6 tables + 6 tables dans la salle au fond, réservées aux jeux de cartes. En superficie, probablement la plus grand café du quartier. Une pompe deux goûts dont la Jup, trois jeux + un kicker (baby-foot) (avouez que ce n’est plus courant du tout). Un long bar qui a de la cogne et qui est bien le centre de tout. Musique d’ambiance en fond sonore, deux télés branchées sport. Café propre, bien tenu par des serveuses qui sont agréables, souriantes et sympas (là également ce n’est pas si courant que cela ou alors, ça dépend des jours…). Prix démocratique, le café par exemple à 1 euro 40. Bref ! La Piazza, même si elle est un peu décentrée, vaut le détour.




- «  Le Fox « rue Henri Baron numéro 29
Douze tabourets, six tables avec d’imposantes banquettes. 4 jeux. Très joli bar accueillant. Décor de type bourgeois (dans le bon sens du terme !), de bon goût ; hautes et chaudes tentures  aux fenêtres avec vue gratuite sur le quartier «  en-Bois ». Le mercredi soir, c’est le jour de la belotte : avis aux amateurs et qu’on se le dise !
Café charmant, agréable et sympa !



-  «  Le Paris-Brest «  au numéro 18 de la rue des Anglais
Un restaurant, mais également un café-bistrot. Tout en longueur. Un bar convivial, qui invite à l’expression. Six tabourets, onze tables. Trois pompes, trois gouts dont la Jup et le CTS. Ne manquez pas d’admirer le plafond : vous n’en trouverez pas de semblable en ville, parole ! Le lieu se situe à deux pas de l’Académie. Aussi, une bonne partie de la clientèle est constituée par des élèves et des profs des Bozars. L’horaire y est d’ailleurs adapté : ouvert du lundi au vendredi.
Vous trouverez tout au fond, bien au calme, sous une verrière, la partie restaurant. La cuisine y est réputée. Vous pourrez également y déguster de succulentes frites-maison  et trouver des idées de lunch ou tout simplement quelques en –cas, bien appréciables.
Mais pourquoi l’appellation «  Paris-Brest « ? L’excellent et incontournable ouvrage de Robert Ruwet «  Liège en 50 bistrots «, toujours d’actualité nous en fournit la réponse : «  Pour célébrer l’exploit de François Neuville qui, avant d’être bistroquet, fut coureur cycliste et fut à deux doigts- ou deux pneus !  – de remporter cette course démentielle que fut le  Paris-Brest ».
  Oufti !


- «  La taverne des Anglais « au numéro 39 de la Montagne Ste-Walburge

Sept tabourets, cinq tables, une pompe trois goûts dont la Primus. Un jeu (soyons sobre). Cette taverne est en forme de « U ». La patronne est aux commandes depuis 33 ans, ce qui, vous vous en conviendrez, est une preuve de la qualité de la maison et constitue un record dans le quartier et même au niveau de toute la ville de Liège. Proficiat !,  qu’on dit dans ces cas-là ! Belle vue sur le tout aussi beau bâtiment de la Région Wallonne, en lieu et place de ce qui fut, jadis, le célèbre hôpital des Anglais. L’endroit ad-hoc pour méditer sur le temps qui passe, jeter un dernier coup d’œil sur votre dossier, ou tout simplement pour le plaisir, car cette taverne est également un des derniers bistrots du quartier. Longue vie !

- «  Le Hocheporte «  au 111 rue Hocheporte

Cinq tabourets, cinq tables. Un jeu. Une pompe, trois goûts dont la Jup. Avec au centre, la vedette : le billard américain. Le décor y est nautique. Large vue plongeante sur le mitan de la rue qui porte le même nom que celui du bistrot en question ici. On peut le dire : un lieu prompt à la méditation, un joli anti-stress, loin de la foule déchaînée …





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Le blog du quartier Sainte-Marguerite, c'est par ici