" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

dimanche 24 mars 2013

Liège en 1975



Jan Van Eyck : " La Vierge au chancelier Rolin "


                                   Armand Rassenfosse : Baudelaire et sa muse


Des travaux, des ponts à Liège,  en cette année 1975… De la musique, du jazz, des expositions de peinture, celle de Rassenfosse par exemple… La rue Fond- Saint -Servais fait de la résistance… La centrale nucléaire vient de démarrer et Poldine est toujours fidèle rue sur-la-Fontaine… « Les Vignes », les coteaux resteront vierges ! ...

Merci aux journaux " La Meuse " et " La Gazette de Liège "


-  La Meuse, samedi 8 et dimanche 9 mars 1975
Des sondages archéologiques confirment que Jean Van Eyck a peint le paysage de Liège dans son tableau «  La Vierge au chancelier Rolin «.

       -   La Meuse, lundi et mercredi 17 et 19 mars 1975
La rue Grétry de 1980 : les travaux de construction commencent en juillet. Ils dureront cinq ans (…)
En 1980, il y aura trois nouveaux ponts en diagonal sur la dérivation. Un en amont du pont Atlas, un second en amont de Huy, un troisième aux Vennes (…)

        -   La Gazette de Liège, mercredi 15 janvier 1975
Pour l’échevin des travaux Jean Lejeune, il n’est pas question de démolir Pierreuse (sic !).

         -  La Gazette de Liège, jeudi 27 mars 1975
Mardi après-midi, une page d’histoire liégeoise a été tournée, avec la dernière vente publique d’objets mobiliers effectuée sur l’ordre de justice, place du Pilori. Le procédé était anachronique. Les ventes publiques s’y déroulaient en plein air, par tous les temps et le mobilier vendu était abimé par la pluie ; l’inconfort des lieux décourageait les éventuels acheteurs. Les ventes auront lieu désormais dans un local couvert rue Lambert-le-bègue (…) Les habitués regretteront le folklore mais éviteront les rhumes. (…)

         -  La Gazette de Liège, lundi 9 juin 1975
Cent vingt-deux ans de dévouement des « Petites Sœurs des Pauvres «  de Cornillon (…) (long article).

       -   La Gazette de Liège, vendredi 13 juin 1975
Jacques Pelzer et son groupe «  Open Sky Unit «  aux Chiroux.
(…) Assurément Jacques a maintenant atteint le sommet de son art, et, c’est bien naturellement qu’il pense à faire école, puisqu’il est aussi père d’une charmante fille qui étonne de plus en plus. (…) Micheline, batteur, fille de Jacques Pelzer et Stéphane Houben, flutiste altiste et cousin de Micheline ont fait leurs classes (…)

    -     La Gazette de Liège, mercredi 25 juin 1975
Au conseil communal de Liège
 Jean Lejeune : «  Ceux qui contestent les travaux à Liège n’y connaissent rien ! « 
Jean-Pierre Grafé : «  Il ne faut pas appeler contestation une volonté de participation à la vie de la ville « 

         -  La Meuse, mardi 27 mai 1975
Un service unique en Europe inauguré à Liège : Télé-Isolés. Ce réseau d’appel desservira toute la ville fin 1976. Il vient en aide aux personnes âgées, malades, handicapées et vivant seules. (…)

        -    La Meuse, vendredi 18 juillet 1975
Près de 80 millions pour assainir sept sites charbonniers de la région (…)
La bretelle d’autoroute place des Wallons-Boulevard d’Avroy sera ouverte en août. (…)

        -    La Meuse, samedi 19 et dimanche 20 et lundi 21 juillet 1975
Les cambrioleurs-vandales d’un home de la rue Chauve-Souris ont appelé un taxi pour transporter leur butin. Deux jeunes gens, dont un grand costaud ont pillé la nuit de mercredi à jeudi le home «  L’Horizon «, rue Chauve-Souris, 62 à Liège qui est sous la direction de M. François Declercq et où vivent une quinzaine de jeunes gens de moins de 18 ans qui sont tous jusqu’au 3 août au littoral belge. (…) Le taximan appelé par les voleurs est prié de se faire connaître. (…)


       -  La Meuse, samedi 23 et dimanche 24 août 1975
La centrale nucléaire de Tihange exploitée par la société belgo-française SEMO (société d’énergie nucléaire mosane) produit de l’électricité depuis ce vendredi (…)

        -    La Meuse, jeudi 16 octobre 1975
«  La mort rêvée « est le titre d’un des dessins qui constitue la rétrospective des œuvres d’Armand Rassenfosse (1862-1934) qui se tient aux Affaires culturelles (…)

        -  La Meuse, lundi 3 novembre 1975
On ne touchera pas à la verdure des «  Vignes «. Il sera interdit de bâtir. Un sentier touristique sera tracé de Pierreuse au parc du Potay, jusqu’à l’emplacement de la prison Léonard (qui sera démolie très prochainement). Les promeneurs auront en contrebas une vue sur les quartiers des Mineurs, de St-Georges, de Féronstrée. (…)

        -    La Gazette de Liège, mardi 15 juillet 1975
L’Université de Liège en 1974-1975 : 9.104 étudiants dont 1.409 étrangers venant de 65 pays.

      -    La Gazette de Liège, lundi 1er septembre 1975
Poldine et son petit marché. «  Moi, ma vie, c’est ma charrette ». Il ya 53 ans que par tous les temps, Poldine propose ses fruits et légumes de son petit marché au coin des rues Sur-la-fontaine et St-Gilles. Poldine va sur ses 75 ans.
(long article)
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                                        Rue de l'Académie et rue des Anglais


                                       Père Prosper en action


Dans le quartier de Sainte-Marguerite


Les expropriations en veux-tu, en voilà …Le Studio théâtre … La vedette incontestable de l’année : le père Prosper …Le décès d’un écrivain : Georges Rem …Les marionnettes de «  Al Botroûle, ….




-          La  Gazette de Liège, jeudi 20 février 1975
L’an dernier, le Studio Théâtre de Liège, en présentant «  l’Oiseau vert «  de Gozzi, a été retenu en final au concours national pour le Trophée royal du Théâtre amateur. Cette année, il crée «  Les Villains «  , farce rustique en trois actes de André Gilles. La pièce sera présentée au public le samedi 22 février à 20h et le dimanche 23 à 15h dans la salle, 68, rue Louis Fraicheux.


-          La Gazette de Liège, mercredi 26 mars 1975
Le père Prosper, le dernier chanteur de rue de liège, nous attend ce mercredi au Palais des Congrès.(…)
Pourquoi suis-je devenu chanteur de rue ? Parce que j’ai peur de la solitude. Mon répertoire est aussi bien wallon que français. Ce sont souvent des complaintes d’antan.(..)
Ce que je vais monter au Palais des Congrès ? Un show sur les expropriations …. Puis de romances du début du siècle … Pendant mon spectacle, je change onze fois de costume. Et je termine, assisté des enfants du quartier de Saint-Séverin, en clown. (…)


-          La Meuse, jeudi 27 mars 1975
Le père Prosper, chanteur de rues, enfant de la balle dès son plus jeune âge, clown dans de nombreux cirque, chiffonnier, brocanteur est aussi père de 12 enfants et 33 fois grand-père, non compris ses arrières petit- enfants, fête son 76 ème anniversaire en donnant un spectacle au profit des aveugles.
Il naquit rue Large , en Outremeuse, ,à trois heures du matin. A cinq heures, enveloppé dans une couverture, il prit la clé des champs dans les bras de sa mère. Il fit deux fois le tour du monde avec des cirques et des troupes de comédiens ambulants. Il fut prisonnier comme vagabond en Espagne. A 12 ans grâce à une baronne, attachée dans un cirque et à la pièce de vingt francs or qui lui donna sa mère, il alla à la conquête de tous les publics du monde.
Avant de vivre seul rue Saint-Séverin à Liège, il avait installé un théâtre privé rue Wiertz à Liège. Il était chanteur ambulant, vendant ses chansons dans les rues et sur la Batte le dimanche matin. (…)
Son show débutait par la chanson «  Prosper youp la boum «  que chanta son ami Maurice Chevalier qui, dit Prosper, a fait une plus belle carrière que moi. (…)


-          La Meuse, jeudi 3 avril 1975
Les occupants de la maison du Fond-St-Servais n°7, promise à la démolition pour la nouvelle gare du Palais, sont mis sous clôture. Une occupation qui est un symbole de la protestation des habitants du quartier (…) ( long article)


-          La Gazette de Liège, jeudi 3 avril 1975
Notre regretté confrère Georges Rem était écrivain dans l’âme. (…) Il consigne ses souvenirs d’enfance dans le livre «  le Roman de ma maison «  (…)
A cette époque où l’on se déplaçait principalement à pied, les distances prenaient vite de l’importance. Habitant rue de Hesbaye, Georges Rem estime qu’il était un «  gamin des hauteurs «  et y trouve une explication à sa découverte tardive des joutes aquatiques, rowing ou natation. «  L’eau nous faisait peur, peut-être à cause des noyers gonflés et verdâtres ; on nous conduisait au bain avec l’école Sainte-Marguerite « (…)
(assez long article)


-          La Gazette de Liège, lundi 7 avril 1975
      Les «  Folian’s « , le plus jeune des groupes vocaux liégeois, entreprennent leur première grand tournée. Ils sont quatre âgés de 13 à 14 ans.(…) C’est ainsi que vous pourrez les applaudir le samedi 5 à 18 heures en la salle «  Top J « à Liège, rue Hubert Goffin, 27 (église Ste-Marguerite) où ils présenteront leur nouveau spectacle (entrée gratuite). (…)


-         La Gazette de Liège, jeudi 17 avril 1975

L’échevin Lejeune et les expropriations. Un nouveau Charles-le-téméraire. Au conseil communal de Liège. (…)
Dans la ligne des expropriations, M. Defawe s’étonne de l’importance des maisons expropriées par la ville de Liège. Il donne une liste impressionnantes de quartiers expropriés :
« Les deux côtés du bas de la rue de Hesbaye ; côté pair de la rue Louis Fraigneux ; partie de la rue du Coq ; partie de la rue Dehin ; partie de la rue Jean Demoulin ; place Hocheporte ; tout le côté droit de la rue de l’Académie ;le Fond St-Servais ; place des Bons-Enfants ; partie de la rue Léon Mignon ; début du Mont-St-Martin ; tous les numéros pairs de la rue St-Hubert sauf le building ; tout le côté pair de la rue Ste-Croix ; tout le coté pair de la rue St-Pierre (…)
( suite pour les autres quartiers)
(…)
On peut se demander si pour M. Lejeune, «  rénover «  n’est pas synonyme de «  raser «  et la question peut se poser sur ce qu’il risque de rester de Liège après le passage d’un tel échevin des Travaux Publics. On le sait amoureux de l’histoire mais on souhaiterait que ce ne soit pas pousser la ressemblance avec Charles-le-téméraire par un nouveau sac de la ville «  (…)



-          Gazette de Liège, vendredi 9 mai 1975
Avec les marionnettes de « Al Botroûle « , « Au temps où Berthe filait « 
Et pourquoi pas une séance de marionnettes. Dans les arrières-bâtiments d’une vieille maison du 18 ème siècle, rue Hocheporte, 3, à Liège, un jeune sculpteur et sa femme ont décidé de s’employer à faire revivre dans leur quartier la tradition si chère aux Liégeois, du théâtre de marionnettes. (…)


-         La Meuse, samedi et dimanche 5 et 6 avril 1975

La dernière défense des «  assiégés «  du Fond-Saint –Servais avant leur expulsion : l’un d’eux s’est enchaîné à une fenêtre, un autre, Germain Dufour, est monté sur le toit de la maison ( XVII è siècle) condamnée à la démolition.(…)
(Long article + photos)
(…) André Mordant nous dit : «  Rue de Bruxelles qui doit disparaître, se trouvent des bars, mais aux étages, ce sont des familles nombreuses sans gros revenus qui y vivent. Je m’occupe dans le quartier d’un club pour les gosses. Certains ont déjà dû déménager plusieurs fois au fil des expropriations. On se les renvoie de service en service. (…) Nous nous battons pas seulemnt pour le 7 de la rue Fond St-Servais mais pour les 3.000 personnes qui vont être jetés à la rue alors presque rien n’est prévu pour les relogés.(…° Les occupants partirent en chantant sur l’air de « ma poule n’a plus que 29 poussins « , «  ma ville n’a plus que 29 quartiers, puis 28, 27, etc… ( …)


-         La Meuse, vendredi 1 er août 1975
Les Siciliens du quartier Sainte-Marguerite ont offert un voyage en Italie au père Prosper. En Sicile où il doit, dit-il, représenter le folklore belge à plusieurs manifestations populaires.


samedi 23 mars 2013

Georges Rem : " Le Roman de ma maison "



                                               Georges Rem


                                     La place Saint-Lambert à Liège, le 24 juillet 1919


Le père de Georges Remy est un  un riche bourgeois, industriel. La famille habite dans une villa sur le haut du quartier Sainte-Marguerite à Liège, du côté de la rue de Hesbaye. Georges Remy, sous le pseudonyme de Georges Rem, nous conte ici son enfance avant 1914 et durant le premier conflit mondial.  Georges Remy fut longtemps journaliste à la Wallonie, mais également poète, romancier,… Il est décédé le 3 février 1974. Il est, sans doute, né avec le siècle comme on dit…
Avec une plume remarquable et souvent émouvante, Georges Rem nous décrit  le Liège de l’époque, y compris bien entendu la vie de son quartier :  Sainte-Marguerite.
 Voici quelques thèmes abordés : la St Nicolas, la Noël, la langue wallonne, la foire d’octobre, les marionnettes, les personnages folkloriques, la vie religieuse, l’aéroport d’Ans, premiers jours de guerre en août 14, la vie à Liège en 14- 18 , le théâtre des opérations militaires, …

Un ouvrage merveilleusement extraordinaire. Un bijou dans le genre.
 A recommander ! 


Extraits :


-          Le 11 octobre 1746 se livra la célèbre bataille de Rocour entre les Français et les Autrichiens. Le lendemain, Ans et les campagnes environnantes n’étaient qu’un immense charnier. Sainte-Marguerite, Glain, Grâce, Montgnée souffrirent beaucoup par le campement des deux armées.

-         Au-delà de la rue Haute-Sauvenière, mon domaine commençait, car nous disions, nous, Saint-Margueritois «  Je vais à Liège ! «  quand nous marchions vers le centre. Je trouvais des visages amis, de vieilles boutiques, les fontaines, les rues en escalier, la marmaille, les armuriers, les petits cafés et la pâtisserie Goffinet où l’on allait le dimanche, immédiatement après la grand-messe déguster des éclairs ou des babas au rhum dans une jolie maison Louis XIV à vitres roses, tandis que le joueur d’orgue passait en martyrisant une ancienne polka.(…)


-         Nous, à Sainte-Marguerite, à la sortie de l’école communale installées dans l’ancienne institution des demoiselles de Beauvoir, nous attendions «  ceux des frères «  pour les rosser copieusement en criant «  couac « ! couac ! « . Je croyais, en ce temps-là, que les frères  de l’instruction chrétienne, qui portaient les manches de leur manteau vides et flottantes, n’avaient pas de bras et que, par conséquent, ils ne pouvaient intervenir en faveur de leurs élèves. Une raclée de dimension reçue d’un petit «  Dudule «  à tricorne et à bavette blanche, le frère Lambert, me fit un jour sortir de ma crédulité.

-          Mais ma maison n’était plus là, elle qui fut le témoin de tant de choses. C’est un orage de mai 1925, un orage terrifiant qui fit descendre des torrents d’eau des hauteurs d’Ans vers Sainte-marguerite. Tout s’en allait à la dérive : poubelles, charrettes à bras, chiens, chats, cochons pattes en l’air. Près de chez moi, le flot pénétra dans une petite maison, y saisit le cercueil d’une fillette et l’ emporta. Rue Sainte-Marguerite, des centaines de réveils de l’horlogerie Ducenne dévalaient vers le carrefour de Saint-Séverin.(…)


-          Ceci me rappelle qu’en 1941, nous subîmes, en Hocheporte, un bombardement aérien très violent dans la nuit du 31 août au 1 er septembre. Face à ma demeure habitait madame Dewez, 90 ans et, par surcroît, sourde comme un pot. Quant au matin, inquiète de son silence, la police pénétra chez elle par une fenêtre brisée, elle la trouva dorment au milieu des débris de vitres et de plafond. Lorsqu’elle vit les agents ; elle s’écria : «  Mais je n’ai rien commis, messieurs ! « 

-          Ce n’est pas banal d’avoir vécu à quelques enjambées d’un des premiers aérodromes d’Europe. Le champ d’aviation d’Ans s’étendait, en effet, sur le plateau dont les contreforts venaient mourir à deux pas de chez nous. (…)


-          Le 5 août 1914, un Herstalien s’en va pêcher dans la Meuse, entre Argenteau et Visé, en pleine zone de bataille. Ce calme olympien lui valut le peloton d’exécution. Le 9 août, alors que les forts tiraient à shrapnels sur les fonds d’Ans, je rencontrai un homme qui, avec une indifférence stupéfiante, circulait sous la pluie des balles et d’éclats. Comme je lui criais de se mettre à l’abri, il répondit : «  Ce n’est pas pour nous, c’est pour les Allemands ! »


-          7 août 1914. A partir de minuit, le feu s’espace pour s’éteindre à l’aube. Mon père nous annonce que les Allemands sont entrés dans la ville. Le 165 me, colonel van Oven en tête, franchit le pont de la Boverie à 5h30, en capturant des soldats errants par les rues. Il est près de 6 heures lorsque, me trouvant rue Hocheporte, à hauteur du mess des officiers, j’aperçois sept compagnies du 14 me et du 34me de ligne qui s’engagent dans la rue Mississippi. Mais le 165 me a marché plus vite par la rue Saint-Séverin et les Belges sont encerclés. Ils ont d’autant plus de difficultés à se défendre que les envahisseurs emploient une ruse déloyale. Ils sont précédés de prisonniers. Il faut mettre bas les armes. (…)

-          Dans la rue du Mississippi, les fusils forment un impressionnant amoncellement. Dans la rue des Anglais, on entend un chant grave que scande un pas lourd. C’est une autre fraction du 165me. Elle est précédée de prisonniers, les mains liés derrière le dos et encadrés de hussards de la mort, longue lance de travers sur l’encolure du cheval. Le détachement monte pour s’emparer de la citadelle. Une automobile le rejoint. La sentinelle allemande nous montre Ludendorff. C’est un petit instant historique, nous nous en rendrons compte plus tard.


-          Le 15 août 1914. (…) A 17h20, une formidable explosion met un point final à cette tragique journée. «  Loncin a sauté ! « . Tout ans, tout le quartier de Sainte-Marguerite, tout Liège enfin se dresse sur le parcours des blessés et des rescapés. Une vision épouvantable nous attend. La procession des brûlés durera plusieurs heures. Des hommes nus, complètement roussis, enveloppés dans des suaires. Puis c’est le défilé de ce qui reste de la glorieuse garnison, sous la conduite du commandant Naessens ; des artilleurs et des fantassins déguenillés, sanglants, poussiéreux, magnifiques dans l’apothéose du soleil couchant.

jeudi 21 mars 2013

Ode au Liège d'avant 1914 - les toutes petites gens -



Les nègres et négrillons vendeurs de sucreries,
Les mendiants du samedi formant une véritable corporation,
Les diseuses et diseurs de complaintes,
Les manchots, les pieds-bots,
Les culs-de-jatte qui avançaient en s’aidant de fers à repasser ;

La pacifique armée de marchandes de poires cuites, de bouquettes et de gaufres,
Suivent les rétameurs, les rempailleurs,
Les joueurs d’orgue, les hommes-orchestres,
Les montreurs d’ours ou de singes,
Les bergers pyrénéens et leurs chèvres noires ;

Les marchandes de chiques installées à la porte des écoles,
Les Savoyards, ces petits ramoneurs dont ma grand-mère me contait, en vers de caramel, la pénible histoire ;

Les crieurs de funérailles,
Les débitants de moutarde, de coco, d’anguilles fumées, de moules d’Anvers ;
Les marchands d’oublies,
 Et ceux de « franco- belge qui nous offraient leurs brioches en chantant :
« Voici les franco- belges, voici les bons francos ! « 

Et les grooms rapides, en veste et bonnet rouges,
Courriers de service au centre de Liège,
Et les vieux commissionnaires à brassard de cuivre ;

Et les balayeuses de rue formant ce qu’on appelait
« Le corps de balai »,
Et encore les marchands de parapluies,
De peaux de lapins, de ferraille et de chiffons,
Tous ayant un cri original qui s’est perdu définitivement
Comme fumée au vent de Meuse ;

Et les Italiens vendeurs de crème glacée avec leurs voitures à baldaquin
Promenant à travers la vile, «  Le Vésuve en éruption «
 Ou la place Saint-Marc à Venise ;

Et les joueurs d’orchestration à manivelle
Avec des images changeantes dans le coffre du piano ;

Et les pauvres marchands de trappes, souricières et paniers à salade,
Les fabricants de statuettes et de lapins en craie,
Qu’on alignait sur le parapet du pont des Arches ;

Et le vendeur de chaises en rotin et de tapis en paille,
Et les romanichels, voleurs d’enfants, terreur de nos jeunes années,
Et les Galiciens et les Kalmouks,

Et les maraîchers, les messagers, les routiers,
Vendeurs de volaille, les trimardeurs,
Et les femmes au lait, au beurre et au fromage,
Et les vieilles qui jetaient des sorts,
Et les enfants pieds-nus,
Et tous les maquignons que je retrouvais,
A la foire aux chevaux, rue de Hesbaye.

Adieu ! ! !


Extrait du merveilleux et extraordinaire livre de Georges Rem : «  Le roman de ma maison «.

mercredi 20 mars 2013

Ode au Liège d'avant 1914 - Les tièsses di hoye -




« Ogier le Danois », ivrogne magnifique
Qui avait fait ses humanités au théâtre des marionnettes 
Amoureux de la Vierge Marie
Il lui murmurait des propos tendres et folichons ;

N’oublions pas «  Mamé « et son ami « Badou » 
Littéralement conservés dans l’alcool ,
Ils ont bu plus que cinq cents Polonais réunis,
Et sont morts septuagénaires ;

« Henri le Canon »,maçon bancal,
Entretenu par sa mère nonagénaire

Tout le monde a connu «  l’homme nature « ,
A longue barbe, chevelure du Christ et robe de bure ;
« Narène di boure » camelot aux grosses narines,
Candidat conseiller communal ;

«  Facile Ahèye «  qui parlait en phrases rimées ;
« Marcatchou « , roi des pêcheurs,
Qui conservait en bouche ses asticots ;

Gloire à ce paralytique,
Vendeur de l’almanach de Mathieu Laensberg,
Surnommé « Tiens, voilà Mathieu ! »

Le violoniste «  Paganini « , aux cheveux longs ,
«  Fifine alumette « , cette épave des cafés du centre ;

« Louitje et son épouse, la grosse Jeanne,
Reine des bouquetières ;

«  Bibi Mamour « , à la lèvre en bec de lièvre,
Mi-homme, mi-femme ;

« Désiré, marchand de journaux,
Champion de lenteur ;
«  Adèle, chargée comme un mulet d’un sac de vieux papier,
Adèle au rire ineffablement idiot.

Adieu !


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Merci à Georges Rem et son extraordinaire ouvrage " Le roman de ma maison "  !

mardi 19 mars 2013

Christian Libens " Les tontons liégeois "




Oscar Delcour, archiviste à la retraite, célibataire, se propose de raconter la grande histoire de leur famille à son neveu, Christophe Delcour, 10 ans, écolier à Sainte-Véronique à Liège ; une sacrée lignée constituée d’une trentaine de tontons. Nous y retrouverons tous leurs aïeux qui furent, un jour,  en compagnie de Saint-Lambert, Charlemagne, les Vikings, Notger, Julienne de Cornillon, Charles-le-Téméraire, Curtius, les Chiroux et les Grignoux, Jean Del Cour, la révolution liégeoise, la révolution de 1830, Georges Simenon, … tout cela de façon didactique et ludique.
Et il s’en est passé des grandes et des petites histoires amon nos ôtes… Des douces mais également de très violentes.

Qu’énne affaire à Lîdge !


Extraits :


-         -  On dit « «  les lîdjwès, c’est des tiesses di hoye  « . Des têtes de houille, quoi ! Tu comprends pourquoi ? Non ? Et bien parce que nous avons la tête dure et inflammable, autrement dit, un caractère bouillant et plutôt buté.

-          - Léonard est un des fils de l’oncle Paul. Il a épousé la fille unique d’un houilleur de Sainte-Marguerite. A la mort de son beau-père, Léonard a pu développer la houillère à sa guise. D’une simple fosse, il a bientôt fait une vraie mine que les maîtres houilleurs des alentours admirent pour ses trouvailles techniques. C’est que, ni les problèmes d’étançonnement, ni ceux de l’évacuation des eaux ne laissent Léonard désarmé. Ainsi, depuis quelques temps, Léonard a aménagé un réseau de rigoles rejoignant une galerie creusée au flanc de la colline, galerie que l’on nomme araine. Ce système permet d’assécher la mine et offre de l’eau fraîche à une fontaine en contrebas. Bref, l’affaire familiale marche bien. En ce début du XIII è siècle, l’usage du charbon se généralise de plus en plus, non seulement pour chauffer les maisons, mais aussi pour fondre et travailler les métaux.

-       -   Nous voici en 1637, Chiroux et Grignoux sont les surnoms des deux partis politiques liégeois qui s’affrontent. Chiroux veut dire «  hochequeue « en wallon, parce que leurs partisans, habillés à la mode chic d’alors, ressemblaient à cet oiseau. Du moins aux yeux de leurs adversaires, les Grignoux, ce qui veut dire les «  grognons «  en wallon. Le parti des Chiroux rassemble plutôt les grands bourgeois conservateurs qui veulent le renforcement du pouvoir du prince-évêque. Quant aux Grignoux, ce sont des artisans, des petites gens qui sont partisans de la plus large autonomie communale possible.

-          - Le tsar, Pierre-le-Grand, à ses côtés paraît fasciner par tous les points lumineux qui trouent la nuit liégeoise. Il confie alors à Philippe : «  Monsieur, je compte sur vous pour me rendre la jeunesse… Votre cité est plus gâtée des dieux que les plus grandes capitales européennes. Votre pays est petit, Monsieur, mais il est bien joli ! « 

lundi 18 mars 2013

Liège sous la neige en mars 2013

                             

                                            La Basilique Saint-Martin, mardi 12 mars 2013
                                                 ( cliquez sur la photo pour l'agrandir)



Les Degrés des Tisserands




Les escaliers des Anglais
(cliquez sur la photo pour la mieux voir)






En latin dans le texte : "     Ici habite le bonheur   !    "




                                                           

jeudi 14 mars 2013

Hubert Reeves : " L'Univers expliqué à mes petits-enfants "



Il est sage et bon de s’interroger sur l’Univers ; nous  mesurons alors notre taille : minuscule. D’ailleurs en face de lui, ne nous sentons nous pas comme un petit enfant ? ( oui, papa !) 
  En 136 pages, Hubert Reeves fait, rapidos,  le tour de la question, avec et y compris, les trous noirs, la matière noire, l’énergie sombre mais également les étoiles, les nébuleuses, la Voie lactée, l’infini,  etc… Et si cela tombe,  vous apprendrez des choses nouvelles…
 Quel prodige que tout cela !


Extraits :

-  Aujourd’hui, nous connaissons bien la vie des étoiles. Nous savons qu’elles naissent dans certaines régions de la galaxie que nous appelons les pouponnières d’étoiles.

- Plus tard, après la mort et le démembrement de chaque étoile, ces atomes errent dans l’espace. Un certain nombre vont se retrouver dans la matière qui constitue notre planète. Ils circulent dans les sols et dans les océans. Et un jour, ils entrent dans les cycles de la vie de toutes les espèces. (…)
( … )   Après la mort, les atomes de notre corps retournent à la terre des cimetières. Ils peuvent être réutilisés dans l’élaboration d’autres êtres vivants, des plantes ou des animaux. Les atomes ne meurent pas. Ils sont continuellement recyclés dans un immense circuit qui implique toute la planète.

-  On n’a jamais trouvé une seule étoile dont l’âge dépasse quatorze milliards d’années.

- La Terre est ronde et les Australiens ne tombent pas ! Où est l’erreur ? C’est dans le sens du mot «  en bas «. Le « bas «, nous le savons maintenant, est toujours dirigé vers le centre de la Terre, où que l’on soit sur la planète.

- (…) Cette histoire illustre une considération importante : nous raisonnons à partir de ce que nous connaissons.

mardi 12 mars 2013

Vera Feyder : " Liège "



Un bijou ! Et puis, quelle plume. Quel beau chant d’hommage à la ville de Liège ! Les Principautaires, ceux qui comptent plusieurs décennies, retrouveront, dans ces lignes magnifiques, leur Liège d’antan, du bon vieux temps comme on dit, nostalgique… Les plus jeunes auront l’œil pétillant et peut-être également un sourire un tantinet frondeur aux lèvres. Les amis, amoureux de Liège, eux, découvriront ou ré-découvriront cette ville qu’ils aiment mais, sous bien des angles, qu’ils n’ont pas connue… Autrement, on la reconnaît à chaque ligne, notre belle cité …

Un très bel hommage également de Vera Feider à son père, trahi, dénoncé par des «  amis «  et qui finit tragiquement sa vie dans un camp en 1942 …
Une écriture fine, douce, poétique, féminine !

«  Aussi rare dans la galaxie des mots que la comète de Haley dans notre ciel « !

Une rareté !


Extraits :


-  Il (le boulevard de la Sauvenière) a gardé surtout, inaliénable et dominant sa courbe proprement fluviale, ce beau navire de plein ciel qu’il semble porter vers la haute mer qu’est la basilique Saint-Martin.

-  (à propos du Thiers de la Montagne – qui serait le Thiers de la Fontaine ?)
Cet escalier, au cours bancal, a toujours eu je ne sais quoi d’aventureux, voire de volcanique, dans la coulée grise et vaguement mouvante de ses marches inégales. Enfant, je ne me souviens pas de l’avoir descendu autrement qu’en courant, pour le seul plaisir, jamais épuisé, d’en faire sonner chaque marche comme les lames d’un xylophone.

-  (…) Respirer Simenon, c’est cela. Et quitter Saint-Pholien pour entrer au café Toussaint, c’est y retrouver, à coup sûr les familiers, du comptoir au billard, l’un ou l’autre de ses personnages. (…)

-  ( à propos de Tchantchès) (…) Malin comme Arlequin, rusé comme Figaro, crâne comme Gavroche, ayant de tout temps partagé avec le peuple, d’où il est issu, les petits bonheurs et les grandes misères de sa condition ouvrière. (…)

- (à propos du cristal du Val Saint-Lambert)
Aux pauvres,  il donnait l’illusion, deux ou trois fois dans leur vie, de l’être moins, et au riche, celle de le rester toujours (…)

-  L’Opéra était, à leur condition souvent modeste, un luxe de pauvre. Donc, de première nécessité.

-  De Liège, Colette, au début du siècle, la dira «  coquette, gourmande et astiquée … avec une gaieté, une cordialité qui tiennent à rester françaises.

-  Le bois de Carmélites, bois d’amoureux, de voyeurs, d’exhibitionnistes, où l’on parle chien sur chaque banc, tandis qu’ils divaguent entre ruines et fourrés. ( …)



dimanche 10 mars 2013

Robert Ruwet : " L'homme qui ne demandait rien "




Un livre tête –bèche.La moitié du livre est en wallon et si vous le retournez, il est en français.Et vice et versa, donc!
 Initialement écrit en wallon par Emile Sullon, il fut librement traduit par Robert Ruwet.
Mais qui est cet « homme qui ne demandait rien « ? Voilà bien le sujet de ce roman très drôle et très liégeois : il se déroule dans la Cité Ardente et, pour un bonne part, à l’hôpital de la Citadelle. Notre homme n’a pas de papier, n’est guère causant, et préfère passer son chemin. Le lecteur apprendra plus tard qu’il se nomme Jacques Mamé (pour les ceuses qui ne le sauraient pas, «  Mamé «  signifie : gentil, mignon, charmant, un ange du bon Dieu quoi !).
Sachez que l’on y cause également de «  flochette « (vous savez l’appendice typiquement mâle), que Mamé a deux maîtresses en même temps, et que le commissaire Lambert Laroche aurait tendance à se prendre pour le fameux Maigret ( de Simenon).

 Vous devriez adorer !
«  L’homme qui ne demandait rien «  mériterait une meilleure visibilité ; une édition en livre de poche, par exemple.

Aux éditions Dricot  à Bressoux – 2002- isbn : 2-87095-258-9

Extraits :


- Ce fut comme la goutte d’eau qui fit déborder la Meuse.

- Il s’attelait à traduire en wallon les romans de Georges Simenon. Idée curieuse, dire-t-on, mais qui s’expliquait par la bonne connaissance que Laroche avait de ce dialecte.

-  (…) les carbonnades, Mamé en raffolait et prétendait qu’elles avaient sur lui un « effet virilisateur ».

-  Il était plutôt du genre de ceux qui ne croient à rien, mais qui ne passeraient jamais sous une échelle et qui ne sont pas superstitieux, car ils savent que cela porte malheur.

vendredi 8 mars 2013

Georges Simenon : " L'escalier de fer "



Etienne et Louise sont mariés depuis quelques années déjà. A eux deux, ils tiennent une papeterie-imprimerie, boulevard de Clichy à Paris. Ils n’ont pas d’enfant, peu d’amis à part Arthur et Mariette qui viennent dîner chaque jeudi.
Etienne souffre du cœur et de l’estomac ; il a des crises, de plus en plus aigües et rapprochées. Il soupçonne qu’ «  on «  cherche à l’empoisonner à l’arsenic ; aussi, il fait ce qu’on doit faire quand on veut éliminer au plus vite ce que l’estomac contient…  Et ce n’est pas tout : Etienne pense que sa femme le trompe…

Une fois de plus Simenon nous conte avec brio une histoire toute simple que nous voyons évoluer comme si nous étions à l’intérieur même de l’histoire. Pas à dire : cet homme a un talent fou !


Extraits :


-  C’était le nom de son premier mari, Guillaume Gatin.

- Il avait entendu dire que la barbe des morts, pendant les premières heures, pousse à une vitesse surprenante.

- Toujours il avait été un solitaire, et les gens se méfient des solitaires, sans se demander la raison de leur attitude.

- (…) il ne savait rien de leur vraie vie, par exemple, ce qui les unissait l’un à l’autre. Etre mari et femme ne signifie rien et il n’en connaîtrait probablement jamais davantage.

Les Parlantes à Liège du 06 au 10 mars 2013



Une première à Liège, ces parlantes. Comprenez des lectures littéraires de textes, nouvelles, poésies, extraits de roman, … lus par les auteurs eux-mêmes ou des lecteurs plus ou moins anonymes.

J’en ai testé quelques unes :

***  « Nettoyage à sec «, une nouvelle  de Nicolas Ancion lu par l’auteur. Cela s’est passé à la bibliothèque Saint-Léonard ce vendredi à 14h. Une bonne cinquantaine d’auditeurs multiethniques, très attentifs et participatifs puisqu’ils ont  posé des questions pertinentes à Nicolas Ancion.

Un moment exceptionnel, vraiment ; un merveilleux public pour un écrivain fort apprécié chez nous.

*** «  Les Liégeoiseries «  de Paul-Henri Thomsin.
 Un véritable spectacle plus ou moins improvisé par monsieur Thomsin. Un public conquis, constitué entre septante et une centaine de personnes (j’ai oublié de compter) au Blues Sphere Bar, 37, rue Surlet, ce vendredi 8 mars à 18h.
Qu’est-ce qu’on a eu bien bon, oufti, toi ! Fiers d’être Liégeois et Wallons qu’on étaient…" Les francophones qui nous écoutent, nous les Liégeois, ont un point d'interrogation dans un oeil et un sourire en coin dans l'autre..." mais on s'en fichent !
 On pourrait dire que Paul-Henri Thomsin, c’est notre Luchini à nous …

Un moment extrêmement savoureux et exceptionnel ! Merci bramin des côs, valet !

*** " Poètes surréalistes belges : Achille Chavée, Christian Doutremont, Marcel Mariën et Louis Scutenaire. Lus par Christian Cession à la librairie Livre aux trésors, place Xavier Neujean, le samedi 9 mars à 15h.
Une bonne trentaine d'auditeurs très attentifs + les clients de la librairie juste en-dessous, grâce à des haut-parleurs. Etudes sur le ténu ... jusqu'au suicide de Dieu.

Bien agréable !

*** En Vinave d'Isle, sous la pluie. Trois adolescents lisent 5 poèmes, de Rimbaud à Jacques Brel.
 De belles voix et du cran ! ( je ne sais même pas s'ils faisaient partie des " Parlantes " où si cela venait d'une autre initiative ; mais toujours bon à prendre !)


***  Promenade-lecture inédite dans le Carré avec Daniel Charneux, auteur de plusieurs romans dont un qui se déroule entièrement à Liège «  Comme un roman-fleuve «  et Guy Delhasse, «  le gardien de buts de la littérature liégeoise «, auteur, entre autres, de l’admirable  «  Guide littéraire de Liège «. Ce dimanche 10 mars à 11h dans le Carré donc (pour la petite histoire, il a cessé de pleuvoir quand la promenade-littéraire à commencé, = un signe !).

Une cinquantaine de personnes, si je ne m’abuse, ont déambulé dans les rues vides de ce quartier dit «  Chaud ». Des textes d’auteurs ont été lus par les deux guides ; ceux de – en vrac et la liste n’est pas exhaustive- : Simenon, Bernard Gheur, Christian Libens, Daniel Charneux, Robert Ruwet, Véra Feyder, Christian Delcour, Jean-Pierre Otte, André Joseph Dubois, …
Un moment exceptionnel ! Un de ces trucs qui ne vous arrive qu’une seule fois dans votre vie ! ! !

***  Dimanche 10 mars à 14h,  dans cette chapelle hors de tout temps : Saint-Roch-en-Volière. «  Performance : comptabilité poétique «  par les Oeufs composés de deux personnes : un lecteur et un musicien. Question, des questions, de multiples questions tournant autour de vie, des vies. Agrémentés de guitare sèche et de sons électro-magnétiques. Une vingtaine de personnes, glacial à l’extérieur mais la chapelle était chauffée. Oufti !


*** Les parlotes : lecture croisée de Line Alexandre, Luc Baba et Agnès Dumont, dimanche 10 mars, 18h à la librairie  Entre-temps / Barricades.
Ils sont trois profs-écrivains, lec-teurs( -trises) et di-seurs( -seuses).
 Des textes de leur cru et des brèves de comptoirs. De l’humour. Chacun y trouve son goût … Plusieurs dizaines d’auditeurs (y en avait un peu dans tous les coins).

Bref, au grand total : QUE DU BONHEUR ! ! ! Merci à voutousses !

Quizz sur des personnages célèbres du quartier Sainte-Marguerite



Berthe Bovy



Un tableau d'Ernest Marneffe



Ce quizz paraîtra dans le " Salut, Maurice ! " n° 73 de mai 2013

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QUIZZ SUR DES PERSONNAGES CELEBRES DU QUARTIER SAINTE-MARGUERITE

En attendant la sortie du livre sur Sainte-Marguerite qui vous contera tout ce que vous devez savoir sur votre quartier, agrémenté d’anecdotes croustillyantes, voici un quizz entièrement inspiré par le remarquable livre «  Ces Liégeois qui firent le monde … Tot Tûzant ! «  De Robert Ruwet. Monsieur Ruwet est un ancien professeur, écrivain, comédien, … et membre de la rédaction de votre bimestriel «  Salut, Maurice ! «. Ce quizz n’est pas des plus faciles, on pourrait même le qualifier de « difficultueux «. Vous aurez d’autant plus de mérite si vous pouvez y répondre, si pas en tout, du moins en partie.

1. Où était situé le théâtre «  Molière «  à Liège jusqu’en 1913 ?

2. Il vint au monde dans le faubourg St-Laurent, une rue du côté du Haut-Pré porte son nom et il fut président du «  Caveau liégeois «. Quel est son nom ?

3. Il fut professeur à l’Académie de Liège de 1900 à 1921. Son surnom était «    Le maître de Méry ». De qui s’agit-il ?

4. Qui, selon la légende, découvrit les vertus de la houille et en quel endroit à Liège ?

5. Quel est le nom de ce poète, né dans le quartier Ste-Marguerite, qui écrivit : «  Mis bout à bout, tous les escaliers de Liège conduiraient à la Lune ou au centre de la terre. » ?

6. Il vécut les dix dernières années de sa vie dans son atelier «  du bout du monde «  de la rue des remparts avec sa femme la fantasque Matilde. Quel est son nom et quel était son métier ?

7. Quel est le nom de ce sculpteur qui nous a donné «  Li Toré »-« Le Taureau « et qui a une rue à son nom dans le quartier ?

8. Il est né le 15 juin 1763 dans la grande cour qui s’ouvrait par un arvô dans la partie haute de Ste-Marguerite. Il se déclarait «  citoyen de Liège mais aussi citoyen du monde «  et il avait appris à voir les choses de haut. De qui s’agit-il ?

9. Né rue de Hesbaye, il fut boucher-charcutier mais également et surtout un instigateur de troupes théâtrales d’amateurs à Liège. Quel est son nom ?

10. Il fut l’ami et le collègue d’Henri Vieuxtemps, César Franck et fut l’âme du concours Reine Elisabeth. Il est né dans un minuscule deux pièces, rue Ste Marguerite. De qui s’agit-il ?

Si vous avez répondu positivement à toutes les questions, vous serez élevé au rang de « Citoyen d’Honneur de Sainte-Marguerite / Saint-Séverin » ; si vous avez répondu entre 9 et 7 questions, vous recevrez les félicitations du jury avec coupe, les palmes et médailles ; de 6 à 4 : trois bisous de Marguerite ; de 3 à 1 : une chique sur un bois.
Dans tous les cas : tout bon Liégeois ou ami de Liège doit posséder un exemplaire de ce «  Tot Tûzant «  de Robert Ruwet.

 
                                                                                        Jean Catin

Réponses plus bas ....











Encore un peu ...









Réponses :

1. rue Général Bertrand n°11. C’est au «  Molière «  que la célèbre comédienne Berthe Bovy monta sur les planches pour la première fois à l’âge de  huit ans. Et Robert Ruwet nous précise encore « Elle était née à Cheratte en 1887 ; c’est à ce jour la seule habitante de Cheratte à avoir fait carrière à la Comédie Française. » 

  2. Nicolas-Joseph Demoulin. «  Quel homme remarquable que ce Demoulin. Et pourtant qui le connaît encore à Liège ».  (…)

  3. Auguste Donnay. «  Il est considéré comme le chantre émerveillé de la Wallonie et, grâce à ses œuvres, nos paysages ont acquis une renommée internationale «.

 4. Hullos, au Publémont. « Hullos était un pauvre maréchal ferrant qui entretenait son feu avec du simple charbon de bois, bien peu efficace. Jusqu’au jour ou un étrange vieillard entra dans sa forge … ». La suite dans «  Tot Tuzan ! « 

 5. Jacques Isoard. Il est considéré comme un des nos meilleurs poètes belges.

6. Ernest Marneffe. «  On peut dire que Marneffe sera le peintre de la femme. Mais de la femme nue, qui s’offre, provocante dans sa nudité triomphante ».

 7. Léon Mignon. Scandale à l’époque devant D’Josef et li Toré «  (…) toutes les âmes pieuses de la ville s’émurent de voir (ô horreur !) cet homme nu (entièrement nu !) qui fricotait avec un taureau tout aussi nu » (…)

 8. Etienne-Gaspard Robert (dit Robertson)  fut un aéronaute hors du commun. Son passage en ballon au-dessus de la bonne ville de Liège est resté dans les mémoires par une espièglerie … ; mais pour cela, reportez-vous  au livre de Robert Ruwet….

9. Guy Villers. Il est né en 1931 et décédé en 2009. Il fut également un très bon acteur et président d’un nombre impressionnant de compagnies théâtrales.

 10. Eugène Ysaye. «  Il fut proche (hm…hm… disent les mauvaises langues) de la Reine Elisabeth. » Les Liégeois qui, selon d’autres mauvaises langues, ont le sang chaud, n’est-il pas, messieurs, dames …