" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mardi 28 mai 2013

Georges Simenon : " L'évadé "


Jean-Paul Guillaume, un prof d’allemand dans une école de La Rochelle empoigne un de ses élèves et le malmène quelque peu. JPG reçoit un blâme de la direction et est prié de ne plus se présenter à son travail durant trois jours. Cet incident va perturber notre homme : il apprécie de plus en plus le pernod, se remet à fumer, rase ses moustaches,… Il est également à la recherche de son passé, de la personne qu’il fut jadis, de ses amours… Il devra se rendre à l’évidence : tout cela s’est évanoui. Il tentera de fuir la ville, sa famille (femme, enfants) mais les policiers lui donneront des coups de pieds dans les tibias, comme il y a 18 ans, quand il s’appelait Vaillant.


A noter que dans ce roman assez poignant, Simenon, via son personnage principal, évoque l’Exposition universelle de Liège en 1905 (page 55 dans la collection Folio).

lundi 27 mai 2013

Anouchka Sikorsky : " Crime à Louvain-La-Neuve "






Julie meurt assez mystérieusement une nuit, à LLN. Des amis proches, Romane, Daniel, Charlotte, Jean-Benoît, Damien, soupçonnent la cause de cet assassinat. Par ailleurs, on apprend que chacun d’entre eux a connu un moment ou une période douloureuse dans leur vie, du genre hors normes. Isaac et Lalune, deux policiers mènent l’enquête.
Le lecteur se prend facilement d’affection pour tous ces personnages. Il en est d’autres : la maman d’Isaac qui sait si bien faire le couscous, Marguerite qui console dans son bistrot les cœurs brisés, Kasparov, chat de son état,  qui sauve, toutes griffes dehors,  la vie de Garnis, un vieux prof célibataire,... Sans oublier Charlotte (dite Charlie), la narratrice. Le meurtrier sera trouvé et la fin de ce charmant roman est du genre «  happy end «.

Donc verdict : roman habilement construit, se lit avec une certaine délectation et provoque un sourire permanent. (j’ai dit !)


Extrait :



-   Garnis a quitté son studio meublé pour s’installer dans un appartement communautaire avec trois dames d’âge murs portant cheveux mauves, bleus et roses : Anémone, Capucine et Lilas qui le chouchoutent tant qu’elle peuvent. Elles font la cuisine, le ménage et lui s’occupe du jardin et de bricolage. Mais le maître des lieux, à n’en pas douter, c’est Kasparov (le chat) qui aura bientôt quatorze ans et fait tous les caprices qui lui passe par la tête. 

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Anouchka nous parle de son roman dans cette vidéo :

http://www.rtl.be/rtltvi/video/439516.aspx

samedi 25 mai 2013

Des nouvelles de Mons




Comme le titre l’indique, dix nouvelles, de styles complètement différents, qui ont pour cadre la ville de Mons. J’ai tout particulièrement apprécié :
1. « La dragonnelle George «  de Marcel Moreau
2. « Georges et les dragons » de Nicolas Ancion
3. «  A Mons un matin «  de Malika Madi
4. «  Ca va d’aller ! Ca va d’aller ! «  de Toni Santocono


Extraits :

- Quand mon icône serait terminée, je la placerais au-dessus de mon lit pour être protégé de tout. De la grippe et des interros surprises, des filles et des chewing-gums dans les cheveux, protégé de la fumée de cigarettes et des jours de pluie où l’on s’ennuie, tout seul dans le salon.


-  Le coudrier n’a pas de ces mérites. C’est un arbre aussi parfaitement inutile au regard de la société marchande que l’est un poète.

vendredi 24 mai 2013

Nicolas Ancion " Retrouver ses facultés ", illustré par Pierre Kroll






                                                   Un kot, vu par Kroll
                                                    (cliquez sur l'image pour mieux voir)

Peut-on qualifier ce bouquin de carnet de bord dans la savane universitaire ? Je n’en sais rien, hein m’fi ! - En tout cas, cela sent le vécu - ! Ce qu'il y a de bien avec Nicolas Ancion c'est qu'il a le don de raconter des choses sensées, sans jamais se prendre au sérieux, sur un ton enjoué et frondeur. Pour le coup, il signe ce livre avec un digne complice : Pierre Kroll. Donc : pas triste !
Un « opus «  qui s’adresse essentiellement à trois catégories de lecteurs.
 1. Ceux qui vont bientôt rentrer à l’Unif ou dans une école supérieure : ils y trouveront sans doute si pas de bons plans, des avertissements.
2. Les ceuses qui sont déjà dans le bain : ils pourront reprendre pied après une guindaille un peu trop conséquente.
 3. Les anciens qui liront, pour sûr,  ces pages avec la larme à l’œil nostalgique.
A surligner ces quelques mots clés : pense à aller au cours – dans le bureau du vieux prof – comment ça va les examens ?- LE trou !- au grand oral – la délibé- tes années d’université sont des années de malbouffe – tu adores draguer dans les musées.

+ les extraits qui suivent :



-  (…) Et pour le corbillard, à tout choisir,
tu préfèrerais un modèle historique,
 tiré par deux chevaux
 Ou encore mieux
Tu marcherais toi-même
Jusqu’au cimetière
Au bras de ceux que tu aimes.

-  Posée en bord de fleuve pour évacuer les marchandises, la ville (Liège) a grandi avec le charbon et l’acier, aujourd’hui elle suffoque et se prend à rêver que survienne un miracle, une manne céleste, un projet salvateur, que nul n’aurait imaginé, préparé, planifié, tu rigoles, ta ville tu l’aimes comme elle est, avec ses mille visages, burinés, fatigués, avec ses crottes de chien, ses poubelles qui s’entassent et ses façades usées, rappelant que la misère ne se laisse jamais bien cacher.
Tu l’aimes parce qu’elle te ressemble, cette ville pleine de défauts, elle n’est ni grande, ni belle, elle bouge un peu mais pas trop, elle a des projets plein la tête et n’en réalise aucun, elle se saoule tous les soirs et se reconnaît à l’aube dans le miroir du fleuve, cernée et mal rasée.
Cette ville tu l’aimes, c’est parce qu’elle est pleine d’humanité et parce que c’est la tienne.
Même si tu viens d’ailleurs, c’est ici que tu es né.
Non pas à l’endroit où on a planté tes racines mais là où tu as décidé de les laisser pousser, à l’ombre du perron, à deux pas de la place du Marché.

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En bonus, une vidéo style " les parlantes " :

http://www.dailymotion.com/video/x8rvc6_lectomaton-retrouver-ses-facultes-d_news#.UZ_MlbX0GCk

jeudi 23 mai 2013

Corberyran Horne : " La métamorphose de Kafka " en BD et un film de Jean-Daniel Verhaeghe



Une BD très bien réalisée. Voici une des pages pour vous donner un idée du dessin



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Un excellent film de Jean - Daniel Verhaeghe


Franz Kafka : " La métamorphose "



Un beau jour, à son réveil, Gregor doit bien constater que son corps s’est métamorphosé en un énorme et hideux cafard, une blatte, avec une sale tête, une affreuse carapace encombrante et d’innombrables dégoûtantes petites pattes qui grouillent au-dessus de lui.

Voici un récit bien étrange, pour le coup. Tout d’abord, il est intemporel : il pourrait aussi bien avoir été écrit dans l’antiquité, au moyen-âge ou dans cent ou deux cents ans, gageons-le. C’est bien pour cette raison qu’il est classé parmi les cents meilleurs romans de tous les temps.

Après un moment de surprise, ni le père, ni la mère, ni la sœur ne s’étonnent du fait que Gregor n’est plus un être humain mais une salle bête répugnante. Après avoir apporté quelque nourriture à cette sorte de pustule sur pattes,très vite, ils vont se demander comment s’en débarrasser et quand Gregor crève exténué au petit jour, chacun s’en réjouit. Comme quoi on est bien peu de chose (et beaucoup moins que ce qu’on imagine, cfr la phrase de Cioran : «  Si l’on pouvait se voir avec les yeux des autres, on disparaîtrait sur le champ). Dont acte !

Se lit aisément et rapidement puisqu’il s’agit d’une nouvelle plutôt qu’un roman
Une répugnante merveille !

mercredi 22 mai 2013

Viva Varda ! ! !


Un peu en avance sur mon anniversaire, je me suis offert, ce samedi 25 mai 2013, le coffret de l'intégrale des oeuvres d'Agnès Varda, en 22 dvd. A la clé,  un prix " braderie " qui m'a été proposé par le patron de la librairie Pax de Liège, merci !
 Quel magnifique cadeau ! ! !



C’est récemment (tout finit par arriver !) que je suis tombé sous le charme du cinéma d’Agnès Varda. Je voudrais la saluer bien bas en affichant ici quelques- uns de ses chefs d’œuvres (ils sont sur le net, pourquoi s’en priver ?).
Merci, Agnès Varda ! Quel bonheur ! ! !

D'abord, le site officiel d'Agnès et de sa société cinématographique

http://www.cine-tamaris.com/

Un "officiel Agnès Varda " sur Face Book :

https://www.facebook.com/agnesvardaofficiel

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                                                                VARDA TOUS COURTS

1. – Réponse de femmes.
   «  1975 : année de la Femme. Antenne 2 demande à 7 femmes cinéastes de répondre en 7 minutes à la question : qu’est-ce qu’une femme ?. Agnès Varda a répondu par un ciné-tract (notre corps, notre sexe). Des femmes avec leur tête de femme parlent de sexe, de désir, de pub et d’enfants (en avoir ou pas). Une femme enceinte et nue, dansant et riant à pleine gorge, a suscité des reproches auprès des téléspectateurs « 


Peut-être à certains moments un peu désuet mais ce court-métrage reste, dans l’ensemble, tellement vrai, tellement d’actualité.
1975, 7 minutes :

(n’hésitez pas à afficher le plein écran)

2. - L'opéra-mouffe

" Le marché de la Mouffe (la rue Mouffetard à Paris), les clochards, les ivrognes ... Des images où l'on sent la tendresse de celle qui regarde et filme les gens"
1958, 16 minutes.
Première partie :
https://www.youtube.com/watch?v=zJjxTydfJSk

Seconde partie :
https://www.youtube.com/watch?v=G6Bg4fUGRjM

Troisième partie :
https://www.youtube.com/watch?v=Sd1HjBZ2B3U


3. -  Ulysse : " Au bord de la mer, une chèvre, un enfant et un homme. C'est une photographie faite par Agnès Varda en 1954 : la chèvre est morte, l'enfant s'appelait Ulysse et l'homme était nu. A partir de cette image, le film explore l'imaginaire et le réel ".
1984, 22 minutes.



4. - T'as de beaux escalier, tu sais : " Comment, en 150 secondes, rendre hommage à la Cinémathèque française (quand elle était à Chaillot) en l'année de ses 50 ans, sinon en filmant les 50 marches qui montent vers le musée du cinéma et descendent vers la salle obscure où sont projetés des chefs d'oeuvres aux escaliers célèbres ".
1986, 3 minutes.

https://www.youtube.com/watch?v=KJTYuxZv1Vo


5.- Ydessa, les ours et etc... : Découvrir dans deux immenses pièces des centaines de photographies anciennes ;: groupe de famille, d'amis ou de sportifs... Découvrir que dans chaque image on voit aussi des nounours en peluche, un Teddy Bear ... Pourquoi et comment un certaine Ydessa a rassemblé ces images. En fait, l'inquiétude est présente et la visite filmée de cette collection d'artiste exposée à Munich réserve des surprises.
2004. 44 minutes.

https://www.youtube.com/watch?v=0pw2SY3eE2w


6. -  Une minute, une image : les 14 photographies de la série une minute pour une image dont Agnès a fait le commentaire
En voici une :

https://www.youtube.com/watch?v=gbI8RYutooo




                                                         Agnès Varda sur le tournage " La Pointe Courte "

Nous pouvons retrouver ces films-documentaires (et d'autres encore) sur le double dvd " Varda tous courts "
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6. " L'une chante et l'autre pas ", 1976

"Deux jeunes filles vivent à Paris en 1962. Pauline (17 ans), étudiante, rêve de quitter sa famille
pour devenir chanteuse. Suzanne (22 ans) s'occupe de ses deux enfants et fait face aux drames du suicide de leur père. La vie les sépare ; chacune vit son combat de femme. Pauline est devenue chanteuse dans un groupe militant et itinérant après avoir vécu une union difficile en Iran. Suzanne est sortie de sa misère et travaille au Planning familial. Dix ans plus tard, elles se retrouvent au cours d'une manifestation féministe. A la fin de cette chronique, on les retrouve ensemble, à nouveau, avec leurs enfants qui ont grandi."



Bande-annonce :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19469345&cfilm=1485.html

Un autre extrait :

https://www.youtube.com/watch?v=Q-DuLjmJhxo


Ce film est avant tout une histoire d’amitié entre deux femmes qui sont cependant fort différentes ; malgré l’éloignement, elles ne pourront se passer l’un de l’autre. C’est également un film féministe à une époque où la jeunesse était, dans sa grande majorité, à la recherche d’un idéal, parfois de manière militante. Si ce film à un peu vieilli, il a néanmoins bien vieilli. Vous qui avez vingt ans en l’an 2013, si vous voulez savoir comment l’on vivait dans les années ’70, alors regardez ce long métrage d’AgnèsVarda.

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7. Agnès Varda et l'art contemporain. " De ci-,de là " Elle présente son documentaire ,extrait d'interview

https://www.youtube.com/watch?v=PVUCUdfkELA


                                                           " L'échelle de Jacob "

Si vous désirez en savoir plus, voyez cet article plus complet :

http://catinus.blogspot.be/2013/06/blog-post.html
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8. Jane B. par Agnès V. 1987
 Tout un film de 97 minutes autour de la personnalité de Jane Birkin.
Des moments fantasques et fantastiques, surréalistes même, comme par exemple l'histoire entre Jane et Philippe Léotard, en deux épisodes, Jane qui nous fait visiter sa maison, Jane croupière et le fantastique traveling sur de oeuvres de Magritte... et le duo Gainsbourg-Birkin que vous pouvez retrouver plus bas ( note : Agnès et Jane qui causent en allemand dans un film éminemment francophone, ça arrache un peu, mais c'est tout ce que j'ai sous la main) :

https://www.youtube.com/watch?v=7TgsAmWXauM

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9.  " Cléo de 5 à 7 "



Fiction de 1961 – 90 minutes

«  Cléo, belle chanteuse, attend les résultats d’une analyse médicale. De la superstition à la peur, de la rue de Rivoli au Café du Dôme, de la coquetterie à l’angoisse, de chez elle au parc Montsouris, Cléo vit quatre-vingt-dix minutes particulières. « 
Avec Corine Lemarchand (Cléo), Antoine Bourseiller, Dorothée Blanck, Michel Legrand.

A pointer :
-  le plan avec le miroir, Cléo , son amie et le couple dans le café «  Ca va, ça vient « 
- miroirs chez la chapelière «  Chez Francine « 
- la garde républicaine dans les miroirs et à travers la vitrine de chez Francine. Le passage de la garde républicaine fut un pur hasard.
- «  on ne porte pas un habit neuf le mardi ! « 
- «  Pas ce taxi-là, il porte un mauvais numéro ! « 
- le loft divin de Cléo et ses chatons
-  répétition musicale débridée avec Michel Legrand
- le mangeur de grenouilles
- à la terrasse du café L’Odéon
- son amie pose nue pour les sculpteurs et n’a pas son permis de conduire. La voiture ne possède pas de clignoteurs
-  les escaliers de la rue des Artistes dans le 14 ème
Durant tout le film, des images extraordinaires de Paris en 1961.

Attention ! Après avoir vu le film, regarder les bonis (dont les commentaires d’Agnès)



                                           Une jeune fille et la mort de Baldung Grien bine présente dans ce film

* Bande-Annonce :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19469319&cfilm=1191.html

* Le loft et les chatons (mettez le plein écran pour bien voir les chaton)

http://www.youtube.com/watch?v=_ItbVtuQtn0


* La répétition avec Michel Legrand :

http://www.youtube.com/watch?v=nuZ5cNk4-q4

* Dans le taxi et les escaliers de la rue des Artistes :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19469319&cfilm=1191.html

* Commentaire d'Agnès à propos de son film :


http://ios.mobapp.ina.fr/art-et-culture/cinema/video/I04203236/agnes-varda-a-propos-de-cleo-de-5-a-7.fr.html


                                            Escaliers de la rue des Artistes à Paris
A suivre >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

mardi 21 mai 2013

Freddy Woets : " Minnie et les Mice "





Le narrateur est un journaliste spécialisé dans l’interview de gens du spectacle. Il se propose de rencontrer Minnie, la chanteuse du groupe rock «  Minnie et les black Mice «  mais elle est retrouvée morte dans la rue. Notre homme fait la connaissance de la cousine de Minnie, une jeune lycéenne. Tous deux vont aller sur les traces de la pauvre Minnie. L’occasion pour le lecteur de se promener dans les rues, pénétrer dans des bistrots et des restos de Paris. Citons, entre autres, : St-Eustache, place de la Contrescarpe, Saint-Germain l’Auxerrois, rue Vieille-du-Temple, la statue de Danton à l’Odéon, le Lion de Belfort, Denfert, le jardin du Luxembourg, …
La «  cousine «  sait y faire comme on dit pudiquement tandis que notre journaliste, quoique mature, ressemble plutôt à un adolescent qui fait ses premières armes.
Charmant !

Extraits :

- L’heure bleue, c’est quand tout s’arrête à la campagne, entre le nuit et l’aube. Ca ne dure que quelques minutes. Les bêtes de la nuit rentrent, les autres sortent de chez elles. Même le vent s’arrête. Ca ne dure que quelques minutes.

-  «  - Vous avez des secrets ? « 
   «  - J’en ai eu mais je ne sais plus où je les ai rangés… « 

-   La douche ravive un tas de molécules et quinze milliards d’années d’évolution.

-  Alors je me glisse en toi par les lèvres de ta bouche, entièrement, comme ces soirs où Dieu existe, ces soirs définitifs, mystiques.

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Freddy Woets est né à Liège en Belgique en 1949. Il s'est installé à Paris depuis une trentaine d'années. Il vit de sa plume ; journalisme, fictions et dramatiques pour la radio, littérature pour enfants et adultes…


Une interview de Freddy Woets :

lundi 20 mai 2013

Georges Simenon : " Le petit homme d'Arkhangelk "





Jonas Milk est né en 1916 à Arkhangelsk (Russie). La révolution, la guerre 14-18 et le temps des recherches vont engloutir sa famille : père, mère, frères et sœurs. Oui, Jonas est, pour ainsi dire, un vrai Français ; il habite une petite ville du Berry où il tient une librairie. Il vit modestement et le hasard ou la pression a fait de sa servante, Gina, son épouse. Jusqu’au jour où celle-ci disparaît et ne donne pas signe de vie. Oui, Jonas est (ou se dit) un vrai Français mais ... il reste un «  étranger «  et chacun dans son entourage lui fera bien sentir même et y compris les policiers qui enquêtent…

Tout l’art de construire un excellent roman à partir d’une histoire toute simple, presque banale. Signé par Maître Georges.

vendredi 17 mai 2013

Maxime Rapaille : " Carnets II , 41 à 60 ans "






Ecrivain belge d'expression française, Maxime Rapaille est né à Liège en 1926. Docteur en droit sans l'avoir jamais pratiqué, il commence à écrire régulièrement à dix-sept ans, mais attend d'en avoir vingt-cinq pour publier son premier roman. Cette même année 1951, il inaugure une série d'emplois qui en feront successivement un journaliste, le secrétaire d'un théâtre, un chef de service dans une librairie et enfin le chargé des relations extérieures et le rédacteur en chef du journal d'entreprise d'une compagnie d'assurances. En 1981, il quitte la Belgique et s'installe à Paris, pour se consacrer totalement à la littérature. Marié, deux fils.

Ces carnets sont constitués de réflexions tous azimuts :  la difficulté de l’auteur à trouver un ou des éditeurs – beaucoup de ses livres sont paru aux éditions Dricot de Bressoux-Liège, donc à compte d’auteur -, la vie d’artiste- la sienne et celle des autres -, la presse, la politique belge, française ou internationale (il a une sérieuse dent contre les gauchistes, par exemple), la musique,  la religion ( il est catholique , plus traditionnel que progressiste), l’importance de la sexualité dans sa vie ( voir les extraits ci-dessous qui ne sont pas tristes !), etc. Ces carnets s’étalent de 1967 à 1986. Le journaliste Jean Jour m’informe que Maxime Rapaille est décédé voici deux ou trois ans, soit donc en 2010 / 2011.



Extrait :


-  Je vous salue avec honneur,
   N’oubliez pas les enfants d’chœur,
   Car le Seigneur vous le rendra,
   Alléluia !

   Si vos poulettes ont bien pondu,
   Donnez un œuf, donnez-en deux,
   Car le Seigneur vous le rendra,
   Alléluia !

   Si vous n’pouvez pas donner d’œufs, 
   Donnez un franc, donnez-en deux
   Car le Seigneur vous le rendra,
   Alléluia !

Cette mélopée, que je n’ai pas su noter mais que mon oreille a retenue, est chantée dans un petit pays d’Ardenne, le lundi de Pâques, par des acolytes qui traînent un fût d’eau bénite sur un chariot de maison en maison et s’annoncent de loin en agitant une crécelle.

- Le mariage reste la solution économique par excellence pour le mâle aux revenus trop modestes pour son tempérament. Les prostituées le mettraient sur la paille.

-  De ne pas être arrivé à coucher avec certaines, de ne plus être autorisé par d’autres, c’est tout ce que regrette un homme de la majorité des femmes qu’il a fréquentées.

-  Depuis des années, il n’est pas un matin que je m’éveille en formant un triple vœu :
     1° de recevoir enfin la réponse d’un éditeur ;
     2° de changer de gagne-pain ;
     3° de lever une fille.

- Bonheur à quarante-trois ans, de bander aussi vite et de ne pas être moins obsédé par le sexe qu’à dix-sept ans.

-  Je ne voudrais rien revivre de ce que j’ai vécu, à l’exception de quelques moments, tous liés au sexe.

- Deux courants nourrissent ma vie : le sexe et la littérature (celle-ci prioritaire jusqu’à une certaine heure).

- Elle était si petite qu’elle aurait pu sucer un homme de haute taille, tout en restant de bout.

- Etre artiste, c’est apprendre aussi à blinder son amour-propre.

-  Dans le pays de Liège, on dit d’un garçon amoureux d’une fille, qu’il parle avec elle. Il a gros à parier qu’il parle avec ses mains.

- mon nom de famille qui signifie à peu près vaurien en wallon de chez moi.

-  La littérature est ma passion, les femmes ma faiblesse.

- A Liège, un bureau de consultation pour nourrissons est établi rue Panade.

-  A certaines époques de notre vie, les échecs se succèdent à une cadence telle que nous finissons par en rire, comme si ce n’était pas nous, mais d’autres qui encaissaient le coup. Sans cette réaction, les suicides ne se compteraient plus.

-  Lui, 54 ans en plein action. – Tu me sens bien ?
   Elle, 24 ans. – Et comment !
   Cri inoubliable du vagin.

-  Trois remèdes pour chasser les idées noires : la lecture, la musique classique et le cinéma porno.

-  (…) On pourrait en dire autant de certaines improvisations de jazz, qui durent, durent, durent, parce qu’elles sortent du cerveau (ou plutôt des doigts) d’individus sans éducation ni modestie. Quelqu’un de bien élevé sait qu’il ne doit pas embêter les gens ; de modeste, que d’autres font mieux en moitié moins de temps.

-  Mener un homme à la braguette.

- Sperme : le gros blanc qui tache.

- Certaines moues féminises évoquent un sexe mal fermé.

-  «  - Prouvez-moi que Dieu existe. »
   «  - Prouvez-moi qu’il n’existe pas. « 
   «  - Personne ne l’a jamais vu. »
   «  - Et le vent, l’avez-vous déjà vu ? Il existe pourtant. »

-  A supposer que mon œuvre ne vaille rien, elle m’aura bien occupé. C’est déjà ça.


Merci aux Editions Dricot

mardi 14 mai 2013

Patrick Rambaud : " L'idiot du village "




Paris 1995. Le narrateur achète un journal à une aubette. Le journal est daté de mai 1953. Un comique lui a sans doute fait une (bonne) blague. Le hic, c’est que notre héros est de plus en plus souvent sujet à des hallucinations : il rencontre des gens vêtus comme dans les années ’50. D’après son psy «  une hallucination n’est que la fabrication du cerveau, elle a une forme et une voix mais pas de sang, ni d’os, ni de peau ». Jusqu’au jour où l’halluciné est projeté dans le passé, en 1953. Il se promène dans son quartier, à Saint-Eustache, y travaille, fréquente un journaliste du Figaro à qui il raconte … le futur. Dans sa vraie vie, notre homme à une épouse, Marianne et ici il la rencontre quand elle a 5 ans. Il s’épie lui-même, alors qu’il n’a que 9 ans … et puis … et puis … >>> J’ai adoré la fin…

A quelle époque auriez-vous aimez vivre ? Chacun à, un jour ou l’autre, aimé flirter avec ce jeu. Patrick Rambaud également et c’est réussi et bien amusant.



Extraits :


-  J’ai beaucoup voyagé dans les photos : au collège, je finissais l’étude du soir an arrêt devant les illustrations du Lagarde et Michard, les surveillants croyaient que j’étudiais, mais non, à force de fixer le Baudelaire de Nadar je voyais remuer ses lèvres, nous causions …

-  L’angoisse vient d’ordinaire de l’avenir qu’on pressent, toujours de travers.

-  Que devient mon poing, quand j’ouvre ma main ?

lundi 13 mai 2013

Liège en 1976




-  La Meuse, lundi 26 janvier 1976
Pour avril, le  «  Gymnase «  aura disparu. Il fut construit en 1865 et aura donc connu 110 années d’existence. (…)

-  La Meuse, vendredi 6 février 1976
Une soirée consacrée à la chanson française, voici ce que propose ce samedi 7 février «  Le petit Seigneur «, rue Tête-de-bœuf, 13. Avec Jacques-Yvan Duchesne, Charles Morell, Colette Nicolas, Jean-Claude Pierot, Christiane Stéfanski et Jean-Claude Raskin.

- La Meuse, lundi 5 avril 1976
Le deuxième attentat à la bombe en trois jours à Liège : celle fois, c’est un cabaret. Une bombe, de fabrication artisanale, a été lancée vendredi peu avant 3 heures 20, dans la salle du restaurant-cabaret «  L’Ane rouge «, rue des Ecoliers, 35 à Liège, vide d’occupants heureusement (…) Peu de dégâts (…)

- La Meuse, samedi 10 et dimanche 11 avril 1976
L’Emi-Scaner de la clinique Saint-Joseph à Liège prend l’équivalent de vingt-six mille six-cents radiographies du crâne en une durée de vingt minutes à une heure trente. Avec l’Emi-Scaner, les médecins peuvent, sans danger et sans douleur pour le patient, lire dans le cerveau par tranches de 5 mm d’épaisseur et détecter toutes les anomalies avec une extrême précision. (…)
(long article)

- La Meuse, lundi 12 avril 1976
Au théâtre de Liège, «  Les Chevaliers de la Table Ronde «. Pour la première fois, texte, musique, décors et costumes du Liégeois Paul Francy (…)
3 actes * 11 tableaux * 20 solistes  * 30 danseuses * 50 musiciens * 80 choristes * 460 costumes * 850 accessoires * 1000 gags. (…)
(long article)

- La Meuse, mardi 11 mai 1976
Depuis 1933, début des observations météo en Belgique, jamais il n’avait fait aussi chaud chez nous en mai (31,8° à Uccle)

- La Meuse, lundi 11 octobre 1976
Elections communales de ce dimanche 10 octobre. Liège : 3 voix de majorité pour l’alliance socialistes-RLL. Le PSB a remporté la majorité absolue dans 14 des 24 nouvelles communes de l’arrondissement de Liège.

- La Gazette de Liège 14 octobre 1976
Première saison du « Centre culturel 104 «  dans le complexe du collège St-Servais. (long article)


Et tout particulièrement dans le quartier de Sainte-Marguerite

La Meuse, vendredi 23 janvier 1976

De la graisse de frite s’enflamme dans une friterie de la rue Hullos à Liège. 350.000 francs de dégâts. (…)

- La Meuse, mercredi 11 février 1976
Les habitants des rues Sainte-Croix et Saint-Pierre suggèrent pour leur quartier : pourquoi pas des jardins suspendus sur les anciens remparts de Liège ? (…)

-  La Meuse, vendredi 19 mars 1976
Un million de francs de dégâts dans l’incendie d’un appartement, rue des Fossés, 26 à Sainte-Marguerite.

- La Gazette de Liège, lundi 26 janvier 1976
Les sœurs hospitalières de l’hôpital militaire de Saint-Laurent à Liège abandonnent leurs fonctions après 137 années de présence (…)
(long article)



-  La Gazette de Liège, samedi et dimanche 28 et 29 février 1976
« Ubu Roi » d’Alfred Jarry, traduit en wallon de Liège par André Blavier est donné au théâtre «  Al Botroûle «, rue Hocheporte, 3, à Liège.



-  La Gazette de Liège, mercredi 17 mars 1976
Derrière les murs lépreux de cette vieille maison de la rue Sainte-Marguerite, dorment encore, mais plus pour longtemps peut-être, bien des souvenirs du passé liégeois. Le vieux porche ouvre sur une cour intérieure que l’on appelait naguère «  la grande cour «. (…) (long article)

- La Meuse, mardi 29 mai 1976
Quelques minutes après un hold-up (butin : 128.000 francs) au Choc-Discount, rue St-Séverin, des motards arrêtent les bandits 300 mètres plus loin. (…) (long article)



- La Meuse, jeudi 24 juin 1976
Adeline Diels, 1 ère latin-grec à l’institut Saint-Sépulcre. Lauréate du concours européen de dissertation en langue maternelle – 1.500.000 concurrents !

-  La Gazette de Liège, jeudi 10 juin 1976
La ville de Liège acquiert l’hôtel de Sélys au bas du Mont-St-Martin.

- La Meuse, mercredi 25 août 1976
Les travaux au carrefour du Cadran et place des Bons-Enfants. Une série d’immeubles vont être démolis pour installer deux voies supplémentaires à la gare de Liège-Palais (…)
* tous les immeubles de la place des Bons-Enfants et les quatre derniers immeubles du côté droit de la rue St-Hubert
* trois immeubles du côté gauche de la rue Sylvestre
* quatre immeubles côté droit du début de la rue L éon Mignon et deux à l’entrée côté gauche de la rue de l’Académie
* les immeubles côté gare de la rue Fond-Saint-Servais
(…)

- La Gazette de Liège, lundi 11 octobre 1976
- La rénovation du quartier de l’Ouest. Avant de parler de l’aménagement du quartier, il est intéressant d’en situer le cadre. En ce qui concerne Sainte-Marguerite, le quartier se subdivise en quatre sous-quartiers :
* Xhovémont – Naimette
* la vallée de la Légia : Sainte-Marguerite et St-Séverin
* la vallée haute : Publémont
* le faubourg St-Laurent
Parmi d’autres aménagements, citons
* le complexe sportif de Naimette-Xhovémont
* un vaste parking à Goffin-Bovy
* la reconstruction de l’école de Fexhe, rue des Waroux
* la centralisation des services des eaux
* l’aménagement ses zones vertes
* la conservation des vestiges du passé
* de nouveaux logements un peu partout dans le quartier

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En bonus, une vidéo en compagnie de Jacques et Françoise Ancion (les parents de l'écrivain Nicolas Ancion) qui nous parlent dans les années '70 de leur théâtre de marionnettes " Al Botroûle " , traduction du wallon : " Au nombril ". Une interview de Guy Fontaine :

http://www.sonuma.be/archive/le-th%C3%A9%C3%A2tre-al-botro%C3%BBle

dimanche 12 mai 2013

Maxime Rapaille : " Six morts au carrefour "





Mme Postoir est veuve, depuis peu. Elle habite un petit appartement au centre- ville (Liège). Elle a une fille Odette et … un prétendant.
Laura Scarfetto, 19 ans, fiancée à Benjamino, tous deux sont d’origine italienne. Elle travaille à la brosserie Dounée (Liège). Elle a rencontré et suivit un inconnu.
Jacques Lecierge, célibataire, habite la campagne et se rend chaque jour à Liège en voiture. Il est un peu râleur sur les bords (et les bords sont larges).
Gérard Bertrand, quinquagénaire, comptable, marié à Henriette.
Mr Van Balaes, propriétaire d’un magasin de papier-peint rue Léopold à Liège. Patron réactionnaire, époux fidèle et maître d’un épagneul. Le couple Van Balaes ont un abonnement au théâtre «  Le Gymnase «, place Saint-Lambert (Liège)
Eh bien voilà : nous avons nos six morts. Si-si : comptez bien !
Tout cela se passant à Liège après 1945 mais du temps où il y avait encore des trolleybus, donc avant 1967.
En quatrième de couverture, on annonce plutôt un big braquage de fonds ;  ce n’est que prétexte.

J’ai adoré ces tranches de vie et la construction de cet excellent roman.

Maxime Rapaille, né en 1926, est d’origine liégeoise mais voici belle lurette qu’il vit à Paris (France).


Extraits :


-  Il la rangeait parmi les allumeuses. Elle l’était comme le sont toutes les filles bien faites et qui ne savent pas encore que certains hommes prennent feu pour un geste, pour un regard, pour un sourire.

-  Ya-t-il tellement de différences entre nous ? Nous sommes faits de la même matière, nous tâchons de nous en tirer au mieux dans la vie, nous tomberons dans le même trou. A quoi bon se disputer ?

-  L’expérience lui avait appris qu’une femme qui donne ses lèvres ne défendra plus le reste que pour la forme.

-  Un homme, ce n’est pas pareil. A l’acte sexuel, il n’ajoute rien. Il fait l’amour pour apaiser son désir, comme il boit un verre d’eau quand il a soif. Si vous pouviez être aussi peu compliquées que nous dans ce domaine, que de drames seraient évités !

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Voici un article rédigé par Jean Jour :

http://www.lalibre.be/actu/gazette-de-liege/article/300487/quatre-metiers-avant-l-ecriture.html

vendredi 10 mai 2013

Les vespasiennes à Liège




Vespasienne : urinoir public, lancé, il y a de cela bien longtemps, dans les rues de Rome (Italie) par l’empereur Vespasien.
 Jadis, à Lîdge, il y en avait beaucoup, un peu à tous les coins de rues. Derrière chaque aubette à journaux, par exemple, et comme les aubettes y en a presque plus non plus … Bref, c’est passé de mode. Faut dire aussi qu’elles avaient- et ont encore -  mauvaise réputation : les odeurs, la saleté, les exhibitionnistes, … A c’t’heure, on peut presque les compter sur les doigts de la main. Si elles sont aussi accueillantes que des portes de cabinets (hé !), il faut bien reconnaître que pour nous, les mâles, elles peuvent nous être bien utiles quand nos vessies sont par trop pleines. A éviter cependant de les fréquenter la nuit, car vous ne savez jamais sur quel genre d’olibrius vous pouvez tomber … Enfin, vous êtes encore libres, après tout, mais à vous risques et périls. Autrement, comme on dit un peu vulgairement, il vaut mieux faire un nœud dans votre floche (fallait que je la place, celle-là).



                                   Tout contre l'église Sainte-Walburge




                                    Sur le haut de la rue Sainte-Marguerite, derrière l'hôpital St Joseph, en-dessous de la place des Arzis

  
                                     Juste en face de la Basilique Saint-Martin, dans le tournant


                                Dans le tournant de la Cathédrale


                                    Au début du boulevard d'Avroy, juste en face de l'église des Bénédictines ( pardonnez, mes Soeurs !)

  
    
                                   Dans le parc d'Avroy, sans doute la plus connue et la plus visible



                                        vespasienne au pied de la passerelle, côté boulevard Saucy






                             ... et la vespasienne de la place du XX août /  Emulation : la classe  !

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                                                        Alerte aux urinoirs publics
                                                 signée par le ministre Leburton en 1963

Georges Simenon : " Le grand Bob "





Robert Dandurand et Lulu s’aiment, profondément. Elle est chapelière et lui traficote ici et là. On le surnomme «  Bob «. Tout baigne. Jusqu’au jour où il se noie. Accident ou suicidé déguisé ? Leur ami Charles Cointreau, médecin, tâche de comprendre. Il interroge tout un petit monde : Adeline, Mme Petres, la sœur de Bob, des médecins, … Il finira par connaître la vérité. «  Il ne voulait pas imposer aux autres la vue de ses souffrances et de ce qu’il considérait comme une déchéance «.
Daté du 25 mai 1954 à Shadow Rock Farm, Lakeville (Connecticut)
 Un roman «  dur «  comme Simenon et nous-mêmes, lecteurs, nous aimons tant.



Extraits :


-  Dans une ville comme Paris, où quatre millions d’êtres humains vivent côte à côte, en un frottement de tous les instants, le mot ami n’a pas tout à fait le même sens qu’ailleurs.

-  En somme, si chacun se chargeait du bonheur d’une seule personne, le monde entier serait heureux.

-  C’était un raté, comme je l’ai entendu répéter plusieurs fois depuis sa mort, soit, mais un raté lucide, conscient, qui avait choisi de l’être, (.)

mardi 7 mai 2013

Patrick Rambaud : " Comment se tuer sans en avoir l'air "




- Que faites-vous, ici même, dans cet opuscule sulfureux ?
- Je me moque.
- De qui ?
- De mes semblables.
- Vous allez créer des vocations (au suicide)
- En la matière on ne crée rien.
Voici ce que dit Patrick Rambaud de son livre.

Cet essai commence par une mise en bouche, soit quelques suicides assez barjots et/ou inattendus. (voir extraits).
 Viennent ensuite quatorze méthodes pour déguiser des suicides en banals accidents. A pointer- première méthode : l’asticotage de Mme Peebles, - troisième méthode : une partie de chasse avec Mr Petitot, - septième méthode : Werner à l’hôpital, - douzième : météo meurtrière.
 Tout cela avec beaucoup d’humour.
 Si pas une bible sur le suicide, tout au moins un bréviaire.
 Appréciable !



Extraits :

-  Une vieille dame de quatre-vingt-sept ans voulait se suicider, lundi à Bruxelles. Miraculeusement indemne après s’être précipitée du haut d’une tour de 17 étages, elle est morte de peur. Un violent coup de vent l’avait rabattue dans un appartement du seizième étage. A leur arrivée, les pompiers ont constaté qu’elle ne portait même pas la trace d’une ecchymose. C’est le cœur qui avait lâché.

- «  Au secours ! Au secours «, criait Désiré, tout nu au fond d’un puits. Comment était-il arrivé là ? Les sauveteurs l’entendent, viennent en courant, considèrent l’étrange situation et en voient à Désiré une corde terminée en nœud coulant. «  Passe-la sous les bras, Désiré, on va te hisser ! «  Etait-il idiot ? Etait-il sourd ? Etait-il vicieux ? Désiré Clermont se passe la corde autour du cou. Vous devinez la suite. Les sauveteurs tirent sur la corde de toutes leurs forces et remontent un cadavre.

-  Nos ancêtres chantaient et dansaient aux enterrements, comme ils fondaient en larmes à chaque naissance. Pauvre marmot, pensaient-ils, dans quel monde il va se jeter ! A quoi bon ?

*  «  - Je venais vous prier humblement, je serais très sensible à cette condescendance de vouloir bien me faire l’honneur et l’amitié de me guillotiner. »
    «  - Qu’est cela ? »
    «  - Je désirerais ardemment sue vous me guillotinassiez ! « 
                                        ( Xavier Forneret, Champavert)

lundi 6 mai 2013

Georges Simenon : " Le château des sables rouges "






“ Il me disait que la Science était le produit de l’orgueil des hommes et que Dieu se vengerait d’une façon terrible (…) « 
Celui qui pense comme cela est le comte Van Dijkstra qui est soupçonné d’avoir enlevé deux savants de grande réputation. Deux policiers sont sur l’affaire et débarquent dans le château des sables rouges : Mower, de l’Intelligence Service et Sancette de la brigade parisienne. Nous assistons à une enquête assez farfelue et souvent drôle. Un roman à la fois policier et d’aventure où se démènent, par exemple, les Compagnons de l’apocalypse. Tout un programme ! Le ton est donné dans un château passablement lugubre.
Roman-reportage par Georges Sim paru chez Tallandier, dans la collection «  Criminels et Policiers «  en juillet 1933.


Extraits :

-  Peut-on savoir de quoi on aura besoin dans la vie quand on a douze ans.

-  Il y a une chose beaucoup plus surprenante que la facilité avec laquelle un homme se laisse abattre : c’est la rapidité avec laquelle il reprend vie.

samedi 4 mai 2013

It's only rock 'n roll, but i like it ! Vidéos, the very best of best




N’hésitez pas à afficher le plein écran !

* Bob Dylan : «  Jokerman «   :

* Green Day : «  A working class hero « , au départ une chanson de Bob Dylan :

*  The Cure : «  A Forest « :

Placebo : «  Pure Morning » :


Lou Reed : «  Sweet Jane « 

* Mark Knopfler : «  Why worry « :

* Mary Chapin Carpanter : «  Come on, come on « 

* The Beatles : «  Blackbird « :

* Phil Collins : «  Another day in paradise « :

* K’Choice : «  Almost happy « :

https://www.youtube.com/watch?v=BvYMAhSKGC4

* Mark Knopfler and Emmylou Harris : " This us "

https://www.youtube.com/watch?v=ey9kdeOjT3o

* David Crosby " Orléans " :

https://www.youtube.com/watch?v=o1jo1gI0kJI

* Jimi Hendrix : " The Wind cries Mary "

https://www.youtube.com/watch?v=o1jo1gI0kJI






Georges Simenon : " Le roman de l'homme "





Ceci est le texte d’une conférence faite au grand auditorium de l’exposition de Bruxelles, le 3 octobre 1958.
Simenon se pose des questions : pourquoi les écrivains écrivent-ils des romans ? Pourquoi les lisons-nous ?  Pourquoi allons-nous voir un spectacle, un film ? D’autres pourquoi encore,  sans donner de véritables et profondes réponses …


Extraits :


- Sont-ils déjà des petits hommes, ou seulement des enfants qui se mêlent de raisonner ? A une réprimande, ils nous répondent, frémissant de leur audace :
«  - Est-ce ma faute si je suis mauvais ? C’est toi qui m’as fait, non ? « 
Ivres d’un savoir tout neuf, ils nous défient.
«  - Pourquoi un être humain devrait-il éprouver du respect pour un autre ? « 
Ou encore :
« - Pourquoi vouerions-nous de la reconnaissance à nos parents, alors que nous ne sommes nés que de leur plaisir ?