" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mardi 30 juillet 2013

De nombreux romans liègeois, de nombreux livres sur Liège




Plus de vingt livres qui portent, dans leur titre, le mot «  Liège « , ou assimilés.

 Ce n’est pas pour me vanter comme dirait l’autre, mais je sévis également sur un site littéraire très actif et super agréable : «  Critiques Libres « . A ce jour, voici donc ces livres regroupés ici en quelques clics :

* Liège :
* Outremeuse :
* La légia :



* Plusieurs romans de Georges Simenon ont comme cadre, comme décor, sa bonne ville de Liège :

- " Au pont des arches " :
http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/36967
-  « Jehan Pinaguet » :
- «  La danseuse du Gai Moulin « :
- « Pédigrée « :
-  « Le pendu de Saint-Pholien « 
- « Crime impuni » :
- «  Les trois crimes de mes amis « :
- «  Je me souviens « 

Plus une vingtaines de «  Dictées «  qui constituent une sorte de journal du grand, de l’immense Simenon. En voici deux :

«  Je suis resté un enfant de chœur « :
- « Un homme comme un autre « :
http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/25144


Et encore …
- Georges Rem : «  Le roman de ma maison :
http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/35353

- Nicolas Ancion : " La cravate de Simenon "
http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/35810
               et " L'homme qui valait 35 milliards" :
http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/31222

 - Daniel Charneux : «  Comme un roman fleuve « :
- Maxime Rapaille : «  Six morts au carrefour « :




Comme on dit, à suivre >>>>>>>>>>>>>>


En vous souhaitant ! …

lundi 29 juillet 2013

Georges Simenon : " 45 ° à l'ombre "





Le paquebot «  L’Aquitaine «  relie l’Afrique au port de Bordeaux. A son bord, toute une série de personnages très typés. Le docteur Donadieu qui est, sans doute, le principal ; Edgar de Neuville, le commandant, le Dr Bassot (un peu fou, à tendance pédérastique ) et son épouse, Lachaux, un vieux colonial grincheux autoritaire et plus que riche, Mr et Mme Huret ( petit employé) et leur enfant gravement malade, Dassenville (ingénieur) et sa belle épouse, grenier, coupeur de bois à Libreville, et., . Vous l’avez compris : cela ne peut être qu’une poudrière. Pas de crime, - à part un vulgaire vol de portefeuille -, pas de meurtre mais des humiliations en veux-tu, en voilà. Car chacun doit bien se débrouiller avec son statut social, y compris les travailleurs chinois dans la cale. Et vous pouvez faire confiance à Simenon pour vous décrire à souhait la chouette ambiance qui règne à bord … (chouette étant un euphémisme, cela aussi vous l’avez compris …)


Extraits :

-  Ce sont des choses que l’on sent quand on a l’habitude d’embarquer ainsi des gens pour trois semaines. Question de flair ! Dès le premier jour, on peut dire si la traversée sera bonne ou sinistre.


Quant à Donadieu, il faisait de nouveau les Indes, repérait les passagères en mal d’émotions et les initiait à l’opium, certains soirs, dans sa cabine. Mais le bruit courait qu’il n’en profitait jamais.

jeudi 25 juillet 2013

Nicolas Keszei : " L'arbre de Marie "




Richard et Marie sont deux enfants, puis deux ados qui se connaissent depuis toujours. Quand on voit l’un, on voit l’autre et vice et versa. Ils habitent avec leurs familles dans les Ardennes Belges et à la côte. Jusqu’au jour où …
Tout ce petit bouquin nous conte la passion qu’éprouve Richard pour Marie. C’est gentil, le genre de livre que l’on se lit, relax sous le merveilleux soleil de juillet. C’est un peu «  téléphoné «, un peu lissé mais comme il est agréable, parfois, de ne pas être collé à de l’intello (hum !) ...
Une question : s’agit-il d’un récit plus ou moins autobiographique ? (m’a tout l’air …)


Extrait :


-  On ne s’habitue pas à la vie et celle-ci ne devrait pas laisser place à l’habitude. Mais voilà, plus les années passent, moins on s’étonne, donc on s’enfonce et tout s’aggrave. Je me souviens de mon père tentant de me convaincre, luttant à mains nues … «  - Il faut constamment se laisser émouvoir, me disait-il «.  «  - Dieu qu’il avait raison ! «.

mardi 23 juillet 2013

Georges Simenon : " La fenêtre des Rouet "




Mademoiselle Dominique (40 ans) est la fille d’un général. Jadis, son fiancé, un certain Jacques, militaire également, a reçu une balle mortelle en plein front, sur le front d’un champ de bataille ( gag !). Elle habite la maison familiale, rue du Faubourg-Saint-Honoré, Paris VIII ème). Elle vit chichement, loue un deux pièces à un couple de jeunes, Lina, 22 ans, et Albert. En face de sa fenêtre habitent les Rouet : Antoinette et son mari monsieur Rouet, qui est en mauvaise santé ; à l’étage, les beaux-parents d’Antoinette (on ne s’aime guère, pour rester pudique). Dans la mansarde, la vieille Augustine. Le roman raconte la vie de tout ce petit monde, pleine de drames, de mesquineries, de méchancetés… C’est aussi un de ces romans qui décrit, avec excellence, la grande solitude …
A signaler les cinq dernières pages qui racontent le long suicide d’Antoinette.
Si vous êtes également voyeurs, ce livre du prodigieux Simenon devrait vous plaire …

Extraits :

-  (…) Dominique, qui marchait à pas pressés le long des étalages, comme n’importe quelle femme qui va n’importe où, en remuant les lèvres, dans la solitude de la foule.
-  Elle s’était habituée à n’avoir pas faim. On assure que l’estomac s’accoutume, devient tout petit : elle doit avoir un estomac minuscule, un rien lui suffit.

-  «  -  On n’aime réellement les enfants que quand on en a soi-même. Le reste, croyez-moi, ce sont des simagrées. « 

-  sous n’importe quelle robe on la sentait nue, la chair dardée.


- Etait-ce cela la vie ? Un peu d’enfance inconsciente, une brève adolescence, puis le vide, un enchevêtrement de soucis, de tracas, de menus soins et déjà, à quarante ans, le sentiment de la vieillesse, d’une pente à descendre sans joie ?

vendredi 19 juillet 2013

Les photos et vidéos du mois


                                         Une parmi les plus belles vues de Liège


             Chapelle de la maison de campagne de Curtius et la basilique Saint-Martin                                                                              


                      Bain de foule du roi Albert à Liège,  le 19 juillet 2013 + Willy


                                       
                      Trois belles maisons récemment rénovées rue Saint-Séverin

                     
     " La Vierge de Saint-Séverin", elle aussi récemment rénovée, exposée à la basilique
                                                                         


                            Un des vitraux récemment rénovés à la basilique Saint-Martin


                                            Joli montage floral signé Martine


                                                 Oui, j'y étais !            Place Royale, 21 juillet 2013


                          Esplanade des Guillemins écrasée de soleil. 21 juillet 2013, 19h30



                                                    Juste le respect de la différence



                             Les fleurs de Martine vous accueillent à la basilique Saint-Martin




                                          Le trou béant Boulevard de la Sauvenière


                                Ce dimanche 28 juillet, visite au musée Paul Delvaux à St-Idesbald


                                            Dans le tram entre Mariakerke et Oostende

jeudi 18 juillet 2013

Takeshi Kitano : " Boy "


Trois nouvelles toutes simples, toutes fraîches de Takeshi Kitano qui est également un cinéaste réputé. 1. Une compétition sportive à laquelle participent deux frères dont l’aîné, qui étudie très bien, se révèle être un sportif bien médiocre. 2. Deux autres frères qui adorent regarder la voute céleste, à la chasse des astres les plus remarquables, loin des quolibets incessants de leurs camarades de classe. 3. Un jeune étudiant de Tôkyo aimant l’histoire de son pays se rend à Kyôto où il rencontre une sacrée drôle de jeune fille. …
Pas toujours très facile d’être un gamin, un » boy » au Japon.


 Agréable à lire.

mardi 16 juillet 2013

Nicolas Ancion : " Ecrivain cherche place de concierge "




L’écrivain en question a surtout besoin d’un peu de calme, d’inspiration afin de rédiger des biographies diverses. Pour être vraiment sincère, il serait plutôt , semble t-il, en quête d’aventures (si possible avec un nana …). Le poste de concierge et la nana (en fin du roman), il va les trouver mais pas que cela…
 Avec Nicolas Ancion, il faut s’attendre à tout et surtout à ce dont vous ne vous attendez pas du tout. Bref, vous ferez la connaissance d’un lapin (non-non, ce n’est pas un remake l’Alice aux pays de merveilles), d’un ours, de phoques, de manchots avec en prime un combat homérique du genre des jeux vidéos mais encore en plus déjanté …
 On le sait maintenant,  Nicolas Ancion n’a pas sa langue en poche (voir entre autres la description du village de Soheit-Tinlot où sa tête est certainement mise à prix)… Il est juste le contraire de l’écrivain très comme il faut, pas BCBG (bon-chic-bon-genre) pour un sou, …Gloups !



Extraits :


-  ( à propos de la gare des bus sous la piscine de la Sauvenière à Liège qui est restée plusieurs décennies dans l’état, ci-dessous, admirablement décrit) :
(…) Elle se cache sous la piscine communale, la gare des bus, dans une sorte de souterrain qui sent l’urine et le bois pourri sous la fiente des pigeons. Il y a deux quais, si l’on en croit les horaires à demi-arrachés et graffités, deux trottoirs de béton effrité qui s’étendent dans la lumière orange. Ici, c’est la nuit, trois cent soixante jours par an. Le soleil ne brille jamais que dehors et l’humidité ne se lasse pas de suinter. On se croirait dans une scène de film, deux siècles après l’apocalypse, en beaucoup plus sale. Personne au cinéma n’oserait montrer ces bancs démembrés, ces panneaux d’affichage scrupuleusement anéantis, charnière après charnière, ces kilos de détritus amoncelés dans ce qui était une salle d’attente et qui n’est plus qu’une poubelle collante où viennent s’affaler les restes de quelques toxicomanes épuisés. (…)

-  Les femmes, pensa-t-il, c’est tout de même plus joli qu’un bus.

-  Soheit-Tinlot est sans doute le plus laid village du monde. Ceux qui ont déjà traversé le patelin ne trouveront rien à redire à ce jugement. Les autres, il n’y a qu’un conseil à leur donner : n’aller pas jusque-là, ça n’en vaut pas la peine. (…)
( plus d’une page …)


Un nuage traverse le ciel . C’est la forme exacte de ses fesses.

lundi 15 juillet 2013

Sur les traces de Simenon , suivez le guide ...


                                       Georges Simenon sur le banc place du commissaire Maigret


Si vous appréciez Simenon, l’office du tourisme de Liège, 92 En-Feronstrée vous propose des visites sur les traces du grand écrivain liégeois, emmenées par Pierre Verlaine et Henri Leboutte. Voici longtemps que je devais absolument faire ce pèlerinage et j’en ai rapporté quelques photos, qui ne sont pas de grande qualité, mais vaut mieux cela que rien du tout.
La visite dure 2 heures 30 et nous emmène du centre-ville vers le quartier d’Outremeuse, terre natale de Simenon avec y compris l'entrée dans le saint des saints : «  La Caque «  située au n°13, rue des Ecoliers, à l’ombre de l’église Saint-Pholien.

                                                    L'impasse rue des Ecoliers qui mène à " La caque "

Extrait du roman « Le Pendu de Saint-Pholien" de Georges Simenon

Ce délicieux passage du roman semble être le récit fabuleux de ce qu’a vécu Georges Simenon dans ce qu’il appelle « La Caque «. Un local situé à deux pas de son domicile, en Outre-Meuse à Liège, où, avec ses amis de l’époque – dont le fameux Klein, le pendu – il se réunissait pour refaire le monde. Avec excès, avec la rage des adolescents, folles nuits ; où l’on buvait et discourait jusqu’au matin.
Jef Lombard, un des personnages du roman raconte :

« Il y a un peu plus de dix ans … Je suivais les cours de l’Académie de peinture… Je portais un grand chapeau, une lavallière… Il y en avait deux autres avec moi … Gaston Janin, qui était à la Sculpture, puis le petit Klein … Nous étions très fiers de nous promener au Carré … Nous étions des artistes, n’est-ce pas ? … Chacun se croyait au moins l’avenir d’un Rembrandt…
C’est venu stupidement … Nous lisions beaucoup, surtout des auteurs de l’époque romantique … Nous nous emballions …Pendant huit jours, nous ne jurions que par tel écrivain … Puis nous le renions pour en adopter un autre …
Le petit Klein, dont la mère habitait à Angleur, a loué cet atelier où nous sommes et nous avons pris l’habitude de nous y réunir … L’atmosphère, surtout les soirs d’hiver, nous impressionnait par ce qu’elle avait de moyenâgeux … Nous chantions de vieux airs, nous récitions du Villon …
Je ne sais plus qui a découvert L’Apocalypse et s’est obstiné à nous en lire des chapitres entiers …
Un soir, on a fait la connaissance de quelques étudiants : Belloir, Armand Lecocq D’Arneville, Van Damme et un certain Mortier, un juif dont le père possède non loin d’ici une affaire de boyaux de porcs et de tripes …
On a bu … On les a ramenés dans l’atelier … Le plus âgé n’avait pas vingt-deux ans …
Fonder une société, un groupe ! … J’avais lu des récits sur les sociétés secrètes qui existaient au siècle dernier dans les universités allemandes. Un club qui réunirait l’Art à la Science !
Car nous en avions plein la bouche de ces mots-là ! … Ils nous gonflaient d’orgueil …D’une part les trois rapins que nous étions, Klein, Janin et moi … C’était l’Art ! … D’autre part, les étudiants … On a bu … Car on buvait beaucoup ! … On buvait pour s’exalter davantage … On dosait l’éclairage, afin de rendre l’atmosphère mystérieuse.

                                               
                                              Reconstitution à l'intérieur de la Caque

Nous nous couchions ici, tenez … Les uns sur le divan, les autres par terre … On fumait des pipes et des pipes … L’air devenait épais …
Alors on chantait des chœurs … Il y avait presque toujours un malade qui devait aller se soulager dans la cour …
Cela se passait à des deux heures, à des trois heures du matin ! … On s’enfiévrait … Le vin aidant – du vin à bon marché qui nous chavirait l’estomac ! – on s’élançait vers le domaine de la métaphysique …
Je revois le petit Klein … C’était le plus nerveux … Il était mal portant … Sa mère était pauvre et vivait de rien, se passait de manger pour boire.
Nous étions persuadés que les gens, dans la rue, nous regardaient avec une admiration mêlée d’effroi … Et nous avons choisi un titre mystérieux, bien ronflant : les Compagnons de l’Apocalypse …
Je crois bien que personne n’avait lu l’Apocalypse en entier … Il n’y avait que Klein à en réciter quelques passages par cœur quand il était soûl …
On avait décidé de payer la location du local tous ensemble, mais Klein avait le droit de l’habiter.
Quelques gamines acceptaient de venir poser gratuitement … Poser et le reste, bien entendu ! … Et nous faisions des grisettes à la Murger ! … Et tout le fatras ! …Naturellement, nous redécouvrions le monde ! Nous avions des idées sur tous les grands problèmes ! Nous honnissions la Bourgeois, la Société et toutes les valeurs établies …
Les affirmations les plus biscornues s’entremêlaient dès qu’on avait bu quelques verres et que la fumée rendait l’atmosphère opaque … On mélangeait Nietzsche, Karl Marx, Moïse, Confucius et Jésus-Christ.
Je ne sais plus qui avait découvert que la douleur n’existe pas, qu’elle n’est qu’une illusion de notre cerveau… Et l’idée m’a tellement enthousiasmé qu’une nuit, au milieu d’un cercle haletant, je me suis enfoncé la pointe d’un canif dans le gras du bras en m’efforçant de sourire …
Nous étions une Elite, un petit groupe de Génies réunis par hasard … Nous planions au-dessus du monde conventionnel, des lois, des préjugés… Des dieux qui crevaient quelque fois de faim mais qui marchaient fièrement dans les rues en écrasant les passants de leur mépris …

Et nous arrangions l’avenir : Lecoq d’Arneville deviendrait Tolstoï, Van Damme, qui suivait les cours prosaïques de l’Ecole des Hautes-Etudes commerciales, bouleverserait l’économie politique, renverserait les idées admises sur l’organisation de l’humanité.
Chacun avait sa place ! Il y avait les poètes, les peintres et les futurs chefs d’Etat …
Les plus modestes voyaient déjà, dans l’avenir, une plaque de marbre sur le mur de la maison : « Ici se réunissaient les célèbres Compagnons de l’Apocalypse «.
C’est à qui apporterait le livre nouveau, l’idée extraordinaire …

                                               
                                             Quelques photos des Compagnons de l'Apocalypse

C’est un hasard que nous ne soyons pas devenus anarchistes ! Car la question a été discutée, gravement … Il y avait eu un attentat, à Séville … L’article du journal avait été lu à voix haute.
Je ne sais plus qui s’est écrié : « Le vrai génie est destructeur ! «
Et notre poignée de gamin a épilogué des heures durant sur cette idée-là. On a envisagé le moyen de fabriquer des bombes. On s’est demandé ce qu’il serait intéressant de faire sauter.
Ah ! c’étaient de belles nuits ! … On mettait son point d’honneur à ne sortir que quand l’éteigneur de becs de gaz était passé et l’on s’en allait, frileux, dans l’aube morne.
Les riches rentraient chez eux par la fenêtre, dormaient, mangeaient, ce qui réparait tant bien que mal les dégâts de la nuit …
Mais les autres, Klein, Lecocq d’Arneville et moi, on traînait la patte dans les rues, on grignotait un petit pain, l’on regardait les étalages avec envie.
Cette année-là, je n’avais pas de pardessus, parce que j’avais voulu acheter un grand chapeau qui coûtait cent vingt francs …
Je prétendais que le froid, comme le reste, est illusion. Et, fort de nos discussions, je déclarais à mon père que l’amour des parents est la forme la moins noble de l’égoïsme et que le premier devoir de l’enfant est de renier les siens …
Il était veuf. Il partait à six heures du matin à son travail, quand moi je rentrais … Et bien, il a fini par s’en aller plus tôt, pour ne pas me rencontrer, parce que mes discours l’effrayaient … Il me laissait des billets sur la table … « il y a de la viande froide dans l’armoire. Ton père. «
Nous étions sept, Sept Surhommes ! Sept Génies ! Sept gamins !
Janin, à Paris, fait encore de la sculpture. Ou plutôt il fabrique des mannequins pour un grande usine …Belloir est à la banque … Van Damme dans les affaires … Je suis photograveur … Klein s’est pendu, à la porte de l’église … Lecocq s’est tiré une balle dans la bouche, à Brême …
Je crois que nous étions tous sincères, lors de nos palabres, de nos discussions, de nos rêveries à haute voix. Mais il y avait dans cette sincérité des degrés différents. ( … ) Les plus sincères étaient certainement Klein et Lecocq D’Arneville … Une affection fraternelle les unissait … Ils avaient eu tous les deux une enfance pénible, près d’une maman pauvre … Tous deux visaient plus haut, s’ulcéraient devant des obstacles infranchissables …
J’ai entendu : « Dans telles ou telles circonstances, seriez-vous capable de tuer quelqu’un ? (…) Alors on s’emballa sur ce thème : l’homme n’est qu’une moisissure sur la croûte terrestre … Qu’importe sa vie ou sa mort … La pitié n’est qu’une maladie … Les gros animaux mangent les petits … Nous mangeons les gros animaux …
Klein trahissait ses préoccupations par des questions soudaines :
« - Crois-tu vraiment que ce soit difficile de tuer ? «
« - Bien sûr que non ! «
Peut-être même tirait-on une joie âcre de cette fièvre de gamin ? … Saisissez bien ! on ne voulait pas déchaîner un drame ! … On explorait le terrain jusqu’à l’extrême limite.

Quand il y a un incendie, les spectateurs, malgré eux, souhaitent qu’il dure, que ce soit « un bel incendie « … Quand les eaux montent, le lecteur des journaux espère « de belle inondations «, dont on parlera encore vingt ans plus tard. "

dimanche 14 juillet 2013

William Cliff : " Conrad Detrez "



Le poète belge William Cliff fait ici l’éloge de Conrad Detrez qui fut son ami. Cet éloge est constitué de cent dizains (le dizain est une strophe ou un poème de dix vers). La poésie de William Cliff est réaliste et facile à lire. Conrad Detrez est un écrivain belge, né en 1937, décédé en 1985, qui a écrit, entre autres, des romans tels «  Ludo, « Les plumes du coq «, L’herbe à bruler «  pour lequel il reçut en 1978 le prix Renaudot.
Voici le premier dizain :

Fils d’un boucher de la région de Liège
Il fut tenté par la mysticité
Ce qui le fit entrer au séminaire
Pour étudier la Science Sacrée
Après deux ans de crâne tonsuré
Et poussé par les envies du pistil
Il prend la mer il s’exile au Brésil
Soi-disant dans des buts d’apostolat
Mais entraîné au grand carnaval il
Découvre Amour en dansant la Samba

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William Cliff parle de ses dizains chez Bernard Pivot :


samedi 13 juillet 2013

Simenon : " Le cheval blanc "




Monsieur Arbelet aime faire des promenades avec son épouse et ses deux enfants. Ils arrivent un beau jour à l’auberge «  Le cheval blanc «  près de Neuilly. Ce restaurant est tenu par Jean, son épouse madame Fernande, deux servantes Thérèse et Rose qui doivent supporter les mains baladeuses du patron (et si ce n’était que cela …), la vieille Nine, Félix un vieux pervers, homme à tout faire. Les yeux et la plume de Simenon font le reste à savoir nous décrire ce petit monde. Pas de crime, pas de Maigret mais le génie de Simenon fait une fois de plus que l’on se délecte à lire ces pages ; et vous, lecteurs,  assisterez comme si vous y étiez, à ce spectacle pas toujours très glorieux. Car, au fond,  chacun ici ressemble au pauvre chien, enchaîné nuit et jour, et qui ne vaut pas plus que sa gamelle…


Extrait :


Il valait mieux n’en pas parler, n’en jamais parler. La plupart des malheurs viennent de ce qu’on en parle. De parler, cela précise des pensées, des sentiments, des désirs qui n’auraient peut-être jamais éclos dans le silence.

mardi 9 juillet 2013

Hubert et Kerascoët : " Miss pas touche " 1. La vierge du bordel



Se lit avec délectation, l’œil pétillant, le sourire salace, mais en coin. «  Miss pas touche «  est une série composée (je crois) de quatre volumes qu’il s’agit de dévorer des yeux. La lecture peut susciter des appétences, des « idées «  tout aussi salaces mais c’est peut-être le but recherché par les deux auteurs et c’est surtout très humain.

Le graphisme agréable et l’histoire carbure à du deux-cent à l’heure.

William Cliff : " L'adolescent "




Le narrateur, sans doute l’auteur lui-même, en partie tout au moins, nous raconte son adolescence très difficile à vivre, pénible, sombre. Citation : «  Malgré mes déambulations incessantes, pourquoi ne m’arrivait-il rien ? Ou si peu ? des broutilles, des amorces, rien qui pût exister.

Et c’est vrai que notre héros ne cesse de bouger : divers collèges, séjour en Angleterre, études sans doute à Namur, sans doute à Louvain, à Bruxelles ; courts séjours en France, en Espagne, service militaire peut-être à Vielsalm … Tout cela en quelques années avouez que ce n’est pas commun. Et de manière solitaire car notre jeune homme est seul, toujours, tout le temps, et en plus rejeté par sa famille ; ses rencontres, de type homosexuel, sont plutôt du genre ténébreuse, éphémère. L’écriture, le style sont eux aussi très ado. 

lundi 8 juillet 2013

William Cliff " U.S.A. 1976 "




Il semble que ce jeune homme s’est souvent ennuyé à New York. Il aurait peut- être dû ne pas être aussi dédaigneux devant ces endroits, qui sont sans doute un peu bateaux, certes, mais qui resteront incontournables dans cette ville spectaculaire. Citation : «  Certes vous pouviez aller (avec tous les moutons bêlant) au Metropolitan Museum, à la Moma (…) au Carnegie Hall (…) à Central Park, (…) à la cathédrale St-Patrick, sur la Cinquième Avenue (…) faire l’ascension du World Trade Center (…) «.
 Notre jeune homme se souvient ,et décrit assez bien, des rencontres qu’il a faites, essentiellement des masculines. A pointer sans aucun doute son premier vol avec la compagnie Capitole à la réputation plus que douteuse, son arrivée à New York, l’aérogare, l’autobus, l’entrée à Manhattan , toutes ces émotions admirablement décrites. Et puis chapeau pour ce voyage singulier !


Extraits :

-  (… j’accédai à l’air libre, au bruit du dehors, à la peste des gaz et surtout à cette chaleur moite qui vous enveloppait aussitôt, vous pénétrait, vous triturait.


-  (…) je m’adressais à quiconque pour lui demander mon chemin, ce qui faisait venir vers moi des étonnés regards, des réponses énigmatiques, des bras levés m’indiquant des escaliers lugubres où je descendais comme en enfer.

samedi 6 juillet 2013

Cécile Briand : " Où faire pipi à Paris ? "


Dans les 20 arrondissements de Paris, Céline Briand visite les lieux d’aisance, les coins pipi. Ils sont disséminés un  peu partout : dans 41 espaces verts, 34 bibliothèques, 20 mairies, 17 sanisettes,  dans des hôpitaux, des cimetières,  … Mais elle ne se contente pas de les décrire ; en effet elle souligne ce qu’il y a d’intéressant à visiter autour de ces points névralgiques. Tout cela avec humour. On soupçonne également qu’elle fut quelques fois interrogée par des responsables des établissements en question mais qu’elle s’en est toujours tirée par une entourloupe ou l’autre, songeant à ses lecteurs. Car que dit la loi à ce sujet ? Peu importe au fond, car, quand votre vessie est pleine à éclater, refuser l’accès aux lieux d’aisance peut, sans aucun doute, être considéré comme «  non-assistance à personne en danger «.


Extraits :


-  Bibliothèque Forney, 1 rue du Figuier, 4è :   Ces toilettes font partie des plus prestigieuses : elles appartiennent à l’un des monuments les plus anciens de Paris (…)

-  Hôpital de l’Hôtel-Dieu, 1 place du parvis Notre-Dame, 4 è : c’est un lieu qu’il faut visiter au moins une fois, surtout si l’on n’a pas de raison médicale de s’y rendre (…)

-  Hôpital Saint-Louis, 1 avenue Vellefaux, 10è : cet édifice qui abrite une si jolie cour carrée (et dans cette cour un arbre aux formes incroyables). On pourrait y passer des heures à se reposer. Les commodités sont dans le grand hall (…)

-  (…) face au 86 boulevard Arago, le dernier urinoir de Paris, vestige d’une époque où ceux-ci fleurissaient par milliers

-  centre Hospitalier de la Pitié-Salpêtrière, 13 è : cet hôpital est immense : une ville dans la ville. Pour preuve, ces toilettes ont leur propre adresse : 38 avenue de la Nouvelle Pitié (…)

-  Parc de Passy, 16 è : (…) A droite, vu de la Seine, il y a le merveilleux escalier du Passage des Eaux, qui prolonge les merveilleuses rues autour de la merveilleuse station de métro Passy. Au-dessus du parc s’étire la mastoc/chic rue Marcel Proust. A gauche, démarre la non moins merveilleuse rue Berton, qui nous fait basculer dans un autre temps.


- Parc de Belleville, 20è : (…) Il n’y pas beaucoup de points de vue aussi larges sur Paris (…)

jeudi 4 juillet 2013

Georges Simenon : " L'homme de Londres "




Maloin est un employé aux chemins de fer, à Dieppe. Il a «  trouvé «  une valise emplie de billets de livres sterling, une véritable fortune. Bon, on ne peut pas dire qu’il a trouvé ce magot mais il ne l’a pas volé non plus. Une aubaine : sa vie va être métamorphosée. Premièrement, acheter de nouvelles toilettes pour sa fille. Ce qu’il y a d’ennuyeux, c’est que Brouwn, l’anglais à qui appartient la valise, se cache en ville. Il est traqué. Maloin sait où se trouve le fuyard mais les choses ne se passent pas trop bien du tout. Malouin est d’une honnêteté qu’on pourrait qualifiée d’ahurissante : à plusieurs reprises, notre «  héros «  aurait pu s’en tirer facilement et à bon compte mais à quoi bon, serait-on tenté de dire si l’on se mettait un peu dans sa peau … Même les flics en sont tout baba.
La patte de Simenon se trouve bien dans ce roman.

Extrait :

-  (…) elle était aussi effacée et docile qu’à présent, avec le même sourire par lequel elle semblait s’excuser d’exister.

-  Elle pleurait sans pleurer, en ce sens qu’elle en faisait la grimace alors que les sanglots étaient épuisés.

- «  Ecoutez bien ! Nous n’avons pas de temps à perdre. J’ai besoin de savoir si vous êtes là, vivant, ou si vous êtes mort. «  L’idée de parler à un mort ne le fit même pas sourire.


- Un instant, il pensa que l’odeur … Mais non ! Après vingt-quatre heures, un corps ne sent pas.

mardi 2 juillet 2013

Kurt Tucholsky : " Chroniques parisiennes "



Kurt Tucholsky (1890-1935) était un journaliste allemand qui écrivit en 1924 les «  Chroniques parisiennes «. Le présent livre n’en propose qu’une toute petite partie. A cette époque, il était en poste à Paris pour divers journaux. Kurt Tucholsky se définit comme socialiste, pacifiste et antimilitariste. Il y décrit avec talent et humour Paris, les Parisiens, les Français,…. Beaucoup de descriptions y sont encore d’actualité d’où l’intérêt de cet ouvrage.


Extraits :


-  Qu’est-ce qu’un Français moyen ? (rappelons que nous sommes en 1924)
Le Français moyen habite Paris. Il a quarante ans, un petit ventre et un visage empourpré après les repas. Il mange beaucoup de pain et fume du tabac de régie ordinaire. (…) Il s’est marié à vingt-sept ans ; sa femme a apporté une dot conséquente au ménage. Il a deux enfants, un garçon et une fille. Le petit sera ingénieur, la petite apprendra le piano et l’anglais. (…) Tous les samedis, il accompagne sa famille au cinéma. Quand il obtient des billets réduits, il va même au théâtre. Il a son bureau en centre-ville et habite la périphérie. Il est en froid avec sa concierge. Il cherche un autre appartement. (…) Il n’a pas encore payé d’impôts pour l’année en cours (…) Il achète chaque matin à «  son «  kiosque, « son «  journal. (…) Il a tous les ans quatorze jours de congé qu’il passe chez sa belle-mère à la campagne, dans les cris et les disputes incessantes. (…) Il n’a pas encore quitté la France et ne comprend pas pourquoi les trains passent les frontières. Il croit dur comme fer que les Anglais sont un peuple sournois et que les Allemands ne sont pas encore complètement civilisés. Mieux vaut de toute manière les éviter tous les deux. (…)

-  Paris est une ville ancienne. Paris est une ville nouvelle. Mais Paris n’est pas pour autant repeint et à neuf, et n’est pas non plus un musée. Et pourtant Paris est conservateur.

- Si la vie est réellement agréable dans ce pays, c’est justement parce qu’ici le bien-être ne se heurte pas à l’existence du voisin. Les nerfs sont relâchés, aucun tension – l’autre ne se soucie pas  du tout de vous et, ma  foi, vous pouvez bien ne pas vous soucier de lui non plus.


- Le Français n’est pas «  galant «  pour un sou, et, en public, ne traite pas ces dames avec la même qualité que le font les Anglais.

lundi 1 juillet 2013

Conrad Detrez : " Les plumes du coq "




On peut dire que c’est sur le mode halluciné que Conrad Detrez raconte son séjour au collège-pensionnat ultra-catholique Saint-Trudon, en terre limbourgeoise belge, quand il a quinze ans. Les soixante premières pages sont plus que particulières ; elles sont saisissantes, spectaculaires. Voici quelques passages épinglés par des mots-clés :
Arrivée du gamin sur les genoux gravissant les premières marches du collège – circonvolutions de élèves dans la boue – des milliards de plumes volent dans le poulailler –les Turcos – plongés dans la vaisselle, de l’eau jusqu’au torse – «  mon Epoux, je vous jure que je choisirai toujours la voie la plus dure ! » - Victor enfoncé jusqu’aux oreilles dans la glaise du champ de betteraves.
S’ensuit la «  question royale «, ce qui est peut-être moins gai.
Un livre baroque dans tous les sens mais surtout dans ce qu’il a de meilleur !


Extraits :
* De la préface signée par Jean-Louis Lippert

-  L’artiste paie le prix de ce qu’il offre au monde. Il dit ce qu’il ne faut pas voir, il voit ce qu’il est interdit de dire, il produit les signes qu’il est malséant d’adresser à ses contemporains.

- Je dis donc de Conrad qu’il vint à nous comme l’agneau de l’homme pour sauver les péchés de Dieu.

- (…) la formulation, par Kant, d’une triple question à l’aube de nos temps : que pouvons-nous croire ? que devons-nous savoir ? qu’est-il permis d’espérer ?

* Des plumes du coq :

- (…) les Liégeois, pour qu’ils ne rasent plus les cathédrales et consentent, le vendredi, à manger du poisson flamand (…)
- Qu’il convenait, au premier contact, de fermer les yeux, d’incliner la tête afin de dégager l’orifice des narines de sorte que l’air pût continuer à circuler ; d’un bras, on serrait la taille de l’embrassée, de l’autre, passé derrière la nuque, on maintenait sa tête contre la sienne (…)


Courte vidéo sur Conrad Detrez :

Les promenades liégeoises d'Aline Boland



Aline Bolan est plus que probablement la doyenne des guides touristiques de la bonne ville de Liège. Ses promenades sont personnelles à souhait : elles sont féminines et féministes. Nous étions une petite vingtaine à suivre ses pas – alertes - dans les rues de la Ville. Elle nous a parlé de l’impératrice Marie-Antoinette, de Titine-aux-fleurs poussant sa charrette, de Nanèsse, des hiercheuses, des ouvrières de la linière, des infirmières, des filles de joie …
Rue Sur-Les-Foulon, en face de la Maison du jazz, elle a évoqué  Micheline Pelzer percussionniste de jazz. Au relai des diligences, sur la Batte, elle nous a raconté « Boule-de-Suif «  de Maupassant. Sur la place St-Léonard, où s’élevait jadis la prison, madame Bolan nous a rappelé que les femmes constituent seulement 4 % de la population carcérale. Elle a lu des poèmes, des récits émouvants de femmes qui ont contribué à la renommée de Liège. Nous avons vu la Meuse, nos quartiers populaires,  Outremeuse, différemment. Quel régal !

Les prochaines balades d’Aline Bolan sont programmées le lundi 19 août à 14h30 «  promenade au cimetière Sainte-Walburge «  et le 1er septembre «  Valeureuses Liégeoises « .Renseignements à l’office du tourisme, En-Féronstrée, 92.




                                        Le " Valeureux Liégeois "

Visitez la basilique Saint Martin de Liège en juillet et en août



Vous pouvez visiter la Basilique Saint-Martin de Liège tous les jours du 2 juillet au 31 août, de 14 à 17 heures, sauf le lundi.
 Il vous est également loisible de monter dans la tour. Vous arriverez à un déambulatoire où une vue exceptionnelle du grand Liège, à 360 °, vous y attend. Le tout est entièrement gratuit.

Un autre article ici :

et encore un autre :