" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

lundi 30 décembre 2013

Meilleurs voeux ! ! !



                                          1. La poule est ses poussins
                                       
                                          2. Une vue de mon quartier

                                          3. Vue de Liège avec personnage

                                          4. Quelle belle ville, hein !

                                    Et c'est reparti comme en 14 ...  (mais sans guerre)  >>>

                                                Meilleurs voeux !

                                                                                                                            signé : moi

samedi 28 décembre 2013

Albin-Georges Terrien : " Vive la guerre "




Fils et frère de paysans, Albin-Georges Terrien est né en 1934 à Engreux, petit village près de Houffalize. Il fut instituteur rural de 1956 à 1986. «  Vive la guerre «  n’est pas un livre militariste. Il se fait juste que, le petit Albin détestant l’école, le 10 mai 1940 et les jours qui suivirent furent bénis des dieux puisqu’il n’y eu pas classe, rapport à la guerre.
«  Un roman naturaliste, une véritable bible de la vie rurale «  est-il dit en quatrième de couverture. Pour ma part, j’ai adoré ce livre car mon enfance s’est déroulée à Gouvy, soit à une trentaine de kilomètres d’Engreux ; avec juste 20 ans de décalage mais, en gros, la vie à la campagne en 1940 et en 1960 devait être sensiblement la même : on n’évoluait pas prodigieusement, en ces temps-là (ni maintenant d’ailleurs …).

 C’est mon ami José Frérès qui m’en a conseillé la lecture et je le remercie ( José a souvent de bons plans et est de bon conseil).
Voici quelques mots –clés qui résumeront succinctement ce récit sentant bon ce «  cher pays de mon enfance-bercé de tant d’insouciance « :
 rentrée à l’école- 10 mai 40, invasion de l’armée allemande – Catéchisme et haute pression exercée par l’église sur les enfants et les adultes – des dix commandements de l’église, les divers péchés – pas d’enterrement religieux pour les bébés morts non-baptisés, les suicidés, etc.. et ensevelissement à l’écart – Henri le réfractaire de Malmedy – on a tué le cochon – les «  deux «  de Pimpin – les jeux du docteur, du papa et de la maman, colin-maillard – les processions religieuses et les rogations – les glissades en hiver – les indulgences plénières – l’adoration perpétuelle – les bandits de Spitanche- le braconnage- la kermesse et les jeux - baptèmes et enterrements - rivalités entre les villages, jeux, joutes et crapuleries - les amis et les filles sont omniprésentes dans le récit ( même si Albin ne les aiment pas trop-trop) - bombardements et problèmes à l'étable - libération en 1944- l'offensive allemande de décembre-janvier 45 - le retour des prisonniers au village, ...

 Quelques personnages rythment la vie d’Albin : le père et la mère, Mr Faucon, le curé, Mr Wagner, l’instituteur, Pinpin, le grand-père un peu rebelle.
Une bonne brique de 466 mais pas du tout indigeste, que du contraire. Se lit avec un ravissement certain.


                                              Engreux, l'église



Extraits :


-  Le deuxième millénaire qui vient de s’éteindre aura été marqué par de nombreux fléaux. S’il fallait ne retenir que cinq dates, je pense que la majorité de nos contemporains s’accorderaient pour citer 1348 et sa fameuse peste noire qui fit 23 millions de morts en Asie et 25 millions en Europe, soit 25 % de sa population. 1832 et l’épidémie de choléra qui fit sensiblement autant de victimes. 1709 et sa terrible famine qui allait provoquer en Europe occidentale, au cours d’un hiver polaire, des morts par centaines de milliers (…) 1914 et l’éclatement de la Première Guerre mondiale avec ses neuf millions de victimes. Et enfin, 1940, date de mon entrée à l’école primaire et autres évènements catastrophiques.

-  Le fautif rentrait illico en classe et devait copier cent fois pour le lendemain : «  Je ne dois pas parler wallon dans la cour de récréation. »
(…) Une langue qui n’est plus pratiquée par une génération de jeunes est vouée à l’extermination.

- D’ailleurs, on n’entendait jamais une femme blasphémer. Il y avait bien une exception : la tenancière du café  « Au lapin qui tousse «. Elle était aussi la seule femme qui fumait, et la pipe de surcroît.

- L’Ardennais, taiseux de nature – le silence est d’or -  méprise les bavards.

-  La cérémonie de relevailles consistait en une série de bénédictions pour que la maman qui venait de s’accoucher puisse à nouveau s’approcher des sacrements. Depuis des temps immémoriaux, l’Eglise avait décrété que la femme, en mettant un enfant au monde, devenait impure. Seul le prêtre pouvait la remettre en état de grâce.


-  Le bruit courait que la veille de la déclaration de la guerre, la Vierge était apparue à une religieuse de Houffalize pour lui annoncer qu’un grand malheur  allait frapper le pays.


 -  C’était encore le bon vieux temps où les filles n’avaient pas le droit de pénétrer dans le chœur de l’église, ni de s’occuper de ce qui avait trait au service de l’office. Le rôle des filles et de femmes étaient de prier, un point c’est tout.

-  Soixante ans plus tard, on pourrait s’étonner de la docilité des paysans. Ce serait oublier le fardeau qui, au cours des siècles, avait pesé sur leurs épaules. Depuis la nuit des temps, le glaive et le goupillon s’étaient ligués pour les réduire à l’état d’esclaves. L’obéissance aveugle était leur seconde nature.Obéir au curé et au châtelain leur paraissait aussi naturel que les enfants obéissent à leurs parents.

-  Je me rendis compte que la devise des trois F ardennais – Fin, Faux, Filou – n’était pas usurpée, du moins en ce qui concerne le premier terme.

- «  Tu vois, dans la vie, il ne faut pas voler ni faire du mal aux autres. Pour ce qui est du reste …  L’important est de ne pas se faire prendre. »


-  Qu’est-ce que ce puissant sésame appelé indulgence plénière ? Si le jour de la Toussaint à midi jusqu’au 2 novembre, jour des Morts , à minuit, vous récitez dans l’église six Pater, six Ave et Six Gloire au Père à l’intention d’une âme du purgatoire, automatiquement dès que vous en avez terminé, Saint Pierre, sur l’ordre de Jésus, ouvrait la porte du purgatoire et appelait : - «  Florentin Martiny, au paradis ! (Florentin, c’était le papa de papa).

-  Les femmes d'Ardenne ne portaient pas de pantalon. Les hommes ne l'auraient jamais admis. Je ne sais pas s'il en allait de même dans le reste du pays, mais l'objectivité m'oblige à dire que les Ardennais étaient, à l'époque, et peut-être encore aujourd'hui, les talibans du Royaume.




lundi 23 décembre 2013

Georges Simenon : " Marie qui louche "


Marie et Sylvie se connaissent depuis qu’elles sont petites. Elles travaillent comme servantes, en province, et habitent la même chambre. Jusqu’au jour où elles décident d’aller à Paris, espérant secrètement améliorer leur statut, leur ordinaire et, qui sait, trouver un homme à marier. Marie louche et Sylvie a de beaux seins. Elles se perdront de vue pendant 23 ans jusqu’au jour du défilé de la Victoire, à Paris, en 1945, puis en 1950. Marie est toujours boniche. On dirait qu’elle a appris à vivre. L’amant de Sylvie, qui se meurt, lui lègue un important héritage mais elle est «  fatiguée, fatiguée «. Est-ce par jeu qu’elles se disaient, jadis : «  L’une sera une grand dame, l’autre sa servante « …. Un jeu qui finira par devenir une destinée …
Se lit très agréablement. Et c’est du costaud ! ! !

A la lecture de ce roman, m’est venue une réfection …  Au fond, Simenon n’a-t-il pas écrit des mélodrames ? Définition : «  drame populaire caractérisé par le pathétique, le sentimentalisme et des situations invraisemblables «. Possible ! Mais tous les romans ne sont-ils pas, au fond, des mélodrames ? Et la peinture ? Le cinéma ? La musique ? Notre vie, elle-même, n’est-elle pas un mélodrame ?

Vive Simenon, en tout cas !



Extraits :


-  Elle était fatiguée à en mourir. Il y avait bien longtemps qu’elle allait, toute seule, debout, tendue, sans rien pour l’aider, pour la soutenir, vers un but qu’elle s’était fixé une fois pour toute. Jamais de sa vie, ne fut-ce que pendant quelques minutes, elle n’avait fait ce qu’elle aurait aimé de faire, jamais elle ne s’était détendue. Elle avait tout accepté. Tout ce qui était nécessaire. Sans rechigner. Sans dégoût. En tout cas, sans jamais laisser voir son dégoût, sans l’admettre. Pourquoi maintenant, ajoutait-on méchamment des minutes aux minutes.


-  Le monde s’était réduit à l’hôtel de l’avenue Foch et, de l’hôtel même, il ne restait plus qu’une chambre où une femme buvait en évitant les regards de l’autre et où, le soir, dans leur lit, elles épiaient leur souffle comme si elles avaient peur de se perdre.

dimanche 22 décembre 2013

Photos de décembre 2013

Lîdge, marché de Noël, dimanche 22 décembre 2013 à midi pile, du haut de la grande roue









                                                Sapin-bouquins à la bibliothèque des Chiroux


                                            ... une belle journée à la mer ...


                                              ... le nouveau pier d'Oostende ...


                                           ... Oostende, sculpturen ...

                                       

 Tchantchès et môa

samedi 21 décembre 2013

Joyeux Noël !



- Un Noël grégorien, avec saxo, dans une église de Riga . " Hodie Cristus natus est " et le " Magnificat  ! " :

http://www.youtube.com/watch?v=nTXI5YM1soM

- Adeste fideles :

http://www.youtube.com/watch?v=pWrMDd-_sp8


- Tout autre chose. La crèche de Noël de Mister Bean :

http://www.youtube.com/watch?v=Qlqk8Q9ODEM


- La fête de la Nativité virtuelle. Et si, en 2013, Marie avait appris sa grossesse par sms. Et si elle l'avait annoncée à Joseph par mail ...
Cela aurait pu donner ça :

http://www.youtube.com/watch?v=GkHNNPM7pJA&feature=player_embedded

-  1939, la drôle de guerre. Et Tino Rossi et Joséphine aux armées :

http://www.youtube.com/watch?v=v-B1ob5lG9c

-  Le père Noël de Renaud :

http://www.dailymotion.com/video/xrx2k_renaud-chante-le-pere-noel-noir-en_music

- Jacques Dutronc dans les choux :

http://www.youtube.com/watch?v=BV54SjDQ79w

François Cavanna : " Coups de sang "



Parfois, Cavanna il est bien furibard contre ses contemporains. Pour preuves ses coups de gueule. D’abord les assassins d’animaux : ces chiens et chats qu’on abandonne- les chasseurs – le gavage des oies – la corrida – les courses des chevaux- les animaux élevés en batterie, etc … Ensuite les violeurs de cerveaux : la publicité – les croyances – l’art moderne et contemporain – etc…
Souvent sévère et pas trop gai à lire (mais c’est la bien triste réalité) et parfois, sans trop de nuance, ce qui est dommage.


Extraits :

-  Je parierais que quand un chasseur crève d’un coup de fusil reçu en pleine gueule par accident, sa maman pleure. L’homme m’émerveillera toujours.


-  Et puis il y a les anticonformistes. Ceux qui ne font rien comme tout le monde. Fauchés, en général. On les aura ceux-là, en exploitant justement ça : leur hautain isolement. Les écologistes sont des proies juteuses pour les margoulins de l’aliment «  naturel « , fait comme au temps de grand-mère, à la sueur de l’homme et au purin de vache… et vendu très cher ! Les dégoûtés de la science «  déshumanisante «  et de ses chimies seront pris en main par les gras charlatans des médecines «  autres « , par les inspirés de la tisane et du bain de siège, par les guérisseurs, les sorciers, les marabouts, les médiums, les Vierges de Lourdes et les maîtres à penser de l’Orient mystérieux. (…)

lundi 16 décembre 2013

Georges Simenon : " Le Président "




Ceci n’est ni un Maigret, ni un policier. C’est une sombre histoire de délit d’initié entre Augustin, ancien président du conseil en France et Chalamont, homme politique qui désire former un nouveau gouvernement et du même coup devenir à son tour premier ministre.
Mais c’est surtout le carnet de bord d’un vieillard (Augustin). Carnet de route également de son personnel proche : Emile, Gabrielle, Milleran, Marie, … Et de son ennemi juré, ancien camarade d’école qui s’est promis, malgré sa très mauvaise santé, de suivre l’enterrement du Président. Evocation également d’Eveline, son seul et unique amour d’enfance…
L’histoire des derniers jours d’un vieil homme de 82 ans qui se remémore, avec un certain effroi, ce qu’il fut une vie durant. «  Cette carcasse presque inerte qui commençait à lui devenir étrangère et qui lui inspirait plus de dégoût que de pitié «.
Certainement un des «  Simenon «  parmi les plus connus. Sans doute grâce également au film qu’en a tiré Henri Verneuil, avec comme acteur principal l’excellent Jean Gabin. Toutefois, comme souvent d’ailleurs,  le roman est beaucoup plus fouillé que le film.
Un monument !


Extraits :
-  De toute sa vie, le Président ne s’était attaché à personne, non pas tant par principe, ni par sécheresse de cœur, que pour sauvegarder son indépendance, qu’il prisait au-dessus de tout. La seule femme qu’il eût épousée n’avait fait que passer trois ans dans son existence, le temps de lui donner une fille, et sa fille elle-même, aujourd’hui une femme de quarante-cinq ans, mariée, mère d’un fils qui faisait sa première année de Droit, lui était restée étrangère.

-  Le Président ne l’avait pas aidé et le regardait du même œil qu’il aurait regardé une limace dans la salade.


-  Il avait senti le déclic. Si les oiseaux, comme certains le prétendent, reçoivent les ondes émises par leurs congénères, Emile devait posséder cette faculté émettrice et réceptrice car, rien que de voir la fille de dos, il était tombé en arrêt et ses prunelles brunes s’étaient rétrécies.

dimanche 15 décembre 2013

Robert Ruwet : " 1468 "



Même après plus de cinq siècles, les purs Liégeois, comprenez les Principautaires, sont encore toujours profondément traumatisés par les effroyables crimes que fit subir, à la bonne ville de Liège, le très détesté duc de Bourgogne, Charles dit le Téméraire.
Le très Principautaire, Robert Ruwet, nous conte cette douloureuse page d’histoire. A sa façon s’entend … et c’est déjà nettement moins triste.

Quelques personnages de cette épopée d’une époque épique ( je cite) :
"  Lambert : jeune Liégeois. Fougueux, naïf, gaffeur et amoureux de Ida - Ida : jeune liégeoise très jolie. Plutôt gourgandine que nonnette. Elle aime bien Lambert mais elle est surtout très cupide et multiplie les aventures lucratives.- Jean : tenancier d’un cabaret. Philosophe sans le savoir. - Line : femme de Jean. Commerçante d’une honnêteté très relative. Bref, commerçante. - Henri : Liégeois qui s’est mis au service du Duc de Bourgogne dont il se dit l’espion. Est avant tout un gros consommateur du vin de Bourgogne. - Louise : aventurière qui est (généralement) au service du roi de France. Elle préfère les femmes aux hommes.- Gilles : homme des bois très robuste. Il vient de Franchimont. Est le  chef des fameux 600. - Don Albéron, curé de la paroisse Sainte-Catherine. "

La pièce se termine par la scène 6, où les huit personnages principaux nous livrent en quelques mots, mais chacun de manière différente, leur vision de cette douloureuse page d’histoire liégeoise.
Et puis, c’est l’occasion, pour le Sieur Robert Ruwet, de rétablir une vérité historique…

Voici le plan d’attaque contre l’infâme duc. Comme si vous y étiez :


                                                                 Gilles
Tu es donc certain que le camp du Bourguignon se situe…
                                                                 Lambert
Aux Neuves Brassines. C’est au-delà de la porte Sainte-Walburge, sur l’ancienne voie qui mène vers Rocourt. Je le sais bien parce que, figurez-vous que ma fiancée, la douce Ida doit….
                                                                  Jean
Tu nous parleras une autre fois de tes peines de cœur.
                                                                  Lambert
Oui mais, c’est parce que…
                                                                  Gilles
Pourras-tu éviter les corps de garde pour nous mener là où tu dis ?
                                                                  Lambert
Oui. Sans souci ! Vous me dites que vos hommes sont cachés dans la forêt de Glain ?
                                                                 Gilles
Oui.
                                                                 Lambert
J’irai vous y chercher. Nous descendrons vers la porte Sainte-Marguerite mais nous l’éviterons.
                                                                  Jean
Par où ?
                                                                 Lambert
Nous suivrons la Légia puis nous remonterons vers la Hoche-Porte et de là nous escaladerons le Xhové-Mont.
                                                                  Gilles
Bien.
                                                                  Lambert
Oui mais : attention ! C’est que ça monte rudement le Xhové-Mont ! Vous êtes certain que vos hommes pourront me suivre ?
                                                                  Gilles
Hein ?
                                                                   Lambert
C’est très dur, vous savez !
                                                                  Gilles
(à Jean) Il se moque ou quoi ?
                                                                  Jean
(à Gilles) Non…. Il est comme ça !
Ecoute Lambert : les hommes de Gilles sont des bûcherons du pays de Franchimont. De rudes gaillards ! De très rudes gaillards même.
                                                                  Lambert
Peut-être mais c’est que le Xhové-Mont… bien, nous verrons.
                                                                  Gilles
Ensuite ?
                                                                  Lambert
Quoi donc ?
                                                                  Gilles
Quand nous serons arrivés au sommet de ta montagne…
                                                                  Lambert
Ah, ensuite ! Eh bien nous contournerons très largement la porte Sainte-Walburge, je connais très bien quelques sentes que suivent les fraisiers de Vottem et nous prendrons le camp des Bourguignons par derrière où nul n’attend une attaque.
                                                                  Gilles
Espérons.
                                                                  Lambert
Seulement, il y a un problème.
                                                                  Jean
Quoi donc ?
                                                                  Lambert
Ben… Ida ! Ma douce fiancée. Elle a été engagée pour aller faire la conversation au duc. Il ne faudrait pas qu’elle soit prise dans la tourmente.
                                                                 Jean
Rassure-toi. Vous attaquerez vers quelle heure ?
                                                                 Gilles
Nous quitterons la forêt de Glain une paire d’heures après la tombée de la nuit.
                                                                  Jean
Donc, avant que vous ne soyez arrivés aux Neuves Brassines, ton Ida aura terminé son service depuis belle lurette.
                                                                  Lambert
Vous croyez ?
                                                                  Jean
Cela va de soi.
                                                                 Lambert
Dans ce cas. Hé… C’est mon grand-père qui sera fier de moi.
                                                                 Gilles
Ne parle de rien à personne ! A personne tu entends ? Pas plus à ton grand-père qu’à un autre.
                                                                  Lambert

Ah mais, je ne risque pas de lui parler car il est mort depuis bien longtemps. Mort au combat ! Au service de la Principauté.  Il faisait partie des milices liégeoises qui ont été écrasées par les Bourguignons dans la plaine d’Othée. Alors quand il me verra… du paradis je veux dire ! quand il me verra mener les troupes qui vont aller occire le duc… Il sera un peu fier mon grand-père.

vendredi 13 décembre 2013

Zappa par Zappa




Une autobiographie du grand Frank Zappa. Il parle un peu de tout , surtout de la musique et de la sienne en particulier. Voici en vrac quelques mots clés, sans réel ordre chronologique, et non exhaustifs.
Raconte son enfance (pas triste) - apprend sur le tas la percussion, la guitare, le solfège -Enregistre des sons, des notes- fait de la prison pour avoir enregistré des bandes audio pornos – premier mariage suivi de divorce - second mariage  avec Gail – tournée des MOI (mothers of invention) à New York – sortie de « Freak out «  et de «  Absolutely Free «  - tournées diverses de 68 à 72 – Incendie de son matériel à Montreux – agression physique d’un spectateur à Londres sur Zappa – divers concerts en Europe et aux Usa – procès en Angleterre – long chapitre sur la musique en général - Parle d’un peu de tout, propose sa philo, sa façon de voir les choses – propos (douteux), par exemple , sur le tabac, la bière, l’Amérique et le reste du monde …

Bref, un livre intéressant, instructif, souvent très drôle. Mais je préfère quand Zappa fait de la musique et se borne à elle.



Extraits :


-  La première édition de Freak Out ! ne fut pas ce que l’on peut appeler un grand succès. D’après MGM, les ventes atteignirent péniblement trente mille misérables unités. Nos royalties se montaient à 60 ou 70 cents - pas le pactole !

-  Avant le début du concert, j’ai vu Duke Ellington demander presque mendier une avance de 10 dollars. Ca m’a flanqué un coup au moral. Après le show, j’ai dit à mes gars : «  Cette fois, c’est fini. On se sépare. «  (…) Boulot ou pas, je versais à tout le monde un salaire hebdomadaire de 200 dollars, auquel s’ajoutaient les frais d’hôtel et de route. Moi j’étais à découvert de 10.000 dollars.


- Avant, j’adorais dessiner des petits points noirs sur du papier à musique. Je restais collé à ma chaise jusqu’à seize heures d’affilée en compagnie d’une petite bouteille d’encre de Chine, à calligraphier des ronds et des queues.

-  Je ne suis pas un guitariste virtuose. Un virtuose peut tout jouer. Moi, non. Je ne peux jouer que ce que je connais.

-  Chanter tout en jouant de la guitare, je ne sais pas faire. Mon cerveau ne suit pas. Je ne peux même pas jouer de la guitare rythmique et chanter en même temps, c’est dire.

-  Le problème de la drogue revient toujours dans les interviews. Personne ne me croit quand j’affirme ne jamais en prendre.


- L’échec n’a rien de bouleversant. C’est un état plutôt normal. Inéluctable dans 99 % des entreprises humaines. La réussite est rare – c’est la raison pour laquelle les gens lui consacrent tant d’efforts.

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La music de Zappa et des Mothers, par ici :

http://catinus.blogspot.be/2013/12/frank-zappa-le-grand-oiseau.html

mercredi 11 décembre 2013

Liège en 1964

                                                     




***  En vrac  ***

-  La Meuse, samedi 29 mars 1964
Mercredi prochain : le pain à 9 Fr.50

- La Meuse, mercredi 15 avril 1964
17 blessés au bd de la Sauvenière dans une étonnante collision : un tram 1 contre un tram 4. (…)

- Jeudi 16 avril 1964
Angèle Guller a mis en place à Liège le mouvement anti-twist «  Les Jeunesses de la Chanson. (…)

- Samedi 18 avril 1964
Grève des médecins. 1h30 ! Accord ! Accord ! La grève est finie. Votre médecin revient !

-  Jeudi 20 février 1964
Shopping Street en Neuvice : inauguration le jeudi 26 mars.

- Lundi 4 mai 1964
Avec deux grands leaders de 23 ans, Bocklandt 1 er et Van Conningsloo, 2ème, la nouvelle vague du cyclisme belge se bat à Liège-Bastogne-Liège. Planckaert est 4 ème.

- Vendredi 8 mai 1964
Delhasse formidable : il a bloqué un pénalty lors du match du Standard à Saragosse.
- Lundi, 29 juin 1964

Plus de 3.000 automobilistes ont reçu à Liège la bénédiction de Saint-Christophe (10 voitures à la minute). L’officiant était l’abbé Ottenborgs, vicaire de la paroisse de St-Christophe.

- Samedi 4 et dimanche 5 juillet 1964.
La Belgique ne construit pas assez de logement. 1 million de Belges vivent dans des taudis. 50 pour cent des logements ne sont pas raccordés aux égouts. 60 pour cent n’ont pas de chasse d’eau. 70 pour cent n’ont pas de salle de bain.

-  Mercredi 6 juillet
Surprise au conseil communal : pourquoi ces croix à l’entrée du pont de Commerce (pont Albert) ? (…)  Plusieurs conseillés furent étonnés d’apprendre qu’il s’agissait  d’une œuvre d’art. La décision de créer cet ensemble de croix a été prise avant la guerre. (…) La statue équestre du roi Albert (4 tonnes, 5 m. de haut) est arrivée au pont de Commerce.

- Lundi 3 août 1964
Ils ne verront plus jamais la mort d’aussi près. A Remouchamps, le car des jeunes vacanciers des Mutuelles Socialistes liégeoises a plongé dans le fossé et s’est écrasé contre un arbre : indemnes !

- Jeudi 6 août 1964
C’est prouvé par le bilan officiel qui vient d’être établi pour les 10 dernières années : Liège est la ville la plus sportive de Belgique.

- 1 septembre 1964
C’est fini : Liège a dit adieu en chantant eu tram blanc qui, en 34 ans, a transporté près d’un demi-milliard de voyageurs.

- 6 octobre 1964
Fêtes, jeux populaires et menus gastronomiques pour l’inauguration du Marché couvert de Droixhe. (…)

- Mercredi 21 octobre 1964
Le conseil provincial adopte à l’unanimité le vœu du retour des Fourons à Liège. (…)



-  Vendredi 30 octobre 1964
Visite de nos souverains. Dans l’album de la Reine : l’image de la grandeur de Liège.

-  Vendredi 30 octobre 1964
Hier à l’église St-Vincent à Liège, les deux frères (Philippe 24 ans et Jean-Marie 25 ans) ont épousé les deux sœurs (Christine 18 ans et Anne 21 ans). Les familles François et Galand. (…)

- Jeudi 26 novembre 1964

- Joseph passait tous les jours à l’église Saint-Jean, place Xavier Neujean, vider le tronc qui lui assurait son dîner. (…)

-  Mardi 1 décembre 1964
1.400.000 F. A elle seule, la province de Liège a vendu plus du quart des vignettes de l’opération 48.81.00. (…)

- Jeudi 10 décembre 1964.
Comment les Belges vivront en 1965 ? Hausse des prix de 3,5 % mais les salaires monteraient de 6,5 %. (…)

-  Mercredi 30 décembre 1964
Jacques Brel, qui se défend d’être un poète, sera au forum le 7 janvier 1965.(…)

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- La Meuse, mardi 21 janvier 1964
Le bourgmestre Destenay révèle son plan-circulaire à Liège. Un tunnel reliera la Place St-Lambert à la Place Cockerill via la Place du Théâtre. Les trams 1 et 4 seront remplacés par des bus avant la fin de l’année. Sens unique généralisé et priorité absolue sur les grands axes. Zone bleue dans le centre : le long parcage sera interdit. Le centre de la ville sera directement relié aux autoroutes. (…) Afin que Liège soit prête pour l’âge de l’autoroute.


- La Meuse, lundi 10 février 1964
Le derby Liège-Standard reste le plus beau de Belgique parce que, sur les gradins (25.000 personnes) et sur la pelouse, il est donné par une chose rare : le fair-play. On a rarement vu un match aussi AMICAL que celui d’hier. Pourtant, le Standard y jouait une ultime chance de rester en contact avec Anderlecht. Cette chance, il l’a perdue (1-0) (…) Au coup de sifflet final, Delhasse bondit de joie (les photos) tandis que Nicolay embrassait les attaquants liégeois. Les 22 meilleurs copains du football belge rentrèrent aux vestiaires main dans la main.



- La Meuse, lundi 27 janvier 1964
Minute émouvante au Valdor : Mme Berlemont (100 ans fêtés l’année dernière) embrasse la nouvelle centenaire, Mme Deryhon-Denis. (…) Elle porte à six le nombre de centenaires vivant sur le territoire de Liège (cinq femmes et un homme)

-   La Meuse, jeudi 19 mars 1964
C’est presque certain : vos cigarettes seront 1,25 f. plus chères à partir du 1 er avril. (…) 13,50 au lieu de 12,25, le paquet de cigarettes populaires ; 10,50 au lieu de 9,25 le paquet de cigarettes sous-populaires. (…)

-  La Meuse, vendredi 20 mars 1964
Opération 48.81.00 à Liège. Dimanche prochain, soixante équipes d’automobilistes vont sillonner les 60 secteurs de la ville pour aider Jean-Claude à construire un village pour handicapés. (…)

- Jeudi 26 mars 1964
La fugue de trois Liégeois de 16 à 14 ans (Liège-Gouvy-Saint-Vith-Gouvy-Saint-Vith-Malmedy-Trois-Ponts) s’est achevée dans le cinéma Crosly de liège. (…)
Tous trois élèves à l’institut technique à St-Laurent à Liège : Sérafino, Oscar et Georges. (…) A 15 h26, ils montent en gare de Liège-Guillemins dans le train de Gouvy où ils arrivent à 18h20. A Gouvy, ils prennent l’autobus pour Saint-Vith. Ils reviennent ensuite à pieds jusqu’à Gouvy où ils seront surpris par la nuit. Les trois gosses dorment dans une cabane en planches. Mercredi, à 5 heures 30 du matin, après une nuit passée à greloter, ils partent de Gouvy et gagnent St-Vith à pieds. (…) Moi, a expliqué Sérafino, je n’aime plus aller à l’école. ( …)

-  Mardi 5 mai 1964
Ce mercredi à 18 heures 15 se déroulera le traditionnel pèlerinage des sportifs à Chévremont à la mémoire de ceux qui sont morts au cours de l’année écoulée. (…) C’est Jean Nicolay qui portera le cierge à la Vierge. (…)



-  La Meuse, samedi 9 et dimanche 10 mai 1964
Saint-Roch : le collège en feu !
L’incendie a éclaté dans les ballots de paille qui entouraient le circuit de go-karts installé pour la fancy-fair annuelle au collège de Ferrières ( province de Liège). – A 22 heures 40, un professeur, l’abbé Duysinx, en train de faire une ronde a donné l’alerte : les élèves dormaient déjà et c’est en pyjama qu’ils ont dû évacuer les dortoirs – Soixante pompiers, les professeurs, les étudiants et les habitants de la commune ont lutté pendant douze heures pour vaincre les flammes. – Le terrible incendie a ravagé tous les locaux du bâtiment central et de l’aile gauche du collège. – Le collège était assuré 90 millions. (…). Le collège abrite actuellement 350 étudiants internes et 30 professeurs. (…)

- Mercredi 27 mai 1964
L’extraordinaire sang-froid d’un sauveteur de Wégimont : un extincteur à la main, il a frayé un passage aux pensionnés prisonniers du feu. 10 sont morts et 7 sont présumés morts dans ce tragique incendie qui a ravagé ce château du XVII ème où ils dormaient. (…)

- Mercredi 5 août 1964
Dimanche à Comblain. 85 minutes de Ray Charles. 2 prairies – 20 heures de jazz – 200 musiciens – l’immense chapiteau des teenagers (yé-yé-chansons françaises). (…)

- Lundi 12 octobre 1964
Elections communales. La majorité PSC-PLP reduite à 20 voix contre 19. Liège : 12 PLP (+5) – 8 PSC (- 6) – 13 PSB (- 4) – 4PC (+3) – 2 DC. Dans tout le pays : très nette avance PLP, lourde défaite PSC, recul PSB et progrès communiste. Les Fourons ont voté pour Liège. (…)

-  La Meuse, mercredi 4 novembre 1964
Liège en l’an 2.000. Ce n’est pas loin. C’est dans 35ans. Vendredi et samedi au Palais de Congrès, des architectes, des urbanistes, des professeurs d’université, des spécialistes du Grand Liège en parleront.(…)  Parmi ces projets : une ville interdite à la circulation automobile – Un ruban de  buildings de 110 mètres de haut – Des appartements tiroirs en métal – Dans le socle et le châssis des buildings cinq lignes de métro, des autoroutes, quatre routes pour la circulation locale, cinq étages de parkings, des quinze à vingt étages habités, des rues, des magasins, des jardins d’agrément et aussi des lignes de chemin de fer. (…)


Et tout particulièrement dans mon quartier : Sainte-Marguerite.

- La Meuse, mardi 28 février 1964
Inquiétude au quartier Sainte-Marguerite. On recherche l’inconnu qui a entrainé Camille (8ans et demi) pour la troisième fois en lui offrant des friandises.(…) Camille est l’aîné de cinq enfants habitants avec ses parents rue de Hesbaye, 217, à Liège.(…) L’enfant a raconté qu’avec l’inconnu qui le tenait par la main, il est allé en ville dans les grands magasins, dans des rues dont il ignore le nom. (…) L’homme ne m’a fait aucun mal, a encore dit Camille, mais il était souvent saoul. Vives inquiétudes dans la famille Sprumont. (…)

- La Meuse, mercredi 29 février 1964
Mardi après-midi, une nouvelle affaire est venue se greffer sur celle du petit Camille Sprumont. Vers 16h15, au parc Naniot, un automobiliste s’est arrêté à hauteur d’un groupe d’’enfants revenant de l’école. Le pilote, à bord d’une puissante voiture américaine, a interpelé les gosses et a invité deux d’entre eux à monter dans la voiture. Mais personne n’a accepté. (…) Est-ce que l’homme au chapeau tyrolien et l’automobiliste du parc Naniot ne font qu’un ou s’agit-il de deux affaires différentes.

-  Mardi 12 mai 1964
Seul, l’institut Saint-Sépulcre de Liège avec ses deux mille élèves a ceinturé entièrement le stade de Rocourt.(…) Lors de ce festival sportif féminin, chaque école des jeunes filles de l’enseignement libre de la province a défilé devant S.E. Mgr van Zuylen.(…)

- Mercredi 20 mai 1964
Un service provincial d’immigration et d’accueil a été inauguré au 20 de la rue Mont-Saint-Martin. Les nécessités démographiques et économiques obligent le pays wallon à faire appel à de la main-d’œuvre étrangère. Il convient dès lors que des dispositions soient prises afin que cette main-d’œuvre trouve chez nous un organisme préparé à la recevoir et l’adapter aux coutumes du pays. (…)

- Vendredi 3 juillet 1964
Jeudi vers 9 heures, une jeune Liégeoise de 20 ans s’est lancée dans le vide du haut du dernier étage (le dixième) d’un building de la rue Hocheporte. D’environ 30 mètres, elle s’est écrasée dans une cour. Elle a été tuée sur le coup. On ne connait pas le motif de son acte. Avant de se lancer dans le vide, elle avait demandé à son hôte la permission d’écrire une lettre et s’était retirée à l’arrière du bâtiment.

- Lundi 13 juillet 1964
Hier vers 5 heures du matin, le commissaire de garde à la permanence fut alerté par téléphone que des gosses étaient en train de pleurer depuis une heure dans une maison de la rue Sainte-Marguerite. Une patrouille se rendit sur place et, au premier étage de l’immeuble, ils trouvèrent cinq gosses dans un état de saleté épouvantable. Ils racontèrent aux agents que leurs parents étaient sortis depuis la veille au soir. Les policiers commencèrent une tournée des cafés du voisinage et , finalement, découvrirent la mère des cinq gosses dans un bistrot du Haut-Pré. Quand les policiers voulurent conduire la mère et les enfants chez eux, le père était rentré à son domicile. Il accepta de laisser rentrer sa famille, puis ferma la porte au nez des policiers.


-  Samedi 1 et dimanche 2 août 1964
Vingt-quatre élèves de l’Institut Sainte-Marguerite à Liège ont pris l’avion hier à Bruxelles National. Pendant quatorze jours, ils vont visiter la Terre Sainte et la Grèce. (…)



-  Mardi 25 août 1964
Qu’est-ce que c’est que chat ? C’est Moune. Et Moune, c’est un grand gros chat noir et blanc. Un chat que les habitants du quartier Sainte-Marguerite à Liège connaissent bien. Parce qu’il ne quitte jamais l’épaule de Mme Gelissen qui le tient en laisse afin qu’il ne traverse pas la route distraitement et se fasse renverser par une voiture. Moune ne s’en fait pas. Il se la coule douce. Pas des soucis, pas d’ennui. Il vivra vieux, très vieux. Aussi vieux que Matousalem.

- Mardi 15 septembre 1964
Mystérieux crime rue En-Bois, à Liège. Marcel Poncelet a trouvé sa femme Cécile le crâne facturé, dans l’escalier : elle a été frappée par son meurtrier avec le marteau dont elle se servait pour fermer la fenêtre de sa cuisine-cave. Mme Poncelet-Falaise (quarante-huit ans) est morte trois heures plus tard à Bavière en prononçant des mots incompréhensibles. (…)

- Mercredi 16 septembre 1964
L’assassin de la rue En-Bois est arrêté. Jean H., un ardennais de 23 ans a tué Mme Poncelet pour la voler mais il n’a trouvé que 100 fr. «  J’étais sans travail et je me suis souvenu des Poncelet qui m’avaient recueilli pendant l’hiver 1962. Ils devaient avoir de l’argent «  a raconté le meurtrier. Il a regretté d’avoir tué Cécile. (…)
    (plus tard) Hanté par son crime, Jean H. le meurtrier de la rue En-Bois a tenté de s’ouvrir les veines avec des morceaux d’assiette. (…)

-  Samedi 17 septembre 1964
En une seule nuit, un cambrioleur, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un seul et même homme, a opéré quatre fois dans le même quartier de Liège. Chez
1. Mr et Mme Recq de Malzinne-Onclin, rue Henri Vieuxtemps, 33 (sac à provision et gabardine en cuir) – 2. Mr Mohamed Abdelmoula, au n°35 – 3. Mr et Mme Just-Leroy, au numéro 96 toujours de la même rue. – 4. Georges Magnée, au n) 25 de la rue Isi-Collin (chemises d’hommes et chaussures) (…) L’enquête se poursuit activement.

- Mardi 27 octobre 1964
Le solitaire de la rue des Cloutiers, n°4 à Liège, monsieur Ernest Baij, 51 ans, agonisait chez lui dans une mare de sang. On avait prévenu la police qu’on n’avait plus aperçu cet homme vivant seul. (…) Il semblerait que Mr Baij ait succombé à la suite d’hémorragies, provoquées par son état de santé déficient. (…)

- Vendredi 6 novembre 1964
C’est samedi que la «  Cité de l’espoir «  récoltera les vieux papiers à Sainte-Marguerite. (…)  Cette collecte servira à aider une des plus belles œuvres qui soit : garder en vie coûte que coûte une centaine d’enfants mentalement et physiquement gravement handicapés. (…)

-  Jeudi 24 et vendredi 25 décembre 1964
Dans la campagne de Lantin, Casimir a failli mourir gelé. Couché, inconscient sur le sol, il n’était vêtu que d’un caleçon et d’une chaussette. (…)   L’enquête a révélé que l’homme était Casimir Chniel, un réfugié de l’ONU, d’origine polonaise, âgé de 54 ans et inscrit à Sainte-Marguerite, 175, à Liège. On a appris que Mr Chniel était coutumier à ce genre de choses …




Merci au journal «  La Meuse «  et à ses journalistes anonymes ! ! !

Merci à l’Université de Liège, place du XX août et du Sart-Tilman ! ! !



mardi 10 décembre 2013

Tout plein de lecteurs ...


                                                        A Lourdes


                                               Bangalore ( India )


Des milliers, des millions, des milliards de lecteurs de par le monde :

http://gabrielabadica.wordpress.com/2013/05/26/steve-mccurry-gorgeous-photographs-of-people-reading-around-the-world/

Du site de Steve Mc Curry

Georges Simenon : " Les inconnus dans la maison "


«  Emile Manu, accusé de meurtre de Louis Gagalin, dit Gros-Louis, perpétré le 7 octobre un peu après minuit dans l’immeuble appartenant à Hector Loursat, avocat à la Cour, inaugurait la session des assises."
Voilà des années et des années- depuis que sa femme l’a quitté – que l’avocat Loursat ne plaide plus, qu’il s’est retiré en ermite, chez lui, en compagnies de très nombreuses bouteilles de vin. Sa fille, Nicole, une jeunette, co-habite avec lui mais ils se détestent (allez-savoir pourquoi, au fond). Dans la clandestinité, Nicole se réunit avec des copains de la petite localité de Moulins, là-haut , à l’étage. Un jour,à bord d’une voiture volée,  ils renversent un  homme qui les fait chanter et qui finira par se faire assassiner d’une balle bien placée. La police débarque ( pas Maigret). Enquête, procès à la clef. Loursat se  décide à défendre Emile, le principal suspect. La seconde partie du roman se déroule au tribunal.

Beaux portraits de tous ces personnages qui rentrent en collision, signés Simenon.


Extraits :

- De temps en temps, il mâchait à vide son mépris ou ses rancoeurs, d’où le mauvais goût qu’il avait toujours le matin à la bouche.


-  Les grands seigneurs ont besoin de courtisans.

samedi 7 décembre 2013

Frank Zappa, le grand oiseau




Frank Zappa est un gaillard que je fréquente depuis plus de 40 ans. J’aime à chanter quelques unes de ses notes quand je suis sous la douche ou quand je me balade. Ya toujours un p'tit air de Zappa qui me trotte dans la tête, partout, 24 heures sur 24. J'suis accroc ! Ses chansons ont le don de me rendre de bonne humeur. Il est vrai qu’elles sont emplies d’humour.
Pour la petite histoire, c’est en 1968 qu’une fille, bien plus âgée que moi (elle devait avoir un petit peu plus de 20 ans)  m’initia à Zappa. Elle m’invita dans sa chambre et nous avons écouté  l’album « Freak Out ». Je ne me souviens plus du prénom de la demoiselle mais je la remercie : me faire déniaiser dans un carré, à Liège, avec Zappa, oufti ! le super Pied ! (pléonasme).
Donc, Frank Zappa et ses Mothers of Invention, j’adôôôre ! Et puis, ça fait longtemps que j’ai une touche sur Ruth Underwood, la vibraphoniste. Watcha !

Voici, pour exemple, quelques joliesses :
- Je n'ai pas de coeur ! :
-  Quelle est la partie la plus dégueu. de votre corps ?
- La dimension de ton pénis (poème vocal)
- Cela ne fait aucun doute que des perturbations vont arriver :
- Les routes des Incas – avec Ruth Underwood :
- Sofa 2 :
- Sharlena :
- Camarillo Brillo :
- Centrifugeuse :
- Les coeurs brisés sont faits pour les abrutis :
-  Dancing Fool :
- Plastic people + hungry freaks daddy :
http://www.dailymotion.com/video/xwfguw_frank-zappa-the-mothers-plastic-people-hungry-freaks-daddy-live-paris-1968_music
- You are what you ...

vendredi 6 décembre 2013

Laure Adler : " La vie quotidienne dans les maisons closes 1830-1930 "




En quatrième de couverture : “ Elles s’appelaient  Divine, Elisa, Marie en Tête, Marie Coups de Sabre, Marguerite, Aglaé, Caca, Bijou, Olympia, Pépé la Panthère, Poil ras, Poil long, Crucifix, Irma, Amanda, Octavie, Belle Cuisse, Titine, Pieds fins, Paulette, la Grimpée, Gina, Nana, Fernande, Rosa …
On les nommait courtisanes, filles de joie, de nuit, d’allégresse, de beuglant, d’amour, filles en circulation, filles à parties, à barrière, pierreuses, soupeuses, visiteuses d’artistes, lorettes, frisettes, biches, pieuvres, aquatiques, demi-castors, célibataires joyeuses, vénus crapuleuses … »

Laure Adler fait le tour de la question en agrémentant son texte, d’écrits littéraires ( Maupassant, Zola, Balzac, Goncourt, Carco, …) , d’archives, de procès verbaux, … Les grands chapitres sont : 1. L’amour dans l’alcôve – 2. L’amour au bordel – 3. L’amour dans la rue.

Tout un programme !



Extraits :

- Qu’est-ce qu’elles ont de plus que nous ? ( se demandent les femmes de l’époque – et d’aujourd’hui…)  Elles ont beaucoup plus que vous, répondent les hommes. Elles ont la beauté piquante, l’art de la répartie, le regard troublant, le sens de la dépense, le goût de la nuit, la chair palpitante, le rire facile, la science de l’abandon. Avec elles, les hommes ont envie de passer leur nuit. (…)

-  Le bordel, c’est d’abord un abri et un pain assuré. Par misère, par abandon de la famille ou d’un amant, par dégoût d’un travail peu rétribué, elles ont franchi le pas.

-  Tout d’abord, la prostituée est une enfant. Jamais elle ne parviendra à la maturité. Elle apparaît comme une ébauche de femme, une femme pas terminée. L’enfant, le fou, le sauvage ! De ces trois figures, elle capte les principales caractéristiques : l’immaturité de l’enfance, l’instabilité de la folie, l’insouciance du sauvage.


-  Ouvrières de l’amour elles n’ont droit à aucun repos : «  C’est la cause sexuelle, sans relâche, sans haleine. C’est le défilé de tous les animaux humains qui viennent là, les uns après les autres, épancher leurs besoins, exercer leur bestialité. Ruée dans l’anonymat commode leurs chairs de tous âges, de tout poil, de toute odeur contre la chair de la même femme. A tous il faut donner son corps et son visage. Pas de répit, pas de recul » ( in «  les maisons de tolérance » de L. Fiaux)


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Damia : «  En maison «  :





mercredi 4 décembre 2013

Robert Ruwet : " L'ombre de la Marquise "


Nous sommes à Liège en 1763. Notre bonne ville est courtisée autant par la Prusse que par la France. Or, Jean de Publémont détient des documents de la plus haute importance. Nous allons découvrir, ici, de quoi il s’agit …
Robert Ruwet apprécie l’histoire, la grande et la plus petite. Mais tant qu’à faire, il aime la teinter de son humour particulier. Nous allons voir défiler sur scène de nombreux personnages et des hauts en couleur : Jean de Publémont, le bien nommé et Marie,  sa fiancée- Heinrich Von Srelliv, ambassadeur à Liège du Roi de Prusse- Mabas, philosophe – Ysam, alchimiste – une gourgandine- un prêtre défroqué- un mendiant – le curé de Saint-Nicolas-Aux-Mouches- la fameuse marquise, … sans oublier une catin ou l’autre. Ambiance !
Les ingrédients et la recette pour créer une désopilante pièce de théâtre.

Robert Ruwet a bien voulu accepter que je publie ici un large extrait. Qu’il en soit remercié !

Le curé de Saint-Nicolas-Aux-Mouches tente de vendre quelques objets religieux à un certain Lombard

                                   Curé
Commençons donc par la pièce qui me tient le plus à cœur. Un calice qui fut offert à Notger par Charlemagne en personne.
                                  Lombard
Ce pot de chambre !
                                 Curé       
Oh ! Jésus Marie Joseph ! Ne dirait-on pas le Saint Graal en personne. De profondis et vitam aeternam !
                                Lombard
Tout cabossé…

                                Curé
Hé ! Il est vieux de plusieurs millénaires. On raconte que lors du déluge, il flottait à côté de l’arche ; il l’aurait heurtée et… Cela doit être vrai : regardez.
                                Marie
Votre vin, messire.
                                Curé
Ma douce enfant… ah que j’aimerais boire à ton calice.
                                Lombard
Bon. Je prends cette vieillerie et je l’estime exactement au prix de ce cruchon de vin. Donc nous sommes quittes.
                                Curé
Ah le traître. Mais que mangerai-je ce soir ?
                               Lombard
Je m’en moque ! Pour l’heure bois ce vin. As-tu d’autres merveilles ?
                               Curé
Le mot est parfaitement celui qui convient. Une merveille ! Vous savez que les Anciens disaient que 7 merveilles étaient réparties de par le monde. Voici l’une d’elles ! Généralement, on dit que c’est la troisième… sur sept ! Moi je dis qu’elle mérite la première place. Sans contredit !
                               Lombard
Montre.
                               Curé
Prenons garde, je ne voudrais pas que cette soldatesque et tous ces ivrognes…
                              Lombard
Mais… qu’est-ce ? Un bout de bois !
                              Curé
Certes oui, du bois mais… quel bois ! Vous avez sous les yeux un morceau de la croix du Christ. Regardez : on voit nettement, là, l’emplacement d’un clou. Et ici comme une trace de sang. Dominus vobiscum. C’est vous dire. Des Templiers ramenèrent, jadis, cette sainte relique de Jérusalem. Le grand Maître de l’ordre, en personne, attestait que ce fut Joseph d’Arimathie qui le récupéra et en fit don à Marie Madeleine en échange de… on ne sait quelle faveur. Cette merveille était enchâssée dans le maître autel de ma pauvre église. Vous êtes trop avisé pour ne pas comprendre que je ne puis m’en séparer, la mort dans l’âme, que contre une somme assez rondelette.
                             Lombard
La vraie croix ?
                             Curé
Oui. Une somme fort rondelette même !
                            Lombard
Pas facile à écouler comme marchandise.
                            Curé
Que dites-vous là ? Mais je connais plus d’un Supérieur qui donnerait tout son or pour avoir ce trésor dans son abbaye. C’est parce que dans ma situation il m’est difficile de… mais vous !
                           Lombard
Vous avez de la chance que je sois pieux.
                           Curé
Moi aussi. Je tiens cela de mon père. Ma mère le fut moins à ce qu’on dit…
                           Lombard
Mais les temps sont durs et beaucoup de gens sont moins pieux que moi. Surtout mes acheteurs.
                           Curé
Quelle triste décadence. Alors, combien ?
                          Lombard
Trois Louis d’or.
                           Curé
Vous vous moquez : cela vaut mille fois plus.
                          Lombard
Trois Louis d’or ou rien.
                          Curé
Alors topons-là et va pour trois Louis d’or.
                         Lombard
Les voici.
                         Curé
La croix est à vous.
                        Lombard
Tiens, je te laisse finir ce mauvais vin ; j’ai d’autres affaires qui m’attendent.
                       Curé
Ce sera toujours un plaisir pour moi que de traiter avec un homme d’affaire aussi avisé que vous. Nous nous reverrons bientôt j’espère.
                       Lombard
Tu me ruineras…
(il sort)
                       Curé
Ho ! Tavernier ! Du vin ! Du vin pour tout le monde ! Tiens paie-toi ! Trois Louis d’or ! Trois Louis d’or ! J’ai berné ce fourbe comme au fond d’un bois ! Oh la naïve bête ! Croire que je lui apportais la croix de Notre Seigneur ! Cette planche pourrie provient du plus sordide des cabanons qui soient ! Oh la naïve bête ! Cela se dit Lombard mais c’est beaucoup moins futé qu’un enfant de six ans. Et alors, tavernier, et ce vin ? C’est moi qui régale !

                      Bistrot
Les voilà tes Louis d’or. Ils sont plus faux que ta tonsure.
                     Curé
Quoi ?
                     Bistrot
Faux te dis-je, cette mitraille est juste bonne pour jouer aux osselets.
                     Curé
Peste de ce Lombard ! Infâme gredin ! Homme sans religion ! Il m’a volé ma croix ! Tu rôtiras en enfer, maudit Lombard.