" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

jeudi 30 janvier 2014

Merci, Cavanna ! ! !


Et oui, monsieur François Cavanna s’est est allé (comme on dit).
Il est un de mes auteurs favoris avec Simenon, Michel Houellebecq, Amélie Nothomb, Muriel Cerf.
Salut à toi, Cavanna et mille fois merci !

Voici, très humblement, quelques-unes de mes présentations de ses livres .

*  «  Les Ritals » : 

* «  L’œil du lapin « :

* «  Coups de sang « :

*  «  Mignonne, allons voir si la rose « :

* « Cavanna raconte Cavanna « :

* «  Louise la pétroleuse « :

* «  L’almanach 1985 « :

* «  Lune de miel « :


* " Le saviez-vous ? " :


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Cavanna dans " Radioscopie " de Jacques Chancel à l'époque des "Russkoffs " :

http://www.ina.fr/audio/PHD99232176



                Monsieur François Cavanna est en conférence. Prière de ne pas déranger s.v.p. !



lundi 27 janvier 2014

Céline : " Voyage au bout de la nuit "





Ferdinand Bardamu après avoir dégusté sur le front de la guerre, en 14, après s’être rendu aux Colonies - où il a vu des choses pas très belles à voir- , après en être revenu de New York et de Detroit( dans l’usine de Monsieur Ford),  revient en France, décroche son diplôme de médecine et s’installe à la Garenne-Rancy, en banlieue parisienne. Il devient, par la force des choses ou faute de mieux, médecin des pauvres ou plutôt des prolos. Un médecin « miteux » (le qualificatif est de lui), qui ne se fait pas payer ses honoraires, ou un fois sur trois, parce que, soi-disant, ses malades n’ont pas le sou ou qu’il n’ose pas le leur réclamer (le misérable sou).
Mais au fond : on ne sait pas grand-chose sur Bardamu…. Juste qu’il a une mère qui viendra d’ailleurs lui rendre visite quand il sera dans un sanatorium, en 14. Et puis c’est à peu près tout. Mince !

Quelques personnages et quelques nœuds de ce récit hallucinant (comme dirait Fabrice Luchini).

- Robinson : Léon pour ces dames. L’ami de Bardamu, rencontré pendant la guerre, puis à Détroit (Usa). Il est en mauvaise santé (estomac, poumons) rapport aux acides de l’usine où il « trime » (le mot est de lui).
- Lola : infirmière américaine qui aime la patrie, l’honneur et le devoir. Se disputera avec Bardamu à New York.
-  Muzyne : jolie jeune fille et tout et tout, mais décidément trop courtisée.
- Molly : prostituée de Détroit, le grand amour de Bardamu et vice-versa. Mais ils devront se quitter …
- Mr et Mme Hemrouille : toute leur vie obsédés par l’acquisition d’une maison. Vivent avec la mère de monsieur qui s’est cloîtrée (dans un premier temps) dans sa chambre et ne veut voir personne….
- Bébert : un jeune voisin de 9 ans qui a ramassé la typhoïde. Et la tante de Bébert, concierge …

Une bonne part de ce récit – hallucinant – nous conte la vie à La Garenne –Rancy parmi des personnes d’une très grande pauvreté physique et morale –

Bardamu exerce également la médecine dans un asile pour aliénés à Vigny avec Parapine et leur directeur Baryton – Quelques jours à Toulouse avec Robinson, Madelon, madame Hemrouille – dernière promenade tragique à Montmartre avec Bardamu, Robinson, Madelon et Sophie.




Extraits :



-  Une explosion. Ils s‘embrassaient tous les deux pour le moment et pour toujours mais le cavalier n’avait plus sa tête, rien qu’une ouverture au-dessus du cou, avec du sang dedans qui mijotait en glouglous comme de la confiture dans la marmite. Le colonel avait son ventre ouvert, il en faisait une sale grimace. Ça avait dû lui faire du mal ce coup-là au moment où c’est arrivé. Tant pis pour lui ! S’il était parti dès les premières balles, ça ne lui serait pas arrivé.
                                 
-  Ca se remarque bien comment que ça brûle, un village, même à vingt kilomètres. C’était gai. Un petit hameau de rien du tout qu’on apercevrait même pas pendant la journée, au fond d’une moche petite campagne, eh bien, on a pas idée la nuit, quand ça brule, de l’effet qu’il peut faire ! On dirait Notre-Dame ! Ça dure bien toute une nuit à brûler un village, même un petit, à la fin on dirait une fleur énorme, puis, rien qu’un bouton, puis plus rien.
                                                
-  Il s’agissait de vivre une heure de plus au fond pour nous tous, et une seule heure dans un monde où tout s’est rétréci au meurtre c’est déjà un phénomène.
                                                    
- L’amour, c’est comme l’alcool, plus on est impuissant et soûl et plus on se croit fort et malin, et sûr de ses droits.

-  Il a pris un obus en pleine poire, mon vieux, et puis pas un petit, à Garance que ça s’appelait … dans la Meuse sur le bord d’une rivière … On en a pas retrouvé «  ça «  du gars, mon vieux ! C’était plus qu’un souvenir, quoi … Et pourtant, tu sais, il était grand, et bien balancé, le gars, et fort, et sportif, mais contre un obus, hein ! Pas de résistance !

- D’ailleurs, dans la vie courante, réfléchissons que cent individus au moins dans le cours d’une seule journée bien ordinaire désirent votre pauvre mort, par exemple tous ceux que vous gênez, pressés dans la queue derrière vous au métro, tous ceux encore qui passent devant votre appartement et qui n’en ont pas, tous ceux qui voudraient que vous ayez achevé de faire pipi pour en faire autant, enfin, vos enfants et bien d’autres . C’est incessant. On s’y fait.

- Figurez-vous qu’elle était debout leur ville, absolument droite. New York c’est une ville debout. On en avait déjà vu nous des villes bien sûr, et des belles encore, et des ports et des fameux même. Mais chez nous, n’est-ce pas, elles sont couchées les villes, au bord de la mer ou sur les fleuves, elles s’allongent sur le paysage, elles attendent le voyageur, tandis que celle-là l’Américaine, elle ne se pâmait pas, non, elle se tenait bien raide, là, pas baisante du tout, raide à faire peur.

- Presque tous les désirs du pauvre sont punis de prison.

-  Philosopher n’est qu’une autre façon d’avoir peu et ne porte guère qu’aux lâches simulacres.

-  (le gars qui s’occupe du personnel chez Ford, à Détroit) «  Ça ne vous servira à rien vos études, mon garçon ! Vous n’êtes pas venu pour penser, mais pour faire les gestes que l’on vous commandera d’exécuter … Nous n’avons pas besoin d’imaginatifs, dans notre usine. C’est de chimpanzés dont nous avons besoin … Un conseil encore. Ne nous parlez plus jamais de votre intelligence ! On pensera pour vous mon ami ! Tenez-vous-le pour dit. »
Il avait raison de me prévenir. Valait mieux que je sache à quoi m’en tenir sur les habitudes de la maison. Des bêtises, j’en avais assez à mon actif tel quel pour dix ans au moins. Je tenais à passer désormais pour un petit peinard.

- Ce fit le premier endroit d’Amérique où je fus reçu sans brutalité, aimablement même avec mes cinq dollars. Et de belles jeunes femmes, charnues, tendues de santé et de forces gracieuses, presque aussi belles après tout que celles de Laugh Calvin. Et puis celles-ci au moins, on pouvait les toucher franchement. Je ne pus m’empêcher de devenir un habitué de cet endroit. Toute ma paye y passait. Il me fallait, le soir venu, les promiscuités érotiques de ces splendides accueillantes pour me refaire une âme.

-  Je l’aimais bien, sûrement, mais j’aimais encore mieux mon vice, cette envie de m’enfuir de partout, à la recherche de je ne sais quoi, par un sot orgueil sans doute, par conviction d’une espèce de supériorité.

-  La tante à Bébert rentrait des commissions, elle avait déjà pris un petit verre, il faut bien dire également qu’elle reniflait un peu l’éther, l’habitude contractée alors qu’elle servait chez un médecin et qu’elle avait eu si mal aux dents de sagesse. Il ne lui en restait plus que deux des dents par-devant, mais elle ne manquait jamais de les brosser. «  Quand on est, comme moi, qu’on a servi chez un médecin, on connaît l’hygiène. «  Elle donnait des consultations médicales dans le voisinage et même assez loin jusqu’à Bezons. (…)
     «  - Bébert, Docteur, faut que je vous dise, parce que vous êtes médecin, c’est un petit saligaud ! … Il se « touche » ! Je m’en suis aperçue depuis deux mois et je me demande qui est-ce qui a pu lui apprendre ces saletés-là ? … Je l’ai pourtant bien élevé, moi ! Je lui défends … Mais il recommence …
     « - Dites-lui qu’il en deviendra fou «, conseillai-je, classique.
Bébert, qui nous entendait n’était pas content.
      « - J’me touche pas, c’est pas vrai, c’est le môme Gagat qui m’a proposé …
      « - Voyez-vous, j’m’en doutais, fit la tante, dans la famille Gagat, vous savez, ceux du cinquième ? … C’est tous des vicieux. Le grand-père, il paraît qu’il courait après des dompteuses.  Hein, j’vous demande, des dompteuses ?...

- La médecine, c’est ingrat. Quand on se fait honorer par les riches, on a l’air de larbin, par les pauvres on a tout du voleur. Des « honoraires « ? En voilà un mot ! Ils n’en ont déjà pas assez pour bouffer et aller au cinéma les malades, faut-il encore leur en prendre du pognon pour faire des «  honoraires «  avec ? Surtout dans le moment juste où ils tournent de l’œil. C’est pas commode. On laisse aller. On devient gentil. Et on coule.

-  C’est peut-être pour tout le monde  la même chose d’ailleurs, dès qu’on insiste un peu, c’est le vide.

- Un cochon c’était, un gros, un énorme. Il geignait aussi lui, au milieu du cercle comme un homme qu’on dérange, mais alors énormément. Et puis, on arrêtait pas à lui faire des misères. Les gens lui tordaient les oreilles histoire de l’entendre crier. Il se tordait et se retournait les pattes le cochon à force de vouloir s’enfuir à tirer sur la corde, d’autres l’asticotaient et il hurlait encore plus fort de la douleur. Et on riait davantage. Il ne savait pas comment se cacher le gros cochon dans le si peu de paille qu’on lui avait laissée et qui s’envolait quand il grognait et soufflait dedans. Il ne savait pas comment échapper aux hommes. Il le comprenait. Il urinait en même temps autant qu’il pouvait, mais ça ne servait à rien non plus. Grogner, hurler non plus. Rien à faire. On rigolait. Le charcutier par-derrière dans sa boutique échangeait des signes et des plaisanteries avec les clients et faisait des gestes avec un grand couteau. Il était content lui aussi. Il avait acheté le cochon, et attaché pour la réclame. Au mariage de sa fille il ne s’amuserait pas davantage. Il arrivait toujours plus de monde devant la boutique pour voir le cochon couler dans ses gros plis roses après chaque effort pour s’enfuir. Ce n’était cependant pas encore assez. On fit grimper dessus un tout petit chien hargneux qu’on excitait à sauter et à mordre à même dans la grosse chair dilatée. On s’amusait tellement qu’on ne pouvait plus avancer. Les agents sont venus pour disperser les groupes.


- Nous nous faufilâmes dans l’arrière-salle d’un petit café ou Parapine se jucha derrière un carreau, à l’abri d’un brise-bise.
   « - Trop tard ! fit-il dépité. Elles sont sorties déjà ! »
   « -  Qui ? «
   «  - Les petites élèves du Lycée … Il en est de charmantes vous savez … Je connais leurs jambes par cœur. Je ne demande plus autre chose pour la fin de mes journées … Allons-nous-en ! Ce sera pour un autre jour … »
Et nous nous quittâmes vraiment bons amis.

-  Comme on devient de plus en plus laid et répugnant à ce jeu-là en vieillissant, on ne peut même plus la dissimuler sa peine, sa faillite, on finit par en avoir plein la figure de cette sale grimace qui met des vingt ans, des trente ans et davantage à vous remonter enfin du ventre sur la face.

- Au kiosque, les journaux du matin pendent avachis et jaunis un peu déjà, formidable artichaut de nouvelle en train de rancir. Un chien, dessus, fait pipi, vite, la gérante somnole. Un autobus à vide fonce vers son dépôt. Les idées aussi finissent par avoir leur dimanche ; on est plus ahuri encore que d’habitude. On est là, vide. On en baverait. On est content. On a rien à causer parce qu’au fond il ne nous arrive plus rien, on est trop pauvre, on a peut-être dégoûté l’existence ? Ce serait régulier.

- La vie c’est ça, un bout de lumière qui finit dans la nuit. Et puis, peut-être qu’on ne saurait jamais, qu’on trouverait rien. C’est ça la mort.

- Tandis que le cinéma, ce nouveau petit salarié de nos rêves, on peut l’acheter lui, se le procurer pour une heure ou deux, comme un prostitué.

- Etre seul c’est s’entraîner à la mort.

-  Par exemple, l’odeur des frites le guidait bien. C’est même lui qui nous entraîna vers le débit où on les faisait les frites pour dix sous à la fois. Je l’avais toujours connu moi Robinson aimant les frites, comme moi d’ailleurs. C’est parisien le goût de frites.

- Heureux ceux auxquels le bordel suffit !

- Ne croyez jamais d’emblée au malheur des hommes. Demandez-leur seulement s’ils peuvent dormir encore ? … Si oui, tout va bien. Ça suffit.


-  Son cœur se mit à battre de plus en plus vite et puis tout à fait vite. Il courait son cœur après son sang, épuisé là-bas, minuscule déjà, tout à la fin des artères, à trembler au bout des doigts. La pâleur lui est montée du cou et lui a pris toute la figure. Il a fini en étouffant. Il est parti d’un coup comme s’il avait pris son élan, en se resserrant sur nous deux, des deux bras.






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* Voici une lecture des toutes premières pages, durée 22 minutes :




lundi 20 janvier 2014

La réclame en 1914




Imaginez ! Vous êtes en 1914. Quel bonheur ! Le bon vieux temps ! La Belle Epoque ! Votre  quotidien est empli de réclames. De celles qui rendront votre vie encore plus merveilleuse ….
Pub ! Oups, pardon (pas encore !) Réclames :

- l’aspirine : 

- l’appareil photo :

-  le baume automobile :

-  le matériel hippomobile :

-  la cigarette :
- la croisière :

-  la fée électricité :

- la machine à écrire :

- un piano :

- le téléphone :

dimanche 19 janvier 2014

Photos de janvier 14


                                  Ce week-end du 18 et 19, journées portes ouvertes à la Cité Miroir




                              Deux maisons,l'une au numéro 20 et sa voisine du 22, rue Agimont.
                  Elles ont été construites vers 1750. Les trois étages sont de hauteurs dégressives


                                                       Au 33, Degrés des Tisserands ( un dimanche ...)



                                             Potale, toujours aux Degrés des Tisserands


                              Bientôt on ne pourra plus lire cette plaque, à la rue des Fossés :
                               " Entré interdite aux voitures et charrettes de toute espèce "


                                   Photo de très mauvaise qualité mais en guise de souvenir
                                   à l'opérette de ce dimanche 19 janvier, à l'auditorium St-Laurent
                                             " La fille du tambour major "


 " Au Notger " rue Tête de boeuf




                                                 A  " La Guimbarde "


Une partie de l'équipe rédactionnelle de " Salut Maurice ", le journal du quartier de Sainte-Marguerite

De gauche à droite : Joseph Deleuse, Robert Ruwet, Alain Dengis, Jacques van de Weerdt, Emoke une stagiaire, Michel Bodson, Sylviane Kech

vendredi 17 janvier 2014

Fabrice Luchini lit " Voyage au bout de la nuit " de Céline







 1. Le docteur Ferdinand Bardamu s’installe en banlieue parisienne :

2. Une patiente …

3. Chez ces gens-là les locataires – Robinson et le docteur, un dimanche à Paris – La concierge est morte :




                                               Louis-Ferdinand Céline




Résumé du «  Voyage au bout de la nuit « 

Voyage au bout de la nuit est un récit à la première personne dans lequel le personnage principal, Bardamu. raconte son expérience de la Première Guerre mondiale, du colonialisme en Afrique, des États-Unis de l'entre-deux guerres, et de la condition sociale en général.

Bardamu a vu la Grande Guerre et l'ineptie meurtrière de ses supérieurs dans les tranchées. C'est la fin de son innocence. C'est aussi le point de départ de sa descente sans retour. Ce long récit est une dénonciation des horreurs de la guerre, dont le pessimisme imprègne tout le récit. Il part ensuite pour l'Afrique, où le colonialisme est le purgatoire des Européens sans destinée. Pour lui c'est même l'Enfer, et il s'enfuit vers l'Amérique de Ford, du dieu Dollar et des bordels. Bardamu n'aime pas les États-Unis, mais c'est peut-être le seul lieu où il ait rencontré un être (Molly) qu'il aima jusqu'au bout de son voyage sans fond. Mais la vocation de Bardamu n'est pas de travailler avec les machines des usines de Détroit ; c'est de côtoyer la misère humaine, quotidienne et éternelle. Il retourne donc en France pour terminer ses études en médecine et devenir médecin des pauvres. Il exerce alors dans la banlieue parisienne, où il rencontre la même détresse qu'en Afrique ou dans les tranchées de la Première Guerre mondiale.

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Une excellente interview de Céline, durée 19 minutes :



Une présentation du livre :




Ragots, coups de sang et autres méchancetés



                                                   Une hyène rieuse ...


*  Invité à l’émission de la Rtbf «  Hep taxi ! «, Frédéric Mitterrand, ex ministre de Sarko et neveu de François du même nom, cause du président Hollande en ces termes : «  C’est extraordinaire car il n’a vraiment pas le physique. On chercherait un type pour jouer le rôle de tombeur intégral, on ne prendrait pas un mec qui ressemble à François Hollande. Eh bien si ! Il les nique toutes : les politiciennes, les grandes journalistes, les petites de la Comédie-Française. Toutes. C’est génial, non ? « 
                                                 (source : la Meuse de Liège. 17/01/14)


*  Aujourd’hui, je suis offusqué,  meurtri même. J’explique :
Tchantchès, dans son billet de ce vendredi 17/01/14, écrit : «  Mercredi soir, comme tous ceux qui comptent un peu dans la région, j’étais invité au cocktail de rentrée du Cercle de Wallonie, qui se déroulait à l’Opéra.(…) « 
Crotte ! Je n’étais pas invité, moi ! DONC, je fais partie des gens qui ne comptent pas …

J’espère que vous n’avez pas été invités non plus. Sinon, je serais deux fois meurtri … Gloups !



*   Vsevolod Tchapline, porte-parole de l’Eglise orthodoxe russe, réclame un référendum pour interdire l’homosexualité afin de « l’exclure de la vie de la société «  ( « Libération « 11/1.)    C’est là qu’on voit que Tchapline est nettement moins drôle que Charlot.

                                                          ( source : Le canard enchaîné 15/01/14)

*  - D’ailleurs, dans la vie courante, réfléchissons que cent individus au moins dans le cours d’une seule journée bien ordinaire désirent votre pauvre mort, par exemple tous ceux que vous gênez, pressés dans la queue derrière vous au métro, tous ceux encore qui passent devant votre appartement et qui n’en ont pas, tous ceux qui voudraient que vous ayez achevé de faire pipi pour en faire autant, enfin, vos enfants et bien d’autres . C’est incessant. On s’y fait.

                                                  " Voyage au bout de la nuit " Céline

* Heureux ceux auxquels le bordel suffit !

                                                    idem




                                    Gare Hocheporte, mardi 22 janvier 14
Photos : èrèr - copyright





*   La dernière fois que l’on a nettoyé correctement le tunnel de la gare des bus de Hocheporte remonte à des lunes. C’était à l’époque où les pontes de «  Liège-machin-chouette-2017 «  visitèrent la ville avant de pouvoir estimer si la candidature de notre bonne cité pouvait être retenue (on sait ce qu’il en advint …). Depuis, l’on s’intéressa de moins en moins à la propreté de  cette station, pour en arriver à la situation actuelle que l’on pourrait qualifier de «  mal en pis «.
 Pour ma part, voici belle lurette que j’ai renoncé à traverser le passage, jonché qu’il est de crasses répugnantes. Je ne parle pas des marches d’escaliers escamotées, de la plateforme souterraine inondée quand il a trop plu (fatal : les avaloirs sont bouchés jusqu’à l’émeri).

Vous allez me dire : «  Oh, mon bon monsieur, s’il fallait nettoyer tout partout en ville, on n’en finirait pas, jamais… « . Ouais, mais là nous arrivons à la limite du minimum vital acceptable …
Conseil : si vous voulez gagner le quartier Sainte-Marguerite, évitez cet endroit scandaleusement infect qui vous refile rage et bourdon.
 Cin milliards dî d’jû ! Et qwè, chale ???


*  Le docteur Maugras :  -  Nous guérissons bon nombre de nos patients mais, la plupart du temps, nous ignorons comment et pourquoi … Chaque fois que nous pensons faire une découverte, de nouvelles questions se posent, si bien que cela ressemble plutôt à un pas en arrière qu’à un pas en avant …  Dans cent ans ou dans cinq siècles, nos descendants parleront de nous comme nous parlons des sorciers africains.

                                          Georges Simenon : " Les anneaux de Bicêtre "


* J’ai eu mon permis dans un paquet Bonux en ’70 ou ’71.Cependant, je n’ai jamais conduit et  n’ai jamais eu de bagnole. 
Voici quelques célébrités qui n’ont pas de permis : Thierry Ardisson, Martin Lamotte, Nolween Leroy, Jean-Luc Mélanchon, Michèle Laroque, Moscovici l’actuel ministre français des finances, Amélie Nothomb, Jacques Sternberg, Hugues Dayez, le commissaire Maigret… et moi-même donc.

P.S. : Certaines mauvaises langues prétendent que Napoléon Bonaparte n'aurait jamais eu son permis de conduire ... ( ce serait tout de même particulièrement étonnant, avouez-le).

André-Marcel Adamek : " Contes tirés du vin bleu "


Sept nouvelles, de type fantastique, parfois sous forme de fable,  de monsieur Adamek, excellent écrivain belge

1. Le vin bleu : un garde-champêtre et un malheureux vigneron entrainés vers la même destinée …
2. L’arche : comme celle de Noé, mais en Ardenne belge, et en Flandres aussi …
3. Georges de Nimy et la verte bête : une version de Saint Georges et son dragon au pays du doudou (Mons)…
4. L’oie de Barnabé : Barnabé peut-il se défaire de son oie, Nelly qui ne lui apporte que tourments et ennuis ? …
5. La nuit ici
6. Le grand Patuel : un grand, un très-très grand géant végétarien …
7. Le cantique d’Oriane : la plus sublime version du Cantique des Cantiques pour la troublante Oriane …


Très agréable à lire !

jeudi 16 janvier 2014

Georges Simenon : " Les anneaux de bicètre "


Ca roule pour René Maugras, 54 ans : il est à la tête du plus grand journal de Paris et de deux hebdomadaires. Un beau jour - non, une saleté de jour – il est frappé par une crise ; le voici hémiplégique et, de surcroît, il perd l’usage de la parole. On l’installe à l’hôpital Bicêtre, dans la banlieue parisienne. On, ce sont des amis médecins qui font partie, avec lui, d’un cercle privé de la bonne société : le grand Véfour. Maugras, dans sa chambre, est en bonne compagnie, celle d’infirmières : Melle Blanche, Joséfa, … Il a maintenant tout le temps de se remémorer sa vie et des multiples personnes qui l’ont peuplée : Lina son épouse, Marcelle sa première femme, Colette sa fille au pied bot. Et Colère, le rédacteur en chef, et Besson, le médecin en chef, et l’artiste Jublin, l’avocat Clabaud, Félix Artaud, un autre artiste, … Maintenant, il n’est plus rien, un impotent parmi de petits vieux.

Voilà un livre à conseiller à tous ceux qui rentrent pour un bon bout de temps en convalescence. Car il permet de prendre un certain recul, ou une hauteur certaine, c’est comme vous préférez…

 Fatuité ? Tout n’est que vacuité, thème très souvent abordé par l’admirable Simenon.




                                  
Extraits :


- Ils s’imaginent qu’il a envie de mourir, alors que ce n’est qu’une demi-vérité. Mourir lui est indifférent. La mort, telle qu’il l’envisage, a même un côté odieux. L’odeur surtout. Et ce qu’on nomme la toilette. La décomposition. Il est mortifié à l’idée qu’il infligera aux autres ces dégoûts.


-  Nous guérissons bon nombre de nos patients mais, la plupart du temps, nous ignorons comment et pourquoi … Chaque fois que nous pensons faire une découverte, de nouvelles questions se posent, si bien que cela ressemble plutôt à un pas en arrière qu’à un pas en avant …  Dans cent ans ou dans cinq siècles, nos descendants parleront de nous comme nous parlons des sorciers africains.

lundi 13 janvier 2014

Robert Ruwet, une tentative de sa bibliographie


Ce lundi 13 (ça porte bonheur !), c’est l’anniversaire de Robert Ruwet. J’avais pensé à lui offrir un cadeau … Mais, pas si facile que cela : il ne boit pas, l’homme ; il ne fume pas ; il …       enfin bref.
Alors, que je me suis dit en moi-même : balance-lui donc sa pré-bibliographie (manière Catinus). Ca ne mange pas de pain et, surtout, cela ne te coûtera pas un radis, hé-hé ... Dont acte !
 Plusieurs livres ne sont pas mentionnés, et pour cause, je ne les ai pas encore lus, mais cela ne saurait trop tarder …
Z’yeutez donc un œil (ou deux) ici :


En bonus, toutes les chansons de 1944 :




E co’n fèye pô nin l’rouvy : joyeux anniv, m’sieur Robert   ! ! !

dimanche 12 janvier 2014

André Stas : " Le grand karmaval "


Afin de ne pas louper son bus, notre bonhomme se précipite tellement qu’il se fait renverser par un autre bus (voir un train peut en cacher un autre). Le voilà mouru. Mais pas comme vous et moi, car il se réincarne, à la vitesse de l’éclair astronomique, en une multitude d’êtres vivants (beaucoup des aquatiques d’ailleurs) : du spermatozoïde à l’éléphant(eau) en passant par l’éphémère. Des ados, Max et Marine, Joseph et Laetitia viendront régulièrement nous raconter leurs grandes joies, leurs râteaux aussi.

Or, l’on sait qu’André Stas est une véritable encyclopédie universelle vivante – et si vous ne le saviez pas, maintenant, vous êtes au parfum- . Dans ce livre, vous apprendrez des tas de choses sur un peu de tout (ça peut toujours servir, ne fut-ce que pour briller en société).  Un style à la tu, à la toi, bourré d’argot.

Et si vous avez internet sous la main, vous pourrez en savoir encore plus – ne fut ce pour voir apparaître, comme par magie, des images -  pour plusieurs termes dont : tipule, iule, russule, pediculus pubis, paon du jour, sakaki, lemmings, … Ainsi la lecture sera complète, globale.

Plusieurs éclats de rire garantis !


Extraits :

-  Même quand on est tipule, qu’on ne fait de mal à personne, penses-tu qu’on va te laisser voleter en paix ? Des clous ! I’faut qu’on te chope (…) Je fus tipule, virgule, mon sort fut ridicule. Mais me voici russule.

-  Mes cauchemars ont cessé. Je suis devenu un petit garçon qui ne pose guère de problème, si ce ne sont d’épisodiques crises d’acétone. A leurs sujets, le pédiatre s’est appliqué à rassurer ma mère, lui affirmant que c’était toujours le fait d’enfants hypersensibles et, le plus souvent , intelligents.

-  (de Flaubert) La Bêtise, L’art et la Vie ça m’a amusée follement. Il y allait, alors là ! J’ai recopié ce fragment de lettre dans mon journal : «  J’ai eu tout jeune un pressentiment complet de la vie. C’était comme une odeur de cuisine nauséabonde, qui s’échappe par un soupirail. On n’a pas besoin d’en avoir mangé pour savoir qu’elle est à faire vomir. « Bien d’accord avec lui !

- Moi, j’en pinc’rais plutôt pour un gars d’ma classe, Max qu’i’ s’appelle. Faut dire qu’il est vraiment trognon ! (…)

 Pas’qu’il a la cote, le Max. Il est beau comm’un p’tit dieu, faut dire. C’est mon type. Dommage qu’i’ n’soit pas plus déluré … Enfin, j’vais arranger ça … Croix d’bois, croix d’fer, si je mens, j’vais en Enfer …




Une intreview d'André Stas, ici :


http://www.dailymotion.com/video/x16jcof_andre-stas-decryptcult-3-novembre-2013_creation

mercredi 8 janvier 2014

Georges Simenon : " Train de nuit "






Le matelot Jean Monnet, de retour de permission, regagne le port de Marseille par le train. Là, il fait la rencontre d’une jeune et belle dame qui lui confie un portefeuille contenant  plusieurs billets de dix mille francs. Il est chargé d’aller  porter «  le colis «  au 17, rue Saint-Hippolyte à Marseille. Arrivé à cette adresse, Jean retrouve la mystérieuse femme, Rita. Cependant, le cadavre d’un homme est retrouvé sur le ballast où est passé le train de nuit  et notre matelot est vite accusé de ce crime. S’ensuit des aventures et des poursuites rocambolesques avec des personnages comme le Balafré, la mère de Jean, Marthe, la fiancée  de Monnet, …

Un des premiers romans où apparaît, tout à la fin, le commissaire Maigret. Cette aventure est signée Georges Sim. On reconnait déjà la patte de Simenon : description des personnages et de l’action en des termes simples mais d’une précision remarquable : tout est dit en quelques mots. L’histoire peut être qualifiée de mélodramatique mais elle se lit avec une délectation certaine ; et puis elle est émouvante à souhait …

A signaler la préface de Francis Lacassin.


Extraits :


- Par moments, oui, il sentait qu’il était capable de n’importe quoi plutôt que de renoncer à elle. Puis, à d’autres moments, il avait l’impression qu’il la haïssait, qu’elle était le mauvais génie de sa vie.

-  Mais il y en avait d’autres, au pays de Toulon, qui avaient cent fois plus de succès que lui près des femmes. Plus d’assurance surtout !


-  Elles n’avaient pas envie de sourire de ces grands enfants que sont les hommes malades. Une femme souffrante se soigne, trotte jusqu’à la dernière minute et préfère écarter toute aide. Un homme, lui, à peine atteint par un bobo quelconque geint et aspire à des gâteries.

dimanche 5 janvier 2014

André-Marcel Adamek : " La grande nuit "




Quelques personnes visitent une grotte du côté de La Roche (Belgique). Soudain, un tremblement de terre accompagné d’un vacarme : tout s’effondre autour d’eux, dont les passerelles. Anton Malek et Marie, une vieille dame, se rendent vite compte qu’ils sont les seuls survivants et pire encore, qu’ils ne peuvent compter sur aucun secours car, à la surface, tout est anéanti par une déflagration nucléaire globale. Marie finira seule, «  oubliée «  par Malek.
Tout au long de cette histoire fantastique mais réaliste et surtout crédible, nous ferons la connaissance d’autres survivants. Méduse, une femme officier et ses deux soldats, les jumelles Mi et Fa, et sur la côte d’Opale ( France), d’autres rescapés, des contaminés et d’autres qui ne le sont pas ( les gros) , Tinou et le chien Gris-Nez, et un peu plus loin dans le récit,  Do, l’enfant de Méduse, les mains et les pieds palmés,  les yeux à jamais clos, …
Ah oui ! Pour les âmes sensibles, Mi et Fa s’adonnent voluptueusement au cannibalisme, mais de façon si délicate que «  cela «  passe très bien …

Une histoire très agréable, captivante jusqu’au bout, et qui, heureusement, ne verse pas dans ce qui arrive le plus souvent dans ces romans de style «  science-fiction «,  à savoir le ridicule pathétique …

André-Marcel Adamek, de son vrai nom Dammekens, né à Gourdinne, le 3 mai 1946, et décédé le 31 août 2011, après de longues années de maladie, est un écrivain belge d'expression française.
L’année commence bien   ! A suivre …



Extraits :


-   « - Il n’a poussé aucun cri, on aurait dit un brame. Il n’a même pas souffert.   « 
     «  - Le lendemain matin, on l’a vidé de ses boyaux qu’on a enterrés plus loin. »
     «  - On voulait goûter le cœur pour commencer, mais la chair était beaucoup trop dure et on a dû le jeter. »
    «  - Le premier jour, on a mangé les doigts et le sexe. On avait lu quelque part que ce sont des morceaux de choix. « 

-   Quelques heures plus tard, suivant le rituel qui leur était familier, elles allaient se partager le sexe, les dix doigts, et compléter le repas par des languettes de cuisse, découpées si finement qu’elles s’enroulaient comme des mirlitons à la chaleur des flammes. Puis, elles devaient trouver un endroit pour maintenir la carcasse au frais le plus longtemps possible. Mais la chair de l’homme faisande bien, comme celle du bouc ou du sanglier. 


-  Avez-vous jamais entendu un médecin prescrire une lecture ou vous recommander d’aller au théâtre ? Marchez, pédalez, suez, buvez de l’eau, soyez sain ! Et méfiez-vous de plaisirs qui tuent ! Dès que vous éprouvez une impression qui se rapproche de la jouissance, c’est que vous êtes sur la mauvaise pente. Vous allez coûter cher à la société qui va devoir réparer vos errements. Vous devez à tout prix retrouver les vertus du bon citoyen, du bon consommateur qui dépensera jusqu’à son dernier sou de centenaire.

jeudi 2 janvier 2014

Georges Simenon : " Jour et nuit "



Une dictée qui va du lundi 30 avril 1979 au dimanche 27 mai 1979. Rappelons que les «  dictées «  sont en fait le journal intime de Simenon qu’il  commença en 1972, date à laquelle il décida d’écrire des romans. Il enregistra sur magnétophone tout ce qui lui passait par la tête ;  ces réflexions furent ensuite publiées en 22 tomes.

Dans celui-ci, il nous parle du pouvoir très étendu du président de la République française – de Giscard ( qu’il abomine) – éloge de la simplicité – ses enfants dont Marie-Jo –  Teresa son ultime compagne- de son enfance chez les Frères, etc…- de l’homme dans la ville – du grand âge- du pétrole – la peinture- l’écrivain Conrad – de la nudité et de «  l’homme nu « - de sa vie parisienne – des rêves, etc…

Une fois de plus, surtout dans ce type de livre bien sûr, quel plaisir d’avoir sous la main le devenu indispensable internet pour en savoir plus, par exemple, sur : Pierre Simenon (un de ses quatre enfants) – l’asile des incurables à Liège – les généraux Bertrand et Léman – le nom des peuples de la Gaule, etc…
Si vous appréciez Georges Simenon, lisez une de ses dictées (si ce n’est déjà fait) et immédiatement, vous aurez l’envie de lire les vingt-et-une autres…
Le qualificatif, qui leur convient peut-être le plus, serait, sans doute : apaisantes.


Extraits :



-  La France est le seul pays à être gouverné par un souverain absolu. Que ce soit la Reine d’Angleterre, le roi des Belges, celui d’Espagne, ou quelques rois ou empereurs africains qui se sont sacrés eux-mêmes, dans aucun des pays un homme ne dispose d’autant de pouvoir que M. Giscard. Pardon, je me trompe. Il y a Amin Dada (…)

-  Je me souviens d’avoir entendu à Liège ce court dialogue que je traduis du wallon, ce qui lui enlève de sa saveur :   
    « - Quelles nouvelles, mon vieux ? »
      Et l’autre de répondre :
    «  - Rien, l’ami. Tout est vieux. »

-  Nous avons connu, nous aussi, l’époque des tribus que Jules-César a conquises les unes après les autres. Pour ma part, par exemple, je suis un Nervien, car la région où je suis né appartenait à cette tribu de la Gaule. On l’enseigne à l’école, dans les classes primaires, puis on l’oublie, et mes concitoyens ne comprendraient pas si je faisais imprimer une annonce disant, par exemple : Nervien cherche à connaître d’autres Nerviens. Cependant les Flamands, si mon souvenir est exact, étaient des Eburons et après deux mille ans, Nerviens et Eburons, unis artificiellement, se détestent.
    ( note : Simenon se mélange un peu les pinceaux avec les noms de tribus, mais on comprendra le sens du propos)

-  Je soupçonne les autres groupements humains d’être créés au bénéfice d’ambitieux qui veulent diriger un nombre plus ou moins important de leurs semblables, que ce soient un empire, une république, un club de football ou une association ou la défense des bébés-phoques.

-   En 1919, cependant, la grande presse parlait peu du pétrole, même si certains initiés prétendaient que la véritable cause de la guerre avait été ce qu’on appelle aujourd’hui l’ « or noir ».

-  ( A propos de sa fille Marie-Jo qui s’est suicidée en 1978. Ses cendres furent répandues dans le jardin familial)
«  Je ne veux pas être enterrée, car j’ai horreur de me sentir enfermée  , disais-tu.
Tu ne l’es pas. Tu fais désormais partie de la nature, des fleurs, du gazon et les oiseaux volètent autour de toi.

-  Liège, où j’ai passé mes dix-neuf premières années, était une ville très moyenne, sinon une petite ville, et les plus hauts immeubles ne dépassaient pas trois étages. Les autos étaient rarissimes. Les chevaux de fiacre faisaient sonner leurs fers sur les pavés entre lesquels de l’herbe poussait. L’air était si calme qu’on entendait les cloches, non seulement de l’église paroissiale, mais celles des paroisses voisines qui semblaient se répondre. (…)


-  Mon enfance a été éclairée au pétrole et j’entends encore la voix des marchands poussant leur charrette qui transportaient un tonneau à robinet, et qui lançaient en regardant les fenêtres des maisons : «  - Pétrole américain ! «