" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

dimanche 28 septembre 2014

André-Joseph Dubois : " L'Oeil de la mouche "



Le narrateur, dont nous ne connaîtrons jamais le nom, affiche – sans doute ? – la trentaine bien sonnée, habite – peut-être ? – la ville de Liège, enseigne encore le français dans un lycée et est – nous le savons, là ! – : divorcé. Son entourage immédiat : ses parents qu’il semble affectionner, sa sœur qu’il ne reconnait plus tant elle a changé, son beau-frère et son neveu qu’il supporte difficilement – pour rester poli ! -. Et puis, Jenny, son ex-femme qu’il revoit de temps en temps. Il a décidé de ne plus se rendre à son lycée – sans pour autant démissionner de sa fonction - ; et d’écrire un journal - qu’il considère comme une déchéance- .
«  Il aurait fallu lui expliquer que j’avais passé ma vie à tenter d’arracher ma peau de pauvre comme elle essayait à présent de se débarrasser de sa condition de femme. Que moi j’avais suivi le mauvais chemin, confondu le combattant et le transfuge. Et maintenant je n’étais plus qu’un épouvantail à la défroque enflée par le vent, las, rendu, vaincu. Surtout j’aurais dû lui dire que notre cause à tous deux était juste cependant, parce que la pauvreté, du corps, de l’esprit, de l’âme et du sexe, est toujours inacceptable. »
Si, par le plus pur des hasards, on me demandait de tenter que définir le genre d’écriture d’André-Joseph Dubois , je dirais : il serait comparable à celui de Houllebecq  ; mais avant l’heure puisque ce présent roman fut publié en 1981 tandis que ceux de Houellebecq datent d’une décennie plus tard.  Mais qui a- t-il de plus effroyable que de vouloir comparer un écrivain à un autre ? Donc, veuillez ne pas tenir compte de cette appellation : André-Joseph Dubois, le Houellebecq belge.
Sans aucun doute : une de mes meilleures lectures de l’année ! Et la découverte d’un auteur de choix. A suivre …


Extraits :

-  Ma préférence allait vers Tintin au Congo . Les nègres y figuraient aussi noirs que des mineurs, ils parlaient mal, étaient bêtes : ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. Tintin, rose et souriant, leur apportait la parole et sa civilisation. Est-ce à lui que je dois mon métier d’enseignant ?

-  (…) le nourrisson nu sur une couverture, l’écolier sage, le communiant que les premières masturbation ravissent et affolent (…)

- Enfin on accrocha une émission : la messe de Pâques.
         «  - Depuis que les curés parlent français, dit mon père, on comprend encore moins. « 

-  J’observais aussi mon père, courbé sur son assiette à la manière des paysans. Il suit des yeux la course des morceaux jusqu’à la bouche.

-  Maintenant il se masturbait chaque soir avant de s’endormir, systématiquement, comme une bonne ménagère se débarrasse de la lessive. Il ajouta qu’il me recommandait la méthode, que je m’en trouverais bien.

-  Il arriva des Italiens noircis de soleil comme les Africains, prêts à tout pour vivre. Les patrons les aimaient bien parce qu’ils étaient affamés donc dociles. Nous les détestions un peu : ils travaillaient au rabais, sifflaient nos filles, parlaient une autre langue, n’étaient pas aussi pâles que nous. Nous les gosses, nous nous postions sur leur passage pour crier : macaroni ! marcaroni ! Les adultes nous disaient mollement : laissez ces pauvres gens tranquilles (…)



En bonus, une intervieuw à propos de ce livre :


vendredi 26 septembre 2014

Georges Simenon : " Maigret se trompe "




Louise Filon, une ancienne prostituée du quartier de la Chapelle, maîtresse du fameux chirurgien Etienne Gouin, est retrouvée assassinée d’un coup de révolver. Louise avait également un autre amant, Pierrot, un saxophoniste qui ne roule pas sur l’or. Qui est le coupable ?

Si vous cherchez un bon Maigret, sans pour autant vous casser la nénette, voici celui qu’il vous faut.



Extraits :

- La petite auto noire le conduisit place Saint-Sulpice, qui, sans raison précise, était la place qu’il détestait le plus à Paris. Il y avait toujours l’impression d’être quelque part en province. Même les magasins n’avaient pas à ses yeux le même aspect qu’ailleurs, les passants lui paraissaient plus lents et plus ternes.

-  On le taquinait quai des Orfèvres sur cette manie. S’il commençait une enquête au calvados, par exemple, c’est au calvados qu’il la continuait, de sorte qu’il y avait des enquêtes au vin rouge, il y en avait eu au whisky.

-  «  Vous m’excuserez, mais je ne bois jamais. » dit le professeur en laissant Maigret se servir de fine. Ce n’était pas par vertu, probablement pas non plus par régime, mais parce qu’il n’en avait pas besoin.

-   J’étais allé opérer en Belgique. (… )  A l’hôtel où j’étais descendu à Liège, des armes fabriquées dans le pays étaient exposés dans une vitrine. L’idée m’est venue d’acheter un petit automatique.

-  « - Vous l’aimiez ? « 
   « - Non. « 
   «  - Pourquoi l’avez-vous épousée ? « 

   «  - Pour avoir quelqu’un dans la maison. La vieille femme qui s’occupait de moi n’en avait plus pour longtemps à vivre. Je n’aime pas être seul, monsieur Maigret. Je ne sais pas si vous connaissez ce sentiment-là ? «   

mardi 23 septembre 2014

André-Joseph Dubois : " Ma Mère, par exemple "


Ceci n’est pas un roman, encore moins une biographie mais des impressions à propos d’une Liégeoise, la mère de l’auteur de ce récit. Cette femme est née et à vécu dans le faubourg Sainte-Marguerite, rue du Haut-Pré, pour être précis. Elle a traversé tout le vingtième siècle et est décédée, plus que centenaire, en 2013 à Liège.
 Oh !, elle n’est pas connue du grand public, à peine de ses voisins, mais comme le dirait, ailleurs,  Jean d’Ormesson, elle est : « Unique. Irremplaçable. La seule, à jamais, de son espèce et de son genre. » Et c’est là que le style d’André-Joseph Dubois intervient …
Ah ! que voilà de la belle littérature !,  qui nous change un peu de l’écriture, parfois, un peu trop «  salopée «  de certains de nos contemporains … Les cinq dernières pages sont très émouvantes mais surtout, ne zappez pas  : lisez les 130 précédentes !

Un très bon choix : «  Ma Mère, par exemple «  de André-Joseph Dubois dans la collection «  Plumes du Coq «  aux éditions Weyrich, 2014, isbn 978-2-87489-281-3, 14 euros, en vente dans toutes les bonnes librairies.


Voici quelques extraits limités ici à ceux concernant le quartier Sainte-Marguerite :


-  ( à propos de la maison du numéro     ,rue du Haut-Pré)  La maison était construite sur un terrain minier. Tous les deux ou trois ans, les angelots se craquelaient, le stuc se lézardait, il fallait s’en remettre au charbonnage qui dépêchait un peintre rafistoleur.

- Et finalement, en 1983, une nuit, un tremblement de terre ébranla Liège, particulièrement le faubourg Sainte-Marguerite. Ma mère marchait déjà difficilement, je l’emmenai le lendemain matin reconnaître les dégâts. Je me rappelle de la cheminée saugrenue atterrie de biais au pied du lit des deux vieux apeurés – dans la chambre à la loggia- au-dessus le plafond béant qui bavait son lattis et, plus haut encore, le toit ouvert sur le ciel d’un bleu cru. (…)

-  Elle traversa donc l’Occupation sans se soucier de ce qui outrepassait les limites du faubourg Sainte-Marguerite. (…) Elle ne quêtait  pas les informations, se méfiait des rumeurs et aucune propagande n’eut de prise sur elle. Cependant, le quartier payait son tribut. Un jeune homme d’une rue proche disparut définitivement, pris dans une rafle ; le fils des voisins d’en face mourut dans l’explosion d’une bombe alors qu’il dégageait les décombres ; quand  la Wehrmacht en déguerpissant fit sauter un char à Fontainebleau, pas bien loin, nombres de victimes lui étaient connues. Tout cela, et son prisonnier, et son fils à élever, c’était sa guerre ; l’autre guerre, celle dont parleraient les livres, n’était qu’un écho lointain.


- C’est ainsi qu’elle distinguait dans son Haut-Pré natal, au cœur du faubourg liégeois de Sainte-Marguerite, un ordonnancement social aussi rigide et aussi pérenne que celui du faubourg Saint-Germain. (…) A Charleroi, elle ne se lia avec personne. Avec cette mauvaise foi des principautaires, elle estimait la ville petite et grise, l’accent carolo vilain, d’ailleurs on ne parlait pas là le bon wallon et la tarte au riz, franchement, laissait à désirer. Mon père, qui lui-même cultivait la nostalgie de Liège, essaya en vain de l’attirer chez certains de ses clients ; c’était peine perdue, elle restait sur son quant à soi.




Guy Delhasse et André-Joseph Dubois lors d'une promenade littéraire dans le quartier Saint-Marguerite ce samedi 20 septembre 2014

dimanche 21 septembre 2014

Luc baba : " Le mystère Curtius "



En quatrième de couverture :

 «  Liège, quartier de la Batte, 1928. Ernest, Firmin et Joseph, trois amis détrousseurs de poches volent pour leur patron Félix un coffret de pièces précieuses apparemment oublié dans une cave de la prestigieuse Maison Curtius. Ils ne savent pas que son trésor hante depuis plusieurs siècles cette demeure érigée comme un palais sur les bords de la Meuse liégeoise. Ils ignorent également que ce vol a ouvert les trappes d’une aventure faite de dangers et de mystère, où le détective Chantraine pourrait bien perdre la tête… « 


Extraits :

- Félix habite à un quart d’heure d’Outremeuse, dans le quartier du Haut-Pré, un repli de la ville où nul ne passe, sans doute pour que ses coqs de concours et ses chiens n’attirent pas les indiscrets, ou parce qu’il n’aime ni les hommes ni la goutte. Il boit des choses d’ailleurs ou des bières de moine. (…) Il crèche dans une impasse, au fond d’une cour que le soleil ignore.


-  ( Au Chevalier noir, une taverne de l’île) on sert le verjus et le péquet, toujours en deux rasades, l’une pour rincer le verre, l’autre pour rincer le gosier.

samedi 20 septembre 2014

Georges Simenon : " Les clients d'Avrenos "




Bernard de Jonsac (la quarantaine) est drogman (interprète) auprès de l’ambassade de France à Istamboul. Nouchi (17 ans) est danseuse dans un cabaret. Ils ont une liaison mais Nouchi déteste physiquement les hommes (rapport à un événement mal vécu durant son adolescence). Leila (23 ans), elle, est issue d’une famille bourgeoise. Ces trois-là, ainsi que d’autres amis, mènent une vie un rien dépravée, dissolue. Tentative de suicide, accidents divers agrémentent encore leurs vies …


Sans doute pas le meilleur de Simenon …

mardi 16 septembre 2014

Jean d'Ormesson : " Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit "



Dans ce roman, - car c’en est un, voir plus loin – Jean Bruno Wladimir François-de-Paule Le Fèvre d’Ormesson nous parle de sa famille (des gens de «  la haute »), de son grand-père. D’un de ses dadas : le temps. Du fait qu’il préfère ne rien faire- ou plutôt comme le héros du roman de Melville,  Bartleby, qu’il « préfère s’abstenir « - , qu’il aime dormir. Il nous parle des mythologies, des « grands classiques »- comme Chateaubriand, Homère, Einstein, La Fontaine, Freud ,…- . De l’Italie, de la Grèce, de l’Inde … et de la France. D’une certaine Marie, d’un certain Pama Karpo, omniprésents,  tous deux personnages fictifs (ou représentatifs) et voilà pourquoi ce récit est un roman. Il nous dit «  qu’il y a au-dessus de nous quelque chose de sacré »… Oufti !
Lire du Jean d’O, c’est le contraire de perdre son temps ; et de surcroît, excellent pour le moral !


Extraits :

-  ( Je suis) Unique. Irremplaçable. Le seul, à jamais, de mon espèce et de mon genre. Et d’une banalité à pleurer. A la façon de milliards d’êtres vivants, de toutes les couleurs et de toutes tailles, (…)

-  (…) l’avenir qui n’est nulle part avant de tout envahir et de se changer en souvenir.

-  Dieu est invraisemblable. Nous aussi. Le temps est invraisemblable. La lumière est invraisemblable. La vie est invraisemblable. Et tout ce qu’on peut essayer de mettre à la place de Dieu et pour éviter Dieu  - une éternité aveugle, une avalanche de hasards heureux et sans liens entre eux, une succession en accordéon de big bangs et de big crunchs, une infinité de multiunivers dont nous ne serions qu’un exemplaire…-  est invraisemblable aussi. Le mystère est notre lot. Par respect, par gratitude, pour tâcher d’éviter l’absurde et le désespoir, pour essayer d’être heureux, je choisis de l’appeler Dieu.

-  On ne peut rien dire de Dieu. Je vois Dieu comme un esprit qui serait à l’intelligence des hommes ce que l’éternité est au temps. C’est-à-dire radicalement autre chose. Parler de Dieu devait être interdit plus sévèrement que le parricide, l’inceste, la violence gratuite.

-  Quand les hommes auront disparu, Dieu sera le seul à pouvoir se souvenir encore d’eux. Et de nous.


En bonus, cette courte intervieuw :

dimanche 14 septembre 2014

Liège en 1994




Liège, place de l'Opéra et boulevard de la Saufenière en 1994




Liège, mardi 10 mai 1994 : éclipse partielle du soleil





-  «  La Meuse « , jeudi 13 janvier 1994
Les bonnes recettes du Studio Théâtre de Liège. – A la fin des années ’60, huit comédiens-amateurs, tous des anciens de l’Arlequin créèrent une petite troupe de théâtre en mettant chacun 500 F. de leur poche. (…) Ils sont actuellement installés aux Waroux. (…) Celui qui préside aux destinées de S.T.L. est un grand monsieur de théâtre amateur : il s’agit de Guy Villers (… «  Un des membres de la troupe, Robert Ruwet, écrit aussi des pièces pour nous « . (…)



- «  La Meuse « , mercredi 23 février 1994
14 candidates au titre de Miss Province 1994. Ces jeunes filles de la province de Liège se présenteront le 5 mars sur la scène du Casino de Spa. Une soirée à ne pas rater.


- «  La Meuse « , vendredi 25 février 1994
Liège veut garder ses terrils. La ville réclame la préservation de tous ceux qui subsistent (sauf Sclessin) et se propose de le couvrir de végétation. (…)


-  Lundi 28 février 1994
Bande FM : le grand chambardement ! Cette nuit, la plupart des radios privées ont changé de fréquence. Pour que des centaines de milliers d’auditeurs puissent s’y  retrouver, «  La Meuse «  publie le plan complet de ce déménagement.


-  Mardi 15 mars
Bientôt le retour à Liège. Michel Preud’homme : Standard ou Seraing. A 35 ans, l’un des meilleurs gardiens du monde bénéficie d’un transfert libre . (…)



- Vendredi 18 mars 1994
Le défi d’une ville. Ils sont fous ces Liégeois !   77 équipes de 4 concurrents, samedi dans Liège. Onze épreuves d’audace et de performance athlétiques. (…)



-  Mercredi 23 mars 1994
Il faut sauver le RC Liège. Pour prouver aux investisseurs que le Club de Rocourt vous intéresse, écrivez-nous.


- Lundi 7 avril 1994
Un petit vent du Québecq souffle les 10 bougies du Moderne. Depuis une décennie, la troupe du Moderne est installée dans l’ancien cinéma de Ste-Walburge. (…)


- Lundi 18 avril 1994
Un Russe d’Italie gagne la Doyenne. Berzin (23) 1 er à Liège-Bastogne-Liège.




- Mardi 19 avril 1994
18 ans après avoir quitté Sclessin, l’entraîneur le plus convoité de Belgique revient au Standard. (…) Robert Waseige.


-  Samedi 14 mai et dimanche 15 mai 1994
S’éclater pendant 10 heures avec 82 musiciens venus de 6 pays, ils se relaieront sur 6 podiums : ce dimanche, l’adresse du jour de l’Europe du jazz sera «  Liège, Palais des Congrès «  (…)



-  Liège 30 mai
Liège : la voiture écrase le bus. Les transports en commun n’ont pas vraiment les faveurs du public. (…)

-  Mercredi 8 juin 1994
La ville va ouvrir à l’hôpital Volière, rue Montagne Ste-Walburge, un lieu qui accueillera les toxicomanes 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 (…)


- Samedi 18 juin 1994
Rendez-vous sous terre ! (…)


- Mercredi 6 juillet 1994
Sainte-Walburge : des habitants inquiets. L’ouverture à l’automne prochaine dans le quartier, d’un centre de crise accessible 24 heures sur 24 aux drogués à la dérive, suscite pas mal de crainte (…)


-  Lundi 8 août 1994
Le «  Parker belge «  s’est tu. Jacques Pelzer qui, avec les légendaires Bobby Jaspar et René Thomas, faisait partie des «  grands Liégeois «, internationalement connus du jazz, est mort hier (…)



-  Mercredi 17 août 1994
La Sauvenière est fermée ! Toutes les chaudières de la célèbre piscine liégeoise sont cassées. C’est un monument liégeois qui s’écroule. (…)


-  Jeudi 1 er septembre 1994
L’Arlequin vous en fait voir de toutes les couleurs … La 20 ème saison professionnelle du théâtre de la rue Rutxhiel vous réserve bien des surprises (…)


-  Mardi 13 septembre 1994
Ça n’a pas piétiné. – Dans les délais prévus, le piétonnier des rues de la Régence et de l’Université s’achève. Inauguration en fanfare vendredi et ouverture des commerces en nocturne. (…)

- Jeudi 15 septembre 1994
A Liège «  la Lumière «  brille depuis 75 ans. Fondée juste après la guerre de 14-18 pour venir en aide aux soldats rendus aveugles par le gaz de combat, l’œuvre s’est diversifiée et est toujours plus active. (…)




-  Lundi 19 septembre
Un toit pour la nuit. L’Asbl va ouvrir un abri pour sans logis rue Grandgagnage à Liège (…)


- Lundi 3 octobre 1994
Magie nocturne en marche. Des centaines de Liégeois sont retombés amoureux de leur ville en suivant, au départ de la Montagne de Bueren, éclairée de 2.000 bougies, la promenade insolite que leur offrait Inter-Environnement pour ses 20 ans. (…)


-  Samedi et dimanche 9 octobre 1994
Tous aux urnes !


- Lundi 9 octobre 1994
Liège : c’est Dehousse !




-  Jeudi 13 octobre
Ecole buissonnière dans les rues de Liège. Ce mercredi, ils étaient plus de 2.000 étudiants à clamer à nouveau leur opposition au plan Lebrun (…)


-  Lundi 17 octobre 1994
Magic Standard. Un foot d’énergie et de charme, la recette de Bob Waseige a fonctionné à merveille contre La Gantoise.




- Lundi 17 octobre 1994
HEC bâtit un pont vers le futur. La grande école de gestion inaugure ses nouveaux locaux à la rue Louvrex. (…)





- Mercredi 26 octobre 1994
Il était le photographe-poète. Le Liégeois Hubert Grooteclaes, artiste de renommée internationale, s’est éteint comme il a vécu : discrètement. (…)




- Vendredi 28 octobre 1994

M. Lebrun, à Liège , ils étaient 37.000 !




-  Lundi 7 novembre 1994
Saint-Roch au fil des temps, 1820-1995. L’institut de Ferrières va fêter ses 175 ans pendant toute une année.



- Lundi 7 novembre 1994
L’adieu d’une grande dame. Ça paraît impossible mais «  Titine Badjawe «  s’est tue … définitivement. Henriette Brenu a quitté les Liégeois, hier, à l’âge de 94 ans. (…)



-  Samedi et dimanche 13 et 14 novembre 1994
R.C. Liège : trois buts en un quart d’heure. Un bonheur signé : Varga !



-  Samedi 3 décembre 1994
Maigret parle wallon ! Des Liégeois ont adapté un roman de Simenon «  La Danseuse du Gai-Moulin «  en bande-dessinée. Le célèbre commissaire y mène l’enquête en wallon dans les rues de Liège. (…)



- Lundi 19 décembre 1994
Des rumeurs qui font peur. A Rocourt, on craint très fort une éventuelle fermeture du R.C. Liège. (…)



-  Jeudi 22 décembre 1994
Joyeux Noël, Jean-Mi !    Le Liégeois élu sportif de l’année pour la seconde fois.



- Lundi 26 décembre 1994

En croisade contre les logements vides. A Liège, 1.400 maisons sans gens, 400 gens sans maisons, voici le slogan de la campagne lancée à Liège en faveur des sans-abri par le moine-sénateur Germain Dufour et une série d’association.


Et tout particulièrement dans le quartier Sainte-Marguerite




                                                   Liège, la rue des Remparts et la basilique Saint-Martin


- Samedi 7 mai 1994
La restauration de la basilique Saint-Martin : on avance (…) Phase 1 : «  Chœur et abside « ;  phase 2 : «  Nef centrale «  (…)

-  Vendredi 28 janvier 1994
Sainte-Marguerite, quartier d’initiative. On va le photographier, l’étudier, l’observer pour lui rendre vie. On incitera les propriétaires à améliorer leur logement (prime à la réhabilitation). Le jardin Vandervelde va être réaménagé. (…) Le quartier compte environ 12.000 âmes (…)

-  Vendredi 16 septembre 1994
Les habitants du cadran «  fêtent «  les 10 ans d’oubli de leur quartier. (…)
Sainte-Marguerite va faire la fête pendant trois jours, orchestrée par  la société  «  Ouest-Attractions « . (…) Avec le concours du «  Val de la Légia «  , le comité local, les anciens combattants, l’Asbl «  Vent du Nord, Vent du Sud « , concerts de danse  et de chanson française, un  marché de la convivialité proposé par les commerçants. Dimanche, 18 septembre, inauguration et consécration de la nouvelle église.



-  Mardi 20 septembre 1994
«  Bingo «  pour l’institut Saint-Joseph. C’est le titre de la chanson que viennent d’enregistrer des élèves de cet établissement du quartier Sainte-Marguerite pour aider l’opération 48.81.00. (…)


Merci au journal «  La Meuse «  et à tous ses journalistes anonymes  ! ! !

Merci à la bibliothèque de l’Université de Liège, place du XX août et du Sart-Timman  ! ! !

Roger Saussus : " La guerre à douze ans "



Roger Saussus est un écrivain belge, né en 1902. Sous la forme de lettres qu’un père écrit à son fils en 1937,  le narrateur raconte ses premiers mois de guerre, alors qu’il avait 12 ans en 1914, à Saint-Mard, entité de la province de Luxembourg. «  La guerre aux Teutons «  comme il dit, soit les pieds de nez que lui et ses petits camarades firent aux Boches qui séjournaient dans son village. Autant dire que ces 100 pages sont délicieuses, savoureuses et … patriotiques à souhait. Ce roman a été publié en 1968.

Extraits :

-  « Pourquoi vous chagriner, disait-il ? On en revient comme on y part. On luttera une quinzaine de jours, en attendant  les Français et les Anglais. Dans un mois, le compte des Boches sera réglé et ils s’en souviendront si bien qu’ils ne recommenceront plus jamais. »

-  Au début de la guerre, il y eut une éclipse de soleil. Les enfants – et les grandes personnes – s’étaient munis de verres noircis à la fumée pour contempler les différentes phases du phénomène. Le soleil s’obscurcit peu à peu. Un vrai ciel de décembre succéda à l’éblouissante clarté d’août. Un brave vieux s’imagina qu’un orage sans précédent allait éclater. Il ne fit qu’un bond jusqu’à son pré pour y prendre la vache qu’il croyait en péril.

-  Ces gens-là allaient à la bataille, la plaisanterie aux lèvres : «  Quel plaisir d’aller canarder les Boches ! … On va enfin manger de la choucroute ! … Pourvu qu’ils ne se sauvent pas trop vite et qu’on puisse les rattraper ! … J’ai promis un casque à pointe à ma femme pour sa nichée de petits chats !... « 

-  Depuis que l’on connaissait mieux les massacres de civils des villages voisins, la population vivait en état d’alarme. A la maison, derrière la porte, il y avait en permanence deux grands paniers de provisions et des cafetières pleines d’œufs : il suffisait de les empoigner s’il fallait un jour se sauver à l’improviste. Ma mère portait, cousus à son corset, nos livrets de la caisse d’épargne. Mon grand-père avait deux ou trois ceintures contenant toutes les pièces d’or et d’argent de la maison… Il les garda, nuit et jour, pendant six mois.


-  Nous étions qualifiés pour en parler, de la férocité de ces soldats : « n’avions-nous pas comme camarade de jeu, un orphelin dont le père, la mère et les deux frères avaient été fusillés. N’avons-nous pas visité Ethe, à quelques kilomètres de chez nous, pour voir ces rues entières dont pas une maison ne restait debout. A une demi-heure de Saint-Mard, à Latour, tous les hommes valides avaient été égorgés après une journée passée sur le champ de bataille à recueillir les blessés.

jeudi 11 septembre 2014

Liège en 1916


                                         Place des Guillemins en 1916


Grâce à l’excellent ouvrage «  Liège pendant la guerre «, tome III, de Jules De Thier et Olympe Gibart, paru en 1919 à l’imprimerie Bénard ( et disponible, entre autres, à la bibliothèque «  Les Chiroux «  de Liège), voici rapidement évoqué la vie quotidienne à Liège en 1916.

L’année 1915 s’était écoulée sombrement dans la monotonie de l’existence, l’oisiveté forcée, les inquiétudes, les privations de tous genres, la pénurie des distractions, la rareté des voyages et le plus effroyable régime d’insécurité et d’arbitraire qui se puisse imaginer.

-  Dans la nuit du 10 au 11 janvier 1916, à 3 h.55 du matin, beaucoup de Liégeois furent réveillés par quatre ou cinq violentes explosions qui se succédèrent à quelques intervalles. (…) Ce n’est que deux jours après qu’on apprit la vérité : une poudrière allemande avait sauté dans les remparts de Lille, à 190 kilomètres d’ici !




- Le 16 janvier 1916, deux Zeppelins passèrent au-dessus de Liège. Ces impressionnants navires aériens traversaient du reste assez souvent notre ciel à cette époque.

-  Le 23 janvier, l’Administration communale créa un Comité central des Œuvres Liégeoises de bienfaisance et de solidarité. (…) C’est à lui que durent être adressées par la suite toutes les demandes de secours.

-  En février 1916, à Liège, on entendit le canon comme jamais on ne l’avait entendu depuis que l’on combattait dans ces parages. Nos vitres en tremblaient sans cesse pendant des heures !

- Le 17, la grippe sévissait à Liège et beaucoup de malades succombaient. L’affaiblissement général, provenant d’une alimentation insuffisante, rendait les maladies plus graves.




-  Le 31 février 1916, l’œuvre des Diners Economiques débuta au Palais des Sports et obtint un très gros succès. Dans l’immense salle coquettement décorée, étaient disposées de grandes tables. Un millier de dîneurs pouvaient y prendre place. Le dîner, substantiel et bien préparé, coûtait 60 centimes. Le premier jour, on servit 1.500 dîners et, peu après, ce chiffre atteignit 3.000, en y comprenant les repas emportés à domicile. Voici un des menus qui furent servis :
                                              Potage aux pois
                                              Riz aux poireaux
                                              Bœuf braisé
                                              Une demi-tranche de pain
Comme boisson, on avait de l’eau à discrétion et on pouvait obtenir un verre de bière pour 5 centimes. Le service était fait par des «  demoiselles du téléphone «  qui s’acquittèrent de cette mission avec beaucoup de bonne grâce.


  
                                            Place Saint-Lambert en 1916

-   A Liège, on voyait beaucoup moins de soldats quoique l’on fit circuler tous les matins dans les rues quatre canons suivis de leurs caissons et une ou deux compagnies d’infanterie, ce qui était à peu près tout ce qui restait ici.

-  Cependant, nous nous intéressions aux manifestations locales qui continuaient à se produire contre la cherté du beurre et du lait. Ces manifestations s’étaient propagées dans toute la banlieue liégeoise et, le 2 juillet, on manifesta à Liège. Au marché de la Batte, des échoppes furent renversées, des légumes, des pains, des œufs, des lapins et des poules furent jetés dans le fleuve, tandis que des produits exposés à l’intérieur d’un magasin du centre étaient saccagés. (…) L’irritation populaire se tourna alors contre les policiers qui durent dégainer pour rétablir l’ordre. Les femmes étaient surtout excitées et, devant les commissariats des rues Sœurs-de-Hasques et Hullos, elles lancèrent des briques et des pierres sur les agents.

-  A Liège, dès l’aube du 21 juillet (fête nationale), des patrouilles nombreuses, composées de trois soldats, baïonnette au canon, circulèrent en ville. Les magasins restèrent ouverts mais les Liégeois se promenèrent comme les jours de fête sans que les Allemands pussent intervenir.

-A propos de ces prisonniers russes (qui travaillaient sur la ligne de chemin de fer Visé-Longdoz-Angleur), la population de ce quartier les ayant accueillis avec sympathie et ayant cherché à adoucir leur triste sort par des dons de vivres ou de tabac, les Allemands s’empressèrent de prendre un arrêté menaçant de peine sévères ceux et celles qui se mettraient en rapport avec ces malheureux.


                                          Boulevard Saucy en 1916

-  Terminons ce mois de juillet 1915 en citant quelques-unes des condamnations prononcées par le tribunal militaire :
10 jours de prison à plusieurs personnes pour «  avoir ridiculisé des sous-officiers ou soldats allemands «. Comme nous n’avions plus guère que des réformés qui manquaient d’esthétique, on eût pu invoquer les circonstances atténuantes.
5 à 8 jours à d’autres pour avoir manqué de respect aux soldats.
7 jours à un marchand de journaux pour avoir annoncé que l’offensive des Alliés marchait de succès en succès.
10 jours à un autre marchand qui avait souligné au crayon bleu les communiqués des Alliés.
10 jours à un artiste qui avait chanté une romance non censurée.
3 à 5 jours à des ménagères qui avaient donné des vivres à des prisonniers russes.

-  Août 1916. Pendant le mois d’août, les Allemands continuèrent à s’emparer, en Belgique, de tout ce qui pouvait leur être utile. (…) Les Allemands n’étaient pas à court de moyens pour accaparer nos vivres. Mais l’accaparement ne se bornait pas aux vivres. (citation de quantités de produits en tous genres : tissus, baignoires, réservoirs à eau, ustensile de cuisine, tuyauterie, fils électriques, barres collectives, etc..) Une autre saisie porta sur les objets en cuivre, bronze ou étain, minerais, objets ouvrés, etc…

-  L’usage de la bicyclette était interdit, sauf pour les ouvriers ou les écoliers habitant à plus de deux kilomètres de leurs ateliers ou de leurs écoles.

-  Au début du mois, on nous interdit de commémorer le second anniversaire des combats de Liège. Cela ne nous empêcha pas de fleurir abondamment les tombes des victimes du mois d’août 1914.


-  On vivait de plus en plus modestement, mais nous nous étions accoutumés depuis deux ans à nous passer de beurre et de graisses, à nous contenter de quelques grammes de viande et d’un ou deux plats de pommes de terre par semaine, à boire du malt au lieu de café et de supporter une foule de privations du même genre. ( …) Mais où les Liégeoises se montraient plus surprenantes encore, c’était dans la façon dont elles s’habillaient malgré la dureté des temps. La plupart d’entre elles sacrifiaient à la mode, portant des jupes courtes et larges qui avaient succédés aux étroits fourreaux et complétant leurs toilettes par de bottines impeccables et de gracieux chapeaux.

- Le 29 août 1916, MM. Joseph Kerf, Wilhelm Xhonneux et Joseph Hick furent fusillés.

-  Pendant le mois de septembre, le pillage de la Belgique s’accentua encore. Aux environs de Liège, l’autorité occupante s’empara de plusieurs usines, quelquefois dans le but d’y faire travailller à son profit, mais, le plus souvent pour pouvoir en enlever le matériel et l’expédier en Allemagne.

-  A Liège, l’autorité occupante offrait aux ouvriers du travail dans les usines mises sous séquestre et travaillant pour l’Allemagne, spécifiant que ceux qui s’engageraient dans ces usines ne seraient pas déportés.

-  Voici, à propos du prix des denrées, un tableau comparatif des prix des 1914 et de 1916 :
      1 kilo de viande …………………      fr   3.00       fr   9.00
      1 kilo de lard ……………………      fr   2.00       fr  16.00
      1 kilo de graisse ……………….        fr   1,60      fr  12.00
      1 kilo de beurre ……………….         fr   3.00       fr  8,50
     10 litres de pétrole …………….         fr  1,50       fr  75.00
      1 kilo de café ………………….        fr   2,40       fr  16.00
     10 œufs ……………………………   fr   1,50       fr  5,50
     10 kilos de farine ……………..          fr   2,80        fr  32.00
     10 kilos de pommes de terre                    fr  1.00        fr  8,50
      1 kilo de sucre ……………… ..             fr  0,60       fr  6.00
      1  kilo de riz ……………………..         fr  0,40       fr  12.00

( …)  Ce qui, par exemple, coûtait 23 fr 80 en 1914 se payait 227 fr 50 en novembre 1916 !
  

-  Octobre 1916. Dans un autre avis, le gouverneur général rappela qu’il était interdit de donner des secours à ceux qui refusaient d’effectuer le travail qu’on leur offrait. Mourir de faim ou travailler pour l’ennemi, telle était l’alternative dans laquelle plaçait les ouvriers belges.
- le 14 octobre, l’archevêque de Münnich  donnait sa bénédiction aux soldats allemands à l’issue d’une messe dite à la cathédrale de Liège.

-  Pendant le mois de novembre 1916, la déportation des civils belges en Allemagne continua à provoquer une profonde émotion dans toute la Belgique. Des récits tragiques étaient faits de ces marchés d’esclaves renouvelés par les Allemands : ceux-ci convoquaient dans les gares ou d’autres locaux, sur les places publiques et souvent même – par une attention pleine d’humour germanique – sur le «  Marché aux bêtes « , les hommes de 17 à 55 ans en leur ordonnant de se munir du linge strictement nécessaire, et de quoi se sustenter pendant une ou deux journées. (…) Il faut avoir assisté à ces départs lugubres pour avoir une idée de la détresse humaine !



                                        Sortie d'une école

- A partir du 6 novembre, dans les écoles communales, on fit chaque jour, aux élèves, des distributions de riz au lait et de petits pains.
- Le 12, le gouverneur général vint inaugurer une église évangélique dans le local de la Bourse (ancienne église Saint-André).



                                                      Armand Rassenfosse : " Femme à la toilette "

-  Mentionnons la générosité des artistes liégeois qui mirent sans cesse leur talent à la disposition des nombreuses œuvres de solidarité. C’est ainsi qu’on eut l’occasion d’admirer de superbes affiches et de forts beaux dessins d’Emile Berchmans, d’Auguste Donnay, d’Armand Rassenfosse, de José Wolf, d’André Hallet.




-  Il nous faut encore signaler  une heureuse publication des contes délicieux parus jadis dans le Journal de liège sous la signature de feu Marcel Remy. Ces contes, réunis sous le titre : Les ceux de chez nous et spirituellement illustrés par Rassenfosse, sont parmi les pages qui décrivent le mieux et le plus fidèlement les mœurs du pays de Bois-de-Breux. (…) Ils obtinrent un légitime succès et les prisonniers liégeois, auxquels on se fit un devoir de les envoyer, y ont y ont goûté, dans l’exil, les sensations fraîches de leur jeunesse et le parfum du pays natal.

- Au début de l’hiver 1916, nos théâtres, music-halls et cinémas virent affluer les spectateurs. Les théâtres du Pavillon de Flore, celui du Trianon jouaient l’opérette, tandis que la Renaissance, baptisé à présent Trocadéro, était réservée aux pièces wallonnes interprétées par une troupe qui obtenait de grands succès. Seuls, le Théâtre royal et le Gymnase gardaient leurs portes closes.



                                                 

-  A la fin novembre, les journaux censurés nous apprirent une navrante nouvelle : notre grand poète Emile Verhaeren venait d’être écrasé par un train en gare de Rouen ! Cette mort atroce et stupide provoqua dans tout le pays une vive émotion ; on eut l’impression d’un deuil national.

- Le 6 décembre, à l’occasion de la Saint-Nicolas, on vit reparaître les jouets liégeois, plus variés que l’année précédente. Les friandises étaient rares et chères et Saint-Nicolas apporta surtout aux enfants sages des vêtements et des objets utiles.

-  Le 25 décembre, la Noël fut peu fêtée. Tout au plus on pouvait se procurer quelques grammes de farine de sarrasin – au prix de 4 fr.50 le kilo – pour confectionner les traditionnelles «  bouquettes « 


                                  Palais des Princes-Evêques vu des degrés St-Pierre en 1916