" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

mardi 30 décembre 2014

De bien beaux films en cette fin d'année au ciné




-  «  Turner » : des grognements, des pulsions basiques peuplent cette évocation des dernières années de la vie du peintre ; mais ne vous y trompez pas : Turner voit beaucoup plus loin que nous …



-  « La famille Bélier » : un critique de cinéma bien connu que je ne nommerai pas (H.D.) a déclaré : «  On ne fait pas un grand film avec de beaux sentiments ». Comme il y va, lui ! En tout cas cette famille Bélier tient très bien la route et elle est sympa, elle.



-  « National Gallery » tout sur le célèbre musée londonien. Surtout ne manquez pas le duo de danse à la toute fin du film … et les deux heures cinquante minutes précédentes.



-  «  Samba « : Lui est sous un O.Q.P. (ordre de quitter le territoire) et elle émerge à peine d’un burn-out. Un Omar Sy en grande forme, comme d’hab, et une Charlotte Gainsbourg qui se meut si délicieusement dans l’espace (comme d’hab) ;


Mes écrits en 2014




Mes écrits de 2014

-  Un  fantasme :

-  Un Gouvyon dans les années ‘50/60

- Les «  Salons «  liégeois de jadis :

-  Les dernières minutes d’un Liégeois en août 1914 :

-  Mondes parallèles en Outremeuse :

-  Le doyen de Sainte-Marguerite :

-  Je suis plus intelligent qu’un trou noir :

-  Presque tout sur les neutrinos :

-  Dimension de pénis :

-  Ma vie à Saint-Roch :

-  Nadine , fille de joie :

-  L’affaire Joseph Bontemps :

-  La rue Sur-la-Fontaine à Liège dans les années ’70 :

-  Quelques bistrots liégeois dans les années ’70 :

- Bistrots de Gouvy :
http://catinus.blogspot.be/2014/12/une-ptite-viree-dans-les-bistrots-de.html



DE 2017

- Derniers jours d'un Liégeois en 2041 :

Pour vous, Messieurs, à l'approche des grands froids


                                               garantie pure laine vierge, non-irritante ....


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lundi 29 décembre 2014

" Salut Maurice " n° 81 de novembre/ décembre 2014 en version numérique


Vous ne parvenez plus à trouver la version papier du bimestriel gratuit «  Salut Maurice » n° 81 de novembre / décembre 2014 ? Pas de panique !  Le voici en version numérique. N’oubliez pas d’agrandir la page grâce au zoom (normalement sur l’onglet au-dessus, à droite de votre écran).
Rappelons que «  Salut Maurice » est le journal du quartier Sainte-Marguerite.

 C’est par ici :



Bonne lecture et meilleurs vœux pour 2015 ! ! !


D'autres numéros ici :









dimanche 28 décembre 2014

Robert Ruwet : " Le Sorcier "



En prononçant maladroitement une formule magique, Nicolas, un sorcier, se retrouve dans les Limbes (à côté du Paradis) avec ses deux filles et son fils. Il leur est impossible de retourner sur Terre. Nicolas rencontre un ange ( Séraphin) et ses enfants un démon. Très vite, ces deux êtres ailés (voire fourchu pour l’un) n’ont plus qu’une idée en tête : voler le livre magique et aller faire du tourisme sur Terre …
Fameux dialogues, parfois très crus, et puis, ce ne doit pas être triste non plus sur scène …

Deux extraits :


Nicolas :
Ben le purgatoire ! De quoi on cause, Séraphin ? C'est loin ?

Ange :
Loin ?

Nicolas :
Oui ! Je te demande si c'est loin d’ici !

Ange :
Mais... cher Monsieur Nicolas, il m'est impossible de répondre à une telle question. Près... loin... ces mots ne veulent rien dire ici.

Nicolas :
Mm mm... Pourtant, par là c'est par là... et par là c'est par là...

Ange :
Dites-moi, Monsieur Nicolas.

Nicolas :
Mm mm...

Ange :
Votre livre... enfin, votre grimoire...

Nicolas :
Quoi ?

Ange :
Il m'a semblé que vous l'aviez déposé là.

Nicolas :
Exact.

Ange :
Or, si je ne me trompe...

Nicolas :
Ben quoi ?

Ange :
Il n'est plus là !

Nicolas :
Nom de dieu !

Ange :
Je vous en prie.

Nicolas :
Mon bouquin ! Mon bouquin !

Ange :
Où est-il ?

Nicolas :
Ils me l'on piqué ! Ils me l'ont piqué !

Ange :
"Ils» ? Qui cela ?

Nicolas :
Mais les trois petits monstres.

Ange :
Des petits monstres ? Mais il n'y a point de monstres dans les Limbes, Monsieur Nicolas, point de monstres !

Nicolas :
Mes enfants.

Ange :
Vos enfants ?

Nicolas :
Oui, mes enfants. Oh, je t'en prie, Séraphin, ne prends pas cet air idiot. Quand j'ai débarqué chez toi, j'étais pas seul, j'étais accompagné de mes trois mômes.

°°°°°°°°°°°°

Nicolas :
D'ailleurs, ces mouflets-là, je ne suis pas bien certain que ce soient vraiment mes enfants.

Ange :
Quoi ?

Nicolas :
Non. A l'époque où ils sont nés, j'avais pas encore opté pour la sorcellerie. J'étais représentant de commerce. Ca ne marchait pas fort. Ca ne marchait même pas du tout. C'est-à-dire que les affaires ne marchaient pas, moi bien. Des kilomètres chaque jour ! Alors, pour essayer de nouer les deux bouts, il m'arrivait souvent de partir pendant une ou deux semaines.

Ange :
Quel est le rapport ?

Nicolas :
Le rapport ! Le rapport ? Faut te faire un petit dessin ? Quand j'étais pas là, ma femme était toute seule. Alors les rapports...

Ange :
Je ne vous suis pas.

Nicolas :
Dis, Séraphin ! Tu as une vague idée de la manière dont ça se fabrique, les mouflets ?

Ange :
Vous voulez parler de la conception des enfants ?

Nicolas :
Tout juste.

Ange :
Oh... je sais que parfois le Saint-Esprit se transforme en colombe et...

Nicolas :
Ouais ! C'est sûrement ça. Pendant que je me tapais toutes les affreuses petites villes de province, avec mes deux valises, ma femme se tapait un nuage de colombes.

Ange :
Vous croyez ?

Nicolas :

Oui, mais je m'en fous. Parce que moi, dans mes petites villes de province, je ne privais pas pour faire le coup de la colombe aux belles demeurées. Et puis, d'ailleurs, ces gosses ils n'ont rien de moi. Les filles sont méchantes comme des teignes alors que je suis bon comme le pain. Quant au gamin, c'est la honte de la famille. De n'importe quelle famille ! A lui tout seul c'est la négation de la théorie de l'évolution. La seule existence de Jojo prouve que Darwin n'était qu'un âne. Parce que Darwin s'est mis dans la tête qu'il nous a fallu des millions d'années pour ne plus être des singes. Oui ! Avec des tarés comme Jojo, je suis prêt à parier qu'en deux générations on sera regrimpé dans les arbres à bouffer des noix de coco.

jeudi 25 décembre 2014

Georges Simenon : " Maigret se défend"




«  Cette fille m’accuse de l’avoir interpellée dans un café où elle s’était arrêtée pour téléphoner à une amie et d’avoir tenté de la séduire en lui promettant de la faire assister à une arrestation. Profitant de son innocence, je l’aurais enivrée, la traînant de bar en bar, pour la faire entrer enfin, inconsciente, dans une chambre d’hôtel, où je l’aurais dévêtue contre son gré. »  Tels sont propos que notre commissaire tient, un soir, à son épouse.
Incroyable mais vrai ! Oui ! vous l’avez bien lu : Maigret est tout bonnement accusé d’outrage aux bonnes mœurs et même plus, qui plus est avec circonstances aggravantes, et ce à deux doigts de la retraite. Très vite, sa hiérarchie lui conseille même de prendre un congé … illimité. Du jamais vu pour notre bonhomme. Va-t-il trouver qui cherche à le nuire ? A votre avis ? Une sombre histoire qui a débuté par un viol commis sur une jeune fille par des soldats allemands au début de la seconde guerre mondiale … (n’en disons pas plus)

Certainement un des meilleurs Maigret !


Extraits :


-  Je ne suis arrivé qu’à un résultat : à avoir honte quand j’avale un verre de bière ou de calvados. Entre deux enquêtes, je reste des jours entiers à ne prendre qu’un peu de vin à table. Puis j’entre dans un café pour observer la maison en face. Je respire l’odeur aigrelette des bistrots parisiens et …

- Les Maigret étaient rentré chez eux, boulevard Richard Lenoir, à pied par la rue du Chemin vert, selon leur habitude.

- Tous les deux descendirent dans le métro. Des collègues taquinaient Maigret à ce sujet. Il était un des rares, au Quai, à ne pas posséder de voiture. Cela tenait en partie à ce que, lorsqu’il était en âge d’apprendre à conduire et à y trouver du plaisir, il n’en avait pas les moyens. Maintenant, il était trop tard. Il risquerait de rester le nez en l’air à regarder le soleil jouer dans le feuillage des arbres, à se retourner sur un passant ou une passante, ou encore, au cours d’une enquête, de se perdre dans une de ses rêveries maussades.


- Sous une pression extérieure ou intérieure suffisante, n’importe qui est susceptible de commettre des actes que la loi et la morale réprouvent.

Patrick Süskind : " Le Pigeon "




Jonathan, vigile dans une grande banque, est effrayé la présence d’un pigeon qui est venu s’installer dans le couloir qui donne sur son appartement. Terrorisé, il décide de se réfugier dans un hôtel … pour faire le point …


Un bouquin chaudement recommandé par Amélie (Nothomb) … Oups ! faut croire que j’ai loupé un épisode car, pour ma part,  il n’y pas de quoi casser trois pattes à un … pigeon. Ha-ha-ha  !

mardi 23 décembre 2014

Louis Joseph à Liège en 2041



                                                 Sky Peak ( Luc Spits )

Le 20 juin 2041. - J’habite dans un penthouse au septième  étage d’un building de la Montagne Sainte-Walburge à Liège. La vue sur la ville y est assez fantastique. L’été, quand il fait chaud, je me promène à poil sur la terrasse. Personne ne peut me voir à part les oiseaux ou parfois un enc*** de drone de la police de passage dans le coin. J’ai toujours adoré me mettre nu. Avec une longue vue, je regarde parfois s’agiter mes contemporains ; ou alors mieux, les astres, les étoiles filantes.
 Je me suis marié sur le tard, en 1986, j’avais 35 ans ;  ma femme a eu deux enfants des jumeaux : Dolorès et Philippe. J’ai commis, comme tout un chacun, des quantités de sottises et quelques erreurs. Une d’entre elles fut d’avoir épousé Sarah. Elle est heureusement morte maintenant.
Je ne vois mes enfants que deux fois l’an : le jour de mon anniversaire et le jour de l’an où l’on sacrifie à la tradition liégeoise de la choucroute. J’ai horreur des choucroutes, aussi je prends autre chose.
Hier, j’ai fêté mes 90 ans. J’ai dit à mes enfants que notre rencontre annuelle pour la circonstance était reportée à une date ultérieure. J’ai passé la journée au sauna, au hammam, puis un resto japonais où je me suis goinfré de sushis et de makis. J’ai terminé par le centre de massage boulevard Piercot où les hôtesses sont bien efficaces et avenantes. De retour à la maison, j’en suis à ma quatrième Guiness. Une journée un peu trop remplie, oups !, et maintenant je suis claqué …

Le 30 juin 2041. – Je vis seul.  Tous mes amis sont morts, je veux dire ceux qui ont vraiment compté. Mes amies femmes, encore buvables, ne tiennent plus du tout à me rencontrer. Il faut croire que j’ai été fort odieux. Une personne, qui habite l’immeuble,  veille sur moi, Fatima, une Syrienne. Elle ne s’appelle pas Fatima mais elle a une tête à s’appeler ainsi. Elle vient faire le ménage, s’occupe de mes courses dans les magasins. Au début, elle me faisait même quelques gâteries, sur commande, mais maintenant plus. Je n’aime plus son corps et ne supporte plus qu’elle me touche.

Le 7 juillet. – Il m’est arrivé une chose assez surprenante aujourd’hui. On organisait à la basilique Saint-Martin, là tout près, une visite qui débutait par la tour. Il est évident que je ne peux plus monter les 227 marches qui y mènent, mais la possibilité nous était offerte de nous tracter, assis sur un siège, au sommet via une sorte de grue. En regardant avec des jumelles le début du boulevard de la Sauvenière , je vis, sans aucun l’ombre d’un doute, mon amie Cawète. Aujourd’hui elle doit avoir 65 ans mais là elle en avait 30. Elle me saluait de la main, comme si elle me voyait à deux pas, me souriait. Et je fus sidéré de voir à son bras : moi-même, himself ; je semblais avoir 40 ans à tout casser. Et je pus voir, dessiner sur leur lèvres : Louis, fais nous signe ! « Louis, fais nous signe ». J’ai failli tourner de l’œil. Je devins, paraît-il,  blanc comme un mort. Aussi on me redescendit vite fait de la tour.

- 29 juillet 2041 – Ca fait de semaines et de semaines que j’entends la même rengaine : « C’est la guerre ! » ou encore «  Mais monsieur, c’est la guerre ! ». Alors que je voudrais tant retourner une dernière fois à Londres. «  C’est la guerre, mon bon monsieur ! Les frontières sont fermées. » Quoi ? Ils ont fermé les frontières, a c’t’heure, ces pignoufs enfarinés ? … J’ai la mémoire qui flanche, j’me souviens plus très bien comme le disait la chanson … Je me souviens du temps où j’étais testeur d’hôtel. « Voilà un métier qu’il est chouette !,  m’a dit l’autre jour la p’tite voisine rouquine du premier ! » J’ai été partout tester les hôtels : en Belgique, au Luxembourg, en France… Pas en Allemagne, ça non pas en Allemagne. Pas en Espagne non plus, non pas en Espagne. A Londres, oui, en Angleterre et j’ai fait tout New York. Et maintenant même plus moyen d’aller dormir à Londres. «  Mais les frontières sont fermées, mon bon monsieur. C’est la guerre ! «  Crotte ! Crotte ! Crotte ! et crotte ! Les gens maintenant, ils prennent les vieux comme moi pour des ploucs, des crétins de premier ordre. Ils sont bien polis, prévenants même, mais ils considèrent les vieux comme des pignoufs et moi je sais une chose : c’est qu’ils voudraient bien qu’on dégage le plancher car, nous les vieux, nous sommes trop nombreux et nous leur coûtons la peau des fesses. «  Dégage, vieux-rat ! » Ils le disent pas mais ils le pensent, na ! Vous voulez que je vous dise : ce sont de sacrés faux-culs, les jeunes d’aujourd’hui !

15 août 2041 – Comme on devient ! Misère ! Quand j’étais jeune et beau (maintenant je ne suis plus aucun des deux !) j’avais l’habitude de faire une sieste après le dîner. Maintenant, j’en fais dix par jour. Autrement, je relis de vieux Simenon, de vieux Jean d'O., de vieux Cavanna, de vieux Nothomb, par tranche d’un quart d’heure car mes yeux fatiguent vite. Cela fait vingt ans que j’aurais dû passer sur le billard pour m’opérer de la cataracte mais j’ai jamais eu le courage. Le médecin vient de passer. Il m’a demandé comment je me portais, j’ai répondu «  ça roule ! mais j’ai les pieds de travers ». Je lui ai expliqué que mes orteils étaient tout inversés : les orteils du pied droit étaient sur le pied gauche et ceux du gauche sur le droit. Si bien qu’à la place du gros pouce, on trouve le petit orteil et tout le reste à la selon. Un mic-mac ! Il a  voulu me persuader que, au contraire, tout était normal : «  Et là quand je vous pince ici ,c’est quel orteil ?, ne regardez pas ! «  - «  Le gros orteil », que je dis. «  Ben vous voyez, tout est à sa place ! » (mais quand je regarde là où il pince, c’est le petit orteil que je vois). « Mettons, docteur ! «. Vous avez déjà remarqué ? Faut jamais contredire les médecins. Ces gens-là sont très-très susceptibles !

- 1 septembre 2041
Ya pas à dire ! on s’est bien fait entuber par les Flamands ! Nous sommes devenus leur colonie. Ils ont la main mise sur presque toute l’industrie, l’agro-alimentaire et les accords de Wetteren nous obligent à leur acheter quasiment tout. La Wallonie est devenue la spécialiste du recyclage des déchets ; il en vient de toute l’Europe… Voici dix ans que « des «  pourparlers » avec la France, en vue d’un rattachement éventuel, pataugent … républiquement …

-   18 septembre
J’ai appris qu’une prime de 10.000 euros est accordée aux familles qui désireraient faire euthanasier un parent en fin de vie …

-  22 octobre
Un jour, je ne sais trop comment, je me suis retrouvé à l’hôpital du Pèrî, là juste derrière chez moi. J’ai téléphoné à ma fille Dolorès pour avoir des explications. «  Tu ne peux plus vivre tout seul chez toi, papa ». « - Je t’en foutrai ,moi ! Sors-moi d’ici immédiatement autrement je convoque mon notaire. ». Non mais ! Me foutre chez les zinzins !

-  11 novembre
Tu connais la dernière ? Un échevin, que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam, m’a raconté. L’autre nuit, vers 23 h,  il paraît que j’étais à tambouriner à la porte de l’hôtel de ville de Liège, à la Violette. Je voulais assister au conseil communal. «  Mais, Louis-Joseph, il n’y a pas de conseil communal aujourd’hui et de toute façon, maintenant ils se tiennent à huis-clos : c’est la guerre « . E cô ! Je me demande bien ce que j’allais foutre là en pleine nuit … Quelle mouche m’a piqué ? Il paraît que je fus jadis échevin du tourisme à la ville de Liège … C’est bien possible mais je ne m’en souviens plus du tout.


- 28 décembre 2041
Durant la nuit de Noël, j’ai fait une rencontre … miraculeuse. Vous allez rire ! Venu du ciel est atterri sur ma terrasse … mon ange gardien. C’est en tout cas ainsi qu’il se présenta. «  Je viens te chercher », me dit-il. «  Pour aller où ? «  dis-t’je mî, innoncint. « Ne fais pas l’andouille, Louis, tu sais bien pour où. Mais tu as le temps de plier bagage et je vais rester quelques jours avec toi ». « Comment dois-je te nommer ? », dis-je encore. « Appelle-moi … euh … Mickey, tiens ! »  Il ne me ressemble pas vraiment. Il est plus grand que moi, un peu mieux charpenté surtout. Mais je l’ai de suite reconnu. Avec lui, je me marre : on picole toute la journée, lui du cognac et du champ ‘, moi de la bibine. On écoute de la musique à fond les manettes : Zap’, Lou, Led’Zep’ etc… On se fait apporter de la bouffe : des sushis à mac, des frites, des spagett’s,etc. On se souvient des bons coups de rigolade qui ont égrainé ma vie, avec quelques nanas, avec des amis dans les bistrots. Le super-pied , quoi ! Encore deux ou trois jours et puis : salut la compagnie. Ouais ! je le dis tout net : Mickey, c’est mon meilleur pote – en date -  !


°°°
Ce carnet fut découvert par Fatima en faisant le ménage après le départ définitif donc de Louis. Elle le conserva malgré la piètre description qu’il avait faite d’elle.

                                                                           Catinus

°°°°°°°°°°°

En bonus, Zap’ :


lundi 22 décembre 2014

Liège en 1960


                                         Hocheporte début des années '60



  


-  «  La Meuse, jeudi 12 janvier 1960
La ville de Liège vient de faire paraître son bulletin administratif de 1958. *Quand ils ne choisissent pas parmi leurs compatriotes, les Liégeois se marient surtout avec des Françaises. Les Liégeoises préfèrent les maris Italiens.* Le 31 décembre 1957, il y avait 73.489 hommes et 83.123 femmes. * Il y avait 1.243 servantes, 868 journaliers (…). * Les 3.003 patrons liégeois ont occupés 38.927 ouvriers et employés. * Au premier janvier 1958, la ville comprenait 34.328 propriétés bâties, 164 établissements d’instruction, 67 églises, temples, chapelles et couvents, 24 théâtres et salles de cinéma, 9 stations de chemin de fer (…). * Au 31 décembre 1957 il y avait 11.326 étrangers inscrits sur les registres. Ces citoyens semblant affectionner particulièrement Outremeuse puisque 2.451 habitent sur ce territoire ; 1.828 à Ste-Marguerite et 1.542 au quartier St-Léonard. (…)

-  Quelques prix en 1960
* Le journal «  La Meuse « : 2 frs
 * Chevaux Citroën : à partir de 44.950 frs
* une Dauphine : 65.000
* Frigo : 13.500
* TV Philips :13.450
* Machine à laver Hoover : 7.800
* Electrophone Philips : 2.450
* Rasoir Philips 2 têtes : 595 frs
*  D.S. Citroën : à partir de 109.950  F.
* Paquet de cigarettes : 12 frs
* Bonbonne de gaz : 125 frs
* Radio portatif Philips : 2.250  frs

-  Lundi 1 février 1960
Le collège Saint-Barthélemy en tête du classement du Tournoi provincial interscolaire suivi à un point par l’Athénée de Liège et de l’Athénée Visé ( ex-aequo). L’institut supérieur de Commerce des Filles de la Croix est quatrième (…)

-  Vendredi 19 février 1960
Cinq cents boys-scouts et girl-guides à Liège dimanche pour le 50 è anniversaire de la fédération belge, la plus ancienne du continent. Le grand jeu et la chasse aux trésors se dérouleront dans les rues du centre (…)

-  Jeudi 25 février 1960
Saint-Torai. Tout avait bien commencé mais, comme chacun sait, les pétards sur la voie publique sont interdits. Coups, matraques et vêtements déchirés (…)





-  Vendredi 26 février 1960
Le Bon Marché a 100 ans

-  Mardi 15 mars
Bilan 60 d’Arc-en-ciel : 32 tonnes de vivres dont 2.408 kilos de lait en boite (…)

-  Samedi 26 et dimanche 27 mars :
Un attentat à la bombe à Liège ! Contre un professeur ! M. Laperches, atrocement blessé par l’explosion d’un «  livre à la dynamite » qu’il avait reçu par la poste  est mort quelques heures plus tard (…)

-  Jeudi 24 avril 1960
Les cabarets de Liège. «  Au Ba-ta-clan », l’élégant night-club de la place St-Paul a renouvelé entièrement son programme d’attraction. (…) « Au Tabarin », 14 rue Bergerue. Gros succès pour le Gold Star Ballet. (…) « Les Frères Jacques », le 19 au Gymnase. (…)

-  Mercredi 19 mai
Le festival 1960 à Rocourt . Ils étaient douze mille des écoles catholiques de la province dans le stade à craquer et enthousiaste. (…)

- Mardi 31 mai 1960
Un emprunt de 500 millions pour Liège sera demandé au Crédit Communal de Belgique à un taux de 6,25 % (…)

-  Mercredi 15 juin 1960
L’ancienne église Saint-André va être restaurée pour devenir une salle de concert. En 180 ans, l’ancien sanctuaire des chevaliers teutoniques servit successivement de boucherie, d’hôpital, de magasin, de temple protestant, d’école d’équitation, d’atelier du peintre Wiertz, de musée des beaux-arts, de bourse de Fonds publics et de marché aux grains.

-  Jeudi 7 juillet
On a failli construire un building ici. La Tour Rosen a été construite en 1690. Ses fossés n’ont disparu qu’en 1870. Elle a été classée monument historique il y a quelques mois seulement. (…) Elle est située rue Bovy qui relie la rue Varin à la rue de Sclessin. (…)




- Samedi 9 et dimanche 10 juillet 1960
Voici Comblain 1960 , le plus grand festival de Jazz d’Europe. (…) 200 musiciens, 40 orchestres, 14 nations. (…)




-  Jeudi 19 août
Luc varenne au Grand Bazar pour la Grande Foire des écoliers.

-  Vendredi 16 septembre
Samedi une discothèque s’ouvre à Liège. Son rôle : prêt à domicile de microsillons (musique classique et folklorique, jazz et œuvres littéraires) (…)




-  Lundi 17 octobre 1960
Standard et Liège (0-0 devant plus de 40.000 personnes, seuls en tête) (…) Spronck et Lejeune ont dominé le derby blanc (0-0). Les deux stoppers ont été les vedettes d’une rencontre animée et correcte mais ni Liège, ni le Standard ne méritent les deux points.

-  Mardi 25 octobre
Le recueil littéraire « Audace » du 9 octobre 1960 présentent plusieurs œuvres inédites d’écrivains liégeois. (…) Louis Manise dans «  Lettres de tante Ida » ; Marie Delcourt : « Pour l’amour d’Hermione » ; d’autres nouvelles de Jean Ray et Maxime Rapaille.




- Mercredi 26 octobre
Douze kilomètres de vivats dans les rues de Liège : voici la Reine Fabiola !




-  Mercredi 16 novembre
Un projet à l’étude :  l’Etoile Ferrée liégeoise. Elle aboutirait à la gare du Palais transformée en station souterraine (. )

- Mardi 29 novembre
Deux nouveaux ponts – tous deux en béton et aux deux piles dans la Meuse – ont été inaugurés hier dans la région liégeoise : le pont de la Boverie (que les Liégeois appellent depuis toujours le pont neuf) et le pont de Seraing. (…)




- Lundi 5 décembre
Ce vendredi 2 décembre, les Chevaliers de la Fricassèye ont baptisé à la Jupiler les spécialités gastronomiques liégeoises dans le cadre du restaurant «  Aux Métiers » rue de Bex, 1

-  Jeudi 15 décembre 1960
Vingt mille manifestants ont défilé à Liège pour protester contre la loi unique. (…)

-  Samedi 24 décembre
Le plus triste Noël de la Belgique depuis la guerre. Les mouvements de la grève se poursuivent dans plusieurs provinces. (…)

-  Lundi 26 décembre
Noël à Liège : ce fut quand même une nuit de fête. Dans les cafés, les restaurants, les dancings, on a réveillonné aux chandelles. (…) Statut quo sur le front des grèves (…)




-  Mercredi 28 décembre 1960
8 è jour de grève. Les C.S.C. restent opposés aux grèves. La F.G.T.B. continue. Des cortèges de manifestants ont défilé hier à Bruxelles, dans le Hainaut, dans la province de Liège et dans le Namurois. (…)



Et tout particulièrement dans le quartier Sainte-Marguerite :







-  mardi 23 février 1960
Les droguistes liégeois, infatigables, ont dansé sans arrêt lors du bal annuel aux Contes de Méan, ce samedi avec l’orchestre de Jo Carlier. ( ….)

-  Mercredi 12 avril
«  Pierre Simon «  un jeu de la Passion du chanoine Dessart. Mention favorable aux 50 paroissiens de Ste-Marguerite qui ont joué cette œuvre sur un podium qu’ils avaient construit eux-mêmes (…)

-  Samedi 16 avril
Rue St-Laurent, une camionnette de la police escalade un terre-plein, fauche un piéton (grièvement blessé), verse sur le flanc et, glissant sur 20 m., accroche une passante et la coince contre une voiture (…)

-  Mardi 23 août 1960
Le «  Patro Saint-Joseph », le plus ancien de Liège (100 ans en 1963) sera aussi le plus moderne : son président Me Grégoire , notaire, se transformera en jardinier pour y aménager un parc. (…) Les locaux de cette œuvre se trouvent curieusement enchâssés dans l’Institut St-Laurent dont ils sont complètement indépendant. (…) En 1863, quelques catholiques liégeois étaient allés à Paris voir comment fonctionnait un patronage, chose nouvelle dans la capitale française. ( ...)




-  Jeudi 25 août
Record à Ste-Marguerite : 1.700 gosses ont participé à l’Olympiade des jeunes «  sur la plaine du Gold Star. (…) Le grand gagnant du jour, Johnny Galizia, lorsqu’il apprit son triomphe, fit véritablement des bonds de joie. Et tout de suite, l’animateur des jeux, cet intarissable André Labé, souligna cet accueil enthousiaste. (…) Il y eut comme d’habitude une distribution monstre de Coca Cola pour tout le monde et des jeux de puzzle comme pris de consolation. (…)



                                       La célèbre maison de confection, de tissu, de laine Goffin-Bovy


Merci au journal «  La Meuse «  et à tous ses journalistes anonymes ! ! !
Merci à la bibliothèque de l’université de Liège ! ! !

samedi 20 décembre 2014

Patrick Süskind : " La contrebasse "




Le narrateur de ce monologue est un contrebassiste. Dans un premier temps, il n’a que des éloges pour son instrument adoré. Puis, peu à peu, il s’énerve et son point de vue devient tout autre : il faut se rendre à l’évidence, la contrebasse est relativement peu considérée, le public s’en fiche, et les applaudissements ne sont en tout cas pas pour lui. Sans compter que cet encombrant mastodonte est toujours dans les pieds et, pire encore, il plombe sa vie sentimentale…
Vous allez vous bidonner comme des (contre)basses en lisant ce court livret de 90 pages.


Extraits :

-   Je ne vous apprendre rien en vous disant qu’entre l’amour physique et le ridicule, il n’y a qu’un pas.

-  Il faut dire que la femme, dans la musique, joue un rôle subalterne. Dans la créativité musicale, je veux dire dans la composition. Elle joue un rôle subalterne. A moins que vous ne connaissiez une compositrice célèbre ? Ne serait-ce qu’une ?

°°°°

Bonus : voici deux airs où la contrebasse est à l’avant plan :
-  Saint-Saëns, «  Le carnaval des animaux » – l’éléphant :


-  Bach, cantate 152 :

vendredi 19 décembre 2014

Je me souviens de la rue Sur-La-Fontaine à Liège dans les années '70



                                                   une façade de la rue

Je me souviens de la place de la rue Sur-La-Fontaine, de son café que, sans doute de mauvaises langues,  me disaient mal famé, de la petite épicerie (à cet endroit s’érigent maintenant un centre de fitness) 

Je me souviens du coiffeur Jean-Pierre du numéro 36  (qui reçut rarement ma visite car, à cet époque, l’on portait le cheveu long, 365 jours par an) 


                                            Rue Sur-La-Fontaine, n° 38

Je me souviens du n° 38 de la rue Sur-La -Fontaine et pour cause c’est là que je créchais. Au rez-de-chaussée, Fernand Oly, sans doute célibataire ou divorcé, pensionné de chez Cockerill. Il aimait, par temps chaud, se trimballer dans l’immeuble,  vêtu seulement d’un grand caleçon couleur kaki (le tableau était … cocasse). L’homme était poilu comme un ours. Il avait une perruche nommée «  Vî Paletôt ». Toujours au rez-de-chaussée, Louis Binkom, très âgé, quasi impotent, qui restait toute la journée près d’une cuisinière au charbon dans une atmosphère perpétuellement surchauffée. On l’avait placé dans cet endroit qui avait jadis servi de débarras et de remise à charbon ( à l’époque, on faisait feu de tout bois). Au premier, Antonio, bel italien (il se croyait tel en tout cas) , dragueur invétéré, avec à son bras la belle Ginetta. Au même étage, un algérien du nom de Agazgsa Belkacem, discret fréquentant les cafés d’Outremeuse. Au second votre serviteur, dans une chambre garnie. Quand j’appris que l’immeuble fut jadis une maison de passe ( euphémisme !), je me sentis … tout chose. Sur le même palier, Mani Mohamed, également d’origine algérienne, tout aussi discret et qui rentrait parfois bien imbibé. Et là-haut, sur la mansarde, un pauvre bougre, logé à la selon, sans chauffage, ni eau, ni électricité. Il semblait passer ses journées au café «  Le Luxembourg » , rue Varin. Etant nettement le plus jeune de la bande, je crois qu’ils sont tous morts …

Je me souviens de l’épicerie, tout à côté, au numéro 40, tenue par une assez vieille dame qui avait des jambes énormes (sans doute remplie d’eau) et qui marchait à petits pas

Je me souviens du dentiste au numéro 50.  Il me soigna d’un abcès sous une molaire à l’époque où sortit l’album le plus élaboré de Jacques Brel «  Les Marquises «, en 1977

- Je me souviens de l’atelier appartenant à la Meuse situé au numéro   … où,  chaque mois j’allais porter mon loyer dans une enveloppe

Je me souviens de madame Willems, habitant au numéro 64.  Elle était plus que farouchement anti-royaliste. De tous les royaumes et de celui de Belgique en particulier. Sur la vitrine de son rez-de-chaussée, elle affichait des articles de journaux dénonçant des scandales. Son dazibao était renouvelé quasiment chaque semaine. Elle me harponnait ici ou là dans le quartier me disant : « Avez-vous vu ma vitrine ? ». Des pareilles on n’en fait plus…

Je me souviens du numéro 82 où habitait, au premier étage, ma p’tite amie de l’époque ; de l’épicerie un peu plus loin


                                            Bon'd'jou, Poldine !

Je souviens de la marchande ambulante des quatre saisons, la célèbre Poldine , qui s’installait au coin des rues de la Fontaine et de St-Gilles ; je me souviens de la librairie ; du café qui faisait le coin (je le fréquentais déjà à partir de 1965) dont je ne me souviens plus du nom (j’ai la mémoire qui flanche ..) ; je me souviens  du café juste en face : «  Les Carmes « même que notre cama Jojo s’y pendit  dans les toilettes, en 1978. «  Six pieds sous terre, Jojo, tu n’es pas mort … « 

Je me souviens du «  Boui-Boui » au numéro 172 du boulevard de la Saufnière, un café musical, où j’ai passé des milliards d’heures …

Je me souviens du magasin de matériel électrique, rue Frère Michel
Je me souviens d’un certain numéro de la place des Béguinages où une dame recevait les messieurs pour des massages un peu spéciaux,  … ; sur la même place, je me souviens du pharmacien qui adorait mon nom de famille

Je me souviens …


Tout cela par écrit de peur, d’un jour, tout oublier …

jeudi 18 décembre 2014

Guy de Maupassant : " Le Horla "





Sept nouvelles d’un spécialiste.

1. «  Le Horla « : un homme seul habitant une maison à Rouen se sent surveiller, menacer, et ce qui advint …
2. « Amour » : deux oiseaux, une femelle et un mâle, abattus lors d’une partie de chasse …
3. «  Le trou » : dispute fatale entre deux pêcheurs …
4. « Sauvée » : une épouse prend son mari en flagrant délit par l’entremise de sa nouvelle servante …
5. «  Clochette « : la tragique histoire d’une femme d’ouvrage lâchement abandonnée par son amant …
6. «  Le marquis de Fumerol » : les derniers instants d’un franc noceur, libre penseur …
7. «  Le signe « : une femme mariée qui fait la fenêtre (et pas le trottoir) …

( Vicieux comme je suis, c’est cette dernière que je préfère entre toutes)



Extraits (de «  le Horla » :

-  Est-ce que nous voyons la cent-millième partie de ce qui existe ? Tenez, voici le vent, qui est la plus grande force de la nature, qui renverse les hommes, abat les édifices, déracine les arbres, soulève la mer en montagnes d’eau, détruit les falaises et jette aux brisants les grand navires, le vent qui siffle, qui gémit, qui mugit – l’avez-vous vu et pouvez-vous le voir ? Il existe pourtant.

-  Quand nous sommes seul longtemps, nous peuplons le vide de fantômes.

°°°°

En bonus, deux lectures audio :

«  Le Horla « :

«  Le signe « :

mardi 16 décembre 2014

Jean Jour : " Hôtel de Seine "




L’action se déroule à Paris dans les années quatre-vingts. Maurice Mathieu Loverval est journaliste, spécialisé dans la bande-dessinée. Il est également l’auteur de livres divers. Pour fêter ses cinquante ans mais également pour être présent au salon de la B.D. qui se tient au Grand-Palais, il a réservé une chambre à l’hôtel de Seine, dans le quartier Saint-Germain. Il arrive qu’à force de côtoyer les faits divers, il vient dans la cervelle des journalistes et des écrivains, des idées de … meurtre. Maurice Mathieu a déjà choisi sa victime … «  Jusqu’où comptait-il aller ? Son acte n’était-il pas sadique ? Gregory ne lui avait rien fait. Que voulait-il au juste ? Qu’espérait-il ? Pouvoir écrire d’après réalité ? «.

Un polar, oui mais aussi l’occasion de flâner dans Paris. Car on y boit beaucoup dans ce roman –«  un peu de tout » comme le disait une ancienne publicité belge – ;  Maurice Mathieu pousse souvent la porte d’estaminets ou de restaurants parisiens. Pour notre plus grand plaisir et puis, cela met en appétit !

Voici le type même de roman qui est très emballant de lire avec internet à portée de main  (c’est pas obligatoire non plus, attends, toi ! ) car on salive en cliquant via google street,  sur telle rue, tel bistrot ; ou encore, nous avons la possibilité de nous remémorer la bio de Joe Napoli, en savoir un peu plus sur le roman «  Eva «  de l’écrivain James Hadley Chase, etc. Tout, tout de suite !

Jean Jour masque parfois des noms. Comme Lily Gaels, écrivain que tout Liégeois, un tant soit peu curieux de sa ville,  reconnaîtra assez facilement. Idem, mais en un peu plus duraille, pour Mike Gregory, dessinateur de B.D. internationalement connu , qui a vécu dans la région liégeoise, à Herstal.

Tout comme dans le triptyque – qui gageons-le deviendra bientôt « quatuor »- : « Un gamin d’Outremeuse « , l’auteur se pose beaucoup de questions de type existentiel – et donc z’aussi sur les femmes ! – . Comme «  Pourquoi une prémonition, une intuition, ne sont-elles jamais positives ? « 

Jean Jour évoque le souvenir de plusieurs personnages dont Joe Napoli qui a lancé, avec d’autres, le festival de Comblain-la-Tour (pp. 23 à29 et 109-110) ; Maxime Rapaille, écrivain d’origine liégeoise mais qui a vécu à Paname ( pp 56 à 63). Simenon , bien  sûr, le batteur Félix Simtaine, Jacques Résibois médecin rue Grande-Bêche en Outremeuse ( Lîdge), etc.

De la belle ouvrage ! Qui se lit très agréablement !

Voilà une façon de vous le procurer :




Extrait :


- On ne va pas à Paris avec une femme dont on n’est pas amoureux.

-  Lui, du moins, prenait la peine d’observer les gens, premier travail d’un écrivain.

-  Comme l’action se situait dans sa ville natale, ce livre lui avait valu un prix folklorique d’amitié, qui lui avait été remis dans une bien connue taverne d’Outremeuse, avec force godets, canettes et autres ustensiles à trinquer dont les Liégeois sont fort friands.

- Il traversa le pont, poussa la barrière du square Taviani où – Cavanna le lui avait raconté- un perroquet bavard s’était réfugié plusieurs jours, voici quelques années, sans que personne s’en rende compte.

-  Il avait appris que l’amour-amitié était, en tout cas, de n’avoir jamais à se justifier, ni à s’excuser.

°°°°

En bonus, le festival jazz de Comblain-La-Tour :


lundi 15 décembre 2014

Georges Simenon : " Les frères Rico "



Un roman de la période américaine. Eddie Rico habite à Santa Clara, une localité des USA. Il est le père d’une famille : une femme et trois enfants. Son  job est lié à la mafia, un boulot qui roule, sans réel souci. Par contre, ses deux frères, Gino et Tony, eux, ont de gros problèmes avec l’Association. Le premier a fui au Mexique et Eddie voudrait bien que Tony fasse de même. Il entreprend un long voyage dans la famille de Tony mais les choses pressent. La mafia ne lui demandera pas de tuer son frère ; un seul coup de téléphone suffira pour éviter le plus pire (je sais : l’expression pas très française mais assez liégeoise)

(Peut-être un peu trop américain à mon goût)


Extrait :


- Il aurait aimé rencontré des amis. Mais il n’avait pas de vrais amis. Ce n’était pas sa faute. Ils étaient tous différents de lui.

samedi 13 décembre 2014

Une p'tite virée dans les bistrots de Gouvy




Durant les vingt-cinq ans pendant lesquels j’ai tenu mon magasin, au 11 rue de la gare, j’ai peu succombé aux charmes du plateau ardennais qu’offrait Gouvy. Mon cœur et mon esprit étaient – déjà !  – à Liège où je me précipitais le dimanche, les jours fériés et le dernier mercredi du mois. A défaut de mieux, donc, je me suis noyé dans les bistrots essentiellement gouvyons…
Tout comme je l’ai fait sur la page facebook «  Tu es un vrai Liégeois, si … «, j’ai pensé qu’il serait plus ou moins intéressant d’écrire un article sur les bistrots de Gouvy. Une vision parmi d’autres…
Enfant, j’habitais déjà au 11 rue de la gare – maison où d’ailleurs je suis né- ; j’étais entouré par trois cafés : «  Au Harmais », « Le Café des Sports » et « Le Ciné chez nous ». Croyez-moi, cela marque un gosse ! A vie !
Surtout, ne soyez pas vexés si je ne mentionne pas votre nom. Ce n’est pas pour autant que je vous ai oubliés. Vous savez comment ça va : si l’on en cite un nom , faut les citer tous, alors autant écrire un bottin  … Sans compter que je ne tiens pas du tout à me retrouver avec une kyrielle de procès sur le dos… (ne faites pas attention, c’est mon côté parano qui resurgit).

Les voici, les voilou :


- « Au Harnais » : dans les années ’50, il était tenu par les Maillard, dont le monsieur était un féru de courses automobiles. Puis vint Renée et ses charmants enfants .Nos proches voisins donc. Je me souviens, tout particulièrement,  des longues discussions artistico-philosophiques que nous avions, mon ami Jacques Robert et môa, avec le peintre Joseph Bontemps. Puis vint Rolande et Gilbert Davin et leurs enfants. Pour la petite histoire, c’est à cette époque que j’ai hérité d’une chatte, nommée Nènètte qui est devenue ma meilleure « public relation ». Ah Nénette ! Puis, succéda un des fils Bigneron (dont je ne me rappelle plus le prénom) et sa fiancée, une grand fille liégeoise hyper comique.


- «  Le café des Sports » tenu par la tribu Laloux, puis par la famille d’Eugène et Nelly Marx. Puis, plus clair dans mon cerveau, voici venu des Vosges,d'Alsace ou de Lorraine, j’sais pû !) : Marie-Thérèse et Thaddée ( Thadeus pour les intimes, du latin ta déus, ton dieu) et leurs charmantes filles : Corine, Sylvie et Laurence. Sans mentir (ou si peu) je crois y avoir passé des milliards d’heures ; et des belles, et des fameuses encore !  Mais ce serait décidément trop long pour un article qui se veut court. Juste citer quelques noms de mes camarades de table ou de tabouret : André et Andrée Belhomme, mon cousin le libraire du coin Pierre Kaesch, un autre cousin (c’est bien connu : à Gouvy on est tous un peu cousins l’un sur l’autre !) : Lucien Bourgraff. Et mon cama Jan Ottevanger. E cô Ignace Burnotte,... j’en passe et des meilleurs. «  Thérèse, re-mets un peu une rafale ici ! ». A la fin des années ’70, il y a eu un autre couple et début des années ’80, Anne et Jean avec qui nous avons bien chanté. Ambiance !



- « Café-Hôtel du Luxembourg » café, resto, hôtel, tenu par Roger et Berthe. Puis Berthe toute seule. Je l’aimais bien Berthe car elle était sérieuse, sévère et souriante à la fois. Lieu de multiples rencontres et des spéciales dont le ventes notariales, les soirées électorales, la fête annuelle des cheminots, des anciens combattants, celle des habitants de la rue de la gare et de l’avenue Noël initiative lancée, entre autres, par Riquet Bissen, le bal de la kermesse, de fin d’année, etc, etc. Je me souviens de pékets que j’éclusais le dimanche après-midi avec Gilbert Belthus (même que de très mauvaises langues nous surnommaient «  Laurel et Hardy ». Pas très fin comme humour … enfin pââssons !). L’établissement est toujours tenu par Pascale et Jean-Pol. Qu’ils soient bénis ! Car ils nous évitent ce qui pourrait arriver de pire à Gouvy : qu’il ne reste plus aucun café (et plus de ligne de chemin de fer).



- «  Le Buffet de la Gare «  ne pas confondre avec le «  Café de la Gare «. On n’est pas à Paris, ici ! Quoique ! Car si vous vouliez du spectacle, pas besoin de courir au-delà de Hout-si-ploût. Il en est défilé des tenancières. Mimie, une des plus anciennes que j’ai connue qui, malgré sa petite taille, en imposait. Puis il y eu la Grande Simone et Edgard ( donc du café de la gare, … dites faut suivre là !). Et puis Christiane ( Cri-Cri pour les intimes). Oh dis donc, on s’est bien marré avec elles ! Puis Claude, son épouse et ses enfants. J’crois que j’en oublie dans le tas. Je me souviens des apéros du dimanche matin avec Jean-Marie Brandt où l’on se sabordait au pécket. Dis, Jean-Marie, si tu m’entends, redescends un peu sur terre, juste le temps d’un apéro. Je t’offrirais bien volontiers aussi, tant qu’on y est, un bon bifteck-frites-salade.   Rhôôôô !  Grave !

- « Ciné chez nous » tenu assez longtemps fin des années ’50, début ’60 par la famille de Nelly et Eugène Marx. Le cinéma de mon enfance, soit un morceau de paradis. Il y avait bien entendu un bar, des limonades et des friskos pour les mômes. Plus tard, un peu avant et après l’incendie qui dévasta la salle en 1980, «  on «  y distilla pas mal…  Entre autres aux concerts de chansons française, organisés par la MJG ( voir plus bas), de jazz , des repas de la RUS (royale union sportive), de l’écoles Ste-Thérèse, sans oublier mariages z’et enterrements , ….
                                                    
- " La MJG ", maison des jeunes de Gouvy, située dans l’ancienne école communale, dite Monville. Elle connut ses années de gloire fin des années ’60 jusqu’au début des années ’80. Le bar (puisque c’est cela qui nous intéresse ici) était situé dans les caves. Ah ! les soirées dansantes ! Ah ! les festivals de pop music ! Ah ! les nocturnes balades ! Cela valait le déplacement …. et son pesant de cacahuètes.

Mais tout a une fin.

A part ça, je pense que j’aurais dû intituler cet article : « Brèves mémoires d’un vieil alcoolo «

                                                                                                       
                                                                                                       Catinus

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En bonus :

- Peggy Sue :

- The Beatles :

- Festival :