" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

jeudi 23 novembre 2017

Xavier Deutsch : " La Belle Etoile "



Nous sommes dans le port de Lushun, dans la baie de Corée, à une époque contemporaine mais non-définie. Un navire, «  La belle étoile »  est en attente de départ. Il est bien le seul et le dernier, les autres sont partis depuis longtemps, terrorisés. Et pour cause, des dogues, -oui des chiens !-,  se ruent vers la mer de Chine. Ils détruisent tout ce qui est vivant sur leur passage. Ils sont des milliers, des dizaines de milliers, certains parlent même de millions. Vint enfin le jour où l’armateur donne le signal de départ. L’on charge en hâte la cargaison : quarante chevaux. La Belle Etoile s’en va affronter les flots tempétueux pour un voyage qui sera terrifiant, peuplé de monstres marins … Le roman se termine par ces mots : « On retrouva  les cadavres huit sirènes sur les rivage su Japon ».

Xavier Deutsch est un écrivain belge francophone qui a écrit de nombreux romans et nouvelles pour la jeunesse et pour adultes. Il excelle dans le fantastique, le symbolisme, et même le surréalisme, surtout dans son sens premier : sur-réel. Quelqu’un a dit de lui : «  Si Magritte était un écrivain, il s’appellerait : Xavier Deutsch. »


Extraits :

-  Ils étaient quatre cent millions, courant sans ordre, sans chef, allant à l’est contre le soleil. Les gouvernements, l’un après l’autre, avaient tenté de les stopper : en allumant des feux, ils franchissaient les feux ; en dressant des embûches, ils marchaient contre les embûches. Le chef d’état-major de l’armée kirghize avait fait poster des batteries de 112 et des mitrailleuses au milieu de leur piste : douze mille  dogues étaient morts sous les balles, mais la horde avait submergé l’embuscade. Les Russes et les Kazakhs avaient envoyé leurs avions balancer du napalm et des bombes à fragmentation, … en vain.


-  Il n’y eut plus que la neige, la nuit, et l’eau. Un bateau. Quelques hommes, un paysan, quarante chevaux. Sapin, étrangement, ne pensait pas à la jeune Chilienne, aux jumelles de Corée, à Su-Yin, sirène du Huang-Hé. Il ne songeait qu’à la jolie vendeuse de pull-overs, aux seins nus.


Ce mardi 12 décembre 2017, Guy Delhasse vous invite au Blue-sphere Bar


Communiqué de Presse

       Guy  Delhasse ? Auteur et chroniqueur,  vagabond et rêveur, vient de  mettre sa plume au service de deux projets collectifs en cette fin d’année 2017. Projets ? Ils ont abouti à deux publications distinctes, intéressantes à proposer,  tout simplement, en  deux rencontres dans  les deux villes mosanes de son cœur de rêveur : Huy et Liège.  Deux projets, deux dates… et deux équipes de choc !
Midi-minuit à Huy : le projet d’animation du Centre culturel. Pari gagné  à Huy ! Avoir réuni un collectif d’auteurs de différents horizons  dans un hôtel, les avoir conviés à monter la charpente d’ un polar qui se passe à Huy et  avoir réussi  à le faire publier dans une maison d’édition…  Aurélien Juen du  Centre Culturel de Huy et Guy Delhasse ont comblé les vides du scénario de base, les retouches et Murmures des Soirs  a été enthousiaste pour diffuser le livre  un peu partout. Pas mal non ? « Midi-minuit à Huy »,  le  polar qu’il faut lire et offrir sous le sapin.  Une expérience originale  à partager.
      En en même temps, Guy Delhasse perd un pari stupide monté par son ami Thierry Delgaudinne dans un bistrot de Huy.  Et  voilà le vagabond de la fiction embarqué  dans un voyage biographique qui a pour sujet le Pire de tous : Alain de son prénom, bien connu à Huy comme à Liège pour passer tout son temps dans le rock.
Tout pour la musique : une  rock bio, pas dégradable, totalement vraie. Alain Pire a trempé ses  mains partout  comme batteur d’abord, guitariste ensuite dans de multiples aventures musicales des plus obscures aux plus lumineuses… Alain Pire, très connu dans le monde du rock belge, dingo  de musiques psychédéliques vient de réussir à monter  sur scène l’album mythique des Beatles, St Pepper.  Gros succès ! Il  parcourt  toujours les scènes du pays et d’ailleurs (cet été au pays de Galle) avec son groupe, le Alain Pire  Expérience. Mais avant, d’où vient-il, que nous a-t-il  fait de pire ou de mieux ? Et bien voilà ! Il a  vécu « tout pour la musique ».  Et le trio s’est bien amusé pour recomposer ce  parcours  unique…
Guy Delhasse ? Il  vous propose simplement de diffuser ces deux rendez-vous un peu partout et vous invite à venir faire la double fête dans  deux villes que la Meuse et les livres relient pour toujours  en un même courant.  Soyez des nôtres ! Merci à vous tous et toutes !

Contact : guy.delhasse@skynet.be Tel O479859669. Merci à Aurélien, (CCAH), à Thierry, à Alain, à  ThierryF, à Manu (La Dérive), à Jean-Paul(Blsphère), à Françoise (Murmure desSoirs)
A HUY : samedi 25 novembre, de 16 à 18h à la librairie « La Dérive »,  l’équipe de Midi-Minuit et le trio de  Tout pour la musique pour une séance de signatures.
A LIEGE : mardi 12 décembre, à 20h,  au  « Blue Sphere », Guy Delhasse  invite Alain Pire, Thierry Delgaudinne, l’équipe de Midi-minuit et Thierry Faymonville pour une soirée de livres et de chansons…  Des abeilles vont rôder, des guitares vont s’accorder,  des chansons vont pétiller, ho yeah !                  



samedi 18 novembre 2017

Armel Job : " La femme de saint Pierre "




Des passages du Nouveau Testament vu par Armel Job. Ou plus précisément par ceux qui ont vu ou côtoyé le « prophète » Jésus : des romains, la femme de Simon-Pierre, Marie de Magdala, etc.
J’ai particulièrement apprécié : « Un homme appelé Joseph », « La promesse », « La femme de Saint-Pierre ». 
Mais ce n’est pas de la petite bière, comprenez : âmes sensibles s’abstenir ! ! ! Comme un extrait que vous trouverez plus bas.

Extraits :

- Quand on travaille avec le corps, quand on sent qu’il vous obéit, qu’il vous aplatit une barre de fer toute rouge, qu’il vous couche un arbre comme une tour, qu’il vous déplace des blocs de pierre et les assemble au point que ceux du matin vous font de l’ombre à midi, on ne peut plus s’arrêter. Il n’y a pas de plaisir plus intense. La vie n’a pas besoin d’autre sens. Chaque action vous montre que vous êtes fait entièrement pour elle. Vous ne songez pas à autre chose. Par contre, si vos muscles flageolent, si votre souffle vous rappellent en brûlant, que les choses vous rejettent comme un propre à rien, alors vous êtes bon pour être prophète.

-  Car le pain de fesses lui-même ne semblait pas effaroucher le messie. Il aurait dit ( toujours son humour, je suppose !) : « Dans le royaume de Dieu, les tapineuses viendront avant les piliers de synagogue. »


- On déshabille le condamné. Rien désormais ne peut plus rappeler ce qu’il était. Il doit mourir nu, comme une bête. Deux hommes le plaquent au sol, les deux autres lui maintiennent les bras sur la traverse. On enchâsse le clou dans les poignets juste entre les os de la main et ceux du bras. La paume, c’est plus facile, mais n’y comptez pas : elle se déchire sous le poids du corps. Il faut clouer les deux côté en même temps. Ce n’est pas une partie de plaisir, mais la nature est indulgente : le condamné perd toujours connaissance. On peut tranquillement le hisser sur le poteau qui est terminé par une mortaise dans laquelle la traverse s’emboite avec des chevilles. Dès qu’il est pendu, il suffoque et revient à lui. S’il ne pouvait reposer sur un « bidet », il mourait en quelques instants. ( le bidet, c’est le nom que nous donnons en argot militaire à la tige fixée au poteau entre les cuisses). Le supplice doit tout de même durer un peu pour l’édification des foules. On achève l’ouvrage en lui clouant les pieds pour qu’il ne gigote pas trop. A partir de ce moment, c’est une affaire de résistance. On en a vu qui tenaient deux jours, qui dictaient leur testament. Mais pour finir, la bête est trop lourde. Le coccyx n’est plus qu’une plaie. Plus moyen de se relever sur les pieds pour happer un peu d’air. Le tronc s’affaisse et le condamné rend son dernier hoquet.

jeudi 16 novembre 2017

Liège en 1863


                                   La gare des Guillemins, avec sa grande verrière


       Joseph Demarteau, fondateur de la " Gazette de Liège " décède en 1863


                         Un nouveau sport est apparu à Liège : le football




-  « La Meuse » mardi 17 février 1863
On parle aussi de la fondation en notre ville (Liège) d’une Association qui aurait pour but de combattre la peine de mort et de travailler énergiquement à la faire rayer de nos Codes

-« La Meuse », jeudi 2 avril 1863
On a promené hier, dans les rues de la ville, des bêtes à cornes remarquables par leur beauté et leurs poids. Plusieurs de ces beaux spécimens d la race bovine ont été achetés par M. Decharneux, marchand-boucher




- « La Meuse », lundi 1 er mars 1863
Réclame pour le remplacement et la substitution militaire




- Samedi 11 avril 1863
Réclame pour le magasin "A St-Augustin"

- Lundi 21 septembre 1863
Chaque année, les marronniers qui ornent le quai d’Avroy portent de marrons, chaque année ces fruits sont l’objet de tentation pour tous nos gamins, chaque année ces derniers les abattent à coups de pierre et chaque année aussi les journaux signalent cette source d’accidents à la police, qui, chaque année, s’empresse d’oublier qu’il est de leur devoir de veiller à la sécurité de la voie publique (…) Le gamin est comme le moineau : il revient à la charge aussitôt que le danger a disparu




- Jeudi 22 octobre 1863
La foire de Liège. Demandez le programme

- Mardi 15 décembre 1863
Les travaux du tunnel d’Esneux avancent rapidement. Le percement est environ de 50 mètres et en amont de 30 mètres. On n’a eu jusqu’à présent aucun accident à déplorer (…) Chemin de fer de l’Ourthe. Près de 2.400 ouvriers, terrassiers, maçons, tailleurs de pierre, charpentiers etc. sont actuellement employés entre Marloie et Tiff




                                          Eglise de Sainte-Marguerite en 1863

Et tout particulièrement au quartier Sainte-Marguerite :

- « La Meuse », samedi 7 février 1863
Le bel établissement de Fontainebleau, grâce aux soins de son actuel propriétaire, M. Massart, est entré dans une nouvelle ère depuis la restauration de son local qui est devenu le lieu des réunions de notre excellente société La Légia




- « La Meuse », 4 février 1863
Inauguration de la grande salle d’hiver de Fontainebleau. Bals monstres

-« La Meuse », jeudi 19 mars 1863
A la houillère de Sainte-Marguerite, un jeune ouvrier a été atteint par un éboulement et à reçu des blessures tellement graves qu’on désespère de le sauver. A la houillère de l’Aumônier, un bloc de pierre s’est détaché de la voûte et a atteint un ouvrier à l’épaule et lui a fracturé les bras en plusieurs endroits.(…) Dans l’avant-dernière nuit, une pierre a brisé la colonne vertébrale d’un ouvrier. On désespère de ses jours




- Mardi 9 juin 1863
La vache et le preux garçon de Saint-Séverin

- Mardi 24 juillet 1863
Le faubourg de Sainte-Marguerite était hier en fête ; on avait fait élever en face de l’établissement de Fontainebleau un mât de cocagne auquel un grand nombre d’amateurs vinrent s’exercer, aux sons joyeux d’un corps d’harmonie


Merci au journal «  La Meuse » !
Merci à la bibliothèque Ulysse Capitaine en Féronstrée à Liège !

dimanche 12 novembre 2017

" Sur les pas de Simenon ", nouvelles




« Onze nouvelles dont certaines évoquent un roman, un personnage de Simenon, d’autres écrites à la manière de … » :

1. Maurice Detry : « Un mur si blanc ». Un homme tue sa femme, puis sa vieille voisine. ***
2. Bruno Brel : « L’homme au chapeau noir ». Et si c’était un clin d’œil à Simenon ? ***
3. Siska Moffarts : « Quand Alice, 11 ans ½, tue Mr. Calvin. ***
4. Ugo Crespini : «L’homme qui voulait être un génie” 
5. Michèle Masson : « Trop ». Elle sert encore, un petit bruit sec, elle sait qu’il ne se réveillera pas. ***
6. Michel Carly : » Trois chambres à Liège ». En 2002, le commissaire visite Liège et prend une chambre chez les Simenon ( Désiré)
7. Joëlle Ginoux-Duvivier : » L’homme au complet anthracite. Un paraplégique espionne ses voisins jusqu’à ce que … ***
8. Frédérique Martin : «  Morsure ».
9. Albert Macours : «  Le chien de Maigret ». Voilà ce qui arrive quand quelqu’un se prend à haïr Maigret. Pauvre chien. **
10. Guy Delhase : «  L’enfant de chœur et le bébé de la rue Dartois ». Georges Simenon et Stanislas-André Steeman se sont-ils rencontrés un jour ? (première partie)
11. Patrick Ledent : « Une enquête approfondie ». N’est pas Maigret qui veut, n’est-ce pas inspecteur Maigret. ***

samedi 11 novembre 2017

Alexandre Kouprine : " Monstres insatiables "




Deux récits :
1. « Dans les entrailles de la terre ». Les premiers jours d’un jeune garçon dans une mine russe au début du vingtième siècle.
2. « Moloch ». Récit de l’inauguration d’une nouvelle fonderie dans la Russie du début du vingtième siècle avec, en prime, une histoire d’amour …

Extrait :


Les hommes  remplissent d’huile les réservoirs en verre enveloppés de gaines protectrices en fil de fer. Lorsque les lampes sont tout à fait prêtes, le lampiste fait passer une petite pièce de plomb dans les tous unissant le haut de la gaine au fond et les aplatit en une seule pression de pince massive. Ainsi, jusqu’à ce qu’il sorte de dessous terre, le mineur ne peut pas ouvrir la lampe, et même si, accidentellement, le verre se casse, le treillis rend la flamme tout à fait inoffensive. Ces précautions sont nécessaire parce que dans la profondeur des mines de charbons, s’accumule un gaz inflammable particulier qu’une flamme fait exploser instantanément ; il y a eu des cas où des centaines d’hommes périrent pour s’être imprudemment déplacés avec une flamme dans une fosse.

mardi 7 novembre 2017

Les Missiles : " Sacré Dollar " , 11 décembre 1963

Gouvy en 1928


Le village d'Ourthe en 1928


L'électrification en 1928 dans nos villages



- «  L’Avenir du Luxembourg », 13 janvier 1928
Une nouvelle cabine électrique pour Gouvy-village



- « L’Avenir du Luxembourg », 20 janvier 1928
Quand pourrons-nous pensionner nos quinquets ?
Arrestation du «  Grand Lambert » à Gouvy
Accident mortel à Limerlé



- « L’Avenir du Luxembourg », 5 mars 1928
Les machines agricoles de M. J. Gillet

- 13 juillet 1928
Mariage de Louis Burnotte de Gouvy avec Melle Marie-Antoinette de Wannes



- 30 septembre 1928
Installation du docteur Joseph Schaus de et à Gouvy



- 5 octobre 1928
Le pont sur l’Ourthe au lieu-dit Tscherapont est achevé



-  16 décembre 1928
Installation d’un syndicat chrétien chez les chemindeferistes de Gouvy



-  12 mars 1928
La fée électrique a fait son entrée triomphale dans Limerlé



- 15 avril 1928
François Wilmès et sa maman septuagénaire et impotente en route vers Lourdes



- 3 mai 1928
Les pèlerins de Bovigny sont arrivés à Lourdes



- 12 août 1928
François Wilmès et sa mère sont revenus



- 11 novembre 1928
La maison de la famille Thonus-Pirard de Courtil, détruite par le feu

Merci au journal «  L’Avenir du Luxembourg » !

Merci à la bibliothèque Albertine de Bruxelles !

dimanche 5 novembre 2017

Amélie Nothomb : " Cosmétique de l'ennemi "





Dans un aéroport, deux personnes attendent un avion qui est annoncé avec du retard. : Jérôme Angust, un homme d’affaire qui se rend à Barcelone et Textor Texel, un Hollandais. Ils ne connaissent absolument pas, n’ont aucun point commun et pourtant … Nous assistons à une splendide joute verbale qui devient, au fil de pages, assez terrifiante …
Un des romans, le plus Hitchcockien et le plus machiavélique d’Amélie Nothomb. Un incontournable !


Extraits :


* - Vous croyez toujours que Dieu existe, alors ?
    - Oui, puisque je ne cesse de l’insulter.

*  -  Oui, les boules Quies : la plus belle invention de l’homme.

* - Max Stiner. L’Unique et sa propriété, ça vous dit quelque chose ?
    - Non.
    - Ca ne m’étonne pas. C’est le théoricien de l’égoïsme. L’autre n’existe que pour mon plaisir.
    - Magnifique. Les gens qui pensent comme ça, il faut les enfermer.
    - «  La vraie morale se moque de la morale . «  Ca, c’est de Pascal. Vive le jansénisme !

*  - La vie !
    - Je connais. C’est surfait.
    - Comment expliquez-vous que tant de gens y tiennent ?
    -  Ce sont des gens qui ont, dans ce monde, des amis et des amours. Je n’en ai pas.

*  - La cosmétique, ignare, est la science de l’ordre universel, la morale suprême qui détermine le monde. Ce n’est pas ma faute si les esthéticiennes ont récupéré ce mot admirable.




samedi 4 novembre 2017

Jean Teulé : " Ô Verlaine "




L'enterrement de Verlaine


Un adolescent se présente à la maison où habite Paul Verlaine. Il est en adoration devant le vieux poète. On pense évidemment à Arthur Rimbaud qui fit, plus tôt, la même démarche ; mais nous sommes en 1895. Jean Teulé nous emmène sur le dernier trajet de Verlaine puisque ce dernier s’éteindra en 1896, accompagné à sa dernière demeure par ses amis et … cinq mille personnes.
Si tout cela est un peu romancé ( Ô si peu !), c’est en tout cas haut en couleur. Très haut en couleur. A tel point qu’on pourrait dire  : « Âmes sensibles s’abstenir ». …
A part ça, un régal ! comme souvent chez Jean Teulé.


Extraits :


- Alors, gamin, on veut perdre son pucelage ? Tu t’y prends de bonne heure. T’as vu les filles en bas, qu’est-ce qui te ferait plaisir ? La Rouquine, Poil aux pattes, Nini la vache, La Désossée, Pot à tabac, La Môme, Goutte de sperme, La Sardine, La Merdeuse, Chie par force, Trompe la mort ou Gueule d’enseigne ? C’est cinquante centimes.

-  Critique de Paul Verlaine par François Coppée :
   «  Ce poète de douze pieds marche souvent à quatre pattes », « C’est malheureux qu’il ait un trou sous le nez. Trop d’alcool y coule », « Les derniers vers de Verlaine … Il n’écrit plus, il joue aux osselets avec les mots », « Son inspiration se traîne au niveau d’un érotisme sénile ».

-  Maladies de Paul Verlaine :
       Syphilis
       Altération sanguine
       Diabète
       Souffle au cœur
       Cirrhose du foie
       Erysipèle infectieux
       Hydarthrose jambe gauche
       Pneumonie

-  Paul Verlaine était complètement dépendant à l’alcool. Alors que sa mère refusa un jour de lui servir à boire, voici ce qu’il fit ( dit-on …) :
     « Sur l’étagère du haut, trois bocaux où la mère conservait pieusement – quelle idée aussi ! –baignant dans l’alcool, les fœtus de trois fausses couches avant la naissance de Paul. Les fœtus  flottaient dans l’eau-de-vie. Ce fut hallucinant. Paul décrocha du mur le sabre de son père, capitaine du génie : » Au diable, les bocaux ! ». Il en attaque deux dans l’armoire, sabre au clair, but l’alcool à même les bocaux éclatés. Tête renversée, parmi les débris de verre, ça ruissela partout sur son visage, coula dans ses vêtements. Des bébés lui tombèrent sur ses lèvres. Un autre (une fille) attendait son tour, flottant comme dans un rêve derrière sa paroi de verre. »

-  « Hombres XI » de Paul Verlaine

   Même quand tu ne bandes pas,
Ta queue encore fait mes délices
Qui pend, blanc or, entre tes cuisses,
Sur tes roustons, sombres appas.

Couilles de mon amant, sœur fières
A la riche peau de chagrin
D’un brun rose et purpurin,
Couilles farceuses et guerrières,
Et dont la gauche balle un peu
Tout petit peu plus bas que l’autre,
D’un air roublard et bon apôtre,
A quelles donc fins, nom de Dieu ?

Elle est dodue ta quéquette,
Et veloutée du pubis
Au prépuce fermant le pis
Aux trois quart, d’une rose crête.

Elle se renfle un brin au bout
Et dessine sous la peau douce
Le gland gros comme un demi-pouce
Montrant ses lèvres juste au bout.

Après que je l’aurais baisée
En tout amour reconnaissant,
Laisse ma main la caressant,
La saisir d’une prise osée,
Pour soudain la décalotter ;
En sorte que, violet, tendre,
Le gland joyeux, sans plus attendre,
Splendidement vienne éclater ;

Et puis elle, en bonne bougresse,
Accélère le mouvement
Et jean-nu-tête en un moment
De se mettre à la redresse.

Tu bande ! c’est ce que voulaient
Ma bouche et mon cul : choisis, maître,
Une simple douce, peut-être ?
C’est ce que mes dix doigts voulaient.

Cependant le vit, mon idole,
Tend pour le rite et pour le culte
A mes mains, ma bouche et mon cul
Sa forme adorable d’idole.


°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Bonus :

- Interview de Jean Teulé :

-  «  L’enterrement de Verlaine » de Paul Fort, dit par Georges Brassens :

-  Léo Ferré chante : «  Chanson d’automne » de Paul Verlaine :

- Georges Moustaki chante « Gaspard » de Paul Verlaine :

mercredi 1 novembre 2017

Liège en 1862



Les Guillemins et l'hôtel  de l'Univers en 1862




- «  La Meuse », lundi 19 mars 1862
La population de la ville de Liége a presque doublé en l’espace de 40 ans. Elle s’élevait à environ 50.000 habitants en 1820. Elle était de 97.205 en 1860.

- « La Meuse », samedi 24 mai 1862
Des habitants des rues Féronstrée, Saint-Jean Baptiste, Barbe d’or et quai de la Batte viennent d’adresser à l’Administration communale une pétition tendant à la suppression de toutes les maisons de prostitution existant dans les rues Saint-Georges, Pécluse et Foulon



- « La Meuse », 30 mai 1862
Le 11 juin prochain, chez tous les libraires : « Les Misérables » de Victor Hugo.

- Mercredi 30 juillet 1862
Il  n’y a pas de ville en Belgique où chaque année on ait à signaler autant de noyades qu’à Liége. On doit avouer aussi qu’il n’est pas non plus de cités où l’administration soit si peu soucieuse de prendre des mesures de sauvetage en ce qui concerne les accidents nautiques.



- Vendredi 8 août 1862
Prix réduites en chemin de fer pour les fêtes du 15 août à Paris



- Mardi 12 août 1862
Le train de plaisir entre Liége , Verviers et Cologne s’est effectué dans les meilleures conditions. Il n’a mis que 4 ½ heures pour arriver à Cologne



- Mercredi 10 septembre 1862
On remarque en ce moment un grand mouvement de voyageurs en notre ville. Ce sont des étrangers qui sont sans doute attirés à Liége par la célébrité dont jouit notre cité au point de vue de l’industrie et un peu aussi à cause de la beauté de nos environs. Dire que leur déception est grande en visitant nos rues désertes, nos quais à moitié achevés, nos squares absents, nos jardins en projet et notre bassin inabordable aux bateaux, serait chose superflue.



- Mardi 4 novembre 1862
Brillante foire au bétail, place Maghin

-  Samedi 6 décembre 1862
La nouvelle apportée hier par la voie du Moniteur de la nomination de M. Piercot aux fonctions de bourgmestre a été accueillie en notre ville par un sentiment général de véritable satisfaction.

- Mardi 16 décembre 1862
Quand on se reporte trente ou quarante ans en arrière, on est frappé du progrès que les moyens de transport ont fait en un si court temps. Les barques, les diligences, les chars-à-bancs ont laissé place aux chemins de fer




Et tout particulièrement au quartier Sainte-Marguerite :


- « La Meuse », mardi 9 janvier 1862
La Société anonyme des charbonnages de Bonne-Fin  à Liège vient de faire don de 24 voitures de charbon au Bureau de bienfaisance de cette ville.

- « La Meuse », jeudi 30 janvier 1862
Le collège des bourgmestre et échevins de cette ville a procédé à l’adjudication de la démolition des remparts de Hocheporte avec la mise à prix de 19.960 frs à M.Henri Brock chef terrassier rue Terre-en-Bêche, 34



- « La Meuse », jeudi 13 février 1862
Une partie du rempart de Hocheporte s’écroule



-  « La Meuse », jeudi 17 février 1862
Les anciens remparts de Hocheporte sont une des rares curiosités archéologique de notre ville

- «  Lundi 14 juillet 1862
Fête à la paroisse de Sainte-Marguerite. A Fontainebleau, établissement renommé du quartier, un nombre considérable de danseurs et de charmantes danseuses y formaient de brillant quadrilles sous de splendides pavillons élevés pour la circonstance.

-  Mercredi 13 août 1862
Nous rappelons à nos lecteurs que dimanche 17 août aura lieu à l’établissement de Fontainebleau une belle fête champêtre offert par La Légia avec le concours de l’harmonie Grétry à un grand nombre d’invités.

- Mardi 23 septembre 1862
Un enfant nouveau-né a été trouvé la nuit dernière, rue Bidaut. Il était enveloppé de langes et né viable.



-  Octobre 1862
Fabrique Larose . Serrurier-poêlier, rue Saint-Séverin , n° 28



-  Samedi 1 er novembre 1862 «  Au Chalet », établissement photographique, rue de la Montagne



- - Samedi 8 novembre 1862
Un malheureux ouvrier de Ste-Marguerite, frappé d’apoplexie



Merci au journal « La Meuse » !
Merci à la bibliothèque Ulysse Capitaine, en Féronstrée à Liège !

lundi 30 octobre 2017

Armel Job : " La reine des Spagnes "




L’histoire se déroule dans un village de l’Ardenne belge, Les Spagnes, à la fin des années ‘50. C’est un gamin, Octavien, qui raconte la vie quotidienne de là-bas, de ce temps-là, avec ses petites joies mais également les soucis, les petits drames.

Tout simplement délicieux ! 
Et il y a des perles, comme ce qui suit …


Extraits :

-  Ca relève de la même logique qui nous interdit l’usage du wallon. Mes parents appartiennent à une génération qui a sacrifié sa culture dans l’idée qu’elle était condamnée et qu’il fallait céder à plus puisant. C’est sans doute ainsi que les Gaulois ont un jour querellé leurs enfants qui parlaient celte. Le latin était trop fort. Pourtant les petits Gaulois n'aiment rien tant que le gaulois et ils écoutent avec ravissement leur mère et la voisine jaser des heures durant, dans la vieille langue si polie, où l'on se vouvoie entre intimes, avec ses sons coulés, ses liaisons savantes, ses flexions complexes qui en font voir de toutes les couleurs aux mots.

- Euloge et Palmyre ont quatre enfants : Bastien, Léontine, Augustine et Olivier. Olivier est venu dix ans après les autres. Un «  retrouvé », comme on dit.

- C’est ainsi qu’on dit aux Spagnes quand le malheur écrase quelqu’un. Il a vu les sept croix. Il faut la mort pour qu’on fasse le compte.

-   A la campagne, le marchand de vaches représente la figure même du capitaliste. C’est l’homme qui vit de l’argent. Il spécule. Le marchand achète la vache au prix le plus bas. Il la laisse chez le paysan jusqu’au jour convenu, qui est celui du marché ou celui où il a trouvé un acheteur. Il vient chercher la vache pour la revendre plus cher. Il la fait monter dans la bétaillère à coups de trique. Elle glisse sur les genoux. Elle gémit et regarde le paysan avec ses gros yeux étonnés. Le paysan tourne la tête. Le marchand a bien une petite étable pour les cas de force majeure, mais la bête n’est que de passage. Il ne la connaît pas. Il achète et il vend : c’est tout.
Le fermier aime les vaches. Il leur donne un nom : Blanchette, La Bleue, Charmante, Mazette. Il les nourrit, les soigne, se relève la nuit pour les vêlages. La marche n’est pas une marchandise pour lui. C’est quelqu’un ou presque. Evidemment, il faut bien vivre et quelquefois se séparer de la vache.
Si le fermier est riche, c’est comme un aristocrate. Il est riche de larges terres, de gras bétail, de régiments d’épicéas. Il n’est pas riche de billets de banque, comme le marchand de vaches.

                                    
-   Tous les jours à 7 heures, il s’agit d’être à l’église. Les garçons servent la messe à tour de rôle. Comme on est nombreux, il y a toujours cinq acolytes. Deux devant, sur la première marche de l’autel et trois derrière.
On commence sa carrière à l’arrière gauche. C’est le plus facile. On reste à genoux toute la messe, sauf si le curé prêche. Alors, on suit les grands dans les stalles. Avec l’âge, on passe à l’arrière droit. On a la garde de la boite à encens et on suit l’arrière-centre quand il va ouvrir l’encensoir devant l’officiant. Si tout va bien, on est promu à l’avant. Là, c’est le plus difficile. Il faut connaître en latin les «  répons » qui ouvrent toutes les messes.
                          - Ad Deum qui laetificat juventutem meam.
C’est long et indigeste. Le Confiteor est particulièrement périlleux. On dit bien fort les premières syllabes, puis on marmonne à toute vitesse un charabia parsemé de « us » et de « um » pour terminer par un «  orare pro me ad Dominum Deum nostrum » net et bien articulé.

A l’avant, on fait tout en parallèle, mais le servant de droite à un avantage : il tient la sonnette. C’est donc lui qui vient de suite après le prince des acolytes, l’arrière-centre. L’arrière-centre manie l’encensoir. En semaine il ne fait rien. Il s’ennuie avec ses deux comparses et souvent, sous la soutane, il laisse tomber le derrière sur les talons. Mais le dimanche, c’est son jour de gloire. Avant l’office, à la sacristie, il allume les braises qu’il dépose dans l’encensoir. Il reste debout presque toute la messe et, pour maintenir le feu, il agite son instrument comme le balancier d’une horloge. A l’instant opportun qu’il devance de quelques pas, il s’approche du prêtre, ouvre la gueule de l’engin qui disparaît dans le brouillard des fumigations, puis encense copieusement le curé en faisant tinter en cadence les chaînes sur le fourneau. Il rentre et sort de la sacristie sous les yeux envieux des autres. Suprême passe-droit : pendant que le curé prêche, il se lève majestueusement de la stalle au moment qu’il décrète et s’éclipse à la sacristie pour ranimer la braise. Si ça lui chante, il sort de la sacristie pour aller pisser. Aucun fidèle, pas même le curé, ne jouit d’une pareille liberté. C’est la prérogative de l’encenseur. 

Les acolytes




«  Tous les jours à 7 heures, il s’agit d’être à l’église. Les garçons servent la messe à tour de rôle. Comme on est nombreux, il y a toujours cinq acolytes. Deux devant, sur la première marche de l’autel et trois derrière.
On commence sa carrière à l’arrière gauche. C’est le plus facile. On reste à genoux toute la messe, sauf si le curé prêche. Alors, on suit les grands dans les stalles. Avec l’âge, on passe à l’arrière droit. On a la garde de la boite à encens et on suit l’arrière-centre quand il va ouvrir l’encensoir devant l’officiant. Si tout va bien, on est promu à l’avant. Là, c’est le plus difficile. Il faut connaître en latin les «  répons » qui ouvrent toutes les messes.
                          - Ad Deum qui laetificat juventutem meam.
C’est long et indigeste. Le Confiteor est particulièrement périlleux. On dit bien fort les premières syllabes, puis on marmonne à toute vitesse un charabia parsemé de « us » et de « um » pour terminer par un «  orare pro me ad Dominum Deum nostrum » net et bien articulé.
A l’avant, on fait tout en parallèle, mais le servant de droite à un avantage : il tient la sonnette. C’est donc lui qui vient de suite après le prince des acolytes, l’arrière-centre. L’arrière-centre manie l’encensoir. En semaine il ne fait rien. Il s’ennuie avec ses deux comparses et souvent, sous la soutane, il laisse tomber le derrière sur les talons. Mais le dimanche, c’est son jour de gloire. Avant l’office, à la sacristie, il allume les braises qu’il dépose dans l’encensoir. Il reste debout presque toute la messe et, pour maintenir le feu, il agite son instrument comme le balancier d’une horloge. A l’instant opportun qu’il devance de quelques pas, il s’approche du prêtre, ouvre la gueule de l’engin qui disparaît dans le brouillard des fumigations, puis encense copieusement le curé en faisant tinter en cadence les chaînes sur le fourneau. Il rentre et sort de la sacristie sous les yeux envieux des autres. Suprême passe-droit : pendant que le curé prêche, il se lève majestueusement de la stalle au moment qu’il décrète et s’éclipse à la sacristie pour ranimer la braise. Si ça lui chante, il sort de la sacristie pour aller pisser. Aucun fidèle, pas même le curé, ne jouit d’une pareille liberté. C’est la prérogative de l’encenseur. »


                                            Armel Job in : «  La reine des Spagnes » 

Les vaches




«  A la campagne, le marchand de vaches représente la figure même du capitaliste. C’est l’homme qui vit de l’argent. Il spécule. Le marchand achète la vache au prix le plus bas. Il la laisse chez le paysan jusqu’au jour convenu, qui est celui du marché ou celui où il a trouvé un acheteur. Il vient chercher la vache pour la revendre plus cher. Il la fait monter dans la bétaillère à coups de trique. Elle glisse sur les genoux. Elle gémit et regarde le paysan avec ses gros yeux étonnés. Le paysan tourne la tête. Le marchand a bien une petite étable pour les cas de force majeure, mais la bête n’est que de passage. Il ne la connaît pas. Il achète et il vend : c’est tout.
Le fermier aime les vaches. Il leur donne un nom : Blanchette, La Bleue, Charmante, Mazette. Il les nourrit, les soigne, se relève la nuit pour les vêlages. La marche n’est pas une marchandise pour lui. C’est quelqu’un ou presque. Evidemment, il faut bien vivre et quelquefois se séparer de la vache.
Si le fermier est riche, c’est comme un aristocrate. Il est riche de larges terres, de gras bétail, de régiments d’épicéas. Il n’est pas riche de billets de banque, comme le marchand de vaches. »


                                    Armel Job in « La reine des Spagnes »

vendredi 27 octobre 2017

Un nouvel Etat est né : La Principauté de Liège



                                     " Libertas Gentes ", la Liberté au Peuple

                                              Blason de la Principauté de Liège


En ce vendredi 27 octobre 2017, moi, Jean Premier, proclame la naissance d’un nouvel Etat Européen. 
Celui de La Principauté de Liège, qui tel le phénix, renaît – enfin !- de ses cendres.

Mon discours d’indépendance sera prononcé le premier novembre 2017 à midi pile sur ce blog.

Qu’on se le dise !

Honneur et Gloire !