" Je m'éveille le matin avec une joie secrète, je contemple la lumière avec ravissement et tout le reste du jour je suis content "
Montesquieu

Ma nouvelle vie à Lîdge

jeudi 25 mai 2017

Haïku sur Liège




Haïku : poème d’origine japonaise, composé de 17 syllabes, réparties en 5-7-5.

La Belle Liégeoise
enjambe la Meuse à Liège.
Elle bouge, elle hosse, djô !

Bois des Carmélites
aux sept virages pointus, secs
campagne en pleine ville.

Des hauts promontoires
de la Citadelle, contemple :
Liège, fille de Meuse.

Gare Calatrava
la nouvelle tour des phynances
Lîdge se la pète !

Musée Jean Curtius
nouveau parc de la Boverie
Lîdge frétille du cul !

Montagne Sainte-Walburge
ta pente est de onze pour cent :
elle est raide, celle-là !

Du haut de sa tour
Liège est à vos pieds, étale :
c'est à Saint-Martin.

Le Légia distille
Jupiler sans CO2.
Oufti, fait soif, châle !
.

… à suivre …


                                                                          Jean Catin


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                                                                     Haïku wallon 

On ognê n’est nin
on agneûs ; çi chal soukî,
i pite, treûs cint côps :
 c’est’on vrêy savadje !

Un agneau n’est pas
un ardennais ; celui-ci donne des coups de tête,
il donne des coups de pied, trois cents fois :

c’est un vrai sauvage !

Georges Simenon : " A l'abri de notre arbre "



Cette « dictée » couvre la période entre le  13 décembre 1975 et le 11 avril 1976. Période de calme avec sa compagne Teresa mais aussi de soucis familiaux ( ses enfants). Simenon évoque à nouveau beaucoup son enfance, les personnes qu’il a connus, constate que le monde est en perpétuel changement, qu’il s’agit de s’adapter. Il conclut par ces mots : «  Quand donc me foutra-t-on la paix ? Qu’on me foute la paix ! »

Quel plaisir, quel apaisement que de lire ces lignes …



Extraits :

- Mes oncles Simenon parlaient souvent wallon entre eux. Mon père refusait de nous le laisser parler, à mon frère et à moi, en prétextant, non sans raison, que cela gâterait notre français. Pourtant, que de chansons wallonnes je retrouve tout à coup que j’aurais juré, il y a quelques années encore, n’avoir jamais entendues ! Hier, il m’en est revenu une que je transcris sans être sûr de l’orthographe :
                                       On ribotte, on ribotte,
                                       Dj’isqu’à ce qu’on halcotte
Cela veut dire que, de bonne humeur, on se met à aller de bistrot en bistrot. Chacun a son atmosphère, ses habitués. On serre les mains. On se parle familièrement. On se taquine. Puis on passe au bistrot suivant. Puis encore dans un autre bistrot dont l’atmosphère est différente. Puis, si l’on est vraiment lancé, dans un  autre et dans un autre …
                                         Dj’isqu’à ce qu’on halcotte
Cela veut dire jusqu’à ce que l’on se mette à flotter quelque peu, à tanguer, à parler tout seul, ou à se mettre à  chanter à tue-tête.


-  Des hommes, des femmes, des enfants mêmes, portent en eux une tendance à se croire coupables de tendances qui ne sont pas moins naturelles et qui ne devraient pas les affecter. De même, combien d’entre eux, plus souvent à tort qu’à raison, se considèrent ou ont tendance à se considérer comme inférieur aux autres ? (…) Je pense simplement qu’il s’agit de la difficulté d’être un homme parmi les hommes, et de se considérer comme tel sans orgueil ni humilité.

mardi 23 mai 2017

Gouvy en 1985


                                             La folle nuit des ondes de Radio Beho






- «  L’Avenir du Luxembourg », vendredi 1 février 1985
Les cadets de Montleban




- «  L’Avenir du Luxembourg », mercredi 20 février 1985
A Limerlé, «  Le village qui chante » : un centre d’éducation musical




- «  L’Avenir du Luxembourg », vendredi 1 er mars 1985
Un local pour la «  Maison de Jeunes » de Gouvy




-  Mardi 12 mars 1985
L’équipe de volley de Bovigny




- Jeudi 28 mars 1985
Gouvy, l’informatique à l’école primaire




- Lundi 1 avril 1985
Le goûter des aînés à Gouvy




- Jeudi 25 avril 1985
A Gouvy, souper annuel de l’A.C.R.F.




- Mercredi 8 mai 1985
Souper du football à Gouvy



- Samedi 28 mai 1985
Radio Beho organise un rallye




- Lundi 27 mai 1985
Les enfants des écoles communales de Gouvy ont fêté leurs mamans




- Lundi 10 juin 1985
Présentation du libre de l’abbé Balthazard : «  Rencontre avec lui »




- Mercredi 21 août 1985
Palmarès de l’année scolaire 84-85 du centre musical de Limerlé-Manhay




- Mercredi 23 octobre 1985
A Bovigny, cinq cents Belges, Américains, Allemands et Luxembourgeois ont participé au premier festival de la jeunesse, une soirée animée par Radio Beho et Roger Boes




- Mercredi 11 décembre 1985
A Gouvy, départ de la gendarmerie du maréchal de logis Maurice Hansenne




- Lundi 16 décembre 1985
L’équipe des juniors de Bovigny




- Vendredi 20 décembre 1985
A Limerlé, messe instrumentale et vocale par «  Le Village qui chante « 




- Lundi 23 décembre 1985
L’équipe réserve de Gouvy

Merci au journal «  L’Avenir du Luxembourg » !
Merci à ses journalistes anonymes !
Merci à la bibliothèque Albertine de Bruxelles !

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Et en vrac, ces quelques pub's de l'année 1985


                                              Décoration Guy Crémer


                                         Maurice Henry




                                       

samedi 20 mai 2017

Siné : " Journal pré-posthume "








Maurice Sinet, dit Siné ( 1928-2016), grand dessinateur humoristique ( très ) féroce  s’est chopé, en 2012 et 2013 une crapuleuse leucémie ( avec tout ce qui va avec). Il a eu le réflexe ( et le courage) de tenir un journal que voici, que voilou.  Suivant son habitude, l’homme n’épargne rien ni personne, y compris lui-même.
Un de mes dessinateurs préférés.
 Une saine lecture !


Extraits :


-  Comme dit mon ami Gus Massiah : «  Ce gouvernement réussit à nous décevoir alors qu’on n’attendait rien de lui ! »

-  Je ne voudrais pas terminer sans dégueuler sur Depardieu-le-gros-adipeux ! Obèse, couperosé, avec son nez en forme de gland, sarkosyste, alcoolique, ce mec, qui a malgré tout de bons côtés et qui a du talent, est devenu odieux, puant et vient d’atteindre le non-retour en allant se planquer en Belgique pour payer moins d’impôts alors que le pays où il a gagné le fic est dans la merde financièrement.
Pourtant, à ce stade, un peu plus ou un peu moins de milliards, il ne s’en serait même pas aperçu !
Je suis pour le déchoir de sa nationalité française, lui enlever le passeport et lui interdire dorénavant le séjour.
Je suis pour sa dégradation de l’ordre de chevalier de l’ordre national du Mérite et celui de chevalier de la Légion d’honneur (bouffi d’orgueil comme il est, ça risque de le faire chier !).
Je suis pour qu’il restitue les deux césars gagnés dans son ex-patrie et délivrés par des Français.
Je suis pour boycotter les films dans lesquels il a joué et l’infâme piquette qu’il vend cher comme si c’était du bon vin !
En fait, je suis pour le faire chier un max afin de lui apprendre à vivre comme un mec bien et non comme une vieille merde !

BANZAÏ !

vendredi 19 mai 2017

François Catin, mon père (1917-1987), aurait 100 ans ...


                                            Le voici en 1935, il a 18 ans.
                                         C'est le gaillard aux jambes étendues sur le rock




                                                          François et Marguerite

                                                                    Merci !

mercredi 17 mai 2017

Jean Teulé : " Charly 9 "








Un roman qui retrace la vie de Charles IX, roi de France ( 1550-1574), fils de Catherine de Médicis. On peut dire que Charles fut « traumatisé » par le massacre dit de la Saint-Barthélemy (1572) où des centaines et des centaines de protestants furent passés au fil de l’épée par les catholiques. « Notre » roi ne s’en remit pas et sombra dans la folie ( déjà amorcée bien auparavant, du reste). On «  s’amuse » pas mal dans ce roman plus que sanglant, signé par Jean Teulé (on connait l’apôtre).

Nous ( majestatif) conclurons par cet avertissement : « Âmes sensibles s’abstenir ! ! ! »


Extraits :


-  ( avec des phrases piquées ici et là)

Pourquoi Luthériens et Papistes ne savent pas se piffer :
* les réformés ne prient pas Dieu comme les catholiques
* leur façon de manger et de s’habiller est étrange
* ils ne font pas maigre le vendredi
* ils s’en prennent aux statues des saints, aux images pieuses
* sur les dalles des cathédrales, ils écrasent les hosties
* Calvin nommait notre religion «  prostituée de Babylone »
* des inconnus ont décapité une statue de la Vierge
* les protestants ont saccagé les ossements de Louis XI
* A Orléans, ils ont brûlé le cœur de François 1 er
* les protestants s’emparent des villes pour égorger les catholiques avant de les précipiter dans un puits de l’évêché
* le baron de Piles s’est fait un collier d’oreilles de moines

-  La ville de Paris est gaie comme un cimetière et la Seine rouge charrie plus de cadavres que de glaçons après le dégel. L’eau, couverte d’humain, paraît tenir davantage de sang que d’eau. Des enfants ont pour jeu un passe-temps étrange. Ils s’amusent à traverser le fleuve à pied sautant de corps en corps sur les ventres gonflés.

-  Un beau mulet arrive sous un saule en pleurs, tout chargé de hottes de chiffonniers pleines  de nourrissons égorgés. Ce sont de petits huguenots que des femmes jettent dans la Seine pour qu’ils aillent à Rouen, par voie d’eau, porter les nouvelles … Les spectateurs en crèvent de rire. Elisabeth, une main sur le ventre, pose l’autre conte ses lèvres …

In nomen Deum ! … regrette-t-elle en latin.

lundi 15 mai 2017

Albert Maquet : " 100 haïku è walon d'Lîdge "

                          

                                                     Hommage à Jean-Denis Boussart, 
                                  mayeur de  la commune libre de Saint-Pholien des Prés  


Albert Maquet

                                     Albert Maquet : «  100 haïku è walon d’Lidge »


                                   1. Les bièsses èt lès djins  - Les bêtes et les gens

 

Tchèt so l’soû d’fignèsse.
Li vint ratrosse sès poyèdjes.
Lu ‘nn’a d’keûre, i tûse.

Chat sur l’appui de fenêtre.
Le vent retrousse ses poils.
Lui s’en fiche, il réfléchit.

Li dj’vå d’ôr s’èware.
Mins li p’tit-ome, po l’loukî
a trop pô d’sès-oûy.

Le carabe doré est effrayé.
Mais le petit homme, pour le regarder
a trop peu de ses yeux.

Vinez-on pô vèy
li bèle caracole so l’meûr …
Tin ! èlle à bagué.

Venez un peu voir
le bel escargot sur le mur …
Tiens ! Il a déménagé.

A fwèce dèl loukî,
m’avise qu’il a pris rècène
è l’êwe, li hêron.

A force de le regarder,
j’ai l’impression qu’il a pris racine
dans l’eau, le héron.

Neûr, houreûs so s’pâ,
on cwèrbâ tûse pèneûsemint
à çou k’I ravise.

Noir, hérissé sur son piquet,
un corbeau se demande tristement
à quoi il ressemble.

K’a-t-i vèyou, m’tchèt ?
I s’acwatih, i n’bodge pus.
Rin d’ôte k’in-ôte tchèt.


Qu’a-t-il vu, mon chat ?
Il s’aplatit, il ne bouge plus.
Rien d’autre qu’un autre chat.


Prin astème, måvi,
on djoû, m’tchèt ni t’rat’rè nin.
… Bwègne vê ! K’aveû-dj’dit ?

Prudence, gentil merle,
un jour, mon chat ne te ratera pas.
… Imbécile ! Qu’est-ce que j’avais dit ?



                                      2. Lès djins èt lès-eûres – Les gens et les heures




Nos loukans l’ôrlodje
ki nos louke, lèy, èl louki.
Po turtos l’tins passe.

Nous regardons l’horloge
Qui nous regarde, elle, la regarder.
Pour tous le temps passe.

Djônète, fène, nozêye,
vrêye petite boteroûle di souke.
On l’magnereût come rin.

Jeune, fine, délicieuse,
Véritable «  petit nombril de sucre » ( c’est-à-dire petite femme proprette et timide).
On la mangerait facilement.

Lès tåyes, an pôrtrêt
s’anoyèt tant è leûs cådes
k’i v’nèt foû tot l’tins.

Les aïeux, en portrait
s’ennuient tellement dans leurs cadres
qu’ils en sortent tout le temps.

Passant d’vant l’vitrine,
ele s’atindéve pô à s’vèy
D’on côp si-oûy rèsprind.

Passant devant la vitrine,
elle s’attendait bien peu à se voir.
D’un coup, son œil se rallume.

À s’sov’ni d’nos mwérts,
on pied ‘ èt ra tot d’ine fèye
Li gos ‘ dè viker.

A se souvenir de nos morts,
on perd et on se retrouve tout à la fois
le goût de vivre.


                                       3. Lès-eûres èt lès sêzons   Les heures et les saisons


                                                          Naimette ( Liège )


Èsse ossi glôrieûs. 
èt ossi pô volonrère
à durer k’ l’êrdiè !

Etre aussi insolent
et aussi peu soucieux
de durer que l’arc-en-ciel !

So l’ fi à l’bouwêye,
ine réguilite di clérs pièles
ki l’plêve fêt danser.

Sur le fil à sécher le linge,
une rangée de perles claires
Que la pluie fait danser.

K’as-s’ bon, sot êrèdge,
Di m’ fé tièsse come on boubou
Po m’ poleûr bal’ter !

Quel plaisir tu prends, vent malicieux,
à me faire une tête comme une brosse à laver la vaiselle
pour pouvoir te moquer de moi !

Dire ki ç’vète hé-là,
c’èsteût di m’ tins on tèris’
k’on djouwève dissus !

Dire que cette pente verte-là,
c’était de mon temps un terril
où l’on avait l’habitude de jouer.

Ki n’pou-dj’ co vèy crèhe
lès djènès foumîres d’ouhène
d’a cîr di m’ djônèsse.

Que ne puis-je encore voir grandir
Les fumées d’usine jaunes
Du ciel de ma jeunesse.

Ki savez-v dèl mér,
don, vos lètcheûs d’baye di Moûse ?
Èle vis hagne è l’âme.

Que savez-vous de la mer,
Donc, vous lécheurs de garde-fou de la Meuse que vous êtes ?
Elle vous mord dans l’âme.


                                          4.  Lès sêzons èt lès bièsses    Les saisons et les bêtes





Vos loukîz on tchin
Ki louke bin ‘n-èvêke, dist-on.
Vos-èstez cwites, djo.

Vous regardez un chien
qui regarde bien un évêque, dit-on.
Vous êtes quittes, somme tout.

Stron di dj’vå tot fris’
So l’ pavêye. Djusse çou qu’i fât
Po mès treûs frévîs !

Crottin de cheval tout frais
Sur la chaussée. Juste ce qu’il faut
Pour mes trois fraisiers.

Li jirwète toûne sote.
Grande cavalcåde avå l’ cîr.
È m’ tièsse, c’est parèy.

La girouette s’affole.
Grande cavalcade à travers le ciel.
Dans ma tête, c’est pareil.

Lès pavés lûhèt.
Plêve di glèce dispôy nole eûre.
Minme nosse tchèt n’ wèse foû.

Les pavés sont luisants.
Pluie de glace depuis très tôt le matin.
Même notre chat n’ose pas se risquer dehors.

Såvadje tins d’ décimbe.
Lès foyes si k’tchèssèt l’eune l’ôte.
Nosse pôve tchèt  s’ coûrt sot.

Temps venteux de décembre.
Les feuilles se pourchassent l’une l’autre.
Notre pauvre chat ne sait pas où donner de la tête.


K’i fêt houreûs ! Hay !
Rimousse tot dreût è t’ cokile,
come li caracole.

Quel temps froid et humide ! Allons !
Rentre tout de suite dans ta coquille,
Comme l’escargot.

Passer tot l’iviér
à dwèremi – liské boneûr ! –
Come ine cråsse marmote.

Passer tout l’hiver
A dormir – quel bonheur ! -
Comme une grasse marmotte.





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Haïku : poésie, d'origine japonaise, composée de dix-sept syllabes, réparties en deux vers de cinq syllabes et un vers de sept syllabes.

Albert Maquet, né à Ougrée en 1922 et décédé à Liège en 2009 ( à 86 ans) fut un écrivain de langue wallonne ( théâtre et poésie). Docteur en philologie romane à l’université de Liège, il fut chargé de cours d’italien à cette même université.

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Extraits du livre d'Albert Maquet : " 100 haïku è wallon d'Lîdge "
Note de Jean Lechanteur
Liège - Société de langue et de Littérature wallonnes. 2006

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« Aujourd’hui, le wallon ressemble à une langue savante comme le sont le latin, le grec. »

                                                                           J. Catin

dimanche 14 mai 2017

En vrac , mai 2017

Djinn-gallery: "LOUIS BLANC Photographe JoelRemy"



                                             Orlan : " L'origine de la guerre "  1989




                                                 Bruxelles, ma belle ...




                                                    Georges Simenon en 1985




                                       La maison de campagne de Jean Curtius
                                         Montagne Sainte-Walburge


                                                  Mardi 16 mai 2017
                                     funérailles - exceptionnelles - de Jean-Denys Boussart



Une vidéo de la  Rtbf :

https://www.rtbf.be/auvio/detail_deces-de-jean-denys-boussart-figure-emblematique-d-outremeuse?id=2212550


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                                                      Pub de 1985





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                                         La tour de Lissewege ( entre Brugge en Zeebrugge)





                                            Construction de la gare de Blankenberge


                                                        Saint-Antoine et son cochon
                                                             ( Blankenberge )


                                     La fontaine aux lions en Vinâve d'Île ( Liège )